Bonsoir ou Bonjour!

Rating : M

Le monde et les persos sont à notre gourou : J.K. Rowling. Et l'histoire à moi.

Voilà la suite, le bonus qui est un peu long et beaucoup en retard... Je sais. Mais... Enfin, je ne vais pas étaler ma vie ici... Je suis désolé en tout cas! Vraiment...

J'espère que te plaira ma tite Sid!

Et j'espère que ça vous plaira aussi, autres lectrices!(lecteurs?)

Merci à Lwella, merci pour tout.

Merci à vous revieweuses (?) : Sahada, Ai Tsubasa, Only-4-you, Capricorne, Caro, Jenni944, Clochette-la-fée, Nerwende, Isthar205 et ConanBlack!


« Harry ! Attends ! »

Ces mots résonnèrent soudainement, troublant l'étrange calme qui régnait dans la demeure. C'étaient des petites voix aiguës, des voix en pleine mues, des voix d'enfants.

Harry qui s'apprêtait à ouvrir la porte de l'établissement se retourna et sourit aux enfants qui l'entouraient.

Tous parlaient en même temps. Le jeune homme ne comprenait rien et avait très envie de se boucher les oreilles. Il est fou comme de si petits êtres pouvaient faire autant de bruit !

Une petite d'à peine quatre ans dévala les escaliers et tomba en bas des marches. Elle se mit à pleurer.

Harry se dépêcha d'aller vers elle et constata avec soulagement qu'elle n'avait rien. Lorsqu'il la serra maladroitement contre lui, elle s'accrocha. Il lui murmura des mots, qu'il espérait réconfortants. Puis, il lui essuya les joues et lui fit deux baisers bruyants qui la fit pouffer.

Quand il se releva et vit son petit air penaud et gêné devant ses ainés, il la trouva à croquer. Il eut une pensée pour Tonks et Rémus. Ils ne pouvaient plus avoir d'enfants suite à la bataille finale, où un sort avait touché sévèrement Dora au ventre. Teddy réclamait une petite sœur… Et si cette petite fille était maladroite, hé bien, elle se sentirait à sa place là-bas… Il prévu d'aller leur en toucher un mot dès le lendemain, où il devait tous manger en famille chez les Weasley.

Harry passait tous les mois dans cet orphelinat. Il venait parler avec Anthony et Athéa (anciens élèves de Poudlard et propriétaires du domaine) des affaires de l'orphelinat. Lorsqu'ils avaient voulu créer cet orphelinat, ils ne lui avaient rien demandé. C'est Ron qui lui en avait parlé ; il en avait eu vent grâce aux Jumeaux. Avec leur magasin, ils étaient au courant d'à peu près tout ce qui se passait dans le monde sorcier.

Harry aussi avait songé à créer un endroit pour les orphelins sorciers ; ce projet lui tenait à cœur. Il n'eut pas beaucoup de mal à les convaincre d'accepter sa participation et son aide. Il faut dire que les subventions accordées par le ministère étaient maigres. Heureusement, il y avait d'autres donateurs et des bénévoles. La guerre avait changé les mentalités, surtout celles de ceux qui avaient perdu un proche…

Le plus gros problème restait de trouver les orphelins nés de parents non sorciers…

Harry passait également pour faire plaisir aux enfants.

Enfant, il avait manqué de tant de choses, ne serait ce qu'un ours, d'un bon manteau ou d'un sourire… Maintenant qu'il était l'un des hommes les plus riches, il ne pouvait que donner... C'était complètement naturel pour lui.

Et c'était reposant d'aller les voir. Oh pas physiquement mais mentalement.

C'était loin des problèmes d'après guerre et loin de ces adultes qui ne cherchaient qu'à lui plaire, qu'à lui demander son avis pour ceci pour cela… Il avait cessé d'essayer de comprendre la nature humaine. Elle ne l'était pas.

Certains l'étourdissaient de questions politiques auxquelles il ne comprenait rien. Ils se reposaient sur le sauveur

Il avait tué un autre homme, un monstre, mais il avait tué et trop de personnes le traitait encore comme un héros

Cela avait fait sourire Molly quand elle l'avait fait parler dans un moment de faiblesse. Les gens aimaient les héros, lui avait-elle dit, ils avaient besoin de héros.

Il savait que seul, il n'aurait jamais pu réaliser tout ce qu'il avait accompli. Aujourd'hui encore, ses amis l'aidaient de bien des manières !

Heureusement, petit à petit, chacun finissait par retourner à son train train quotidien…

Seul un certain brun lui résistait encore et toujours… Il luttait contre l'occupation de son territoire et de son cœur mais perdait chaque jour une petite parcelle.

D'après ce certain brun d'ailleurs, c'était son instinct de sauveur qui devait le pousser à s'infliger des heures avec ces enfants... Il n'empêche que suite à leur conversation sur cet orphelinat sorcier, son ancien professeur avait fait un grand don de potions pour l'infirmerie.

Oh bien sûr, il était anonyme mais Harry avait fini par tellement l'exaspérer en disant sans cesse qu'il se demandait qui était le donateur, que Severus lui avait révélé que c'était lui-même. A peine, son ainé lui avait-il dit ses mots, qu'il s'en était mordu les doigts.

Il n'y avait que lui, pensait Harry, qui le faisait sortir de ses gonds et Harry en était plutôt content. Séverus avait eu un regard si glacé qu'il en aurait fait fondre un glacier.

Dans son miroir, (qui ne se gênait pas pour se moquer de lui) Harry avait beau essayer de l'imiter jamais il n'arrivait à atteindre un tel degré de froideur.

Séverus se comportait comme si c'était mal ce qu'il avait fait… Comme si c'était « indigne » de faire quelque chose de bien pour des enfants. Il ne savait jamais trop comment réagir dans ce genre de situation, aussi, il avait attendu quelques jours avant de revenir le voir.

Il retourna dans le monde réel lorsqu'il fut entrainé par deux enfants dans le salon. La pièce avait été décorée par les enfants et était très colorée. Tout le monde était réuni et semblait l'attendre.

Les enfants voulaient une histoire. Les premières fois qu'il avait fait ça, il avait hésité, buté sur des mots. Il était gêné devant ces petites bouilles. Parler en public, ce n'était pas évident et encore moins devant des enfants. Mais avec l'assurance qu'il avait prit au fur et à mesure, cela devenait presque facile.

Une fois fini, il eut son lot de bisous de la part des filles et des poignées de main de la part des garçons plus âgés.

Nallya, sœur d'Athéa et gérante, le raccompagna dehors et le remercia encore. Cela avec le sourire typique de ces femmes à qui il plaisait. Au bout de la troisième fois où il tentait de retirer sa main en douceur de celle de cette femme, il finit par la retirer un peu violement. Il s'excusa et ne put l'aider à se relever, elle le fit seule et retourna à l'intérieur avec la mine typique de celles qui ne comprennent pas pourquoi il ne veut pas d'elle…

Le pire était qu'elle était mariée.

Mais de nos jours, on trouve si facilement d'hommes et de femmes fourbes qu'Harry ne fut pas étonné, juste écœuré.

Une fois à Poudlard, Harry se balada un peu dans le parc, ses pas laissaient des empreintes dans la neige qui recouvrait le paysage. La gorge nue… demain il tousserait peut être.

Son écharpe était chez Severus. Il l'avait laissé volontairement afin d'avoir une excuse pour passer lui rendre visite. Pas qu'il en ait besoin. Mais il lui semblait avoir l'air moins « bête » quand c'était pour une raison précise.

Le vent soufflait peu mais il était froid. Il marchait le cœur serré, le cœur lourd, le cœur en berne. Lorsqu'il passait dans l'orphelinat, Harry oubliait tout ses petits soucis futiles mais une fois dehors, seul, ses pensées se perdaient dans de multiples chemins sombres.

Les rires des enfants résonnaient dans son esprit.

Le rire d'un enfant insouciant est un riche cadeau, car rare : souvent, on leur arrache trop rapidement leur innocence.

Il trouvait ce cadeau empoisonné car difficile à recevoir en cette période de fêtes, où la solitude - imposée - du cœur donne un goût amer aux choses les plus douces. Cette solitude éclipse les sourires des visages comme des regards…

Les vacances de Noël approchaient, il ne restait plus que trois jours. Harry patientait toujours. Il y avait presque deux mois qu'Halloween était passé et Sévérus et lui n'était pas ce qu'on pouvait appeler un couple. Ils étaient des amis. Vous savez, le genre d'amis qui se désirent et qui le savent mais qui n'ont aucune aventures ni entre eux, ni avec d'autres personnes. Il ne savait pas ce qu'il était.

Il ne pouvait pas dire que leur relation n'avait pas évoluée. Au contraire.

Ils se voyaient tous les jours ou presque, après les cours ou quelques instants après le repas du soir. Ils dégustaient des thés, cafés, chocolats, Whisky, bierraubeurres… tout en savourant la présence de l'autre...

Lorsqu'aucun d'eux ne parlait, les bruits de la vie parvenant par la fenêtre qu'Harry laissait toujours ouverte, agrémentaient le silence de cris d'adolescents, de chants d'oiseaux, d'une pluie rugissante, de feuilles rigolant sous les effleurements du vent…

Lorsqu'ils se voyaient dans le salon de Sévérus, ce qui arrivait le plus souvent, dépourvu de fenêtre, seul le crépitement des flammes comblait l'agréable silence qui régnait.

Sévérus ne parlait pas beaucoup, exposant ses points de vue en quelques mots. Même s'il y avait toujours des sarcasmes, ils étaient moins acides. Harry devait tout de même admettre qu'il faisait les trois quart de la conversation.

Les moldus étaient le sujet qui les opposait le plus. Harry était toujours à l'origine de ces discussions que Séverus provoquait parfois insidieusement, il aimait ces discussions mouvementées.

Petit à petit, Harry découvrait cet homme qui l'attirait. Bien sûr, ils se prenaient souvent le bec. Trois fois, en deux mois, il leur était arrivé de ne pas s'adresser un mot pendant plusieurs jours. Deux fois, Harry s'était excusé car il était en tort. La troisième fois, il avait réussi à avoir des excuses et une promesse ! Inimaginable n'est ce pas !

Séverus apprenait à montrer l'homme qu'il était derrière le masque et qu'Harry n'avait aperçu et perçu qu'en partie.

Attendre était insoutenable.

Il n'y avait malheureusement pas seulement cela qui le préoccupait.

Les mangemorts en liberté qui se cachaient et les narguaient par des attentas, l'inquiétait toujours. Surtout à l'approche de Noël, où il craignait que certains d'entre eux s'amusent avec les moldus, juste par ennuie, cruauté et folie… La folie d'un homme peut être incroyablement sauvage, plus inhumain qu'un animal…

La conscience tourmentée, se sentant responsable du monde sorcier qui avait tant confiance en lui, il aurait aimé pouvoir complètement oublié tout cela quelques instants dans les bras de Sévérus.

Il en trouvait en partie dans les paroles de ce dernier quand il se confiait à lui. Il avait la chance de voir que celui-ci ne levait pas les yeux au ciel. Son ancien professeur le réconfortait à sa manière froide et impersonnelle. Mais, il était là, l'écoutait et ses paroles même dures lui faisait plus de bien que des phrases toutes mielleuses, toute faites et fausses ...

L'autre chose qui occupait son temps libre, entre/après/pendant les cours, étaient les livres que lui avait fournis Kingsley sur la formation d'Auror. Il avait longuement discuté avec lui et ce dernier l'aidait à se mettre à niveau pour le concours d'entrée à l'école de formation des Aurors qui aurait lieu en juin. Personne d'autre n'était au courant hormis Séverus et ses deux meilleurs amis, bien sûr.

Il ne se sentait pas tout à fait à sa place, en tant que professeur. Il savait qu'il existait d'autres professeurs capables, un surtout, qu'il pouvait convaincre de revenir. Celui pour qui il avait tant eu d'affection : Rémus.

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La plume suspendue au dessus d'un parchemin, Séverus resta quelques secondes stupéfait. Entre deux copies qu'il corrigeait, un petit mot s'était glissé.

S'il avait eu l'habitude de le faire, il aurait sourit en reconnaissant l'écriture d'Harry. Ce dernier lui disait simplement qu'il espérait qu'il ne s'était pas ennuyé sans lui au repas du midi où il n'avait pu venir.

Le maitre des potions plia le mot qu'il rangea sous sa robe et se leva pour surveiller les potions de ses élèves. Il pouvait voir et sentir leur crainte. Il se força à ne pas laisser Harry distraire ses pensées, ce qui eut pour résultat d'être plus désagréable qu'il ne l'avait prévu. Il avait beau ne pas aimer ce qu'il se passait, il devait pourtant bien admettre à lui même que ce repas sans lui avait été terne. Depuis la rentrée, Harry était toujours à sa droite et même si il était arrivé quelques fois à Harry de ne pas diner là, ce n'est qu'à cet instant qu'il réalisa qu'il avait justement ressenti un quelque chose de désagréable. Il devait s'être finalement habitué à sa compagnie plus qu'il ne se l'avouait...

Il avait beau ne pas le vouloir et craindre cela, c'était un fait : il s'attachait à lui… Et il ne savait pas comment y remédier ou plutôt toutes ces paroles sur le fait qu'il voulait être seul sonnaient fausses maintenant.

Une fois son tour fini, un peu moins énervé mais toujours soucieux, il se replongea dans la correction des copies de ses médiocres élèves. Deux mis à part, aucuns autres ne comprenait la magie qu'il y avait à fabriquer une potion.

Après Harry, c'est à la soirée du 23 qu'il songea. Un diner au ministère, où il ne voulait pas aller mais où Harry voulait qu'il vienne…

Irait-il à ce diner où il devrait se forcer, faire semblant de ne pas voir, ni entendre ni comprendre ce que certains lui reprochaient, rien que pour avoir la satisfaction de savoir qu'il sourirait grâce à lui, pour lui ?

S'il n'était pas là, il ne se poserait pas la question, il n'irait pas. Et c'est ce qu'il ferait alors, ne pas y aller. Il ne fallait pas laisser Harry espérer pouvoir avoir plus que ce qu'il lui donnait.

Il n'aurait tout simplement pas dû accepter de le voir si souvent mais Harry était le genre de personne à laquelle, quand il vous souriait, il était difficile de dire non même pour quelqu'un comme lui. Le genre dont, quand on le connait un peu, la maladresse vous amuse et vous touche.

Bien qu'il avait essayé de l'éviter, se tenant à sa décision de ne pas avoir de relation, de quelque nature que ça soit, avec le fougueux brun, Harry avait en deux mois, petit à petit envahit son salon, sa routine, son espace. Il avouait à lui-même, qu'il aimait voir Harry faire le pitre pour voir une once de son sourire transformer son visage et modifier son regard, en un plus gai.

Il ne comprenait pas vraiment comment la véritable haine qu'il ressentait pour Potter s'était métamorphosée en un autre sentiment.

Auparavant, il ne supportait même pas d'entendre parler de lui. Dans ses moments là, il fuyait dans ses cachots, et, s'il ne pouvait fuir la conversation, il la subissait avec une maitrise extraordinaire mais aussi avec les intestins complètement contractés. Il avait appréhendé leur face-face, au point d'en avoir presque la nausée. Le voir, le faisait trembler, et si maintenant c'était de désir auparavant, c'était par fureur. A l'époque, il ne supportait pas son regard, ses traits, qui lui rappelait elle, lui, eux… Sa voix était un lent venin qui s'insinuait dans sa tête et rongeait comme de l'acide tout son être.

La présence d'Harry n'était plus oppressante. Elle lui était devenue agréable et ça c'était une évolution qu'il n'aurait jamais imaginé. Il devait reconnaître être maintenant, mille fois plus serein, et il aimait cela.

Si avant, pendant leur entrainement, les mots franchissaient rarement et avec douleur ses lèvres, il n'avait plus désormais à se forcer à faire la conversation, elle venait d'elle-même.

L'horloge sonna, des cris retendirent, des bruits assourdissants résonnèrent, des rires éclatèrent un peu partout dans le château de Poudlard.

En fermant les yeux, Severus pensait à des supporteurs de Quidditch pour les cris, à un troupeau d'éléphants pour le vacarme et à des hyènes pour les rires. Si on mélangeait le tout dans une marmite, qu'est ce que cela donnerait comme résultat ?

La potion qu'avait fait un élève avait dû le toucher plus qu'il ne pensait…

Mais, ce vacarme était juste des élèves, des élèves qui étaient en vacances…

Dans sa classe, on finissait sa potion, rangeait les ingrédients et tout cela dans le calme. Il maitrisait parfaitement ses élèves, cependant il ne pouvait enlever leur sourire.

« Quoi que »… ; pensa t-il.

Quand ils furent tous devant leur table, prêt à partir, ils attendirent qu'il les y autorise.

Il se leva une fois qu'il eut terminé de corriger un devoir, les observa quelques secondes et avec un demi sourire leur dit :

« Profitez bien de vos vacances. »

Il vit l'incrédulité dans leurs regards puis la compréhension quand il leur dit :

« Nous ferons un examen à votre retour sur ce que vous avez appris depuis le début de l'année. »

Ils sortirent calmement mais une fois la porte close, il les entendit crier de joie.

Il passa dans ses appartements et s'installa dans son canapé, un verre à la main. Il ricana tout seul. La raison ? Un bonnet trainait sur un fauteuil. Et cette chose n'était pas à lui. C'était à Potter. Qui d'autre ?

Après sa baguette, son téléphone moldu – qui ne servait à rien ici - , une plume, son portefeuille – où il n'avait rien trouvé d'intéressant- , un pull – qu'il avait retiré parce qu'il avait chaud – ses gants, ses chaussures – il était revenu trente seconde après s'être rendu compte de son oubli (Là, c'était dû au fait qu'il l'avait un peu poussé à bout), son écharpe et maintenant son bonnet, Séverus se demandait ce qu'il trouverait à laisser la prochaine fois…

Harry le tentait si souvent, parfois inconsciemment…

D'autres fois, il ne supportait pas la douleur qu'Harry cachait mal et il aimerait pouvoir lui faire oublier ses soucis quelques instants aussi.

Il découvrait qu'Harry pouvait être très mature dans ses réflexions et sa conversation se révélait agréable. Mais, quand il avait tort, il était toujours ce petit garçon borné et insolent… Malgré tout ce qu'il avait vécu, il avait toujours cette partie rêveuse, cette innocence en lui. D'ailleurs, sans cet aspect de sa personnalité, Harry aurait depuis longtemps abandonné l'espoir qu'il puisse être un couple…

Et quand il était arrivé que lui, Sévérus, ait tort, il l'avait empêché de savourer sa victoire en le frustrant tout simplement...

Il enferma ses pensées qui tournaient en boucle chaque jour, dans un coin de sa tête. Il n'avait pas de temps pour se laisser aller, ça le menait toujours à la même conclusion : il désirait Harry mais n'arrivait pas à envisager que leur relation puisse évoluer. Il ne pouvait pas même l'imaginer, c'était insensé tout simplement. Il ne savait même plus aimer. Comment construire quelque chose avec un cœur cassé ?

Un toc-toc familier vient troubler le calme de ses appartements. Soupirant, il posa son verre puis alla ouvrir la porte.

Devant sa porte, un brun particulièrement souriant attendait impatiemment.

OOOOO

« Monsieur Potter. » le salua l'Homme Sombre, comme à son habitude.

« Severus ! » Répondit joyeusement le plus jeune, comme à son habitude.

Tandis qu'Harry venait de s'enquérir de son bonnet oublié avec toujours ce grand sourire, Séverus prépara du thé. Le vendredi après son dernier cours de potion, il prenait toujours un thé apaisant tandis qu'Harry en prenait un énergisant, car il passait toujours le vendredi soir avec ses amis.

Le maitre des potions attendit, buvant son thé, que son cadet lui explique le pourquoi de sa joie.

Harry, les mains collées contre sa tasse soufflait sur sa boisson, les pieds déchaussés et posés sur la table basse, il avait pris l'habitude de commencer ses visites sans agresser tout de suite le calme de son ancien professeur.

Lorsqu'il croisa les prunelles de son Sévérus, il lui sourit puis le questionna.

« Une rumeur dit que vous avez annoncé un examen à vos élèves de septième année à la rentrée ? »

« Et cela vous étonne ? »

« Non. Mais que vous les ayez prévenu, oui ! Vous adouciriez-vous Professeur grâce à ma présence ? »

« Et vous qui avez collé la petite Aurore pour deux semaines parce qu'elle écrivait à sa correspondante Espagnole, vous endurcissez-vous grâce à ma présence ? »

Le silence ne dura que quelques secondes avant qu'Harry se mette à rire.

Sévérus leva les yeux au ciel mais reconnu qu'il préférait le voir rire plutôt que soucieux. En général, sa bonne humeur était communicative.

Il était difficile de garder son sérieux face à Harry quand il était ainsi. Ce dernier cessa de rire mais dès que leurs regards se croisèrent, Harry repartit dans grand un fou rire…

Il sortit se calmer dans le couloir, un fantôme passant par là finirait par répéter ce qu'il avait vu…

Une fois calmé, il se rassit et vit deux yeux noirs le fixer, amusés, et ils furent parfaitement conscients du trouble d'Harry. Ces yeux étaient accompagnés d'un sourire.

Potter raconta ensuite sa matinée de cours voulant mettre à mal la patience du maître des potions.

Cependant étant extrêmement patient et Harry étant trop pressé d'annoncer sa nouvelle, Séverus n'eut pas à attendre longtemps pour qu'il parle de ce qui le rendait si gai.

«Cet après midi, j'ai fais quelques visites… Et donc ça y est ! »

Il n'était pas toujours facile de suivre Harry.

« Si vous pouviez vous exprimer clairement, Monsieur Potter. »

Ce dernier soupira puis annonça :

« Cet après midi, j'ai trouvé un appartement ! »

« J'imagine que vous l'avez déjà acheté. » Soupira La Terreur Des Élèves.

« Oui mais c'était une affaire ! »

« Comme pour votre maison ? » demanda avec une pointe de sarcasme Snape.

Harry ne voulant pas vivre au Square Grimaud avait acheté une maison, deux semaines auparavant, sur un coup de tête. Elle avait révélé plusieurs défauts qui lui coutait maintenant pas mal d'argent…

Sévérus avait ensuite amené l'idée qu'Harry devrait acheter des appartements et les louer, afin de ne pas lapider son héritage.

«Vous m'aviez promis de ne plus parler de cette affaire ! Bougonna Harry. N'avez-vous donc aucune parole chez vous les Serpentards ? »

Séverus ne fit pas mine de ne pas se souvenir et lui dit sèchement d'arrêter ce mélodrame et s'excusa du bout des lèvres.

Harry sourit à nouveau, posa sa tasse et se pencha sur l'accoudoir du fauteuil pour attraper des papiers dans ce qui lui servait de sac.

« Non, là j'ai bien tout lu et bien vérifié ! »

Sévérus ne cacha nullement son scepticisme et écouta patiemment Harry, qui s'était assis à coté de lui dans le canapé, lui expliquait - photos à l'appui – combien il était beau et spacieux. Harry vanta un peu trop au goût de Snape les mérites de l'agent immobilier. C'était plus fort que lui, comme ce besoin de plus, incontrôlable ! Mais il ne dit mot, ne voulant pas entendre Harry l'asticotait.

Lorsqu'il voulu lire un des papiers, pour le vérifier, il dut le rapprocher, c'était écrit petit.

« Un souci ? S'inquiéta Harry »

« Non, je vieillis tout simplement. »

Il rajouta plus bas :

« Vous vous êtes entiché d'un vieux, Monsieur Potter. »

Si Severus n'attachait pas d'importance à leur différence d'âge, il s'en servait malgré tout comme rempart.

Lorsque son ancien professeur ne jouait plus comme à l'instant, Harry était toujours surpris car ces phrases arrivaient dans les conversations au moment où il ne s'y attendait pas et souvent des répliques ne lui venait que tard le soir, quand il y repensait.

Cependant à cet instant, il en eu une intelligente (du moins, il le crut) et fut ravi du regard de son professeur.

« Qu'avez-vous marmonné ? »

« Que si devoir porter des lunettes, c'est être vieux, je le suis depuis ma naissance ! Répéta Harry en remontant machinalement les siennes. Et aussi que ça vous iriez certainement bien…»

Impassible devant le sourire un peu coquin d'Harry, Severus reprit la lecture des papiers.

Une fois fini, il les rendit à Harry, lui accorda que tout était en ordre puis se leva pour débarrasser sa tasse tandis qu'Harry réchauffait la sienne d'un coup de baguette.

Durant quelques minutes, un calme régna. Harry était légèrement appuyé sur son aîné tandis que ce dernier regardait les photos d'autres appartements qu'Harry avait vus.

Puis, un crépitement dans la cheminée vint les interrompre. Dumbledore.

« Harry ?

« Oui ? »

« Hermione est là, elle ne t'a pas trouvé dans ton appartement et dis que vous aviez rendez- vous. »

« Oui, oui, on avait rendez-vous, c'est vrai ! » Harry regarda sa montre machinalement, le temps passait si vite parfois !

Hermine lui avait envoyé un hibou ce matin et hier et avant-hier, pour lui dire qu'elle devait passer chercher quelque chose dans la bibliothèque de Poudlard et passerait ensuite le voir. Elle était très étrange ces derniers temps, peut être était-elle enceinte…

Il avait vraiment la tête ailleurs pour l'oublier.

Tandis que le directeur retirait sa tête de la cheminée, Harry se dépêcha de rassembler ses affaires puis se pencha sur la joue de Severus pour l'embrasser.

Un baiser rapide.

Il aimait surprendre son ainé avec ce genre de marque d'affection. Avant de crier sa destination à la cheminée, il dit malicieusement :

« Vous seriez très sexy avec des lunettes, surtout juste avec des lunettes… »

Sévérus n'eut le temps de répondre. Il se laissa aller, fatigué, dans son fauteuil et chercha des yeux ce qu'Harry avait pu oublier.

Déçu, malgré lui, il constata qu'Harry n'avait rien laissé dernière lui mais quand il ne put s'empêcher de ressasser cette dernière phrase, il sut que si…

0000

Harry soupira mais de bonheur. Ce soir on était Lundi, ils emmenaient de nouveau leurs élèves au cinéma…

Les sorts de transformations avait été moins utiles. Mais, ils avaient dû user d'autres sorts pour détecter si les élèves n'avaient rien de magique avec eux.

Le fameux groupe d'amis, des septièmes années de plusieurs maisons, avait tenté de manigancer quelque chose, Severus les avait vite repéré. Ce dernier l'avait regardé fixement, et Harry n'avait pas pu s'empêcher de lui sourire malicieusement. Bien sûr qu'il savait mais il avait voulu leur laisser une chance.

Le cinéma, c'était officiellement une idée de Dumbledore qui avait voulu féliciter les élèves ayant eu de bons résultats. En réalité, c'était une idée d'Harry.

Maintenait, que Séverus et lui avaient avancé, qu'ils se parlaient vraiment, le jeune homme pensait qu'il était temps de tenter une réel approche. Il avait dit qu'il attendrait, c'est vrai. Mais il n'en pouvait plus d'attendre !

Imaginer ce que vous désirez le plus. Imaginer le côtoyer tous les jours sans réellement pouvoir le posséder. Imaginez… Vous comprendrez alors qu'après deux mois ainsi, il ne pouvait plus résister ! Et si vous le vivez ou l'avez vaicu vous savez combien, c'est difficile...

Il avait dans l'idée qui s'il ne faisait rien, ils resteraient coincé ainsi. Severus n'avait pas d'amants, mais il devinait que cela finirait par arriver s'il le laissait croire qu'il ne ressentait plus rien. Il ne voulait pas que ce dernier croit qu'il ait abandonné. Bien qu'il en ait eu parfois l'envie…

Et, il n'en pouvait plus de provoquer des occasions et de ne rien avoir en retour !

Il se rappelait notamment celle qu'il avait tendu quelques jours auparavant.

Ils étaient dans le salon de Séverus. Une horloge avait sonné seize heures depuis peu. Severus prenait un thé, lui un chocolat.

« Pour le diner du 31, vous ne voulais toujours pas venir chez les Weasley ? »

Un léger hochement de tête négatif lui avait répondu.

« Madame Weasley vous a invité de bon cœur, vous savez ! »

Un sourcil soulevé fut la réponse.

« Bon ok, c'est peut être Drago et moi qui avons vaguement parlé de vous qui serait seul… »

Un regard ombrageux le fixa, il devait cacher mille tortures...

Prenant le prétexte « Weasley », Harry avait enchaîné :

« N'empêche qui aurait imaginé Bill et Drago ensemble un jour ! Plus surprenant… quoique, plus surprenant il pourrait y avoir en réalité… » (1)

Deux yeux noirs intenses et indéchiffrables l'avait alors fixé si ardemment que c'en était intenable. Il aurait presque voulut retourner à l'époque où il n'avait pas le temps de se préoccuper d'autre chose que sa survie ! Presque…

Il s'était alors excusé, se rappelant subitement avoir quelque chose à faire et s'était enfui. Son coté Serpentard avait bon dos… Pour revenir quelques secondes après, chercher ses chaussures…

Le soir, après une douche, il mit d'ailleurs quelques minutes avant de trouver sa paire de chaussures. Il ne voulait pas qu'un elfe vienne ranger ses appartements et aimait que tout ne soit pas trop ordonné. Mais là, il était temps de faire le ménage…

Une fois son pull mis, il remit ses lunettes : une paire noire et vert foncée rectangulaire puis il mit un peu de gel pour coiffer quelques mèches. En vain…

Il rajouta son long manteau noir, son écharpe, oublia ses gants et sortit rejoindre le groupe rassemblé devant les marches de l'entrée.

Severus l'observa quelques secondes et il aurait aimé savoir ce qu'il avait pensé.

Au cinéma, il se débrouilla pour se retrouver devant le « saigneur » des cachots (surnom que les élèves lui avait donné, après avoir vu Draculito, mon Saigneur en cours de Moldus.) mais aucune main ne vint le taquiner. Cela ne l'empêcha pas, avec un certain amusement, de remuer subtilement.

Et quand deux fines et fermes mains l'écartèrent, il fut soulagé de constater qu'il troublait toujours son ancien professeur.

Quand, durant le film, ils furent côte à côté, dans la chaleur de la salle, et qu'aucune main ne vint se balader sur sa cuisse, il en fut si frustré qu'il en aurait presque mordu le siège pour s'empêcher de crier !

Il tenta bien du bout des doigts de toucher son professeur mais ceux-ci furent rapidement remis à leur place avec un regard indigné.

Quand Séverus avait entendu Dumbledore parlait de refaire une sortie dans le monde moldu, il n'avait pas été dupe. Mais, il n'arrivait pas à se délecter de la situation. Il n'avait pas envie de répéter ce qu'il s'était passé la dernière fois. Tenir, il fallait tenir !

Mais cela faisait deux mois qu'il échouait…

S'il fuyait régulièrement la compagnie des êtres humains, c'est parce qu'il aimait le silence de la solitude. Mais, lorsqu'Harry le dérangeait durant ses instants là, lorsqu'il n'avait pas envie de parler, Harry respectait ses silences et il n'arrivait pas à le chasser.

Lors de ses moments, il contemplait Harry : ce dernier s'étalait dans un de ses fauteuils, serein, il fermait les yeux et avait souvent un fin et doux sourire aux lèvres. Sévérus ne tentait pas de pénétrer ses pensées, même s'il voulait savoir ce qui laissait son collègue aussi rêveur.

Il avait essayé de rester loin de lui, pour ne pas penser à son envie d'être plus proche de lui, de caresser ses traits et d'embrasser ses lèvres. Il savait qu'être méprisant n'éloignerait pas Harry, alors il avait essayé de paraître occuper, se réfugiant dans son labo, mais son jeune collègue le trouva rapidement et vint s'y installer avec son petit air malicieux.

Séverus avait fini par céder à sa présence, à la condition qu'Harry arrête de bavasser. Ce dernier survolait généralement un livre tout en l'observant.

Il ne savait pas quel charme avait enveloppé son être mais il l'empêchait de repousser Harry comme il aurait dû, il lui donnait envie d'être à l'origine de ses sourires et non plus de sa haine.

Soudain, des gens se mirent à crier puis à courir…

Severus regarda blaser le film où bien sûr, l'héroïne à la plastique parfaite (selon les commentaires de garçons dans la salle), alla évidemment se réfugier dans un endroit désert et dangereux, au contraire de tous les autres personnages du film et où bien sûr un bel héros (selon ces critères) arriva au moment précis ou le tueur allait la violer. Il la sauva et l'embrassa langoureusement avant de s'enfuir aider d'autres personnes en détresse. Que c'était mièvre.

Il observa Harry, sentit cette chose qu'on appelait cœur se serrer face à l'air ailleurs, déçu, triste du brun. Il posa sa main sur celle de son voisin, qui sursauta, et fit glisser ses doigts sur le poignet d'Harry.

Ce dernier se força à garder les yeux fixés sur l'écran ou la « belle héroïne » (si on les aimait grande, minces blondes aux seins énormes (2) ) ressassait son fabuleux baiser, alors que Sévérus se penchait sur sa montre.

Séverus se retient de grogner, il restait encore quarante minutes de film. Il observa alors son ancien élève qui était raide, ses lèvres étaient serrées par la contrariété. Il eut un de ses fameux rictus, se pencha à l'oreille d'Harry et lui murmura :

« Si vous vouliez tant qu'on aille au cinéma, il vous aurait suffit de me le demander. »

Sachant qu'il ne servait à rien de nier, Harry se contenta de se tourner vers lui avec un regard penaud que nombre de ses admirateurs aurait jugé d'adorable.

« Vous auriez dit non. » Lui chuchota t-il, troublé d'être aussi près de Sévérus, qui depuis leur nuit torride gardait ses distances.

« Et bien, peut être que j'aurais dit oui...Nous aurions pu choisir un film ou il n'y aurait eu personne. » Sourit très légèrement son ancien professeur.

Puis il se pencha à son oreille à nouveau et continua :

« Peut être que cela m'aurait rappelé notre dernière séance, ce qui s'est passé ensuite, peut- être aurais-je eu envie de recommencer...»

Il finit son discours en effleurant du bout des lèvres l'oreille de son ancien élève.

« Mais tout ce que j'ai envie de faire avec ce film, c'est de dormir. »

Harry ferma les yeux, retenant ses envies de l'étrangler. Il n'en pouvait plus !

« Je vais aux toilettes. »

« Faites ce qui vous plait, Monsieur Potter. » Répondit distinctement Sévérus en voyant que Minerva de l'autre coté d'Harry leur jeta un regard.

Séverus se leva pour laisser passer Harry, ce dernier prenant bien soin de lui écraser un pied.

Il ne dit rien, le suivit des yeux puis se rassit, feignant de regarder le « merveilleux » film que la majorité des élèves avaient choisi.

Severus ne s'était pas attendu à une telle réaction. Il avait eu envie de le provoquer, de jouer parce qu'il avait malgré tout envie de lui. Il avait envie de répéter l'aventure de la dernière fois encore une fois ! Juste encore une fois, une dernière.

Parfois, il n'avait tout simplement plus envie d'en découdre, il était trop fatigué de voir la déception d'Harry à chacune de ses rebuffades, trop las de se battre contre lui. Et puis, malgré tous ses efforts, il se sentait de plus en plus attaché à Harry, il ne pouvait rien faire contre ses sensations et n'avait plus envie de lutter contre eux. Ce soir était un de ces soirs où il avait envie de craquer…

Il avait été peut être trop brutal, mais il ne pouvait pas lui dire subitement qu'il était d'accord pour essayer un « quelque chose » avec lui. Il ne savait pas comment dire ces choses, il n'avait jamais dit ces choses… Et puis, c'était si tentant de lui murmurer tout ce qu'il avait envie de lui faire.

« Harry est parti depuis dix minutes, peut être qu'il ne se sent pas bien. »

« Minerva, allez donc voir au lieu de me déranger. »

« Mais, Séverus… » Fit-elle avec ce regard de grand-mère réprobatrice.

Harry entra dans le petit cabinet et s'aspergea d'eau. Il avait l'intention de rester là à bouder. Espérant que Séverus le rejoigne, que ce dernier s'excuse de s'amuser ainsi avec lui.

Il ne savait jamais sur quel pied danser avec Séverus, tantôt il avait l'impression d'avoir réussi à ébrécher ses défenses, tantôt, ce dernier lui donnait un grand coup dans le ventre. Un jour, il était taquin et joueur ; et le lendemain, il lui parlait avec la même tendresse qu'un crabe de feu vous brûle.

Il ne voulait cependant pas abandonner, ce n'était pas dans ses habitudes, il était un lion, il était un fils de Maraudeur, il ne pouvait abandonner ! Et ce n'était pas que par fierté, il le voulait vraiment !

Quelques minutes plus tard, alors qu'Harry s'amusait à chercher quel sort il pouvait lancer sur la porte pour qu'elle colore les mains des gens qui la passeraient sans s'être lavé les mains, la porte s'ouvrit sur un homme. Lui. « Merci Merlin », pensa Harry.

OoO

Sévérus referma la porte et ils se fixèrent quelques secondes. Noir contre vert. Pudique culpabilité contre rage.

Harry s'approcha de son ancien professeur, menaçant. Une fois face à lui, subitement, il se pencha sur la pointe des pieds, saisit son visage et attrapa sa bouche, en l'espace de quelques secondes. Ça ne ressemblait en rien au baiser partagé par les deux acteurs, il était beaucoup plus intense et violent.

Harry avait parié avec Rémus combien de temps il tiendrait et bien Rémus avait gagné ! Noël n'était pas là et Harry avait craqué ! Il l'avait embrassé. Harry n'avait pas prévu, son corps avait agit par impulsion.

Quand, pendant quelques secondes Harry se détacha pour jeter ses lunettes gênantes, le maître des cachots n'avait pas eu le temps de réagir. Ses lèvres traitresses avaient tout de suite voulu participer pleinement à cette brutale joute. Retrouvant leur amantes, elles ne voulaient plus les quitter, elles avaient tant de fois souhaité les rallier à nouveau.

Séverus le repoussa difficilement car tout comme ses lèvres, ses mains avaient péniblement résisté aux corps d'Harry.

Des mains voulurent détacher sa veste et il dut inverser les positions afin de coincer Harry contre la porte pour l'arrêter. Celui-ci, haletant, les yeux plissés pour mieux voir, n'avait définitivement plus envie d'attendre.

Sévérus n'était pas une personne qui hésitait. Cependant, avec Harry tout était différent. Il avait juste pour une fois, envie de laisser quelqu'un passer toutes ses barrières. Avoir une personne près de lui qui le connaitrait et qui l'apprécierait, une personne avec qui il pourrait être complètement lui-même sans se soucier d'être vêtu d'un masque.

Harry avait déjà son emprise sur lui et il songea qu'il pouvait bien le laisser avoir encore un peu plus. De toute façon, il savait qu'il n'avait plus totalement la maitrise de ce qu'on appelait sentiments.

« Vous êtes toujours aussi peu patient… »

« Deux mois que j'attends un geste de votre part ! Vous ne faites que m'aguicher ou être distant ! Je ne sais plus quoi penser ! Si vous aimez vous faire souffrir en ne cédant pas à ce dont votre cœur – ne me regardait pas ainsi, vous en avez un ! – soit ! Mais vous n'avez pas à vous amusez de mes sentiments ! Alors, maintenant, décidez-vous ! Ou vous me rejetez encore une fois et je sortirai cette fois de votre vie ! Ou vous vous décidez à…, à assumer ou… ou…!» Bégaya Harry vers la fin, tremblant de rage, le feu aux joues, au corps.

La voix d'Harry était tremblante. Séverus comprenait qu'il ne supportait plus cette situation, qu'il l'avait réellement poussé à bout.

Il avait beau savoir son ancien élève têtu, s'il le repoussait ce soir, tout serait fini. Et si c'était ce qu'il voulait avant, ce n'était plus ce qu'il souhaitait aujourd'hui. Non, il ne pouvait, ni ne voulait voir Potter –Harry !- sortir de sa vie. C'était un constat douloureux à faire, cette maudite chose, le cœur avait décidé à sa place…

Harry se maudit pour ses paroles ! Il avait dit qu'il serait patient et voilà qu'il le mettait au pied du mur, il avait l'impression de se conduire comme un gosse capricieux et égoïste, qui ne supporte pas de pouvoir attendre pour avoir ce qu'il désire et qui ne songe pas à la chance qu'il a de posséder le peu qu'il a. Il imaginait ses petits orphelins qui seraient déçus de son comportement s'ils savaient…

Séverus ferma les yeux, pour réfléchit sans voir Harry. Et lorsqu'il les rouvrit, il laissa les sentiments d'Harry se mêler aux siens. Par l'occlumencie, tous deux s'ouvrirent totalement l'un à l'autre. Pour Séverus, ce n'était pas la première fois qu'il percevait les sentiments d'Harry mais ce dernier ne lui avait jamais fais voir leurs profondes intensités.

Aujourd'hui, leurs esprits ne se combattaient pas, ils se liaient.

C'était vertigineux de ressentir tout ce maelström d'émotions : peur, doute, colère, désirs et affection. Harry ne pensait pas affection, mais un mot trop fort pour qu'il l'affronte pour le moment. Et, lui dévoiler son sentiment d'attache à lui était déjà un immense pas.

Plongeant dans les sentiments de l'autre, ils se laissèrent aller à écouter le corps de l'autre.

Ils eurent beau combattre, ils ne purent retenir les frissons qui les parcoururent lorsqu'ils se rapprochèrent puis se touchèrent, les yeux toujours fixés l'un à l'autre.

Séverus laissa glisser ses mains autour de la taille du brun, il observa longuement son regard et semblait entendre dans son esprit trois mots que personne ne lui avait jamais dit. Il n'avait pas besoin de les entendre à haute voix, les ressentir était mille fois plus intense.

Il ferma les yeux quelques secondes savourant la sensation incroyable, irréel, de se sentir aimer…

Harry, lui, semblait nager dans un tourbillon.

Puis soudainement, Séverus releva ses paupières quelques secondes le temps de se pencher sur le visage puis la bouche de son jeune éphèbe et l'embrassa prestement.

Il ne voulait plus le voir aussi accablé, jamais. Il lui souffla ces mots entre deux baisers

Séverus n'avait absolument pas envie de faire l'amour ici et en si peu de temps. Mais le gamin le chauffa et surtout il le supplia

Si Séverus avait un point faible, c'était qu'il aimait qu'on le supplie et Harry, par leur lien, avait tout de suite senti l'effet de ses mots. Alors Harry le répéta entre des baisers courts et affriolants.

Quelque chose en lui finit par craquer, Severus ne pouvait plus se contenir. Pourquoi pas après tout? Se dit-il. Peut importait le monde, seul eux deux comptait…

Il avait envie de lui, ici. Il ne pouvait attendre, plus rien ne comptait.

Leur bouche étant indécollable.

Ils s'étaient déplacés dans la pièce et Harry observa dans le miroir son amant derrière lui, puis ses paupières recouvrirent ses yeux, le plongeant dans le noir. C'était trop fort il ne pouvait que ressentir. Leur esprit était toujours lié malgré que leurs regards ne se croisent plus et chacun ressentait doublement les choses, c'était épuisant, et dangereux, mais aucun ne voulait s'arrêter.

Sévérus ne regrettait pas sa décision, le visage d'Harry exprimait tant de ravissement. Donner du bonheur à un être comme Harry était même un cadeau. Il avait l'impression de ne plus être lui même à penser ces choses, mais mettre son esprit à nu, percevoir tout l'être d'Harry aussi bien psychologiquement que physiquement le rendait complètement extatique.

OoO

Quand Minerva se leva à son tour, s'interrogeant sur ce qui arrivait à ses deux professeurs, elle trouva porte close. Un coup de baguette et elle put ouvrir la porte.

Elle la referma aussitôt sans faire de bruit et rejoignit sa place.

Non, elle n'avait pas vu Harry, son petit Harry agrippé au lavabo. Non elle n'avait pas vu Severus, son iceberg de collègue et ami, en train …

Non, non, non!

OoO

Séverus trouvait hallucinant, ô combien les battements de son cœur pouvaient battre vite. Il était à bout de souffle et courbaturé et à cet instant, il se sentait si bien, qu'il se moquait réellement de tout ce qui l'entourait même d'Harry.

Ce dernier tourna la tête, souriant, et l'embrassa.

Il se détacha d'Harry et lui ferma son esprit.

« Je ne sais pas où j'ai mis la mienne, ni mes lunettes… »

Séverus d'un accio lui ramena ses lunettes puis le laissa se débrouiller.

« Attends. » Lui demanda Harry alors qu'ils allaient sortir.

Harry enlaça son amant et nicha sa tête dans son cou. Il avait besoin d'être sûr que cette fois Sévérus ne le laisserait pas.

« S'il te plait. » Implora t-il se moquant de paraître faible.

Sévérus l'étreignit alors, avec réticence, comme il n'avait jamais enlacé personne mais ce n'était pas si déplaisant en réalité.

Harry avait eu raison de persévérer, de ne pas abandonner. Dans les contes qu'il lisait aux enfants, l'amour triomphait toujours.

Bien sûr, il savait que dans la vie, c'était différent. Pas niais comme ces contes. Il y aurait tout un tas d'épreuves mais il ne voulait penser à rien d'autre qu'à eux pendant cet instant où il se sentait simplement heureux.

Il se dégagea cependant, conscient que si lui était souvent étreint par Molly, Hermione, Rémus et Teddy, Sévérus, lui n'avait pas du l'être depuis très longtemps. L'avait-il été seulement un jour?

Il le regarda, prêt à s'excuser mais son amant posa un doigt sur sa bouche.

"Ne dis rien. Ça va, ça ira."

Harry sourit et sentit des lèvres se poser bientôt dessus.

Oui, se dit Severus, ça irait. Il pourrait s'y habituer avec le temps, à sa tendresse.

OoO

« Non, non, non. » Se disait-elle sans cesse.

Le film fini, tout le monde se leva et en sortant de la salle, elle finit par retrouver Séverus, dans les dernières personnes.

Ce dernier était toujours le même. Elle ne venait pas de le voir faire ça, il ne pourrait pas être si impassible si ça avait été le cas.

« Si, si, si. » Se dit-elle finalement en voyant la mine d'Harry resplendissante.

Malgré son affolement, au fond d'elle, elle était heureuse de voir Harry radieux et de savoir que son ancien collègue n'était pas seul…

Dumbledore souriait comme devant une glace au citron après le discours de Minerva sur ce qu'elle avait vu. Elle avait eu besoin d'en parler à quelqu'un.

Et plus bas, dans les cachots, si vous voulez vraiment le savoir, deux corps se tournaient autour, s'apprêtant à se battre à nouveau… Et ce ne fut pas la dernière…Bien au contraire…


1* Couple que j'ai rarement vu et découvert dans une fic mais je ne suis pas sur de laquelle était ce…

2* Je n'ai rien contre ce genre de fille. C'est le personnage. =)

Merci beaucoup d'avoir lu!

Il est tard, je vais aller dormir... Merci à celles qui me laisseront un petit mot!

Sid... Groos bizous!

Bizoous à toutes (tous?) !
Moon.

(Ps : j'ai écouté pleins de chanson en écrivant dessus, je vais vous citer donc qu'une, celle que j'écoute là : "Golden Brown" du groupe The Stranglers. (Merci à l'auteur qui me l'a fait découvrir dans fic, je n'ai plus le nom... C'était une Harry/Drago) )