D'accord.

Vous avez le droit de vouloir me ligoter à un éléphant mort pendant 27 ans.

Simplement, ce chapitre a été particulièrement ardu à rédiger, puisque même si vous ne vous en rendrez pas compte tout de suite, il contient une foule de petits indices sournois.

Merci aux merveilleuses reviews que j'ai reçues !

Ca m'a fait extêmement plaisir, malheureusement, je n'ai pas le coeur à répondre indiviuellement, puisque je suis victime du fléau "paresse" superbement connu sur ce site. Vous m'excuserez donc, et en contrepartie, au prochain chapitre, vous aurez le droit à de longues analyses bien nutpapayères.

;)

Bonne lecture à tous, et...ouvrez l'oeil.

Nut'


s#S. L'Ombre du Survivant .S#s

Chapitre 4 : Premières armes

Josiane observa d'un air intrigué le potager voisin ou une carotte séduisante s'extrayait de la terre fraîche. Ses sens mis en alertes, elle s'approcha, veillant à dissimuler sa couleur jaune banane dernier cri derrière une botte de radis. Le légume orange sortit finalement de sa prison naturelle et commença à se nettoyer un chouïa. Josiane fixa la poche de l'inconnu, déformée par une forme plate et visqueuse. Jackpot. La carotte lança un coup d'œil environnant et sautilla vers le céleri le plus proche pour y disparaître avec un sourire malveillant. Notre héroïne sentit son pouls s'accélérer et sortit son portable High-Tech frugal en forme de courgette miniature pour appeler son amant de toujours...Edmond. Lorsque le melon décrocha, à la deuxième sonnerie, elle lui souffla, les yeux exorbités les mots qu'elle rêvait de prononcer depuis qu'elle était pépin :

J'ai trouvé qui avait volé l'omelette au café sur un poney caramel.

...

Fourbes.

Je n'ai pas réussi à vous faire quitter cette page internet.

Josiane et Edmond sont donc si intéressants que ça ?

Quoiqu'il en soit vous tenez vraiment à rendre riche votre pharmacien en qualité d'anti-dépresseurs...

Soupir

A votre aise...

oOo

Je.

Suis.

Pris.

Vacillant sous la nouvelle, je posai la lettre sur le guéridon de mon mini salon, n'osant y rejeter un coup d'œil, de peur que les mots fatidiques disparaissent. La sonnette de mon appartement se mit à trouer le silence pesant qui s'était installé dans la pièce. Sans lâcher la missive ministérielle des yeux, je me dirigeai vers l'entrée et ouvrai la porte.

- Salut !

- Gwen !

Les yeux bleu clair de mon interlocutrice rencontrèrent les miens avec vigueur, je réussis presque à oublier les mots que j'avais lus une minute plus tôt.

- Je peux...entrer ? interrogea Gwen d'un air suspicieux en apercevant mon bol de céréales et mon pyjama aux motifs de canards.

Gêné, je m'écartai en bafouillant comme une loque :

- Ah...euh ...Oui ! Désolé ! Je...me suis levé y'a pas longtemps...Fais...euh...Fais comme chez toi !

Elle m'adressa un sourire radieux et se retourna :

- Venez !

A ma grande horreur, Drago Malefoy, Harry Potter et Ron Weasley débarquèrent chez moi et me virent en tenue aux motifs douteux. Drago s'esclaffa :

- Tu as vu, Gwen, je t'avais dit qu'il était bizarre...ricana t-il tandis que l'intéressée cachait un sourire en coin.

Maintenant excédé, je me plantai devant Drago.

- Tu ne perds rien pour attendre, espèce de...

- Gwen et moi avons passé la soirée ensemble, me coupa le blond en élevant la voix, l'œil goguenard. C'était fan-tas-tique !

- Quoi ?!

- On est allé prendre un verre, m'expliqua Gwen en posant son manteau sur une chaise de la salle à manger. Ils m'ont dit ou était ton appart' et on est venus te rendre visite !

J'avais l'impression d'avoir avalé une tonne de briques. Pour parfaire le tableau, Harry Potter et son fidèle ami roux s'approchèrent de moi, un air Gryffondorien sur leurs visages de héros.

- Neville, je te félicite, articula le Survivant. Réussir semblait hors de portée pour toi...

- Prends ça dans ta face sale idiot.

Evidemment je n'ai pas dit ça. Je me suis contenté d'ouvrir la bouche stupidement, mi hargneux, mi-ahuri.

- Vous...savez que je suis pris ? demandai-je, abasourdi.

- Les nouvelles vont vite, répondit Ron avec un vague signe de la main, comme si ma question était parfaitement stupide. En plus, je crois que tu es pris parce qu'il y eu un des aspirant qui a disparu, sinon, tu n'aurais pas été chois...

- Merci, le coupai-je d'une voix aigre.

Effectivement, dans la missive cette information était inscrite. J'avais été le dernier recours en quelque sorte. Superbe comme nouvelle entrée dans le monde du combat contre le mal.

Encore sonné par tous ces événements pour le moins arrivés en cascade, la voix mielleusement suave de Malefoy me parvint aux oreilles.

- Tu as vu, Gwen ? J'ai eu pratiquement tout juste pour mon examen. Mais pas autant que toi, tu es subli...

- UN PEU DE JUS D'ORANGE ?

Ayant résisté à l'envie de lui abattre mon bol de Cookie Crisp (1) sur sa tête blonde, j'agitai fermement la bouteille de concentré sous son nez, coupant ainsi court à sa diatribe sentimentale. Gwen me regarda d'un air surpris et Drago parut énervé.

Mouarf.

Moi vivant, il ne me dépasserait pas sur ce terrain l...

- Non merci, je ne parle pas aux canards.

Le sale petit...

Gwen s'esclaffa en crispant les lèvres, tentant de retenir son rire clair. Malefoy esquissa un sourire satisfait et moqueur.

- De toute façon on a pas le temps, coupa Harry Il faut qu'on y aille. On est tous dans la même équipe.

Cette révélation abominable ne me fit plus le moindre effet. Il brandit ma lettre.

- Tu l'as vraiment lue... ?

- J'étais en train, rétorquai-je en lui arrachant la missive des mains.

Une demi-heure et huit prises de becs plus tard, ayant changé trois fois de chaussettes et m'étant presque coupé en me rasant à une vitesse à concurrencer n'importe qui, notre petite cohorte se ruait en bas de l'escalier de mon immeuble. Malefoy faillit même tomber dans la cage d'ascenseur.

Bon d'accord.

Mon pied gauche y était peut-être pour quelque chose.

Alors que nous courrions dans les rues bondées de Londres à cette heure de la matinée, Gwen tourna la tête vers moi, ses cheveux noirs voletant autour de son visage fin :

- Je suis désolée de venir à l'improviste comme ça, chez toi. En fait j'avais regardé le numéro de ton domicile sur la fiche d'inscription et je me suis dit que ça te ferait plaisir qu'on y aille tous ensemble.

Dès lors, je me sentis plus léger bien qu'ayant un début de poing de côté.

- Pas grave, marmonnais-je néanmoins avec un sourire. En fait je n'arrive toujours pas à réaliser.

- Rends-toi compte ! Nous sommes Aurors maintenant ! dit-elle avec un grand sourire.

Oui. Aurors. Cependant une pensée désagréable m'envahissait l'esprit. J'avais le pressentiment que mon nouvel emploi ne se résumerait pas à de simples arrestations pour vols dans des magasins de films pornographiques.

oOo

Vous savez, quand l'auteur d'un roman désire faire passer un message aux lecteurs assez fous pour bien vouloir le lire, il sème dans son chapitre de petits indices ça et là.

Cela peut se trouver sous la forme de dialogue.

Ou de monologue.

Ou de pensées.

Ou de simples descriptions.

Bref.

Certaines histoires sont farcies d'indices révélateurs, ou de faux vraies suppositions qui ne veulent rien dire.

Ouvrir l'œil ne sert à rien dans ce cas.

Il faut seulement arrêter de réfléchir et continuer à lire, la réponse viendra d'elle-même.

Le fait est que cette présente petite note peut être complètement inutile ou au contraire d'une importance capitale.

Ou encore complètement capitale.

Et d'une importance inutile.

Pourquoi pas inutilement complète ?

Oui c'est ça, allez chercher un cachet d'aspirine.

Qui sait, pendant que vous vous débattrez avec l'emballage, je viendrais subrepticement effacer de la mémoire de votre ordinateur toutes les pages de cette sinistre fiction.

Mais je m'égare.

Revenons à nos oignons, ou devrais je dire, à nos melons ?

Il se trouve qu'il y a aussi certains moments où c'est la dernière chance d'accomplir quelque chose de primordial, comme de sortir les macarons du four avant qu'ils deviennent insipides, ou de changer de serrure pour éviter une deuxième tentative d'assassinat par un facteur masqué.

Si j'avais été avec le petit groupe courrant dans les rues londoniennes, je me serais sûrement arrêtée en criant « STOP !».

Non pas pour des raisons culinaires ou de première nécessité, mais pour leur dire Stop, on avance plus. Stop c'est votre dernière chance, Stop arrêtez de courir vers ce sinistre cataclysme attendant dans l'ombre, Stop ne vous fiez pas aux apparences,

STOP.

Mais je n'étais pas là et j'ai le regret de vous informer que Neville, malgré son pressentiment tout à fait justifié- et ici justifié signifie : Vérifiable dans les dix prochaines lignes- ne s'arrêta pas en pleine course.

Il continua sur sa lancée, se rapprochant un peu plus à chaque pas en direction du Ministère, du dénouement maléfique que vous-même devriez fuir.

oOo

Le Directeur se tordit les mains.

Le Ministre avait été très clair.

Il fallait arrêter le coupable.

Trop de monde était en danger.

Alors que la pendule de son bureau sonna onze heures, la voix sifflante de son assistante troua l'atmosphère pesante.

- Mr Brandy ? La secrétaire vous appelle.

Oui, Christophe Brandy pouvait se considérer comme satisfait pourtant. Son poste de Directeur du service des Crimes au sein des trois tours des Aurors n'était certes, pas tout les jours hilarant, mais il était respecté, admiré, même craint. De plus il n'était pas que le chef de ce service, en quelque sorte c'était lui le gérant des trois tours. Malgré son certain âge, il menait le QG des Aurors avec une poigne de fer, faisant régner l'ordre et la discipline. Cependant il avait toujours su qu'il manquait quelque chose à sa vie. Un goût du pouvoir peut-être.

Brandy n'était jamais rassasié. Il lui fallait toujours plus. Ses ennemis étaient nombreux mais il les écrasait tous d'une simple pichenette.

Il était l'archétype de l'ambitieux maladif.

Certaines mauvaises langues racontaient même qu'il était prêt à tout pour accéder au poste de Ministre de la Magie.

On disait aussi qu'il savait cacher son jeu aussi sûrement que dans une partie de poker.

Insondable.

Voilà ce qu'il était.

Chef suprême, incompréhensible, mystérieux, dangereux ?

Pour la deuxième fois de la journée, la voix de son assistante coupa court à ses pensées.

- Monsieur ? Elle insiste, c'est pour vous dire que les nouveaux sont arrivés...

- Je viens, Justine.

Il se leva et sortit de son bureau luxueux, ses yeux brillant d'une lueur inconnue.

oOo

- Venez s'il vous plaît !

Je tournai la tête vers la secrétaire du bureau d'accueil des trois tours. En effet, après avoir déboulé à onze heures moins le quart au ministère pour un transfert vers le QG des Aurors et s'être fait copieusement fouillés par une dizaine de sorciers de sécurité, nous avons pris un Portoloin et c'est ainsi que je me retrouvai pour la deuxième fois devant le spectacle hallucinant des monuments de cristal.

Cependant, le soleil était caché par quelques nuages grisâtres et seulement une lumière faible éclairait les tours, ne révélant pas les milles éclats observés lors de ma première venue.

Potter, Gwen, Ron, Malefoy et moi étions actuellement postés dans le Hall, attendant que l'on veuille bien nous recevoir et nous assigner à quelques tâches réservées aux « nouveaux ».

Ma tête était envahie de papillons.

J'allais, non, j'étais un Auror. En des circonstances peu reluisantes peut-être, grâce à une absence, mais le fait était bien là.

- Neville Londubat ? me demanda la secrétaire.

- Oui ?

- Ben viens crétin !

Evidemment il est inutile de vous préciser que ces mots chaleureux avaient été prononcés par Mr. Malefoy, modèle flagrant de bonne éducation. Je lui lançai un regard meurtrier qu'il ne se priva pas de me rendre et nous, ainsi que les autres, suivîmes la demoiselle du Ministère.

Quelques ascenseurs plus tard, nous nous retrouvâmes dans une salle chichement décorée, meublée avec goût. Une grande table trônait au centre et une petite dizaine de chaise encadraient le rectangle de marbre noir.

Un fauteuil présidait au bout, le dos tourné à notre petit groupe.

Les reflets du cristal qui tenait lieu de mur lançaient des reflets chatoyants et légèrement lugubres sur les meubles, plongeant la pièce dans un espèce de brouillard artificiel.

La secrétaire toussota et le dossier du fauteuil en bout de table pivota, révélant un homme assis au centre.

Ses tempes grisonnantes contrastaient avec la blancheur de son visage. Il avait les yeux perçant, d'un vert profond, tranchant, un vert glacial comme celui d'un sapin givré.

Son apparence était soignée, tant par le costume de sorcier élégant vert bouteille qu'il revêtait, ou par son attitude maniérée. La vieillesse avait déjà commencé à s'emparer de son être, mais l'homme donnait une impression étonnante de force. Nulle part on ne trouvait quelque signe de faiblesse. Alors qu'il nous dévisageait, je sentis soudainement mes poils se dresser, comme si l'aura entourant le sorcier était plus menaçante qu'autre chose.

Les prunelles pétrifiantes de l'homme nous fixèrent tour à tour.

- Bienvenue, jeunes gens, dit-il d'une voix à la fois douce et tranchante. Asseyez-vous je vous prie.

Nous prîmes chacun une chaise et nous disposâmes de part et d'autre de la table. Le sorcier congédia la secrétaire d'un geste de la main et se racla la gorge.

- Harry Potter, annonça t-il en se tournant vers l'intéressé. C'est un honneur sans prix.

Je détournai les yeux, exaspéré. Il était comme les autres, en profondeur. Des incapables aveuglés par la lumière du Survivant, lui léchant les bottes à longueur de journée.

Le sorcier dévisagea Potter et reprit d'un ton glacial :

- Mais sachez que même si vous avez accompli des prouesses, vous serez traités sans aucun égard, à l'égal même de l'Auror le plus faible. C'est notre loi d'or. Egaux jusqu'à la mort.

Le silence devint pesant, oppressant même. Je clignai des yeux, hébété par tant de franchise. Potter parut mi-déconcerté, mi-vexé. Un sourire s'ébaucha sur mes lèvres sèches.

- Je suis Christophe Brandy, directeur confirmé de l'Ordre des Aurors, articula le sorcier d'une voix froide. En général je charge mes assistants de transmettre les différentes missions attenantes aux équipes mais en ces circonstances...

Son regard se perdit au loin.

- Toutes nos équipes sont mobilisées. De plus, même si nous ne faisons pas de différences...Harry Potter est un élément majeur non discutable.

Rah.

Encore.

Je me disais aussi.

Brandy attrapa un dossier ocre posé sur le rebord de la table noire et l'ouvrit. A l'intérieur se trouvait différentes pochettes, chacune munie d'une étiquette. Il poussa un profond soupir et nous regarda tour à tour en nous tendant chacun une pochette.

- Ceci est l'affaire qui vous a été assignée. Un meurtre. Potter, Malefoy, Weasley, Cringson et Londubat, vous tous formez une équipe à partir de maintenant. Le deal est simple : découvrir le meurtrier et l'arrêter. Il en va de la sécurité de tous.

- Pourquoi donc ? demanda Drago en feuilletant son dossier.

Le regard glacé du Directeur se planta dans le sien. Pendant un instant, il me sembla que deux des prunelles les plus froides venaient de rentrer en collision. Même Potter n'osait respirer tant l'air environnant était pesant.

- J'imagine que ce n'est pas de votre intérêt, répondit Brandy, lâchant chaque syllabe avec la force d'un poignard.

Il détourna les yeux et nous jaugea chacun à tour de rôle.

- Votre mission commencera par l'interrogatoire de la femme de la victime. Nous pensons qu'elle pourrait savoir quelque chose sur l'assassin. Sally Backstage, 32 ans, voici l'adresse de son domicile. Elle a été prévenue de votre arrivée.

- Monsieur ?

Je me retournai, surpris. C'était la première fois que Gwen ouvrait la bouche en présence du directeur. Cependant, si elle s'était contentée de garder le silence, ce n'était non pas en gage de respect, mais bien d'autre chose. Dans ses yeux clairs brillait un nouvelle lueur, plus glaciale, plus tranchante encore que celle de la crainte. Non. Dans ses yeux régnait...

Le mépris.

Un mépris calme mais violent, flagrant et sous-entendu, mortel et vivace.

Je ne sus jamais si le Directeur s'aperçut de la présence de ce sentiment mais quoi qu'il en soit, il n'en laissa absolument rien paraître.

- Oui ?

- Je me demandai...hasarda Gwen. Si nous nous retrouverions face au tueur ? Nous donneriez-vous les informations que nous sommes en droit de savoir lorsque nos vies sont menacées ?

Il y eut un silence. Brandy sembla hésiter, puis soupira bruyamment.

- Je le pense oui.

Puis, alors que Gwen haussait dangereusement le sourcil, il nous congédia avec un signe de tête.

- Toutes les réponses à vos questions sont dans le dossier. Bonne chance, vous en aurez besoin.

Sur ces mots fatidiques résonnant lugubrement dans la pièce immense, il s'éclipsa par une porte laquée, donnant le top départ de ce qui allait être la plus malheureuse aventure de ma vie.

oOo

STOP !

Trop tard.

C'est parti.


(1) Céréales au chocolat en forme de mini-cookies. miam

Rien à dire, tout est dans le chapitre !

:)

En espérant quelques reviews de vous

Parce que, soyons franche, plus j'en reçois, plus ca me fait plaisir, et plus j'avance vite :P

See you soon.

Nut'