Je suis désolée de ce retard énorme...

Bac et vacances, sont les excuses que je trouverais.

En tout cas voici tant bien que mal le chapitre suivant, et en ce qui concerne les réponses auw reviews, je répondrais par mail.

Bonne lecture !

Nut'


Chapitre 5 : Echec

L'Atout serra les poings.

L'Echec.

Un échec cuisant.

Sa mission n'avait pu être menée à bien.

Pourtant il croyait que la chance ne l'abandonnerait jamais. Mais hier soir elle s'était retournée contre lui et avait aidé sa victime à échapper au contrat précipitant sa mort.

Impossible !

Mais pourtant vrai.

L'assassin tapa rageusement du plat de la main sur la table de bois noir, envoyant voltiger les restes d'un dîner hâtif.

Le Masque allait le contacter. Il devrait avouer, couvert de honte, la faute commise qui avait conduit à l'échec de cette tâche.

Un sourire sardonique déchira ses lèvres.

Oh non, Sally Backstage mourrait, il en était sûr. Il la tuerait de ses propres mains, en la regardant droit dans les yeux, comme il l'avait toujours fait avec ses autres contrats.

L'Atout caressa son poignard argent en faisant claquer sa langue.

Il avait choisi ce mode de vie. Le monde était rempli de gens indésirables qu'il fallait éliminer pour accéder au pouvoir. C'était la loi de la jungle ; les faibles éradiqués pour le bénéfice des forts. Sally Backstage n'avait pas sa place ici.

Il voulait la tuer. Il ne demandait qu'un mot du Masque pour enfin mener à bien sa mission et prouver à cette femme qu'il réussissait toujours.

Alors que la journée s'étirait, laissant les rayons de l'après midi s'installer doucement sur le monde, un hibou d'un noir de jais se posa nonchalamment sur le rebord de la fenêtre.

L'assassin se précipita vers le volatile, lui arrachant d'un air impatient la missive que ce dernier tenait dans son bec.

« 14h00. Attention, risque de tiers. Dernière chance. »

L'Atout respira profondément en retenant difficilement une exclamation de joie glaciale, froissant le bref message dans un poing rageur. Ses yeux luisant lugubrement, il jeta un coup d'œil à l'horloge derrière lui : 13h30.

Un rire mauvais troua le silence pesant. Il riait à gorge déployée, un rire rauque, lugubre, tranchant comme la lame d'une épée. Sans perdre une seconde de plus, l'assassin attrapa sa cape noire et se dirigea fébrilement vers un placard de bois brun, lisse comme un galet. Dans les tiroirs de ce dernier se trouvaient toutes sortes d'armes à pointes. Il choisit plusieurs couteaux effilés, sans oublier son poignard d'argent, et son bouclier portatif.

Il était prêt.

Avec un dernier regard sardonique, il rangea son poignard à son côté, dans une gaine de cuir et partit du petit appartement en faisant claquer sa cape derrière lui.

Il réussirait. Sally Backstage serait morte à 14h30 précise.

oOo

Je sonnai une deuxième fois, piaffant sur le paillasson en forme de glace à trois boules.

Hideux, entre nous.

Qui aurait l'idée d'acheter un devant de porte en forme de crème glacée, donnant ainsi une première impression des plus douteuses aux éventuels visiteurs ?

Alors que je méditais sur le but des paillassons du monde entier, la porte s'ouvrit timidement, laissant entrevoir un visage de femme effarouché.

Potter-je-suis-un-héros prit les devants.

- Madame, dit-il en ouvrant grand la porte, vous êtes sauve, nous sommes là.

N'importe quoi.

Il se croit dans les Trois Mousquetaires ?

Sur ce, le Survivant entra sans ménagement dans le hall, suivi de près par Ron et Gwen. Alors que je m'apprêtais à faire de même, Drago m'attrapa le bras et me planta son regard spécial tueur dans les yeux.

- Au cas où tu n'aurais pas compris, Gwen et moi c'est comme si c'était fait. Alors pas de bêtises hm ? Ou sinon je vais vraiment être méchant.

J'ouvrai la bouche sous la surprise. Nous passions des Trois Mousquetaires à Amour Gloire et Beauté. S'il s'imaginait que j'allais m'écraser... Reprenant mes esprits, je rétorquai :

- Calme Malefoy, continue d'être un gentil toutou et on en reparlera après. Ce n'est vraiment pas le moment.

Puis je le poussais brusquement et entrai à mon tour dans le petit hall bondé. Sally Backstage m'observa longuement et jeta un coup d'œil en biais sur Drago, qui suivait derrière, la mine sombre.

Le terme de « en détresse » aurait été, en parlant de Mme Backstage, une aberration. Le teint cireux, elle se déplaçai avec parcimonie, hésitante, et ses yeux gonflés et rougis indiquaient clairement qu'elle avait versé plus que deux larmes au cours de la nuit précédente.

- Venez, dit-elle d'un voix éraillée en nous faisant signe de la suivre.

Nous entrâmes dans un salon confortable aux tons rouges. Un canapé et des fauteuils se trouvaient au centre, formant un espèce de cercle de confiance, éclairé par le lustre au dessus de nos têtes. Les volets étaient fermés, ne laissant passer que quelques faibles rayons du soleil au dehors. Gwen posa une main sur l'épaule de Sally, l'air compatissant.

- Ecoutez, annonça t-elle crispée. Je sais que c'est difficile pour vous mais il faut nous aider. Votre mari mérite le fait qu'on punisse celui qui l'a tué. Nous ne resterons pas longtemps mais il faut nous dire ce que vous savez.

Sally poussa un gémissement, les yeux brillants.

- Sally, reprit Gwen, que savez-vous des activités de votre mari ? Y aurait-il quelque chose qui justifierait son assassinat ?

La concernée s'assit brutalement sur un des fauteuils, le visage dur. Elle inspira profondément.

- Si je parle, je me ferais tuer ! Vous ne comprenez pas ? Pas plus tard qu'hier quelqu'un est entré chez moi alors que je sortais pour quelques raisons. Bien évidemment que je sais qui c'est, mais je n'en dirais rien.

Gwen parut agacée.

- Sally, rétorqua t-elle, fonçant les sourcils. C'est ridi...

Mais Harry la coupa :

- Madame, dit-il d'une voix tranchante. Il faut nous le dire. Vous ne comprenez pas ! L'assassin doit être stoppé. Le monde des sorciers est en danger !

Et voilà, il recommençait. Ron, en tant que meilleur ami attitré du balafré, approuva frénétiquement d'un signe de tête. Sally observa légèrement choquée la cicatrice de Potter, les yeux écarquillés. Drago resta silencieux, sans pour autant cesser ses regards maussades. On avait l'impression qu'il s'ennuyait.

Nous étions tous là, attendant un signe de la part de la jeune femme, une approbation.

oOo

Le Masque retint un ricanement sournois. 13h50. Il était venu lui-même assister à la suppression de Sally Backstage, avec une nonchalance désintéressée, comme s'il se rendait au spectacle. Avec un bref sourire sardonique il observait du coin de l'œil le petit groupe d'Aurors tenter de tirer les vers du nez de la femme. Pauvres idiots. Ils ne se doutaient pas que dans 10 minutes, elle serait morte, ils ne savaient pas, qu'il était là, lui aussi à les regarder comme ils dévisageaient Sally Backstage.

Cependant, le Masque eut un imperceptible rictus. D'après ce qu'il avait entendu, Sally ne voulait pas dévoiler la moindre chose sur l'objet qu'il convoitait. Il voulait savoir ou ces imbéciles du Ministère l'avaient caché. Un goût amer se répandit dans sa bouche. La défaite, il ne connaissait pas. Il ne connaîtrait pas. Il parviendrait à son but, quelque soit les moyens qu'il faudrait employer. Il reporta son attention sur Sally Backstage, toujours entourée de ces idiots. Il fallait qu'il entende ce qu'il voulait entendre.

oOo

Le silence devenait franchement pesant. Sally ne cessait de nous lancer des regards mi-apeurés, mi-agacés. Finalement, au bout d'un temps qui me parut exceptionnellement long, elle prit la parole, avec une voix légèrement aigue.

- Je...D'accord. Il m'envoyait des lettres.

Potter se redressa sur son siège et Gwen fronça les sourcils. Sally se leva sous nos regards étonnés et sortit d'un petit tiroir fermé à clé, un paquet de lettres ficelées entre elles. Certaines avaient été tellement lues et relus qu'elles en devenaient presque translucides.

- Vous comprenez...continua la jeune femme en tremblant. Ce sont les derniers mots qu'il m'adresse...Je les relis souvent depuis qu'il...

Sa voix mourut. Drago se tortilla, manifestement impatient. Je dois reconnaître que je n'étais pas calme non plus. Ils nous semblaient à tous que nous étions sur le seuil de découvrir quelque chose de beaucoup plus profond qu'une simple histoire de meurtre. Je respirai avec difficulté tandis que Sally sortait une lettre du paquet et nous la tendait, les yeux brillants. Nous nous penchâmes dessus dans un mouvement parfaitement coordonné et commençâmes à la lire, serrés, dans une étreinte insoutenable, avides de qui sait ? Des réponses plus importantes qu'il n'en avait pu paraître au début de cette mission pour le moins insolite.

« Ma chère Sally,

Elle est prête.

Je viens de l'achever.

Bien sûr les effets sont encore instables, mais l'opération a réussie !

Tu n'imagines pas à quel point il s'en dégage de la puissance. Le Ministère avait raison d'un côté, c'est de la magie dangereuse, mais ces idiots m'ordonnent de la leur donner une fois que je l'aurais terminée. Ils estiment que ce serait prendre trop de risques que de ne pas la mettre en lieu sûr. Pour tout te dire, ils ne savent même pas que je t'envoie des lettres quotidiennement, en utilisant la poste moldue. Les imbéciles ! De plus ils sous-estiment la puissance de l'objet. Ce dernier trouvera toujours quelqu'un pour le convoiter, quelqu'un d'assez fou pour braver les interdits ministériels, quelques soient les barrages placés.

Malheureusement je ne peux plus leur échapper. Les membres de la Brigade Ministérielle m'ont annoncé qu'ils viendraient dans deux heures, je m'apprête à te rejoindre.

Quel bonheur, nous allons être enfin réunis ! Mon cœur s'affole à cette idée, mon amour. De revoir mon fils aussi.

Sois sûre que plus jamais, je ne laisserais le Ministère nous séparer, pour la simple raison que je manipule de la magie noire.

Mais il y a une chose qu'il faut que je te dise.

J'ai l'impression qu'il y a quelqu'un d'autre que le Ministère qui attend cet objet. En effet, plusieurs fois j'ai senti qu'on m'épiait. Et je crois savoir qui m'en veut. As-tu déjà entendu parler du Masque ? Je pense que oui. Cet espèce d'assassin dont l'identité reste inconnue. Plusieurs fois, en mettant le nez dehors, j'ai aperçu un éclair blanc. Je suis peut-être fou, mais le doute est permis. C'est pourquoi je ne tarderais pas à revenir ici, près de toi.

Il me tarde, amour.

Nous serons bientôt ensemble.

Henry. »

La main de Gwen trembla près de la mienne. Nous ne prononcions pas un mot, encore abasourdis par les révélations contenues sur ce petit bout de papier. Cependant certains points n'en restaient pas moins obscurs.

- S'il vous plaît...commença Ron, la voix blanche. Quel est cet objet ?

- Le Masque ? Qui est-ce réellement ? enchaîna Harry, serrant déjà les poings en rêvant de tordre de nouveau le coup d'un méchant.

- Où est l'objet ? continua Gwen, la voix pressante.

- Est-ce que c'est puissant ? demanda le Drago national, une étincelle de convoitise brillant déjà dans ses prunelles gris acier.

Pour ma part, je brûlais de connaître les réponses à ces questions, la bouche sèche. Le Ministère n'avait pas voulu nous dire cela. Pourquoi ?

Sally parut désemparée sous un tel flot de paroles, et jeta des coups d'œil affolés autour d'elle. Finalement, elle ouvrit la bouche, cherchant déjà les mots pour remédier à nos demandes, l'horloge sonna 15h00.

A ce moment là beaucoup de choses se passèrent en même temps.

Le volet fermé s'ouvrit avec une détonation fulgurante et Sally poussa un hurlement perçant.

Drago et Gwen plongèrent sous le canapé tandis que Potter me plaquait au sol, une main sur ma nuque.

Un gigantesque nuage de poussière emplit la pièce, faisant tousser mes compagnons, et la lumière du jour nous parvint, vive, fulgurante, preuve irréfutable que la fenêtre avait été forcée. Une silhouette austère se découpa devant l'ouverture, un éclat d'argent brillant à son côté. La peur m'envahit. Potter fonça sur Sally et l'entraîna vers notre groupe à terre, sortant déjà sa baguette, près au combat. Je l'observais, franchement...admiratif.

Son visage fermé et dur reflétait une profonde envie de défendre, de protéger.

Pour la première fois depuis que je le connaissais, je voyais vraiment le Harry Potter qui avait défait le Seigneur des Ténèbres, et non pas un bellâtre à l'ego démesuré.

La silhouette sembla hésiter un moment en voyant l'expression déterminée du Survivant et l'éclat d'argent scintilla de plus belle.

Finalement, Drago, Ron et moi sortîmes nos baguettes, le cœur battant la chamade, les mains moites.

L'intrus s'avança et je pus distinguer son visage. Des yeux durs, noirs, glacials comme ceux d'un assassin tuant de sang-froid. Son costume noir était sans apparats, et à son bras gauche était attaché un curieux mécanisme, qui semblait avoir une forme ovale, comme celle d'un bouclier. J'avalai ma salive. L'homme parla, d'une voix froide et cruelle.

- Je suis l'Atout.

Soudain, sans prévenir, il plongea sur le côté et nous lança des dizaines de petits couteaux en argent.

Sally poussa un hurlement aigu tandis que les armes mortelles se plantaient dans le bras du fauteuil. Ron et Harry lancèrent des maléfices en rafales à l'intrus mais quelque chose de bizarre se produisait.

En effet, à chaque fois qu'un rai de lumière arrivait dans sa direction, avec une rapidité surprenante, l'Atout levait le bras gauche et le sortilège semblait absorbé.

La scène tournait au chaos. Potter Gwen et Drago rivalisaient de rapidité avec l'assassin, lui tournant autour mais bien qu'il fût mis en difficulté, ce dernier n'en demeurait pas moins intouchable.

Pour ma part, évitant les jets magiques volant en tous sens, j'entraînais Sally à l'écart, cherchant frénétiquement une sortie, un moyen de fuite.

Pourtant, l'envie de me battre bouillonnait en moi, sorte de poison fulgurant qui annihilait mes pensées cohérentes. Mais Mme Backstage était en danger, et je me devais de la sortir de là. Je la pris par la main, serrant ses doigts à m'en faire mal.

J'aperçu la porte d'entrée, rampant derrière un fauteuil renversé, tandis que Ron sautait de côté en esquivant un couteau.

Prenant une profonde inspiration, je m'élançai vers le panneau mais avant d'être arrivé à ne serait-ce que 2 mètres de ce dernier, quelque chose de violent me frappa le visage et je sombrais dans le noir.

oOo

Le Masque observa avec un sourire satisfait l'Auror s'écrouler, face contre terre, sa baguette levée.

Cet imbécile pensait peut-être pouvoir le rouler ?

Il avait profité du chaos causé par la bataille avec son homme de main pour apparaître et le stopper.

Sally resta plantée au milieu du chaos, interdite, terrifiée par ce qu'elle avait vue.

Ses yeux apeurés rencontrèrent les prunelles glacées de l'assassin et elle poussa un hurlement strident.

Au même moment, un éclair d'argent vint se planter dans son cœur, comme une flèche atteint une cible.

Elle s'effondra, comme au ralenti, une expression de stupeur horrifiée restée sur son beau visage.

Le Masque retint un glapissement de fureur. Trop tard, il ne saurait jamais ce qu'elle avait voulu dire. Tout ça pour rien !

Il se retourna vers l'Atout et le vit lancer une carte en l'air. Puis, avec un dernier regard haineux, esquivant grâce à son bouclier le maléfice de Weasley, il lança une dernière rafale de poignards et sauta par la fenêtre. Le Masque observa les derniers pans de la cape de l'assassin tourbillonner dans les airs et entendit le crac ! habituel d'un transplanage. Il était temps, pour lui aussi de disparaître.

oOo

Gwen poussa un hurlement strident. Drago se précipita vers elle, tandis que Potter et Weasley restaient abasourdis de cette fin subite.

Le blond jura.

Un petit couteau effilé était planté dans le bras de la jeune fille, auréolé d'une tâche sombre.

Gwen se laissa tomber par terre, crispée.

Harry se précipita vers elle et pointa sa baguette sur la blessure, tremblant.

- Tergeo, dit-il précipitamment.

Il y eut un éclair de lumière bleu vif mais le sortilège n'eut pas son effet, la blessure continuait de saigner abondamment.

- C'est un poignard ensorcelé, rugit Ron. Mon père m'en a parlé. Impossible de guérir ces trucs là par la magie.

Le Survivant se pencha sur le visage pâle de Gwen, inquiet. Cependant, elle semblait vouloir lui faire comprendre quelque chose, les mots sortant à peine de sa bouche entrouverte.

- Harry, dit-elle d'une voix faible. Sally...là-bas...vite...

Electrisé, le petit groupe se retourna vers la porte et aperçut la scène.

Mme Backstage était allongée sur le sol, un poignard d'argent planté dans le cœur, ses yeux tournés en direction du ciel qu'elle ne voyait plus.

Neville semblait inconscient, lui aussi, les bras en croix, allongé un peu plus loin.

Ron se précipita vers ce dernier, l'examina rapidement et marmonna :

- Stupefixié.

Harry s'avança d'un pas vacillant vers Sally, fixant de ses yeux émeraude les prunelles de la jeune femme qui semblaient vides, creuses. Une carte de Tarot reposait à côté d'elle, la carte maîtresse, l'Atout n°1. La Haine secoua ses sens, tandis qu'il fermait les yeux. Les mots terribles et irréels, qu'il détestait prononcer, jaillirent de sa bouche, mutilant sa fierté, son courage et sa détermination avec une facilité déconcertante comme une hache entaille l'écorce d'un arbre paraissant solide.

- Nous avons échoués.

L'Horloge sonna 14h30.


Finite !

J'éspère que ça vous a plu !

En tout cas autant vous dire que le prochain chapitre verra deux personnes se raprocher !

:)

Bisous a tous.

Nut'