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Chapitre 1: Reira, oublies moi!
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C'est fou le monde qu'il y a dans un train…

Il est 21h36 à ma montre… On est un peu en avance.
Faut dire que j'étais si impatient de le revoir que j'ai fait speeder Nobu… Le pauvre

Ca fait bien deux semaines que je n'ai pas pus admirer son visage aux traits si fins…
Je veux le revoir, je veux pouvoir le mater pendant qu'il joue au mah-jong, je veux rougir quand il croise mon regard, je veux entendre sa voix si chaude…
J'me sens bête de penser des trucs pareils, mais bon… c'est l'amour.
J'ai l'impression d'être une jeune pucelle prépubert qui s'excite devant un poster de son chanteur préféré…

Tiens, c'est notre arrêt.
Le vent frais sur moi… Ca doit bien faire une semaine que je suis pas sortit de notre appart'…
J'avais oublié à quel point c'est revigorant…
Même si je suis tendu et un peu anxieux, je me sens bien…

Le soleil s'est déjà couché et les premières étoiles apparaissent déjà dans le ciel d'encre.
On est bien silencieux, sur ce petit chemin de pierres qui longe la rivière…
Mais aucun de nous deux ne veut briser ce silence si majestueux.
On se contente de marcher, les sachets de la supérette dans les mains.
Seul le clapotis de l'eau, le vent dans les arbres et le verre des bouteilles de bières qui s'entrechoquent troublent cette harmonie…

Déjà la masse sombre de l'immeuble de style occidental se dresse devant nous.
On rentre.
J'aime l'odeur du hall, un mélange de fer, de bois et d'humidité.
Le parquet craque sous nos pieds, je me dirige vers la cage d'escalier d'un geste automatique. Je connais par cœur le plan de cette habitation.

Maintenant, il ne nous reste qu'à monter les sept étages à pieds, avec nos courses dans les bras…
J'en jubile déjà…
Je me demande quand les propriétaires vont se décider à investir dans un ascenseur!
À croire qu'ils n'ont jamais tenté de grimper l'escalier en entier, parce que rien qu'en voyant les effets dévastateurs que cela provoque sur des jeunes gens en bonnes santés comme Nobu et moi, on peut franchement en douter…

Apparemment notre arrivée fut bruyante, car la porte de l'appartement 707 était ouverte quand nous sommes arrivés au bout du couloir sombre, et c'est plus haletant que jamais que nous sommes entrés dans le charmant studio où nous attendait déjà Nana, Hachi, Yasu, Ren, Naoki, Reira et… Takumi.

Dès que je l'aperçois, mon cœur s'emballe, je me mets à transpirer, mais je cache tant bien que mal ma gêne sous une façade impassible et joyeuse de gentil gamin rebelle…

- Bonsoir vous deux! Nous lâche notre chanteuse dans un élan d'enthousiasme.
- Bonsoir vous tous!
- Alors comme ça le p'tit Shin est déprimé?

Cette voix…
Je me suis retourné dés que je l'ai entendu. Il me fait face, ses longs cheveux bruns lui tombent négligemment sur les épaules.
Un petit sourire ironique illustre sa phrase… Non, décidément il ne m'apprécie vraiment pas comme je le voudrais…
Je réplique tant bien que mal un très convaincant:
-Désolé si les épaules de certaines personnes sont plus sensibles au poids du travail que d'autres…
Avec mon plus joli sourire et je m'empresse de faire volte face, reportant mon attention sur le frigo de la cuisine, ou plutôt sur les bières qui sont bien au frais à l'intérieur.

Rien ne veut une bonne "raffinée beer" pour renter dans l'ambiance d'une sympathique fête entre amis, du moins avant de perdre toute sobriété… Heureusement que je tiens bien l'alcool, je vise plus Nobu dans cette phrase… Le pauvre en est à peine à sa deuxième cannette et il arrive à peine à aligner deux mots sans bégayer…

- Je… Je…
- Oui oui Nobu, arrête de boire et essaye de finir ta phrase quand tu auras décuvé…
- C'est pas de sa faute s'il à une faible constitution, Yasu… Faut pas lui en vouloir! Ne pût s'empêcher de ricaner Reira.
Le principal intéressé entamait une troisième bière, les yeux dans le vague et très certainement l'esprit aussi embué que son regard…
- Je crois que ça suffit comme ça! Le réprimanda Nana en lui retirant aussi sec sa boisson.
- Quelqu'un veut de quoi grignoter? J'ai ramené de quoi manger, et que du fait maison!
- Venant de la cuisinière perso de notre groupe, on ne peut douter ni de la provenance des aliments ni de la qualité gustative de tes plats Hachiko!
- Je vous signale que c'est ma cuisinière perso à MOI. Quiconque d'autre que le mari aurait la priorité sur la cuisine de sa femme? S'empressa de rectifier le ténébreux bassiste, se servant dans le même mouvement une omelette bien dorée.
- Hum… Certainement que son fils aussi a une priorité sur sa cuisine?

Je ne peux jamais m'empêcher de répondre à ses agressions. À croire que je ne fais rien pour qu'il m'apprécie…
Dès qu'on est dans la même pièce, on ne peut pas s'empêcher de se chercher… C'est plus fort que nous, un instinct animal qui prend possession de nous, essayant de défendre son territoire.

- Pour ton information tu n'es pas son fils… À moins qu'elle ne t'ai eu à cinq ans? Mais dit moi si je me trompe!
- Takumi arrête! On est pas ici pour se battre je te signale!

Ce dernier retourna à son omelette. Le pouvoir de la force conjugale… Respect!
N'empêche, le voir manger son repas avec tant d'attention pour ne pas casser le dessin au ketchup fait par sa dulcinée… Trop mignooooon!

Attendez…
J'ai dit quoi là?
Houla, finalement je tiens p't'être pas si bien l'alcool que ça…

Je repose mon verre de vodka sur la table.
Reira n'arrête pas de me jeter des regards en coin depuis tout à l'heure.
Elle m'aime encore, suffit de voir l'expression qu'elle affiche sur son visage quand je suis avec elle…
En même temps, vu ce qu'on a vécu ensemble…

Je me demande comment elle réagirait si elle savait que mon cœur l'a remplacé si vite… Surtout pour Lui…
Certainement très, très mal…

Je me demande ce que je dois faire… Faire semblant de ressentir quelque chose pour elle pour ne pas la vexer, ou bien lui faire comprendre au contraire que je suis passé à autre chose?

Il est déjà minuit… Ren à pris une guitare sèche et commence à jouer, Reira l'accompagne de sa voix cristalline.
C'est une nouvelle chanson, je ne connais pas les paroles.
L'air est très posé, ça parle d'amour.
Elle chante en anglais et comme d'habitude, tout est d'une justesse absolument rageuse… Nana doit en être verte de l'entendre, elle et sa voix éraillée, même si ce n'est pas comparable.

Je me laisse transporter par les accords du prodigieux guitariste, chaque son est unique.
Je ferme les yeux, et je visualise ses doigts habiles sur les cordes.

Et puis, soudain, une deuxième guitare vient rejoindre la première.
Je n'ouvre pas mes paupières, je sais que c'est Takumi qui en joue.
Il joue d'une façon si propre à lui-même qu'il est reconnaissable entre tous. Ce morceau est vraiment merveilleux, on entend bien les marques si particulière à Trapnest.

Cela a toujours recommencé, ne faisait que m'affliger sans cesse du mal
Même toi tu dois certainement t'en apercevoir, alors que je ne peux pas bouger
Les choses qui portent ta trace, pourquoi sont elles si douloureuses ?
Tout recommence immanquablement, j'étais effrayé à l'idée que je finirai par te perdre
Tu as pris ma main sans rien demander ces jours que je n'ai pu oublier
Et que j'essayais d'effacer par des étreintes...

Sous ses longs cheveux ondulés, Reira pleure. Elle pense à moi quand elle prononce ces mots.
Moi aussi je vais finir par pleurer…
Ce texte, elle l'a écrit en pensant à nous, à ce que nous avons vécu ensemble…

Je me lève et je sors dans le couloir. Les larmes roulent sur mes joues.
Je m'adosse contre le mur et je me laisse glisser jusqu'à me retrouver assis par terre, les genoux repliés contre moi-même.
Je n'arrive pas à retenir ce torrent qui coule de mes yeux, tombant en fine pluie contre mon torse.

Elle continue de chanter, mais sa voix se fait saccadée à cause de ses sanglots. Elle attaque le dernier refrain. Sa voix se fait plus puissante, les notes plus aiguës. , les accords plus violents.

Les derniers mots résonnent dans l'immeuble.

Même si demain tes sentiments s'en vont
Je t'aimerai sans que rien n'ai changé
Même si demain je disparaissais de ton regard
Je t'aimerais sans que rien n'ai changé...

Oui, mes sentiments ont changé… Oui toi tu m'aimes encore.
Mais t'entendre me dire ça me fait trop de mal, pourquoi tu ne comprends pas?

Je t'en supplie, oublie-moi!

C'est déjà assez difficile d'être amoureux d'un homme inaccessible, alors n'en rajoute pas plus, s'il te plait!
Ne me fais pas regretter, ne me rends pas nostalgique de notre idylle!

Oublie-moi…

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J'éspère que ce premier chapitre vous a plus!!
N'hésitez pas à laisser vos impressions vis à vis de cette fanfic ;p

Les parôles de la chanson de Reira sont la traduction des parôles japonaises de "cassis" du groupe The GazettE

Eolys-chan