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Chapitre 2: Takumi?
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Maintenant ne résonnent plus que des rires et des brides de conversations.
Cela doit bien faire un quart d'heure que la chanson s'est finie, et après avoir consolé Reira qui pleurait à chaude larme, ils sont tous passé à autres choses.
Mais pas moi, je n'y arrive pas.
Je ne pleure plus, mais je reste là, seul, contre ce mur si froid...
Les images défilent dans ma tête, je nous revois tous les deux ensembles, ces nuits où je venais dans ton appartement.
Je revois aussi ton sourire, j'entends de nouveau ton rire, je sens une dernière fois ta peau parfumée...
Le parquet du couloir grince.
Je ne lève pas la tête, mais je vois tes chaussures bien vernies juste devant moi.
Puis je vois ta main se tendre vers moi, me caresser la joue.
Une de tes mèches brunes m'effleure le visage.
Je lève les yeux et je te vois.
Pourquoi es-tu venu?
Tu as certainement mieux à faire que de t'occuper d'un sale gosse qui a un vilain chagrin d'amour, non?
- Ne pleure pas pour elle, tu n'avais pas le droit de l'aimer. C'est de ta faute si vous en êtes là, tu ne peux t'en prendre qu'a toi même après tout...
Je me disais bien que c'était trop beau pour être vrai...
Comment est-ce que je n'ai pus ne serait-ce qu'oser penser que tu pouvais penser à mes problèmes sentimentaux?
- C'est pour Reira que tu viens me voir... Pas pour moi, n'est-ce pas?
- Et oui, bien vu mon petit! Elle a bien vu que tu étais parti pendant qu'elle chantait, et maintenant elle culpabilise. Depuis que vous ne vous voyez plus, elle n'arrête pas de penser à toi, et pour tout te dire, ce n'est pas pour mon plus grand plaisir... Alors toi aussi arrêtes de repenser à vous deux, sinon elle ne pourra pas passer à autre chose, et c'est néfaste pour le groupe, tu comprends?
Je préfère regarder de nouveau en direction de tes pompes que d'affronter ton regard.
Comment est-ce qu'un homme peut dire des choses aussi blessantes d'une voix aussi mielleuse?
Tu n'as donc aucun cœur?
Si seulement tu savais ce que je ressens pour toi, comment réagirais-tu?
Tu arrêterais de me traiter comme l'intrus de service, comme l'ado en crise?
Tu me rejetterais?
Tu te servirais de moi?
Ou bien... Tu m'aimerais?
- Pourquoi te caches-tu, Shin? Je te fais donc si peur?
Ces mots, tu me les murmures dans mon oreille, de ta voix la plus sensuelle possible... Tu te fous de moi, tu t'amuses avec moi.
- Ou bien, est-ce que je te fais... de l'effet?
Tu insistes bien sur le dernier mot et tu t'es désormais tellement rapproché de moi que tes lèvres me touchent.
Alors comme ça tu m'as démasqué...
Qu'est-ce que je dois te répondre?
Oui? Non? Tu ne peux pas comprendre?
Comment est-ce que je pourrais répondre à une question comme ça?
Comment?
Les larmes repartent à l'assaut de mes joues et tu en profites pour les essuyer avec ta main.
- En voilà une bien jolie réponse...
Tu te redresses et tu pars.
Tu me laisses comme une pauvre merde, le cœur déchiré et saignant tout son amour pour toi.
Cet amour si néfaste...
Il est 1h00 du matin et moi je m'en vais.
Je n'ai plus rien à faire ici, je n'ai vraiment plus envie de rigoler et de faire la fête...
Un silence de mors règne dehors.
J'ai froid, un léger vent souffle sur la ville endormie.
Les ombres sont inquiétantes dans la nuit noire, je vous mentirais si je vous disais que je n'ai pas un peu peur, seul dans les ruelles abandonnées de Tokyo...
Cela fait un bon moment que le dernier train est passé et je suis donc obligé de rentrer à pied.
Je commence à regretter un peu d'être partis...
J'aurais mieux fait de rester avec les autres que de traîner à une heure pareille seul dehors...
Après tout je n'ai que seize ans, et surtout je ne suis pas ce qu'il y a de plus sobre... Même si j'ai eu le temps de décuver, on ne sait jamais...
J'ai comme la sale impression d'être suivi... Là, j'ai vraiment peur.
En plus, j'ai envie de fumer. C'est toujours comme ça dans les situations critiques...
J'accélère le pas.
-Oh, oh, oh petit, on se calme!
Et merde, il y avait donc bien des gens derrière moi...
Je m'arrête et je me retourne, courir ne servirait à rien.
Ils sont quatre. Grands, baraqués et surtout armés...
- Qu'est-ce qu'on fait dehors la nuit? C'est pas bien ça!
- Hahaha, on va aller le dire à tes parents!
- T'es sortis baiser ta copine?
Alors si y avait bien un truc qu'il ne fallait pas me dire en ce moment, c'était bien ça...
Et puis après tout, si je crève maintenant, qui s'en souciera? Pas grand monde je pense...
- Ta gueule!
- Ouhlala, le tout petit punk s'énerve! Mais moi je vais t'apprendre à insulter comme ça tes aînés, sale mioche!
En fait, j'aurais mieux fait de me taire et de courir...
C'est bien une barre de fer qu'il tient dans sa main droite?
Ah oui, on dirait bien.
Et je crois bien qu'il a l'intention de me frapper avec. Aie, ça sent mauvais tout ça.
- Toi, tu va nous filer gentiment tout ton fric, et je te rassure, si t'en as pas, on trouvera forcément quelque chose pour toi!
J'ai retenu la leçon, sur ce coup là, je dis rien.
Mais le problème, c'est que j'ai jamais été fort dans tout ce qui rapporte à la violence pure et dure...
Et eux apparemment, c'est le cadet de leurs soucis.
Je ne peux plus bouger, ils m'ont encerclé.
Celui qui brandit dangereusement sa matraque dans ma direction semble être le chef de gang, les autres sont un peu en retrait, mais apparemment ils ont eux aussi bien envie de mettre une raclée...
Le sol s'effondre sous moi quand je ressens le choc du métal sur mon crâne.
Je vois des étoiles devant mes yeux, mon sang se répand entre mes omoplates.
J'ai mal.
Atrocement mal.
Si seulement je pouvais me relever... Mais mes jambes ne supporte plus mon poids.
Mon corps tremble comme une feuille.
J'ai la tête qui tourne.
C'est à peine si je sens leurs coups de pieds contre mon ventre tellement je suis paralysé par la peur.
J'essaye tant bien que mal de les repousser mais ils sont bien trop forts et bien trop nombreux...
J'entends leurs rires...
Et puis soudain, tout s'arrête, quelqu'un d'autre vient d'arriver, mais mes oreilles refusent de me faire entendre ce qui se passe, tout comme mes yeux refusent de me faire voir ce qui se passe...
Je sens quelqu'un me soulever et me porter dans ses bras.
Je ne vois pas, mais je sens un parfum.
Ambré, masculin.
Ton parfum...
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Et c'est sur cette fin pleine de suspens (?) que s'achève ce 2e chapitre!
Je vous remercie à tous d'avoir lus cette modeste fanfic jusqu'ici
J'éspère qu'il n'y a pas trop de fautes d'orthographe :S
Eolys-chan
