Dernière Impasse, 3ème partie.
Résumé:
A 65 ans, Eileen Prince Snape est la première surprise d'apprendre qu'elle a découvert un intérêt dans le fait d'être une épouse et une mère.
Traduit par Siryanne de l'anglais Wholly to be a fool, par Bluestocking79.

Désolée pour les quelques jours d'attente, mais j'attends toujours le mail de Bluestocking pour m'aider sur la 4ème partie... Je vous envoie quand même la 3ème aujourd'hui, mais du coup je ne sais pas combien de temps il faudra attendre la prochaine, pardon...

Merci pour les reviews! ;)


La vie dans la maison suivait maintenant une sorte de routine, mais elle était bien différente de celle à laquelle Eileen était accoutumée. Elle était habituée à la solitude, c'est-à-dire au calme, à l'ordre et à l'intimité.

Ces trois choses étaient en rupture de stock à l'impasse du Tisseur, trop peuplée pour aspirer à un peu d'intimité, ses habitants trop capricieux pour pouvoir trouver le repos, et trop agités pour que l'ordre se maintienne. Les jeunes se relayaient au chevet de Severus selon un planning irrégulier qui choquait Eileen par sa nature arbitraire, mais assurait au moins que son fils n'était jamais laissé seul.

La petite Lovegood était très souvent là. Elle lui avait expliqué d'un ton joyeux que sa maison avait explosé et était actuellement en travaux : elle préférait donc l'ambiance de l'impasse du Tisseur. Elle veillait Severus des heures durant, lui lisait des numéros du Chicaneur et un nombre incroyable de livres portant sur des bêtes imaginaires et leurs complots obscurs. Elle avait suspendu d'étranges talismans partout dans la chambre de Severus et installé une coupe pleine d'oignons à côté de son lit, convaincue qu'elle était que cela le protègerait de créatures nommées Nargoles et Tringtilleurs. Elle était folle (comme tous les Lovegood) mais elle était bienveillante.

Granger passait moins fréquemment, mais régulièrement, souvent accompagnée de ce binoclard d'Harry Potter (qui n'avait rien d'impressionnant, contrairement à ce qu'elle aurait crû) et de deux Weasley aux cheveux de feu. Le quatuor avait une attitude un peu trop Gryffondor au goût Serpentin d'Eileen, mais leur désir de rendre justice à Severus semblait des plus sincères, et elle n'était certainement pas en position de rejeter leur aide. En toute honnêteté, Eileen pouvait aller jusqu'à admettre que leur compagnie était supportable à petites doses, mais elle aurait bien aimé mettre un peu de plomb dans la cervelle du jeune Weasley, ou au moins le faire cesser d'entrer en criant après Malfoy à chaque fois.

D'autres personnes s'étaient engagées à aider Severus. Elles allaient et venaient ponctuellement ; Minerva Mc Gonagall lui rendait rarement visite, et affichait immanquablement un air pincé et coupable ; Poppy Pomfresh passait plus souvent, afin de suivre l'évolution de son patient. Personne cependant ne venait aussi souvent que Drago Malfoy, qui passait plus de temps au chevet de Severus que loin de celui-ci : ce temps là était consacré à faire semblant de pleurnicher sur tout et n'importe quoi. Ce garçon avait le don de mettre tout le monde sur les nerfs, mais personne ne pouvait remettre en question la contribution financière de sa famille ou sa dévotion pour Severus, alors il pouvait rester.

Eileen ne savait pas trop quelle était sa place dans ce drôle de schéma. Elle n'avait pas le sentiment de faire partie de ce petit monde, mais plutôt d'être une observatrice extérieure, connectée à tous ces gens par le seul lien de la menace qui pesait sur Severus. Bien qu'elle s'assit tous les jours aux côtés de son fils et entretint de temps en temps avec lui des conversations à sens unique, elle avait douloureusement conscience que ce qu'elle savait de Severus était limité et datait de bien des années . Aussi déprimante fut l'idée, elle avait bien l'impression que les anciens élèves de son fils le connaissaient mieux qu'elle.

Ce sentiment fut confirmé un jour où elle entendit Potter, Granger et Weasley ricaner ensemble devant les mimiques que ce dernier faisait en imitant son fils. Les deux autres évoquèrent ensuite les retenues apparemment injustes et sévères qu'il leur avait donné.

Ces histoires parvinrent à l'amuser car elle plurent à son sens perverti de la justice et de l'humour, et cela lui réchauffa un peu le coeur d'apprendre quelque chose sur son fils qui ne sortait pas des pages d'un journal.

Les adolescents s'excusèrent lorsqu'ils s'aperçurent qu'elle les avait entendus, bien sûr, mais honnêtement, Eileen leur était reconnaissante. L'incident fit monter en elle un désir d'en savoir plus sur Severus, et puisqu'elle ne pouvait pas obtenir d'informations des propres lèvres de son fils, elle pouvait au moins en glaner de ceux qui l'avaient connu. Lentement, prudemment, elle se retrouva à poser la même question à chacun des visiteurs : « Pouvez-vous m'en dire plus au sujet de mon fils? »

Au début, certains se montrèrent réticents à parler en toute franchise, et elle pouvait tout à fait le comprendre. Il était clair pour elle que Severus avait été... était... d'un caractère difficile et même désagréable, ce qui ne la surprenait pas du tout vu son ascendance. Mais finalement, ils commencèrent tous à partager les informations qu'ils avaient. Les réponses variaient selon les personnes, mais petit à petit, certains détails communs émergèrent des différents récits, consolidant le portrait mental qu'elle se faisait de Severus.

Elle apprit qu'il était brillant, inventif et puissant, mais aussi mesquin, sarcastique et vindicatif. Elle apprit qu'il avait fait des choses horribles pour la bonne cause, sans aucun espoir de reconnaissance, et qu'il était capable de ressentir amour inconditionnel comme haine terrible. Lovegood et la fille Weasley lui parlèrent de la protection inattendue dont les élèves avaient bénéficié de sa part lors de son court mandat de Directeur de Poudlard, et Granger avoua le respect teinté de crainte qu'elle éprouvait concernant son intelligence hors norme. Harry Potter confessa son admiration pour le Prince de Sang Mêlé (Eileen renifla à la mention de ce titre) et son livre de Potions, alors que Draco Malfoy livra un rapport étonnement sincère sur les risques que Severus avait pris pour le sauver, et le poids qu'il avait pris sur ses épaules au nom du jeune homme.

A travers leurs mots, elle commençait à connaître Severus, et à travers ses questions, les élèves commençaient à la connaître elle. Eileen fut très surprise de se rendre compte qu'elle commençait à se sentir à l'aise en leur étrange compagnie, qu'elle n'était plus une intruse isolée. Si elle ne prenait pas part à leurs plaisanteries idiotes, au moins les tolérait-elle ; parfois, elle souriait même.

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Début Juin, un intrus déclencha l'alarme des barrières magiques, un frisson quasi électrique qui les alerta tous de la présence d'une personne cherchant l'entrée du 27, Impasse du Tisseur. Craignant que quelqu'un ait brisé le sortilège de Fidelitas et le danger que cela pouvait représenter pour Severus, Granger alla immédiatement se poster à la fenêtre pour épier la rue. Sa baguette était prête, juste au cas où : Eileen se dit que les réflexes de ces jeunes gens correspondaient plus à ceux de duellistes professionnels que d'adolescents.

Granger fixait l'intrus qu'elle avait repéré, les sourcils froncés. « Est-ce que c'est... Mais il n'a jamais répondu à la lettre... Je pensais qu'il ne viendrait pas... »

Eileen jeta un coup d'oeil par dessus l'épaule de Granger, sa baguette à la main. Il y avait un homme dans la rue, qui regardait tout autour de lui, l'air perdu, comme s'il cherchait désespérément quelque chose dont il n'arrivait pas à se souvenir. Il tenait une valise dans une main, et une lettre froissée dans l'autre.

Avant même que la raison n'eut le temps de l'arrêter, Eileen alla ouvrir la porte et avança sur le trottoir, où elle se planta et le fixa. Il avait vieilli, bien évidemment (il avait un peu grossi, ses cheveux étaient plus gris que marron) mais c'était indéniablement lui. Ce visage, cette carrure... par Merlin, ce nez...

« Toby? » demanda-t-elle, incrédule.

Il se tourna au son de sa voix et afficha un grand sourire, ses yeux s'illuminant sous le choc alors qu'il la reconnaissait.

« Leenie! » s'exclama-t-il , « Mais où est-ce que t'as caché la maison bordel? »

A suivre...

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Je me rends compte en relisant pour la publication que cette partie est moins bien traduite que les autres, désolée... J'étais sans doute fatiguée de la longue précedente! J'ai fait quelques modifications mais j'ai l'impression que le texte reste lourd, j'espère que ça ne vous a pas trop gênés!

A bientôt!