L'étoile du recommencement: L'année du rat

Disclaimer: Rien ne m'appartiens de Harry Potter. 'Mais maman? je l'ai trouvé dans un livre. Est-ce que je peux le garder?'


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S/H

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chapitre 3

Il ne restait que deux semaines avant la rentrée et Severus savait que d'ici peu la disparition de Harry Potter serait remarquée. A vrai dire, il avait le pressentiment que ce jour-là serait le jour J... et il ne lui tardait absolument pas de devoir jouer son rôle de professeur haï quand on lui demanderait de participer aux recherches. Son angoisse augmentait d'heure en heure, le rendant un peu aveugle à son environnement. C'est ainsi que pour la première fois depuis le début des vacances, il en oublia qu'il n'était plus seul. La voix calme de son fils le fit sursauter:

"Tu n'as pas à avoir peur papa. Je ne t'en voudrais pas si tu fais semblant de détester Harry Potter. Il n'était qu'une image. Un masque sans réelle valeur à mes yeux, si ce n'est les amitiés qui sont nées grâce à lui. Tu as déjà racheté toute attitude que tu avais pour cette identité passée. Par tes décisions cet été. Je suis en sécurité et aimé. Tu n'as rien à craindre de moi. J'ai appris à t'aimer et je ne veux pas te perdre. Et puis...si tu veux, je peux même servir d'excuse pour tout changement de caractère chez toi. Tu pourrais faire croire aux autres que je t'ai adouci..."

"Merci Alexandre. Mais comme tu l'as dis à Dumbledore, tu m'aimes comme je suis. Je les aiderai à chercher sans protester que j'ai autre chose à faire. Par contre je poserai des limites au temps que j'y passerai. Après tout tu as besoin de moi encore..."

"Toujours." Assura Alexandre, conscient que son père doutait parfois de sa place auprès de lui.

Quelques heures plus tard, à l'approche de deux heures, les prédictions de Severus sur ce jour se confirmèrent. Dumbledore avait envoyé Arthur Weasley chez Harry, et avait appris qu'il avait disparu depuis longtemps. Les Dursley ne savaient pas où il était ni ce qui lui était arrivé. Tout ce qu'ils avaient dit était à quel point ils étaient heureux que l'anormal morveux soit hors de leurs pattes. Le directeur avait demandé à quelques personnes de mener une enquête dans le quartier et voir s'ils pouvaient trouver trace de l'enfant. Mais à la fin de la journée ils n'avaient rien découverts et ne pouvait non plus exclure une fugue, puisque les possessions de Harry avaient été détruites par ses proches. Et de ce fait ils ne pouvaient pas dire s'il manquait quoi que ce soit que le jeune Potter aurait emmené avec lui. Les professeurs s'étaient accrochés à l'espoir d'une fugue, après avoir appris que la magnifique chouette blanche du jeune garçon avait aussi disparue.

Severus eu l'heureuse surprise de n'être donné qu'une mission: approcher son ami Lucius Malefoy et voir s'il savait quoi que ce soit. Etant un mangemort d'importance dans leur cercle, il serait le premier au courant d'une tentative d'enlèvement sur Harry Potter. Alexandre, qui était présent lorsque la mission avait été confiée, proposa à son père de se rendre chez Lucius avec pour raison de lui annoncer l'existence d'Alexandre et d'avoir un ami à qui parler de ce que son fils avait vécu. Cela mettrait Alexandre hors d'atteinte des jeux politiques de Malefoy en plus que d'assurer à son père une bonne couverture pour cette visite. Dumbledore avait été surpris que l'enfant sache que son père était un espion. Il ne pensait pas que Severus aurait pris le risque de dire à son fils les erreurs de son passé. Bien sûr, étant donné que Alexandre n'agissait pas comme tout autre jeune garçon, il n'était pas étonné de l'ouverture d'esprit dont il avait fait preuve à cette révélation. Alexandre aimait son père, tel qu'il était avec ses défauts et ses qualités.

La nuit était bien avancée, le matin du jour suivant à quelques minutes à peine. Severus avait décidé de ne pas attendre plus longtemps pour plusieurs raisons. Il voulait parler à Lucius avant que la disparition de Harry soit reportée officiellement au public, afin que le mangemort ne pense pas immédiatement que Severus espionnait au nom de Dumbledore. Heureusement, ce dernier voulait attendre une semaine avant de dévoiler l'affaire au ministère, car il espérait trouver l'enfant avant que cela ne soit nécessaire. Ensuite, Severus avait une idée très simple. Il y avait longtemps de cela, à son entrée au service de Voldemort, il avait été très proche de Lucius. Leur amitié n'avait pas que des raisons 'politiques' ou des avantages dans le jeu de pouvoir de Malefoy. Severus était un homme loyal: une fois un lien forgé il le respectait jusqu'à la mort. Et si certains évènements avait créé un gouffre entre eux, il avait gardé une certaine tendresse pour ce lien passé, d'autant qu'il était le parrain du fils de Lucius. Peu étaient au courant de ce fait, et il ne voyait le garçon que rarement en dehors de l'école. A vrai dire, avant que Drago n'entre à Poudlard, Severus s'était fait très discret dans leurs rencontres. Car après avoir échappé à la prison grâce à Albus, il n'avait pas de doute que le ministère l'avait placé sous surveillance. Lucius ayant plaidé avoir été forcé par imperium à prendre la marque de Voldemort, et possédant les moyens monétaires et politiques de se mettre à l'abri, n'avait rien à craindre de la loi. Mais Severus ne pouvait se permettre d'être vu avec un autre présumé mangemort, même déclaré innocent. Et une part du maître de potion voulait encore protéger Lucius, par amitié et par respect pour le lien qui avait été le leur. De plus, en tant que parrain de Drago il ne pouvait pas laisser le père du garçon être arrêté, il ne pouvait pas permettre à son filleul d'être séparé d'un père qu'il aimait. C'est ce lien, et le fait que Lucius savait que Severus était loyal, qui allait jouer ce soir.

Severus avait choisi cette heure tardive, à laquelle Lucius et sa famille étaient sûrement endormis, parce qu'il voulait arriver dans un état d'inquiétude et de détresse apparente. Sous l'excuse qu'il avait finalement craqué après avoir pris soin de son fils tout l'été, et qu'un cauchemar de celui-ci avait brisé le coeur de Severus une fois de plus. Il allait jouer sur une fragilité qui était réelle même s'il la cachait: celle d'un père seul dans une épreuve lourde à porter. Alexandre, conscient de ce que son père allait tenter, et de l'état moral dans lequel il se trouvait vraiment, avait ordonné à son père de parler à Lucius avec honnêteté. Severus avait besoin de l'oreille d'un ami, pas de celle des professeurs de Poudlard, ni du directeur malgré leur relation presque familiale. Il avait besoin de celui qu'il avait choisit pour ami dans le passé.

Severus fut surpris de voir qu'il n'était pas si difficile de faire semblant, parce que tout ce que ses yeux révélaient était vrai. Il arriva à l'immense demeure des Malefoy quelques minutes après minuit, frappa à la porte et se fit annoncer par un elfe de maison paniqué à l'idée de réveiller son maître... Lucius saurait que seule une urgence pouvait emmener le professeur à cette heure particulière. Et en effet, le noble sorcier entra dans le salon privé très vite, n'ayant pris le temps que de mettre une robe par dessus ses vêtements de nuit. Severus Rogue ne venait pas chez les gens au milieu de la nuit sans raison. Surtout pas quand leur maître était suposément mort. Lucius s'arrêta sur le pas de la porte, surpris par l'apparence déchevelée de celui qu'il ne pouvait voir autrement qu'un ami malgré la distance qu'ils avaient tous deux mis entre eux, et malgré les doutes qu'il savait justifié quand au camp auxquels chacun appartenait. Lucius savait que quelque chose avait encouragé Severus à changer d'avis sur les idéaux de Voldemort. Bien sûr, sans preuve Lucius ne pouvait rien faire, ce qui lui convenait très bien. Il ne voulait pas avoir à tuer son ami et devait donc se contenter du statu quo actuel. A cet instant, les camps importaient peu: Severus était aux limites d'un gouffre de souffrance dont Lucius ignorait tout.

"Pardonne moi cette intrusion tardive, Lucius. Je... Tu es le seul vers qui je pouvais me tourner."

Lucius s'installa en face de l'homme et l'observa calmement:

"Tu sais que tu es toujours le bienvenu. De plus tu abuses rarement du privilège de notre amitié. J'avoue vouloir savoir ce qui peut être assez grave pour te faire paraître si mal."

Severus cligna des yeux. Il devait vraiment être plus fatigué moralement qu'il ne croyait si Lucius voyait la conséquence physique de sa détresse. Aussi épuisé qu'ils soient, les serpentards portaient toujours leurs masques, autorisant parfois leurs yeux à révéler leur sentiments. Severus était sûr que ses yeux n'étaient pas les seuls à montrer ce que les derniers mois lui avait fait vivre. Alexandre avait eu raison, il avait besoin d'une oreille amie pour décharger son coeur.

"Avant toute chose je dois te dire que ce que je vais te dire est déjà connu de la faculté de Poudlard et du ministre. Quoique seule la récente échappée de Sirius Black en soit responsable. Les évènements ne m'ont pas laissé le temps de venir te voir plus tôt." Severus aurait dévoilé l'existence de son fils à Lucius en premier sans les récents imprévus. Aussi étrange que cela paraisse, les deux hommes allaient toujours l'un vers l'autre pour les moments importants de leurs vies. Lucius parce que Severus était le seul à ne pas le fréquenter pour sa position et ses richesses. Severus parce que Lucius l'avait fait entrer dans sa famille sans rien demander. Les avantages de cette relation n'étaient que bonus pour les deux.

Lucius hocha la tête pour l'encourager à continuer.

"Au début des vacances, j'ai été contacté pour la lecture du testament d'une femme que j'ai connu. Les qui, comment et pourquoi ne sont pas importants. Et je préfère garder son identité secrète pour certaines raisons. J'ai appris qu'elle m'avait donné un fils et qu'elle n'avait pas pu m'en dire l'existence..." Il ferma les yeux, peu sûr de ses prochaines paroles.

"Si cela date du début de l'été, tu aurais déjà trouvé moyen de me parler. Comment est-elle morte?" Lucius avait toujours su lire entre les lignes.

"Elle et notre fils ont été agressés par des moldus aux états Unis. Elle est morte rapidement. Mais Alexandre... mon fils... il a été violé."

Lucius perdit toute composure et rejoignit Severus sur le large fauteuil. Il entoura l'homme d'un bras, un acte complètement naturel en cette seconde. Lucius pencha sa tête légèrement et ordonna:

"Parle-moi." Aussitôt, le flot de pensées et d'émotions que Severus avait retenu sembla rompre le barrage.

"Il a failli mourir, sa magie s'est tourné contre lui. J'ai du user de toutes mes compétences pour le faire survivre. Je ne sais pas comment j'ai réussi, ni comment il s'est attaché à moi si vite et complètement. Je ne sais pas pourquoi il ne s'est pas renfermé plus. Pourquoi ses mots sont ceux d'une âme plus vieille qu'elle n'est et pourtant aussi doux et innocents que ceux d'un enfant. Pourquoi il accepte tout ce que je suis et comprend chaque parcelle de mon coeur avec tant de sûreté. Comment son innocence brisée l'a rendu si fort et si aimant. Comment il peut se lever tous les matins et lutter contre son propre corps, sa propre magie. Comment il enferme sa douleur pour m'entourer de son amour. Je ne comprends rien de tout ça. Et pourtant je comprends tout de lui. Je le vois marcher, appuyé sur une canne, une lueur de souffrance dans les yeux et je me dis que je suis fier. Alors se tournant vers moi, il se gonfle de bonheur juste parce que je suis fier. Il a appris à supporter le regard des autres, mais se pli sous le sien. Il avance pas à pas seulement parce que je lui tient la main. C'est comme si il n'était qu'un bébé qui apprend à marcher, à parler, manger, à vivre. Il a été brisé, mais tant que je lui tient la main... tant que je suis à ses côtés, il survit et il grandit. J'ignore comment j'ai pu passer toutes ces années sans l'aimer. J'ignore comment j'ai pu vivre sans lui." Les mots lui manquaient à présent. Trop à dire et trop à taire. Des secrets qui le resteraient à tout jamais.

Pourtant dans ces paroles, il avait presque involontairement guidé Lucius loin de toutes questions qui n'avaient pas de réponses et qui auraient pu dévoiler le passé de Alexandre, son ancienne identité. Lucius ne trouvait pas important le nom de la mère, ni même son sang. L'enfant était de Severus et il était magique. L'enfant était courageux et aussi loyal que son père dans les liens qu'il créait. De plus, l'enfant avait touché Severus plus que quiconque depuis des années.

"Il me semble que ton fils est comme toi. Il a ta force. Sa fragilité pourrait autant être de sa mère que de ce qui lui est arrivé. Mais s'est sans conséquence. Tu l'aimes, et de ce que tu m'as dit j'en conclu que c'est réciproque. Il a souffert, et souffrira longtemps. Mais... ta présence est son remède. Tu ne te poserais pas autant de questions, tu n'aurais pas autant de doutes, si tu ne le comprenais pas aussi bien que s'il avait grandit avec toi. Tu peut lire en lui et avancer avec lui. Severus, je suis heureux de te dire que tu as tout d'un père. Et malheureux que ce soit dans de telles circonstances. Peut-être aurais-je l'honneur de rencontrer ce miracle de ta vie?"

Severus hocha la tête, encore perdu par sa soudaine explosion. Lucius sourit.

"Je suppose que le ministre était à Poudlard pour la mise en place de la sécurité contre Black. Et que tes collègues et le directeur étaient tous présents. S'ils savent pour ton fils et ce qu'il a vécu, c'est que tu as du le dévoiler pour éviter les démentors aux alentours de l'école. Nous pouvons espérer que peu de personnes entreront dans le secret après ça. Quoique personne ne tenterait quoique ce soit contre ton fils sachant ce qu'il a vécu. Cette connaissance pourra être à son avantage s'il en a besoin un jour." Et les deux hommes pensaient particulièrement à tout retour à la vie de leur maître présumé décédé, et grand sorcier noir de leur monde. "Je parlerai à Drago de ton fils. Il pourra ainsi s'assurer que les serpentards le laisse tranquille. Tu dois déjà avoir un plan en ce qui concerne les autres maisons de l'école. Severus... je suis heureux que tu sois venu me voir. Quelque soit l'heure, tu seras toujours le bienvenu." Répéta Lucius.

"Je sais..." maintenant. Pensa Severus. "Je ne savais pas que tout sortirais tel quel. Que j'avais tant enfermé durant l'été. Malgré l'épreuve, j'ai été aux anges à ses côtés. Alexandre est un trésor de vie, de courage... j'apprends avec lui, je découvre grâce à lui. Il s'appelle 'Alexandre Severus Prince'. Je voulais lui épargner un peu de la rudesse que mon nom entraîne dans les réactions de certains." C'était suffisamment vague pour que Lucius pense que seul le second prénom et le nom de famille ai été changés. Il ne lui viendrait pas à l'esprit que Alexandre n'était pas le nom de l'enfant auparavant. Et il était plus que normal qu'il prenne le nom de son père, même si ce n'était que l'un des deux noms dont il avait hérité. Néanmoins la famille 'Prince' était très noble et riche faisant du choix de Severus le meilleur de tous. L'enfant vivrait mieux avec Prince qu'avec Rogue. Trop d'histoire et de magie noire derrière le nom de Severus Rogue.

"Je sais que Drago n'a pas une excellente réputation avec les autres maisons. Et qu'il ne changera pas son point de vue sur certaines choses, ni ses actions. Néanmoins, il tient à toi. Il essaiera de créer un lien avec Alexandre. Dois-je le mettre en garde en avance de quoi que ce soit qui pourrais lui coûter une réussite?" Il avait beau aimer son fils, il savait que Drago était trop vocal sur ses avis, et n'écoutait pas assez ceux des autres. Hors dans cette situation Alexandre avait plus d'importance que Drago. Aucun des Malefoy ne pouvait se permettre de blesser l'enfant de Severus. Que ce soit pour sa parenté avec Severus, ou pour son vécu dramatique. Dans le premier cas Severus était l'ami et le parrain qu'ils avaient fait entrer dans leur vie. Dans le second la magie en morceau de l'enfant pouvait les tuer s'ils lui faisaient du mal.

"Même si des moldus sont à l'origine de sa condition, Alexandre ne juge pas le reste de l'humanité avec eux. Il ne prend pas en compte les origines de ceux qu'il côtoie. S'il se fait un ami, sang de bourbe ou non il le défendra jusqu'à la mort. Il ne prend pas non plus en compte les politiques. Donc , s'il a des amis dans différents camps la seule condition de cette amitié sera de respecter les autres s'ils sont en sa présence. Pour l'instant du moins. Quand ils seront adultes et qu'ils lutteront les uns contre les autres... j'ai bien peur que nous perdions tous Alexandre. Il préfèrera quitter le pays plutôt que de voir ses proches se détruire les uns les autres. Il sursaute encore quand on le touche, s'éloigne de certaines discussions, réagit mal à toute violence verbale, passe d'un extrême à l'autre et sa magie est instable. Il est lié à un elfe de maison qui contrôle les excès de magie et auquel il tient énormément. Si quelqu'un le maltraitait, il n'en sortirait pas sous le meilleur jour... l'elfe s'appelle Egal si ça peut aider. Alexandre respecte tout humain ou créature, tant qu'ils n'ont pas prouver qu'ils ne méritent pas ce respect. Il a une santé fragile, ses poumons ne supporte pas les fumées et les efforts trop prolongés. Il aura une canne à vie et doit apprendre à maîtriser sa magie telle qu'elle est maintenant. Le bon point étant qu'il devra vivre dans mes quartiers et ne sera pas placé dans l'une des quatre maisons. Je ne voit pas quoi rajouter. Après ça, tout dépendra de Drago. S'il est incapable de comprendre mon fils, et s'il refuse de courber son attitude en conséquence de ce qu'il apprend..."

"Il ne conservera pas le respect d'Alexandre. Je comprend Severus."

"Cela m'a fait du bien de venir. Mais j'ai assez abusé de ton hospitalité. Et puis, je veux m'assurer qu'Alexandre n'a pas fait de cauchemar. Merci Lucius."

"Cela faisait longtemps que nous n'avions pas été aussi proche mon ami. Je suis fier que tu sois venu. Peut-être pourrions-nous nous écrire plus?"

"Oui. Je pourrais te donner plus de nouvelles de ton fils en même temps. Tu n'as pas reçu assez de lettres de ses professeurs... et il n'a pas reçu assez de détentions." Plaisanta Severus.

"Et bien, si cela lui permet de te voir plus, je pense qu'une détention serait bien reçue." Répondit Lucius. Moquant le manque de réunions entre Severus et Drago.

Severus se permit un sourire.

"En effet. Je dois y aller à présent. Bonne nuit... mon ami."

"Prend soin de toi Severus. Et de ton fils."

Les deux hommes se saluèrent et Severus pris congé. Ce n'est qu'arrivé à Poudlard que le maître de potion réalisa vraiment ce que cette seule discussion avait fait pour lui. Combien le poids sur ses épaules avait été réduit. Il se sentait plus léger... et moins seul. Ou plutôt encore moins seul. Alexandre avait rempli le vide de son coeur. Retrouver Lucius était un plus qu'il n'avait pas vu venir.

Après une nuit raccourcie et une libération d'émotions épuisante, Severus se trouva assailli dans son propre lit par une balle d'énergie... à courte durée. Alexandre avait eu assez de vitalité pour se lever plus tôt que d'habitude et vérifier si son père était rentré. Il s'était jeté sur lui, inquiet de savoir si tout s'était bien passé. Voyant son père en bonne santé et protestant avec véhémence son attaque soudaine, il s'effondra endormi sur le maître des donjons... Severus hésité entre rire ou grogner. Son fils l'avait efficacement réveillé et il savait que le directeur attendrait son rapport à la première heure. En même temps, il n'avait jamais eu jusque là une famille qui l'attendait après une mission. A choisir entre le directeur et son fils, la décision était rapide. Severus s'enfonça un peu plus dans le lit, serrant sa précieuse charge contre lui, et se rendormit, entraîné par le calme battement de coeur de son enfant.

Ce n'est que deux heures plus tard, à l'heure du déjeuné des professeurs, qu'il se leva enfin, avec un fils débraillé sur les talons. Il semblait bien que son fils ait décidé de ne pas le quitter d'une semelle. Il fallait dire qu'ils n'avaient pas été séparés de cette manière depuis l'adoption, et que toutes les peurs de Alexandre avaient ressurgis pour l'occasion. Cela rappelait à Severus que malgré le vécu de cette jeune âme, il avait devant lui un enfant effrayé par le monde, effrayé d'être seul. Il se tourna et pris le garçon contre lui, le protégeant du reste du monde avec ses bras.

"Chh. Je suis là. Je suis avec toi et tout va bien."

"Mais si un jour tu n'es plus là? Je sais que tu pourrais m... mourir. Ou disparaître. Je sais que la vie n'est pas un chemin tranquille. Je ne pourrais pas continuer sans toi."

"Alexandre... je me rend compte que pour l'instant je suis ton soutien et ton guide. Et je ferai tout pour que tu grandisse et devienne libre même de moi. Je veux qu'un jour tu aille dans le monde avec les yeux grands ouverts et que tu ne recule plus jamais de peur. Il faudra du temps, mais j'arriverai à atteindre ce but. Tu arriveras à marcher parmi la foule et à être heureux. Je peux te promettre que tant que ça ne sera pas accompli je resterai avec toi. Quitte à devenir fantôme pour ne pas te quitter si je meurs. Rien au monde ne se mettra entre nous. Ni les sorciers, ni l'humanité, ni la vie."

La voix de Severus était sûre et profonde, s'accrochant à l'esprit d'Alexandre comme une toile tissée de tendresse et de force. La vie pouvait bien continuer, son père lui resterait. L'enfant hocha la tête et posa son oreille contre le coeur de l'homme. Puis, lentement, il s'éloigna, se tourna, et alla se préparer dans sa propre chambre pour la journée à venir.

Ensemble, ils se rendirent à la grande salle, où les autres membres de l'école mangeaient déjà. Le directeur observa leur entrée, serrés l'un contre l'autre, comprenant pourquoi son maître de potion n'avait pas fait son rapport ce matin-là. Et acceptant que l'homme avait désormais plus important à faire dans son existence. De ce que Dumbledore pouvait voir, la magie du garçon était encore plus agitée que d'habitude, mais extrêmement contrôlée par l'enfant lui-même aidé de la magie de son père et de celle de leur elfe de maison. Le vieux sorcier était étonné qu'aucune explosion n'ai eu lieu vu l'état moral et physique de l'enfant. En regardant la paire plus longtemps, il s'aperçut que tant que Severus serait près de lui, Alexandre irait bien.

"Bonjour mes enfants. J'espère que vous avez bien dormis."

Alexandre le fit sourire en hochant la tête frénétiquement et tournant vers son père un regard géné en même temps. Il y avait une histoire derrière tout ça...

"Je n'ai jamais mieux dormi Albus. J'avais la meilleure couverture du monde." Répondit Severus, les yeux scintillant plus que le directeur. Provoquant une vague d'étonnement dans l'assemblée des professeurs. Albus souris sagement, il savait l'histoire derrière les gestes maintenant.

Pompom interrompit l'amusement des deux hommes et l'embarrassement du plus jeune:

"Alexandre. Pourrais-tu m'aider plus tard à l'infirmerie. Avec l'approche de la rentrée je suis surchargée."

"hmm hmm." Acquiesça muettement l'enfant. Il était encore hésitant et effrayé après cette nuit. Mais son sourire était sincère. Il aimait beaucoup Poppy. L'infirmière le rassura un peu plus en lui faisant de la place à côté d'elle pour manger. Elle prépara son assiette et lança un regard sévère à Severus en le pressant de copier son fils et de remplir son estomac. Elle était devenue une vrai mère poule pour la paire. A leur plus grand bonheur, bien que Severus ne l'avouerait jamais. Alexandre était une autre histoire, il n'avait aucun problème à paraître sensible et aimant, il n'accordait seulement ce privilège qu'à un nombre limité. Severus et Poppy était les deux seuls receveurs de ses attentions. Les autres professeurs étaient des amis, mais pas un membre officiel ou non de sa petite famille.

Le repas terminé, l'infirmière entraîna derrière elle un Alexandre aux poches débordantes de brioches faisant de grands signes de mains à son père comme au revoir. Sa bouche était pleine de brioche aussi. L'angoisse l'avait affamé. Severus attendit calmement que son fils soit parti avant d'éclater d'un rire profond et unique. Minerva en resta ébahie pour plusieurs minutes. Severus se félicita de ce fait. Les professeurs se rassemblèrent dans le bureau du directeur et firent leur rapport des recherches de la veille et du matin. Aucune trace de Harry Potter n'avait été trouvée. A son tour, Severus pris la parole:

"Lucius était très ouverts cette nuit. Je ne lui ai donné aucune raison de soupçonner quoi que ce soit et ai été très honnête en retour. Bien que je m'en soit tenu à ma vie personnelle bien sûr. J'ai déduit de son apparence et de ses actions, qu'il n'avait aucun plan en cours. Rien de plus que son travail habituel au ministère et sa famille. Le manoir ne recevait aucun invité inhabituel et les Malefoy étaient tous endormis. Tout était trop tranquille pour qu'ils soient au courant de quoi que ce soit. Hors, si Lucius ne sait rien, aucun autre mangemort ne saura non plus. Non, Harry Potter n'est pas entre leurs mains ni dans leurs esprits à l'heure actuelle."

"Donc, les mangemorts n'ont pas Harry, personne ne l'a vu depuis le début des vacances et nous n'avons aucun indice. Mais nous ne pouvons pas faire appel au ministère sous peine de dévoiler à Lucius la véritable raison de ta visite hier soir. Et nous ne pouvons pas laisser les habitants de Privet Drive dire aux officiels qui viendront plus tard que des sorciers avaient conscience de sa disparition depuis une semaine. Nous allons devoir effacer leurs mémoires. A défaut de trouver Harry, nous pouvons protéger Severus." Conclut Albus.

"Mais... Albus. Nous ne pouvons pas arrêter les recherches." Protesta Minerva.

"Nous n'avons pas le choix. Mes instruments ne donnent aucune indication quand à la position de Harry. Il n'est pas mort, de ça je suis sûr. Mais il est introuvable. Pourtant, où qu'il soit, il est en sécurité. Les alarmes que j'avais placé sur lui se sont toutes déconnectées. Hors elles ne devaient le faire que s'il était hors de portée de tout danger pour le reste de ses jours. Harry Potter est sain et sauf. Nous ignorons juste où. Et peut-être notre ignorance est ce qui le protège du reste de notre monde." Poursuivit Albus, inconscient des réactions de Severus concernant la révélation des alarmes.

Severus avait eu peur pour un instant, puis sa conscience avait été soulagée d'un lourd poids. Si ces alarmes ne s'arrêtaient qu'à ces conditions, alors son fils était plus qu'en sécurité. Quoi qu'il arrive dans l'avenir, l'enfant était enfin libre des devoirs et menaces de l'enfant prodige des sorciers.

Finalement, les enseignants se séparèrent pour accomplir leurs taches. La majorité partait effacer quelques mémoires. Albus aussi. Severus se contenta de rejoindre l'infirmerie le temps de prendre des nouvelles sur la santé de son fils. Car même s'il y était pour aider à ranger les potions et autres nécessaires de guérisseurs, il était sûrement passé entre les mains professionnelles de Pompom juste avant de commencer son travail. Un rapide échange de sourire le rassura que tout allait bien et il se rendit dans son laboratoire pour finir ses potions et revoir le programme de l'année.

Pendant ce temps, un grand chien noir affamé et déçu prenait la direction de Poudlard. Il n'avait pas trouvé la moindre trace de la personne la plus importante à son coeur. Pourtant il était allé voir la seule famille que l'enfant avait. En vain. Les deux baleines et le cheval vivaient seuls dans leurs maison. Pas de Harry Potter avec lui. Pas de mention de son nom ni de chambre avec ses affaires. Si l'enfant n'était pas là, avec qui vivait-il? Le chien ne saurait pas avant une semaine que Harry Potter avait disparu de chez les Dursley, et il ne saurait peut-être jamais où il était.