L'étoile du recommencement: L'année du rat
Disclaimer: Rien ne m'appartiens de Harry Potter. 'Mais maman? je l'ai trouvé dans un livre. Est-ce que je peux le garder?'
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S/H
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chapitre 4
L'instant le plus difficile de toute sa vie avait été d'accepter que son enfant été prêt pour cette nouvelle aventure. Prêt à s'appuyer sur quelqu'un d'autre pour survivre. Severus se trouvait étrangement attristé que Bill Weasley soit aussi facilement accueilli dans le coeur de son fils. Même si cela donnait à l'enfant une occasion de se lier avec sa famille préférée sous sa nouvelle identité. Même si le jeune homme allait donner à Alexandre les moyens de contrôler sa magie et de vivre comme tout sorcier. Et même si Severus lui-même resterait toujours le plus précieux aux yeux de l'enfant. Il n'empêchait pas qu'il soit jaloux. Il savait que Bill Weasley allait prendre une part importante de l'existence de son enfant. Personne n'avait dit qu'il devait être logique quant à sa réaction à cette nouvelle.
Alexandre regarda son père d'un air attendri. Il était plutôt prévisible quand on le connaissait bien. Mais l'enfant été aussi très enthousiaste parce qu'il allait voir un membre de sa famille préférée. En même temps, il était très stressé à l'idée de ne pas être accepté ou de ne recevoir que de la pitié. Il avait peur, mais plein d'une énergie qui ne partirait qu'une fois qu'il aurait ses réponses. A savoir s'il allait s'entendre ou non avec le jeune sorcier qui venait pour l'aider.
Deux jours seulement avaient passés depuis que le directeur avait découvert l'absence de Harry Potter de chez sa tante. Deux jours de joies avec son père, ayant appris que les alarmes magiques de Dumbledore avaient finies leur mission et avaient involontairement déclarées que Harry Potter était en sécurité de tout le monde sorcier pour le restant de ses jours. Personnes ne sauraient qu'il en était ainsi parce que son identité avait changé. Alexandre était heureux de ne plus être le survivant et d'avoir une famille qui l'aimait. Poppy était devenue sa grand-mère officielle la veille, quand elle lui avait présenté à Severus un document qui n'attendait que sa signature pour qu'elle adopte le maître de potion. Severus n'aurait jamais accepté dans d'autres circonstances. Mais pensant à son fils avant tout, il s'était aperçu que Poppy pouvait être leur porte de secours s'ils étaient séparés. Si Severus venait à mourir, Alexandre serait accueilli par Poppy et sa famille. Severus avait conscience que ce n'était pas pareil que s'il restait en vie, mais il savait que son fils survivrait tant qu'il serait entouré d'amour. Poppy pouvait lui fournir un environnement de tendresse et de sécurité. Et veiller à ce que sa santé ne soit pas en danger. Aussi, l'homme avait pris une plume et signé le document, devenant le fils de l'infirmière de Poudlard et faisant de Alexandre le petit fils heureux de Poppy. Les professeurs étaient tous au courant parce que l'infirmière avait embrassé chacun d'eux au repas suivant et s'émerveillant d'avoir un fils aussi courageux et talentueux et un petit fils merveilleux. Bien entendu... elle l'avait fait exprès pour l'embarrasser et avait répondu à ses grognements par une simple constatation: les parents sont faits pour embarrasser leurs enfants. Albus Dumbledore était aux anges: il ne s'était jamais autant amusé de sa vie.
Donc deux jours avaient passés, et Alexandre et son père attendaient Bill Weasley devant les portes d'entrées de Poudlard. Le jeune homme allait être le professeur particulier de l'enfant. Bill était conjureur de sorts, il brisait les sortilèges sur certains objets maudits et pouvait les reconstruire si nécessaire. Ce don qu'il avait pour voir les sorts et les démonter faisait de lui un candidat parfait pour travailler avec Alexandre. Il allait devoir lire la magie de l'enfant et lui apprendre à en retracer chaque fils pour qu'il puisse les contrôler. Oui sa magie était virevolté et n'avait plus de sens: c'est à dire qu'au lieu de se concentrer sur l'objet du sort sa magie se jetait sur tout ce qui était autour... Oui il devrait apprendre à lancer certains sortilèges à l'envers ou du moins de ce concentrer sur ce qui était autour de sa cible pour que sa cible soit touchée. Et oui la puissance initiale changeait en cours de route... pour tout dire simplement, sa magie explosait après avoir été appelée et provoquait pas mal de catastrophes. En voulant créer une lumière dans sa main pour lire en pleine nuit, il avait mis le feu à son lit et à quelques meubles. Sa main était restée 'éteintes' et intactes... Il n'avait pas osé lancer de l'eau avec un sort: il ne voulait pas non plus inonder les donjons. Bref, Bill Weasley allait lui montrer comment refaire de la magie avec sa nouvelle base magique agitée et retournée. Alexandre avait beaucoup d'espoir. Que son tuteur soit un Weasley était un bonus.
Enfin, le jeune homme apparut au portail du parc, sa silhouette lointaine approchant agilement. Quand il fut assez proche, Alexandre l'étudia avec intérêt. Ses longs cheveux roux étaient retenus en catogan sur son épaule gauche, glissant lentement de cette position pour retomber sur son dos. Mince et grand, son style de vêtement moldu lui donnait un air de rockeur. Un jean bleu délavé avec une ceinture noire gotique dont la boucle représentait un simple W. Son petit shirt vert sombre à manches courtes dévoilait une peau bronzée. Des bottes noires complétaient la tenue. De plus près Alexandre apercevait une dent de serpent en boucle d'oreille. Le jeune homme portait un sourire calme et assuré, inspectant lui aussi sa future charge.
Ce que Bill voyait de son côté? Un voile de magie agitée dont les explosions étaient redirigées le long d'un lien qu'il savait devait appartenir à un elfe de maison. Un jeune garçon blessé, appuyé sur une canne en argent au pommeau en forme d'hippogriffe aux ailes repliées vers le bas. Des yeux sombres avec des touches de verts scintillants de ci et là. Des cheveux noirs et soyeux tombant sur ses épaules librement. Et une aura, différente de l'aura magique, qui était plus vieille que celle d'un enfant devrait être. Bill savait tout de son élève, mais en cet instant il ne pouvait que penser à la force qui se cachait sous la fragilité. Une immense énergie morale qui le maintenait debout malgré la souffrance de son corps. Il tardait à Bill d'enseigner à Alexandre Severus Prince. Il ne regrettait plus d'avoir accepté cet assignement. Il avait craint de na pas être le meilleur choix ou de ne pas être bien accueilli par son ancien professeur de potions. Il avait craint que l'enfant soit aussi renfermé que son père et que cela pose plus de problèmes qu'il ne pourrait régler. Mais ce qu'il pouvait voir et sentir du garçon étaient révélateurs d'une force morale prometteuse et la douce expression de son visage, la curiosité même, dévoilait un caractère ouvert et tendre. Alexandre avait échappé aux caractéristiques du fameux Severus Rogue. Quoique, d'après ce qu'il en voyait les deux individus étaient parfaits l'un pour l'autre. Le professeur semblait très protecteur et l'enfant le lui rendait pareillement. Son année allait être intéressante.
"Bonjour professeur Rogue. Alexandre."
"Bill. Je ne pensais pas vous revoir entre ces murs un jour vu votre passion pour le monde extérieur."
"Il faut savoir accepter les changements nécessaires pour nos familles. Rien n'est plus important que mes frères et soeurs pour moi. A part mes parents je veux dire." Bill vit le visage du professeur s'adoucir.
"Il est vrai que ces deux dernières années ont été quelques peu dangereuses pour votre famille. Je m'en excuse si je suis heureux que cela vous emmène ici. Nous avons grands besoins de vos connaissances pour nous aider." Répondit Severus en serrant doucement l'épaule de son fils. Souriant lorsque l'enfant posa sa main sur la sienne tendrement.
"Je comprend professeur. Et puis vous ne seriez pas serpentard si vous ne saviez pas profiter des opportunités qui se présentent." Plaisanta Bill.
"Appelez-moi Severus, Bill. Vous allez être enseignant autant que je le suis, même si vous n'avez qu'un élève."
C'était aussi proche d'une offre d'amitié qu'il aurait jamais de la part du maître de potion. Et il avait la certitude qu'il devait cette attitude entièrement à Alexandre. Avant l'enfant, Severus n'aurait jamais accepté qui que ce soit ainsi. Cela faisait longtemps que Severus Rogue s'était fermé aux yeux de tous.
"J'en serais honoré Severus. A présent que les formalités sont passées, que diriez-vous que nous allions tester la magie de Alexandre?"
"Pourrions-nous rester dehors, près du lac..." S'inquiéta Alexandre.
"Je pense que mon fils veut éviter de remettre le feu involontairement à son environnement."
Bill sourit et indiqua la direction du lac: "allons-y alors. ça ne devrait pas être très long. Je veux juste voir les conséquences de la dispersion de magie. Plus tard nous devrons nous assoir pour quelques heures afin que je comprenne mieux comment tout est emmêlé."
Alexandre sourit à son tour. Au moins Bill était direct. Il avait vu son aura magique et n'en faisait pas tout un plat. Pas de larmes de compassions, pas de pitié. L'enfant était étonné de voir une touche de respect, et espérait pouvoir la mériter.
Une heure plus tard... un arbre brûlé... une chouette accidentellement attirée et collée au sol... un pantalon disparu (Severus)... des cheveux rasés (Bill... mais dans la panique et dans son désir de tout arranger Alexandre les lui avait rendus il ne savait par quel moyen... ouf)... une tentacule de pieuvre géante colorée en bleu (une autre transformée en queue de sirène et une dernière en massue... heureusement la pieuvre était très compréhensive et adorait Alexandre... Et heureusement Bill n'avait aucune difficulté à tout arranger)...un phénix nommé Fumseck légèrement glacé (c'est un phénix, il peut se réchauffer)... Bref, une heure plus tard, le trio rentra au château pour un repas bien mérité. Si quelques professeurs riaient sous cape, personne ne commenta. Si Dumbledore avait un phénix enfoui dans sa barbe (pour se réchauffer plus), personne ne dit un mot. Si Minerva secouait la tête en regardant le pantalon (retrouvé) de Severus, personne ne parla. Si Bill vérifiait que ses cheveux étaient bien là, de temps en temps, personne ne s'en mêla. Dans cet étrange dîner, ils étaient tous bien content d'avoir une grand-mère pouffant de rire en parlant à l'oreille de son petit-fils au visage rouge. Parce que quand Pompom déclarait soi-disant inaudiblement qu'elle n'aurait jamais cru qu'un maître de potion, tout le temps enfermé dans son laboratoire, pouvait avoir des jambes aussi musclées et dorées, et qu'ensuite elle commentait le fait que Molly Weasley aurait adoré voir son fils se faire enfin couper les cheveux... et bien à cet instant, Alexandre n'était pas rouge de honte mais rouge de retenir le rire qui menaçait de sortir violemment. Aucun d'eux n'aurait aimé voir l'enfant s'en vouloir pour quelque chose qu'il ne contrôlait pas. Et de plus, il les avait prévenus des risques encourus: cinq minutes entières avaient été concentrées sur le sujet de comment éviter les effets des sortilèges si vous savez vous mettre à l'abri convenablement. Méthode très difficile qui consiste à courir hors de portée, à s'écraser au sol, à se cacher derrière toute surface solide ou provisoirement protectrice... A vrai dire, l'arbre avait pris feu après que Bill se soit jeté derrière.
Entre deux bouchées, et des pouffements de rire réguliers, Alexandre arriva à poser quelques questions sur son futur 'programme scolaire'. Il appris que le premiers mois servirait à faire une carte de sa magie et de reconnaître les éléments provoquant les explosions contenues par l'elfe Egal. Alexandre participerait parce qu'il devrait connaître son aura par coeur pour pouvoir la maîtriser ensuite. Plusieurs salles avaient été mises à disposition: une classe avec deux bureaux et un grand espace de pratique, un gymnase créé en réunissant deux pièces pour les entraînements physiques, et une salle de méditation. Le sport et la méditation devait permettre à Alexandre de recouvrer sa santé physique et morale. Bien sûr, l'enfant suivrait un cursus scolaire en parallèle des élèves de Poudlard avec Bill pour seul professeur, et le tout résumé au strict nécessaire pour ne pas l'étouffer par trop de travail. Les cours théoriques seraient plus courts, et comme il serait seul face à Bill il n'y aurait aucune distraction. La pratique serait limitée aux tests pour créer la carte d'aura, au début. Bill avait déjà en tête tout ce qu'ils pouvaient faire, et il ne connaissait l'enfant que depuis quelques heures. Les gobelins avaient bien choisis le tuteur.
Bill serait hébergé dans les donjons, pour être plus près de son élève et pour pouvoir lui venir en aide si besoin. Alexandre était souvent victimes d'accidents de magies quand il oubliait qu'il ne pouvait pas jeter des sorts comme avant. Ce qui arrivait le plus la nuit, après un cauchemar violent quand il essayait de créer une lumière ou tout autre magie pour se rassurer. Les quartiers choisis étaient agréables et dignes d'un professeur de Poudlard: une grande chambre avec salle de bain luxueuse, un salon avec cheminée, une petite cuisine et une bibliothèque. L'un des plus grands avantages de ce poste était que comme Alexandre passerait ses week-end avec son père, Bill serait libre de voir sa propre famille. Rien ne pouvait surpasser ce fait. Après avoir passé la journée avec Alexandre et Severus, Bill s'installa dans ses appartements et se reposa du long voyage qu'il avait fait pour revenir en Angleterre. Il était venu à Poudlard immédiatement pour être sûr de ne pas être rejeté pour ce poste. Severus Rogue aurait très bien pu décider qu'il n'était pas capable de ce qui était demandé. Heureusement tout s'était bien passé et Bill avait même récupéré une photo que l'un des professeurs avaient secrètement prise de lui avec la tête rasée (il voulait la montrer à sa mère). Ayant obtenu ce travail, et étant assuré de rester en Angleterre pour au moins une année, il avait demandait s'il pouvait prendre quelques jours pour voir sa famille et les informer de son nouvel emploi. Severus lui avait annoncé qu'il comptait bien profiter de son fils jusqu'au derniers moment des vacances, et de ce fait Bill n'était absolument pas le bienvenu jusque là. Dit ainsi cela aurait pu sembler rude, sauf que c'était la manière du professeur de dire à Bill qu'il pouvait lui aussi profiter de sa propre famille jusqu'à la rentrée, lorsqu'il prendrait son poste à Poudlard. Et puis il avait aussi été soumis à une longue discussion en ce qui concernait ses frères. Bill devait s'assurer qu'aucun d'eux ne s'en prendrait à Alexandre pour une quelconque vengeance contre son père, ou une blague stupide. Bill était plus que décidé à protéger l'enfant qu'il voyait déjà comme un petit frère.
C'est ainsi qu'après une nuit de sommeil récupérateur le jeune Weasley rassembla de quoi passer plusieurs jours hors de l'école, envoya un message à son supérieur gobelin de la banque de Gringgot, et quitta les limites de Poudlard afin d'apparaître. Il atterrit hors des protections de la demeure familiale, préférant marcher jusqu'à la maison et profiter de l'agréable vent chaud. Le paysage était celui de son enfance, les arbres, les terrains en friche, l'atmosphère de vie qu'il aimait tant. Il aimait voyager et il adorait l'Egypte, mais cet endroit serait toujours au coeur de son existence et de ses souvenirs. Ce à quoi il comparerait le reste du monde, la base de tout son être. Soudain, des cris et des rires s'élevèrent dans l'air. Bill venait de franchir l'un des boucliers répulsifs, un qui décourageait les non sorciers qui s'approchaient trop de leur demeure. Les voix joyeuses de ses frères et soeurs se mêlaient les unes aux autres, réchauffant son âme. Ils lui avaient manqués.
C'est une autre sorte de cris qui retentit bientôt, lorsqu'une petite femme toute en rondeur et portant un tablier à fleur couru hors de la maison qu'il pouvait apercevoir. La femme dépassa la bande étonnée de jeunes gens aux cheveux aussi roux que les siens et parcouru la distance la séparant du nouvel arrivant. Comment sa madame Weasley avait-elle su qu'il était là alors que ses frères et sa soeur étaient encore étonnés de l'attitude de leur mère? Simplement parce qu'elle portait une partie des barrières magiques entourant la maison et que l'une d'elles l'avait prévenue de l'entrée de Bill. Cela faisait de longs mois qu'elle n'avait pas vu son aîné, et elle n'avait pu se retenir de le rejoindre le plus vite possible.
Reconnaissant celui qui avait fait sortir leur mère de sa cuisine, les autres enfants accoururent tous et formèrent un groupe heureux quoique un peu étouffant pour Bill qui était au milieu. Il passa de longues minutes à les entourer d'attentions et à mémoriser leurs visages comme il faisait à chaque fois. Percy, dans toute sa noble attitude ne pouvait cacher la joie pure dans ses yeux, et Bill l'aimait tell qu'il était. Les jumeaux étaient toujours aussi gamins, du moins en apparences, car en vérité ils étaient d'une intelligence effrayante (comment pensez-vous qu'ils réussissaient à créer leurs potions? Car même pour faire des blagues il faut être précis). Bien sûr les deux frères étaient aussi loyaux et profond qu'ils étaient vifs et joueurs. Ron était quelques peu mal à l'aise dans son corps en transformation d'enfant à adolescent. Il grandissait sûrement très vite, bien que son esprit n'était pas encore au niveau. Bill pensait qu'un jour Ron serait aussi calme que son père, avec sans aucun doute une femme à poigne comme leur mère (quelqu'un pour le mettre sur la bonne voie). La petite Ginny n'était plus si petite, mais Bill qui avait entendu parler de son amour pour Harry Potter s'inquiétait de cette obsession. Car il fallait bien dire que sa soeur, quand elle savait ce qu'elle voulait, l'obtenait vite. Hors, Bill craignait que Harry soit entraîné dans cette histoire sans vraiment avoir le choix même si à la fin il trouverait une vie tranquille avec une femme aimante, ce n'était peut-être pas ce qu'il lui fallait. Malheureusement il ne pouvait pas grand chose dans cette situation, et puis il voulait juste nager dans la joie des retrouvailles.
Molly se sépara finalement de son fils et l'entraîna à l'intérieur. Elle l'assit, plaça une grande assiette remplie de ce qui rend un petit déjeuné très nourrissant, et l'encouragea à manger. Pourtant il avait déjeuné rapidement ce matin-là. Mais comment refuser ce bonheur à sa mère. Ses frères et sa soeur tournaient leurs yeux au ciel assez comiquement dans le dos de leur mère. Après s'être assurée que son enfant n'allait pas mourir de faim, Molly s'installa calmement et commença l'interrogation, discrètement:
"Pourquoi ne pas m'avoir prévenue que tu venais? J'aurais pu préparer les chambres en conséquences. Dis moi que tu vas rester quelques jours et dormir ici. Tu n'as pas prévu de rester avec des amis, Bill?"
"Non maman. J'espérais bien pouvoir profiter de toute ton attention pour quelques jours. Quoique si tu es sage je pourrais bien revenir tous les week-end cette année." Annonça Bill.
"Tous les... Bill?" Bafouilla Molly, des yeux pleins d'espoirs. Ses autres enfants, eux aussi présents, affichaient le même choc et la même étincelle.
"La maison me manquais et je voulais être là pour ma famille au cas où cette année serait aussi pleine... d'aventures dangereuses. Alors j'ai demandé un congé d'une année à la banque. J'ai eu un refus, mais les circonstances ont changés et les gobelins avaient besoin de moi en Angleterre. Me voilà donc ici."
"Comment? Je veux dire, que vas-tu faire? Et juste pour une année?" Se renseigna Molly.
"Une année, sauf si mon travail doit continuer plus, mais ça ne dépends pas de moi. Même s'il serait agréable de rester plus. J'aime tout de même voyager en Egypte et voir les tombes et les pyramides."
"Bill. Quel est ce travail? Que tu es si nerveux de m'en parler?" Les autres enfants acquiesçaient derrière elle.
"C'est une histoire assez grave. Et je parce que les enfants (grognements de ses frères et de sa soeur) doivent en entendre une partie je vais devoir garder quelques secrets jusqu'à plus tard. Après le refus de mon congé, j'ai reçu la visite d'un gobelin qui m'a proposé d'enseigner pour une année à Poudlard. (sautillements de joies des plus jeunes). Mais la raison de ce travail est... difficile à dire. Pour résumer, le professeur Rogue a appris au début des vacances qu'il avait un fils et qu'il avait survécu à un incident qui a vu mourir sa mère." Molly reteint ses larmes avec difficulté. En tant que mère elle ne supportait pas qu'un enfant souffre. "J'expliquerai l'évènement plus en détails à papa et toi. L'enfant s'appelle Alexandre Severus Prince. Ses blessures étaient si grave qu'il a failli mourir et seule l'intervention de son père l'a sauvé. Sa santé est tout de même fragile et sa magie est totalement déréglée pour ainsi dire. Des morceaux de sa magie sont à des endroits différents, il subit des explosions comme celles qui provoquent des accidents magiques chez les tout petits, mais en plus violent. IL est lié à un elfe de maison qui contrôle cette part. Son père aide aussi. Le corps d'Alexandre ne pourra pas récupérer plus qu'il n'a fait cet été. Il souffre continuellement des dommages faits. Il marche avec une canne. Ses poumons ne supportent pas les fumées. Et bien d'autres choses dont j'apprendrais plus au cours de l'année. Parce que mon travail était de démonter les sorts, je suis capable de voir son aura et de l'aider à la maîtriser. Elle ne pourra jamais être réparée, donc il doit apprendre à vivre avec. Je dois aussi améliorer son état physique. Tout ça est ce que le professeur Rogue m'a autorisé à dire à mes frères et soeur. Je vais vous dire maintenant que si jamais vous essayez d'interroger Alexandre ou que vous vous en prenez à lui parce que son père est le professeur le plus détesté de Poudlard, je vous punirais moi-même comme vous ne l'avez jamais été. Est-ce bien clair?" Le ton de Bill s'était fait menaçant, et Molly ne se sentait pas de lui faire des reproches. Elle comprenait qu'à cette minute il parlait en tant que tuteur et protecteur d'un enfant blessé.
Les jeunes Weasley regardaient leur frère avec ébahissement. Il n'avait jamais été si... sérieux et effrayant devant eux. Bill soupira, ils avaient besoin de plus d'information pour éviter une catastrophe.
"Fred, George, vos blagues pourraient le tuer. Nous ne savons pas encore comment sa magie pourrait réagir à vos expériences. Déjà certaines potions parmi les plus communes le rendent malade. Ron, je sais que tu déteste le professeur Rogue, et que tu as des raisons pour ça, mais son fils n'est pas lui. Il a souffert plus que tu ne souffrira jamais, et je refuse de le voir être blessé plus. Je le vois déjà comme un petit frère, aussi je te demande, je te supplie de te contrôler devant lui. Ginny, garde ta curiosité pour toi et ne réveille pas en lui des souvenirs qu'il préfèrerait enfouir sous terre. Percy est bien le seul de vous tous à avoir le bon sens de rester loin de tout ça." Finit-il avec un sourire pour le plus âgé des enfants présents. Il aurait bien aimé que son frère Charlie soit avec lui pour avoir quelqu'un qui le comprenne et le supporte. Percy lui rendit un sourire plein de compréhension et un peu de fierté à être reconnu pour une de ses qualités. Ses frères et soeur avaient tendance à le rabaisser, même s'ils n'y faisaient pas attention.
"Je laisserait maman finir de vous mettre les idées bien en place. Je ne prendrais aucun risque en ce qui concerne Alexandre. Mais cela attendra que je lui ai parlé plus avec papa. Je vais aller m'installer et dormir un peu. J'ai eu une longue journée hier." Sur ce il se leva et se réfugia à l'étage, poussant un soupir et espérant que ses frères seraient raisonnables. Ginny serait plus facile à éviter, puisqu'il savait déjà que Alexandre ne la laisserait pas l'approcher s'il était seul. Ce garçon avait une grande tendance à ne rester avec quelqu'un que si c'était l'un des adultes au courant de ce qui lui était arrivé. Avec les autres il s'arrangerait pour ne jamais être seul, qu'ils soient adultes ou non.
Le reste de la journée se passa plus calmement. Sans doute parce que tous les plus jeunes s'étaient enfermés dans leurs chambres pour réfléchir. Ils savaient que sinon leur mère commencerait son discours de responsabilités plus tôt qu'ils ne voulaient. Le soir arriva donc très lentement, et leur père rentra de son travail pour trouver son fils aîné installé dans la cuisine avec sa mère, et un étrange silence dans le reste de la demeure. Molly promis que tout serait expliquer plus tard, et que tout le monde allait bien. Le repas se passa dans le calme, sans aucune discussion... c'est à dire à l'opposé de ce que la famille faisait normalement. Au moins ils s'étaient tous éclipsés très vite ce qui permettait à Bill de parler à ses parents en paix... et d'aller se coucher tôt en espérant que le lendemain serait plus joyeux.
"Bill." Appela Arthur pour capturer l'attention de son fils à l'esprit vagabond.
"Désolé. C'était une très longue journée."
"Et tu espérais les revoir sous de meilleurs circonstances."
"Oui. Mieux vaut un tas de frères et soeur heureux que... bien ce qu'ils étaient au repas de se soir." Répondit Bill.
"Pour une fois, je ne suis pas mécontente de l'état dans lequel ils étaient. Je sais que je fais tout pour les laisser vivre leur enfance mais je sais qu'ils doivent vivre le bonnes comme les mauvaises expériences. La seule chose dont je les protègerais à mort est une guerre si elle venait à reprendre un jour. Là, il faudra me passer dessus pour que je les laisse entrer dans ce danger." Intervint Molly.
"Je sais Molly. Tu ne veux pas les perdre comme tu as perdu tes frères, ta famille. Heureusement, si je vous ai bien compris ils vont tous bien et c'est juste quelque chose qui va les faire réfléchir. Maintenant vous pouvez m'expliquer plus en détail." Reprit Arthur.
"ça n'a pas été facile pour toi d'arriver dans cette ambiance. Je dois te prévenir qu'ils ont eu la version 'légère'. J'ai réservé la plus grave pour vous deux."
"Quelque chose qui ne vas pas me plaire."
"En soi, ça ne concerne pas notre famille, puisqu'il s'agit de mon nouveau travail. (Arthur enregistra ce fait et le laissa continuer). Seulement je devais m'assurer qu'ils ne s'en prendraient pas à une certaine personne qui sera à Poudlard à la rentrée. En résumé de ce qu'ils savent tous: je ne pouvais pas prendre le congé que je voulais pour être plus près de vous, mais les gobelins m'ont trouvé un emploi de tuteur privé pour l'enfant d'un professeur. Il a l'âge de Ron mais comme il a été grièvement blessé il n'assistera pas aux classes normales et aura besoin de mon expertise pour se remettre de l'incident dans lequel sa mère est morte. L'identité de son père a été révélée dans un testament et il se retrouve à vivre à l'école avec lui. Ils y ont passé l'été. Il sera mon seul élève et je pourrais venir vous voir toutes les fins de semaines. Jusque là c'est tout bon. Sauf que le jeune Alexandre est le fils du professeur Rogue, et que de ce fait il risquait: un, les blagues des jumeaux même s'ils n'y auraient rien vu de mal (et en général elles ne sont pas bien méchantes); deux, la vengeance de Ron après que le professeur lui ait encore donné une détention ou ait dit quelque chose qu'il n'aurait pas aimé; trois, Ginny, qui pour aider ses frères aurait lancé son talent d'enquêtrice sur lui et déterré ses pires souvenirs. Ils savent tous que le garçon est très fragile. Mais ils ignorent la véritable gravité de la situation."
"Cela concerne la manière dont il a été blessé. Un sort peut-être puisque ton métier est de les briser?" Demanda son père.
"Malheureusement non. Mais comme je sais étudier la magie des sorts, la briser ou la refaire, je peux l'aider à comprendre ce que sa magie est devenue et à vivre avec elle."
"Bill, dis nous. Ce sera plus simple."
"Cet enfant... a été violé."
Ses parents semblaient avoir arrêté de respirer et, s'il était allé voir dans la chambre des jumeaux, il aurait trouvé tous ses frères et soeur assemblés avec une étrange oreille avec un fil dont l'extrémité était caché à l'entrée de la cuisine. Leurs visages étaient pâles comme la mort. Ginny s'était serrée contre Percy et Ron était coincé entre les jumeaux et loin de vouloir se sortir de leur étreinte. Aussi jeunes qu'ils soient, ils connaissaient tout de ce sujet tabou de leur société et de ce qu'il arrivait aux enfants victimes de tels actes. Tous les sangs purs le savaient. S'était une partie de leur éducation, qui malgré le sujet grave, était traité le plus tôt possible. Car cela avait une certaine part de assurance, de savoir que tant qu'ils seraient des enfants cette violence leur serait épargnée. A l'âge adulte, leur magie étant totalement formée ne risquait pas d'exploser ou de se retourner contre eux. Tant qu'ils étaient enfants, l'instabilité de leur magie les protégeait. Les cinq ne pouvaient s'empêcher de se demander comment l'enfant avait survécu et comment il était à présent. Les jumeaux ne regrettaient pas d'avoir essayé leur invention, même si elle n'était pas au point et si c'était le seul exemplaire qu'ils conservaient d'habitude précieusement jusqu'à plus ample études. L'attitude de leur frère les avait inquiétés. Et leur curiosité avait aussi malheureusement était trop forte. Ils devaient maintenant réfléchir à ce que cela signifiait pour eux. Comment agir avec cet Alexandre s'ils le croisaient? Comment agir avec Bill sans qu'il sache qu'ils avaient tout entendu? Comment vivre avec ce savoir qui leur semblait soudain trop lourd?Percy fut le premier à donner une réponse:
"Nous ne pouvons pas marcher sur des oeufs à chaque minute de la journée. Pas sans qu'il devine que nous savons. Nous ne pouvons pas non plus agir comme des mères poules ou des rats fuyant le navire devant Alexandre, ce qui risquerait de le blesser. S'il a survécu... ça... il est assez sage à présent pour voir à travers nous. Sans cette discussion privée que nous avons... entendu.. vous auriez essayés d'en apprendre plus malgré tout. Vous auriez pu faire du mal au fils du professeur. Maintenant que nous savons, nous n'avons qu'une solution possible. Agir comme avec tout élève qui ne fais parti ni de nos alliés ni de nos ennemis: nous le laissons vivre sa vie sans intervenir. Si l'un de nous se retrouve au milieu de toute l'affaire sans le vouloir, alors nous devrons voir une autre tactique. Pour l'instant, Alexandre Severus Prince ne nous concerne pas. Sauf si nous voulons son amitié un jour. Compris?"
"Je comprend mieux..."
"Cher Percy,"
"Pourquoi tu es le plus sérieux de nous."
"C'est parce que..."
"Tu es le plus intelligent..."
"Et nous ne t'arrivons pas..."
"A la cheville..."
"Nous comprenons." Finirent les jumeaux ensemble.
Percy ne pouvait retenir son sourire. Parce que pour une fois, ce qui aurait été une insulte avait été un compliment. Et même Ron et Ginny acquiesçaient de leur côté. Ron ajouta:
"Je pense que si une amitié est à prévoir un jour, elle viendra de lui et pas de nous. Je ne pense pas que je me voudrais pour ami après avoir vécu... ça. Je n'ai pas vraiment de tact et je parle trop fort et sans penser avant. Je risquerais de le blesser sans faire attention. Peut-être avec le temps. Pour l'instant il est mieux sans mon amitié."
C'était la première fois que Ron était aussi sensible et raisonnable. Ses frères et soeur se contentèrent de l'embrasser et le laisser rouge comme une tomate.
"Demain, nous dirons à Bill que nous sommes heureux qu'il passe une année à Poudlard. Et que nous espérons qu'il aura l'occasion de passer du temps avec nous. C'est ce qu'il aurait aimé entendre aujourd'hui. Personne n'a dit que nous n'avions pas besoin de temps pour en venir aux bonnes conclusions." Finit Ginny.
En bas des escaliers, dans la cuisine, leurs parents finissaient d'interroger Bill sur tout ce qu'il savait et sur ce qu'ils pouvaient faire. Malheureusement pour Molly, Alexandre n'accepterait probablement pas ses attentions parfois étouffantes. Heureusement elle savait pouvoir le couvrir d'attention à travers Bill, donc elle s'en contenterait. Arthur se sentait fier de son fils et de ce qu'il allait accomplir cette année. Heureux aussi de pouvoir le voir plus souvent. Même s'ils avaient passés une grande partie de l'été avec lui après avoir gagné à la loterie sorcière, ils auraient pu passer une autre année sans le revoir. Maintenant au moins, ils profiteraient de sa présence en Angleterre.
