L'étoile du recommencement: L'année du rat

Disclaimer: Rien ne m'appartiens de Harry Potter. 'Mais maman? je l'ai trouvé dans un livre. Est-ce que je peux le garder?'


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chapitre 5

Il ne restait que quelques jours. Trois pour être exact. Le directeur de Poudlard avait annoncé avoir trouvé un professeur de défense contre les forces du mal. Severus avait failli s'étouffer avec son thé en apprenant son nom. Il avait un passé avec cet individu mais savait que cet homme était d'âme noble et généreuse. Il ne pouvait pourtant pas rejeter sa peur de le voir aider le criminel échappé à entrer dans l'école. Après tout, maintenant il avait un fils à protéger, il pouvait se permettre d'être paranoïaque. Le nouveau professeur, Remus Lupin, devait arriver à la rentrée avec le train qu'il prendrait pour assurer la sécurité des élèves. Et parce qu'il ne pouvait pas arriver plus tôt. Il avait été l'un des meilleurs amis de Sirius Black, James Potter et Peter Pettigrew. Hors Black était responsable de la trahison et la mort du couple Potter, et Lupin pouvait dans sa bonté d'âme se retrouver dans l'impossibilité de refuser quoi que ce soit à son ancien ami. Mais, et Severus commençais sérieusement à y penser, cela voudrais aussi dire qu'au fond de lui Lupin ne pensait pas Black coupable de ses crimes. Si Severus se demandait aussi si s'était une possibilité, c'était parce que Black était le parrain de Harry Potter et qu'un tel lien les rapprochait tellement magiquement, qu'il n'aurait pas du pouvoir agir contre le bien être de Harry. De plus Black n'avait pas eu de procès. Et Severus était encore étonné de n'avoir jamais vu Black parmi les mangemorts s'il était l'un des leur. Et puis il n'était pas assez intelligent pour monter un coup pareil. Il n'aurait jamais pu avoir l'idée ni le talent de tromper James Potter. Pas après tout ce qu'ils avaient vécus durant leurs années à l'école. Severus aurait trouvé plus logique de soupçonner Peter, si celui-ci n'était pas mort. L'homme avait été un pathétique rat rampant. Toujours à se cacher derrière plus fort que lui et à utiliser son 'amitié' avec le groupe des maraudeurs pour se sortir de toutes les situations. Non, il n'y avait rien de logique ni dans sa paranoïa ni dans l'idée que Black ait trahis ses amis et son filleul. Ni dans le fait que le ministère avait si facilement envoyé un homme en prison sans se poser de question. Même si les témoignages étaient tous contre Black.

Plus que trois jours et le maître de potions devrait enseigner aux côtés d'un homme qui avait failli le tuer.

"Papa?" Demanda la voix soudain timide de son fils. De temps en temps, l'enfant perdait son assurance et avait besoin d'être entouré de tout l'amour possible. Severus tourna son regard de la cheminée allumée et pris son enfant dans ses bras, l'entraînant avec lui sur le fauteuil et les couvrant tous deux d'une couverture qu'il gardait toujours à disposition. Allongés dans ce coin de calme, ils se regardaient et s'étudiaient comme souvent tard le soir. Apprenant l'autre par coeur pour ne plus se sentir seul. Ils savaient qu'ils n'étaient plus seuls, mais ils avaient besoin de cet instant pour le reconnaître vraiment.

"J'ai une histoire à te raconter. Ce n'est pas très joyeux mais elle finis bien. Quand j'étais élève à Poudlard, il y avait un groupe de griffondors qui se faisait appeler les maraudeurs et qui jouaient des tours à toute l'école, mais surtout aux serpentards. J'étais malheureusement leur cible préférée. Parce que je me mettais facilement en rogne face à eux, et qu'ils aimaient jouer avec moi. J'étais renfermé et j'adorais mes potions, mes cheveux victimes des fumées étaient déjà assez gras. Mon apparence n'avait aucune importance pour moi tant que j'étais dans mon laboratoire, mais en dehors j'étais totalement à la merci des maraudeurs sur ce seul sujet. Ajoute à ça que j'aimais la fille dont l'un d'eux était amoureux. Un jour, l'un de ces griffondors m'a envoyé un message qui me disait que si je voulais savoir la vérité sur quelqu'un qui avait piqué ma curiosité je devais me rendre à un certain endroit à un certain moment. En fait la personne qui me rendait curieuse s'appelait Remus Lupin et se retrouvait au moins une fois par mois à l'infirmerie. Lui, Sirius Black, James Potter et Peter Pettigrew étaient les maraudeurs. Lupin était le plus calme et intelligent, aimant les livres et restant toujours en arrière en cas de confrontation avec moi. Il ne m'attaquait pas mais ne me défendait pas non plus. J'étais capable de rétorquer et je ne m'en gênais pas, mais j'étais seul et ils étaient quatre (même si Lupin se taisait). Le message que j'avais reçu, comme je l'appris après, venait de Black. J'allais au lieu dit à l'heure dite. Ce que je n'avais pas remarqué c'est que c'était nuit de pleine lune... Et que les maladies de Lupin arrivaient toujours à cette période. Je me suis donc retrouvé devant un Lupin transformé en loup garou et ai été sauvé de justesse par James Potter dans sa forme animagus. C'est quand certains sorciers peuvent prendre la forme d'un animal, tous n'y arrivent pas. Je sais que Lupin et Potter n'étaient pour rien dans cette catastrophe, mais ma haine a grandit avec cet événement. Et je ne supportais pas de devoir ma vie à celui qui allais me voler celle que j'aimais même si elle ne le savait pas."

"Tu aimais ma mère... ça aurait été étrange si j'avais été Harry Potter. Mais, bizarrement, en tant que ton fils, je suis heureux de pouvoir dire que tu aimais ma mère."

Severus sourit lentement. Son fils avait le don pour lui remonter le moral.

"Oui, c'est une bonne chose que j'aimais ta mère... Sinon tu ne serais pas né." Fit-il avec le plus de sérieux possible.

Alexandre éclata de rire et enfonça son visage contre le torse de son père, étouffant le son joyeux dans la fabrique des ses robes. Enfin, après quelques minutes:

"J'aurai besoin de temps pour comprendre tout ça. Pour me faire un avis. Mais merci de m'en avoir parlé. D'après ce que tu as dit, le professeur Lupin est quand même quelqu'un de bon. Donc je ne devrai pas avoir de problème avec lui."

"Aucun en effet. Et je pense qu'il sera un bon professeur. Je suis juste un peu paranoïaque quant à ta sécurité et très peu logique dans mes démarches."

"Et il était ami avec Sirius Black. Mais je ne suis pas celui qu'ils vont chercher à atteindre. Je ne suis pas Harry Potter."

"Je sais. Est-ce que tu m'en voudras si je te couve?"

"Nan. Je ne t'en voudrais pas non plus quand tu demanderas à Bill de veiller sur moi... Promis."

Severus grogna et cacha sa tête entre ses mains, écoutant avec délice le petit rire de son fils.

Pour la première fois ils s'endormirent sur leur fauteuil, sous leur couverture, avec la chaleur de leur feu. Et le lendemain il ne restait que deux jours avant la rentrée.

Comme Alexandre ne ferait partie d'aucune des quatre maisons, Dumbledore avait décidé qu'il n'aurait pas à porter d'uniforme et qu'il pourrait manger où il voulait, que ce soit avec les professeurs ou les élèves. Les fournitures scolaires ne consistaient qu'en quelques tenues sportives, des parchemins, plumes et encres. Severus avait déjà fourni les livres pour l'année des troisièmes, dont son fils suivrait le programme à sa propre vitesse. Bill avait envoyé les livres supplémentaires et accessoires qu'il avait choisi pour leurs études privées. Pas de balais, ni de chaudrons avec ses ingrédients, pas de robes noires ni de gants de protections. La baguette magique avait été une autre histoire. Alexandre n'avait plus celle de Harry Potter qui n'aurait plus convenu quoiqu'il arrive, et sa magie était dans un tel état qu'il ne pouvait pas être choisi par une autre. Severus lui avait donné l'une des baguettes d'un ancêtre qui l'avait mise dans leur coffre à la banque. Elle n'avait rien de bien particuliers si ce n'est qu'elle reconnaissait le sang des Prince et de ce fait acceptait n'importe quel propriétaire de cette lignée. Et au moins elle marcherait avec Alexandre malgré sa magie chaotique. Elle fonctionnait au sang et non à la magie, enfin elle se basait sur le sang du sorcier pour le choisir et non sur son aura magique. Elle ne se nourrissait pas de son sang pour jeter des sorts.

Tout était prêt pour le soir du festin. Sauf peut-être le jeune Alexandre qui était terrifié à l'idée d'être sous le regard d'une foule d'élèves curieux. Il n'avait pas d'autre choix que d'être présent, parce que les élèves seraient donnés comme consigne de le laisser tranquille et le directeur ne voulait pas qu'ils aient l'excuse plus tard de ne pas l'avoir reconnu. S'afficher aux yeux de tous le soir de leur retour, était annoncer qui il était et les conséquences d'une attaque contre lui. De nombreux élèves détestaient son père, et c'était pour eux raison suffisante pour se venger sur Alexandre quand ils sauraient qui il était. Bill avait rassuré le garçon qu'en le voyant si fragile physiquement de nombreux élèves abandonneraient l'idée. D'autres seraient contrôlés par sa famille à griffondor, Drago chez les serpentards. Les deux dernières maisons étaient réputées pour être les plus calmes... Ils verraient plus tard leurs actions. Et Alexandre devait se contenter de ça. Mais quand on avait souffert ce qu'il avait souffert, plus rien au monde n'offrait de sécurité et pas même son père n'avait pu lui redonner le peu d'assurance qu'il avait eu avant l'agression. Par contre seul son père pouvait adoucir ses peines et effacer ses cauchemars. Bill Weasley était rentré de ses 'vacances' avec un air résigné. Questionné à ce sujet il avait annoncé avec sérieux que ses frères avaient pris une décision basée sur les diverses informations qu'il leur avait fournis... ils avaient décidés... que puisqu'ils ne pourraient pas expérimenter leurs blagues sur le fils d'un maître de potions, son professeur ferait l'affaire. Bill avait donc le devoir de se sacrifier pour la bonne cause et d'accepter que son retour à Poudlard en tant qu'enseignant serait accompagné d'une participation active à leurs expérimentations de génies. Alexandre avait éclaté de rire. Severus n'était pas si loin derrière lui. Minerva avait mordue sa lèvre inférieure très fort... Filius était tombé de sa chaise... Albus avait juste eu les yeux qui scintillaient encore plus. Tous les professeurs s'étaient plus ou moins retenus, jusqu'à ce que Bill se tourne pour quitter la pièce et qu'ils voient sur son dos une slogan clignotant: 'Désigné volontaire. Achevez-moi avant que l'expérience ne commence.' Après ça tous les sorts silencieux du monde n'auraient pas pu retenir leurs éclats de rire.

Enfin, peu avant la venue de leurs élèves, les professeurs prirent place à la grande table sur le dais légèrement surélevé. Devant eux, le vieux choipeau magique était placé sur son fameux tabouret ou du moins le fameux choipeau était placé sur le vieux tabouret... Dumbledore avait retrouvé ses couleurs aveuglantes de début d'année, et Minerva se préparait à aller chercher les premières années, dés que les autres élèves seraient assis à leurs tables. Severus s'était placé à sa place habituelle et avait assis Alexandre entre lui et Minerva. De son autre côté, le dernier siège de la table était réservé à Lupin, et Severus ne voulait pas que son fils soit trop près de lui pour l'instant. Privilège d'un père inquiet, aussi illogique soit-il. Alexandre observait la salle timidement, étudiant les différences de vues qu'avaient les enseignants depuis leurs tables. Tout semblait plus sérieux d'ici... Alexandre se rendait compte que placés ici, les professeurs se soumettaient aux jugements des élèves. Ils affichaient devant eux ce soir-là l'attitude qu'ils auraient toute l'année: une vitrine de début d'année. Normalement son père était sévère et fermé, mais il ne pouvait s'empêcher d'agir différemment avec son fils à ses côtés. Pas de beaucoup bien sûr: les oeillades assassines pour le reste de la salle et le regard doux pour son enfant. Alexandre méritait bien ce favoritisme qui n'en était pas un. Après tout il ne serait pas élève comme les autres et n'aurait pas son père comme enseignant. Bill entra et déplaça sa chaise de façon à s'assoir entre Alexandre et Minerva. Son excuse étant qu'en tant que griffondor il devait soutenir son ancienne tête de maison... trouillard lui dit Alexandre. Et il avait raison, tous le staff savait que son père avait une certaine inimitié envers Lupin et de ce fait personne ne voulait se retrouver entre eux ou près d'eux. Sauf Alexandre qui s'en fichait et qui aurait besoin de son père à ses côtés pour survivre la soirée.

Une foule bigarrée de jeunes gens entra par les portes de la grande salle et se sépara vers les quatre tables des quatre maisons. Beaucoup regardaient avidement la table principale du staff de l'école, surtout en direction de l'enfant aux côtés de Rogue, et du magnifique spécimen masculin aux longs cheveux roux juste à côté. Les filles bavaient un peu d'admiration... les garçons de dégouts. La dernière fois que les filles étaient toutes d'accord sur un homme, c'était pour leur professeur de défenses aujourd'hui célèbre pour avoir voler leurs histoires à d'autres sorciers afin de se faire une réputation... pas un très bel exemple de goût de leur part. Quelques uns des jeunes adolescents et enfants agissaient différemment. Les Weasley, Hermione, Neville et ceux de leurs amis à qui ils avaient parlés dans le train. Drago Malefoy et sa bande chez les serpentards. Eux savaient bien qui était qui et pourquoi ils étaient là.

En même temps que la curiosité augmentait envers les nouveaux venus près de Rogue, surtout avec l'entrée calme d'un homme qui s'était trouvé dans le train jusque là, il y avait la rumeur folle que le célèbre Harry Potter avait décidé de changer d'école. C'était une idée folle... de Dumbledore. Il s'était dit le jour de changer les mémoires des habitants de Privet Drive qu'ils seraient mieux de les modifier pour faire croire que l'enfant avait changer d'institution avec l'accord de sa famille, plutôt que de faire savoir au monde sorcier qu'il avait disparu. Ce qui aurait créé une panique générale très malvenue. L'avantage de cette folie était qu'ils gagnaient une année pour essayer de le trouver avant le ministère ou les mangemorts et qu'ensuite ils pourraient toujours allonger d'une autre année si nécessaire ce changement d'école. Et comme le bâtiment qui abritait maintenant soi-disant Harry Potter était supposé être sous le sort du fidelius, personne ne pouvait apprendre où il était, ni aller le chercher. Personne ne pouvait ni confirmer ni infirmer les courants arrangements que la famille de Harry avait fait ou non. Malin mais risqué.

S'installant rapidement à la place qui lui était réservée, Remus se trouva sous le regard calculateur d'un maître de potion qui semblait ne pas le haïr autant que la dernière fois qu'il l'avait vu. Ce qui était une conclusion des plus absurde de sa part étant donné que Severus avait eu des années pour nourrir ses sentiments contre lui et sa 'bande' d'amis. Pourquoi Severus Rogue serait-il aussi calme et décidé face à lui? Un mouvement accrocha l'attention de Remus, lorsqu'une petite main se posa sur le bras opposé de Severus et attira son attention. C'était un enfant aux longs cheveux noirs tombant sur ses épaules, et aux yeux verts noirs plein d'une sagesse et d'une souffrance qui dépassait celle que Remus voyait en se regardant dans le miroir. Qu'avait pu vivre cet enfant qui soit plus terrible qu'être changé en loup garou? Remus arrêta ses pensées brusquement. Depuis quand pensait-il que rien n'était pire que sa situation? Depuis toujours? Alors pourquoi maintenant, avec un seul regard, tout changeait en lui? Comme les pièces d'un puzzle tenace se mettant en place et révélant d'autres pièces bien plus importante pour la résolution du mystère. L'enfant leva les yeux vers lui et plongea dans l'âme même de Remus. Du moins ce fut l'impression qu'il en avait. Et la douloureuse seconde de nudité fit place à la désorientation et à la déception. Déception d'avoir été jugé aussi rapidement, que quelqu'un d'autre ai pu lire ce qu'il était, qui il était en aussi peu de temps et s'en aller faire autre chose comme si son âme ne méritait pas plus de temps, plus de recherche pour être comprise. Pourtant, recouvrant son équilibre, le professeur de défense se rendit compte que le garçon le regardait toujours mais avec un léger sourire sans aucun jugement caché. Il avait vu Remus, et cela était suffisant. L'enfant semblait dire 'qui suis-je pour juger? Moi qui dois être juger aussi.' La main qui tenait le bras de Severus fut saisit par les longs doigts de l'homme aux nez crochu. Rogue resta tendre avec l'objet de son attention, pliant les doigts de l'enfant doucement comme pour en tester le bon fonctionnement. Etonnamment, il sembla trouver un défaut et massa les fins cartilages. Puis il rendit la main à son propriétaire et l'observa pensivement saisir une fourchette et s'amuser à la faire tourner entre ses doigts. Remus ne pouvait pas retenir les questions qui affluaient, mais ne pouvait non plus s'introduire dans la vie de Severus après le passé qu'ils avaient en commun. Quelqu'un d'autre répondit involontairement à quelques unes de ses interrogations. Involontairement parce que la voix était si basse qu'un humain normal à la place de Remus n'aurait pas pu l'entendre. Mais Lupin était un loup garou et son ouïe était excellente.

"Alexandre? Etant donné que tu n'as pas besoin de t'exercer ainsi en plein repas de rentrée, je vais supposer que le stress est trop pour toi. Me ferais-tu l'honneur de me confier ta main gauche et de donner ta droite à ton père? Avec nous à tes côtés tout va bien se passer."

Alexandre passa sa main à l'individu aux cheveux roux puis la seconde à son 'père'... Severus. Un immense poids s'enleva immédiatement de tout son être et le garçon retrouva de la qualité innocente inhérente à ceux de son âge.

"Merci Bill. Ils sont très nombreux, et ils regardent tous vers nous."

"Je sais Alex. Dans quelques heures tu pourras te reposer et nous passerons demain à faire ce test dont je t'avais parlé. Tu n'auras rien d'autre à faire qu'à rester assis."

"N'est-ce pas tout ce que les élèves font en classe?" Se moqua l'enfant gentiment.

Severus Rogue grogna et se lamenta doucement sur les gamins à grande réparties qui devraient déjà être au lit. Alexandre lui sourit. Remus n'osa pas s'introduire dans leur conversation. Il avait soudain beaucoup de chose à penser et des préjugés qu'il ne savait pas avoir à réviser. Il avait passé trop longtemps à juger les autres selon ses critères de vie, et selon ce qu'il jugeait être le pire des maux... apparemment, il y avait pire et il n'était pas sûr de vouloir savoir. Il n'était pas sûr qu'on lui révèlerait quoi que ce soit en premier lieu. Pas une seconde il ne lui vint à l'esprit d'user de ses sens de loup pour voir la scène sous son véritable jour. Peut-être parce qu'au fond il ne voulait pas. Il avait passé tellement de temps à détester cette part de lui qu'il ne la laissait sortir que pour le strict minimum. Reconnaître quel sentiment appartenait à quelle odeur était automatique et très utile... Lire les auras des autres était jugé intrusion de l'espace privé de ces personnes, et donc inutilisé. S'il avait essayé, il aurait vu la magie chaotique et en aurait compris les implications. Mais Remus, quand il ne s'agissait pas d'un membre de sa meute, restait souvent sur le côté du chemin. Et même pour Harry Potter, qui avait été admis dans cette meute, il s'était éloigné avec pour excuse qu'il serait plus en sécurité avec sa famille. Quand on passe tant de temps à lutter contre soi, on en vient à ne plus se faire confiance et à préférer se cacher pour ne pas blesser ceux qu'on aime, et parfois pour ne pas être blessé plus soi-même. Alexandre avait compris cette part de Remus, parce qu'il avait et vivait encore la même chose. Il se battait contre son corps, sa magie et son âme... la différence était qu'il commençait à accepter qu'il n'était pas seul, et qu'il n'avait pas à affronter ce combat sans aide.

Un calme complet se fit sur la salle. Minerva avait déjà emmené les premières années pour la répartition. Le choipeau chanta sa chanson, les jeunes gens passèrent son jugement, et Minerva rangea l'objet magique hors de la grande salle. Dumbledore se leva et annonça le repas comme il savait si bien le faire: avec son grain de folie habituel. Au moment ou Remus pensait qu'il passerait tout le repas dans son coin, la voix de Severus s'adressa à lui.

"Lupin. Comment s'est déroulé le trajet en train? Alexandre devait y participer mais des démentors ont été aperçus près des rails alors qu'ils ne devaient pas y être."

"A vrai dire, les créatures ont arrêtés le voyage et sont entrées pour fouiller les wagons. Heureusement certains aurors avaient un patronus, et j'ai pu aider aussi. Certains enfants ont étés très choqués, quelques uns ont eu une violente réaction à la présence des gardiens d'Azkaban. Nous avons distribués du chocolat tout le reste du trajet et les plus âgés sont restés avec les plus jeunes pour les rassurer. Il était donc très sage de ne pas avoir laissé ton fils prendre le train." Il ne pouvait pas savoir à quel point c'était vrai. Alexandre n'était pas capable de maintenir sa magie s'il venait à croiser l'une de ces choses.

Remus remarqua la petite main serrer celle de Severus plus fortement et la calme réassurance qui semblait exsuder de l'homme vers son fils.

"Je sais que je n'ai pas fait les présentations comme il fallait. Professeur Remus Lupin, voici mon fils Alexandre Severus Prince. A cause de grave blessures il sera sous tutelle privée tout au cours de l'année. Bill Weasley, le roux insolent à ses côtés (sourire charmeur de Bill), est son professeur attitré."

"Enchanté de faire votre connaissance à tous deux. Si vous avez besoin d'aide en défense, vous n'aurez qu'à me demander." Remus vit l'enfant et le jeune homme se lancer un regard interrogateur, mais ce fut Severus qui parla pour eux.

"Je ne pense pas que tu pourrais participer à leurs leçons. Elles sont créées spécialement pour Alexandre et seul Bill à les compétences voulues pour en maîtriser les aspects. Mais peut-être si tu pouvais leur faire passer les devoirs que tu donneras aux autres troisièmes années? Le côté théoriques pourrait en profiter. Les autres professeurs ont secrètement prévus de le faire pour leur matière." Severus sourit malicieusement en entendant le hoquet de surprise de Minerva non loin, et le rire de son fils et de son tuteur. Comme si elle pouvait garder un secret du maître en espionnage lui-même!

Severus reçu un coup de coude de son enfant qui lui lançait un regard réprobateur...

"Désolé, mais j'adore quand je gagne un rond de ce jeu avec Minerva. Rabat joie va!" Se lamenta un faussement blessé Severus. Alexandre roula les yeux au ciel de l'air désespéré qu'un parent aurait pour son enfant. Et Remus se demanda qui des deux était le plus adulte. Dans tous les cas, les murmures étonnés des tables proches et les voix qui rapportaient à travers la salle que l'enfant était le fils de leur professeur de potions, confirmaient que cette attitude n'était pas commune pour Severus. Remus pensait qu'elle était bienvenue chez l'homme sombre.

Bien plus tard, les estomacs remplis de nourriture et les têtes de questions, l'assemblée regarda avec soulagement le vieux directeur se lever pour son discours final.

"Cher élèves, bienvenus à Poudlard, école de sorcellerie. Pour les premières années qui ne le savent pas encore les préfets de vos maisons sont là pour vous aider et vous accompagner dans votre demeure pour l'année. Le concierge monsieur Russard, vous fait savoir que la liste des objets interdits sera affichée sur la porte de son office et sur les tableaux d'annonces de vos salles communes. Je prend la peine de vous rappeler que la forêt interdite est nommée ainsi pour une bonne raison: elle est remplie de dangers mortels. Vers de meilleure nouvelles: nous avons un nouveau professeur de défense contre les forces du mal, Professeur Remus Lupin. (pas d'enthousiasme apparent à l'annonce). Le professeur de soin aux créatures magiques ayant pris sa retraite, Rubeus Hagrid, notre gardien des clefs, prend sa place (meilleur accueil de ceux qui apprécie le demi géant. Assez nombreux jeunes gens qui ont passés de longues heures à discuter avec Hagrid au fil des années). Comme vous l'aurez remarqué il reste deux personnes à introduire à notre table. Tout d'abord, et le plus important des deux: le jeune Alexandre Severus Prince, qui a été gravement blessé cet été dans un incident qui lui a fait perdre sa mère. Heureusement le professeur Rogue s'est empressé d'accueillir son fils (explosion de son)... Allons allons." rappela la voix autoritaire du sorcier, calmant les élèves comme lui seul savait le faire. "Alexandre va devoir passer de longs mois à récupérer, et de ce fait ne pourras pas être inclus parmi le reste des élèves de troisième année. Un tuteur privé a été mis à sa disposition dans la personne du professeur Bill Weasley assis à ses côtés. Vous devrez traiter le professeur Weasley avec le même respect du aux autres enseignants de Poudlard. Il a aussi la capacité de retirer ou d'ajouter des points. Sachez cependant que si l'un de vous blessait intentionnellement ou non sa jeune charge, lui ou n'importe quel membre de la faculté, s'empresserait selon les circonstances de vous punir sévèrement, voire de vous exclure définitivement de l'école." Dumbledore leva une main de fer pour faire taire la foule. "Je suis très sérieux dans cette déclaration. Alexandre a failli mourir cet été, et il ne regagnera jamais totalement sa santé. Sa fragilité est telle qu'un simple sort de lévitation jeté sur lui pourrais lui couter la vie. Aucun manque d'honneur de votre part face à un jeune garçon blessé ne restera impuni. Cette sévérité est justifiée, et je vous encourage à ne pas tester mes limites sur ce point. Merci à tous de votre attention. Il est temps de vous laisser envahir vos dortoirs. Veuillez suivre les préfets de vos maisons dans le calme. Bonne nuit à tous."

Les élèves se retenaient à grandes peines de ne pas exploser dans la grande salle. Pour la première fois depuis merlin sait combien de temps, le grand Albus Dumbledore, vainqueur du sorcier noir de son temps, plus puissant sorcier depuis les fondateurs, montrait le bout de son nez devant ceux à qui il n'avait jamais montré autre chose que la figure parentale à tour de rôle réconfortante et sévère. Pour la première fois il avait clairement pris parti pour un élève. Même si cet individu particuliers ne suivrait pas leurs classes et n'était pas entièrement l'un des leurs. Ce n'était pas du favoritisme... dans leur effarement, les élèves avaient bloqué la sortie et s'étaient entassés. Incapable d'attendre plus longtemps dans l'atmosphère oppressante, Alexandre glissa un mot à son père qui s'empressa de l'aider à se lever et à se déplacer vers la porte privée des professeurs. Le chahut cessa immédiatement. Assis derrière la grande table des professeurs, le garçon avait semblé légèrement fragile, sans plus. Debout, appuyé lourdement à la fois su le bras de son père au visage sombre d'inquiétude et d'une canne en argent solide, l'expression de souffrance à peine cachée dans sa grande fatigue, il était comme l'image du seul survivant d'une grande guerre. Et il n'avait d'après leurs calculs, que treize ans. Ce n'est que lorsque la paire avait disparu derrière la porte arrière, que les autres professeurs se mêlèrent aux élèves pour leur faire rejoindre leurs maisons. Bill Weasley se plaça au milieu des serpentard, plus calmes que le reste du troupeau d'adolescents. Il leur fit signe de le suivre et les raccompagna jusqu'à leur salle commune. En sécurité dans la pièce souterraine, il pris sur lui de remplacer leur tête de maison, actuellement occupé ailleurs.

"Les premières années devant s'il vous plaît." Heureux d'être obéis sans question. "Normalement, le professeur Rogue, votre tête de maison, est responsable de votre accueil et de vous donner les informations nécessaires pour votre année. Comme vous avez pu le voir, sa priorité était la santé de son fils qui n'a assisté au repas que sur demande du directeur afin de s'assurer qu'il serait présenté à tous les élèves, et que personne ne puisse prendre pour excuse de l'avoir attaqué qu'ils ne l'avait pas reconnu. En temps normal, Alexandre aurait été endormis depuis longtemps. Sachant qu'il était possible que son fils ne supporte pas la pression de la soirée, et étant logé dans les donjons en face des quartiers du professeur Rogue, j'ai pris sur moi de vous servir de guide pour cette nuit. Je sais que j'étais griffondor et de ce fait votre 'ennemi naturel'. Cependant, je n'ai jamais prêté attention aux luttes de maisons. Certains de mes meilleurs amis sont d'ancien serpentards. Par eux j'ai appris vos codes d'honneurs et par votre tête de maison j'ai été présenté au reste de vos règles. Sachez que votre maison n'est pas bien vue par les trois autres, souvent même attaqués au moindre débordement d'énergie de la part des griffondors. Vous vous devez d'être unis face au reste de l'école. Si vous avez une dispute avec l'un des vôtres, venez nous voir le professeur Rogue ou moi. Nous règlerons le problème si possible, sinon nous organiserons un duel en bonne et due forme. Vous ne devez pas porter à l'extérieur de ces murs ou des donjons vos querelles. Face aux trois autres maisons vous devez être les plus unis et inattaquable de tous. Un manque à cette règle principale vous coutera plus cher qu'une quelconque punition aux mains des autres professeurs. Severus Rogue est un homme sévère mais juste. Vous ne voulez pas entrer dans sa liste de personnes ne méritant pas son respect. Les préfets de votre maison sont là pour vous venir en aide dans votre travail scolaire. Si vous avez des questions sur un devoir, ils seront souvent les mieux placés pour y répondre. Il est de leur devoir et de votre droit qu'ils vous soutiennent tout au long de l'année. Des groupes d'études seront formés d'ici la fin de la semaine pour vous permettre d'étudier avec plus d'efficacité. Si j'ai oublié quoi que ce soit, sachez que le professeur Rogue se présentera à vous demain soir pendant que je garderais son fils. Maintenant, pour ce qui est d'Alexandre: comme vous l'avez vu, il est fragile physiquement. Il l'est aussi moralement. Il a besoin de son père plus qu'aucun de vous ne peut savoir. Je vous demande de respecter cet état des choses. Cette année sera différente des autres. Mais même s'il a une nouvelle priorité, votre professeur ne vous négligera pas. Pour la première fois, vous serez nécessaire au bon maintien de vos règlements. Vous serez responsables de son bien être autant qu'il l'a été du votre jusqu'à présent. Il est rare que le maître de la maison des serpentards face appel à ceux dont il a la charge. Cette année, Severus Rogue aura besoin de vous. Maîtrisez-vous devant les piques des autres maisons. Respectez-vous les uns les autres, et agissez comme les nobles sorciers que vous souhaitez devenir. Gardez le contrôle de vos réactions. Etudiez et faites de votre maison la meilleure possible. Serpentard sera votre famille jusqu'à la fin de votre scolarité, et même au-delà ses élèves passés ou présents seront à vos côtés. Je vais vous laisser vous reposer. Vos préfets vont vous mener à vos chambres et vous expliquer les règles du dortoir. Bonne nuit." Sur ce, épuisé, Bill Weasley, griffondor extraordinaire, se retira et alla s'effondrer sur son lit.

De leurs côtés, les serpentards étaient partagés entre étonnement et respect. Ils ne pensaient pas qu'un griffondor pouvait avoir l'intelligence et le coeur de les comprendre. Ils étaient aussi choqués d'avoir reçu l'appel à l'aide d'un serpentard aussi important que Severus Rogue, maître de potions et professeur favoris de leur maison. Leurs yeux avaient vus l'état de son jeune fils, et malgré la curiosité ils ne tenteraient pas d'en apprendre plus. Dévoiler un secret était pour les serpentards un jeu politique, voir dans quelle condition on pouvait en retirer le plus d'avantages possibles. Pour l'instant, Severus Rogue avait jugé qu'ils ne devaient pas savoir. Un seul d'entre eux avait affiché une connaissance complète des faits, et ils suivraient son exemple dans les mois à venir. Drago Malefoy allait servir de figure de proue au navire serpentard.

Dans les quartiers de Severus, l'homme berçait l'enfant avec douceur. Les larmes s'espaçaient et les tremblements s'atténuaient. L'explosion magique avait été limite. Merci Merlin pour l'elfe Egal et pour Poudlard elle-même qui avait absorbé une grande quantité de l'énergie de l'enfant. Ils savaient que la soirée serait difficile... et ils savaient pourquoi il était important qu'Alexandre soit présenté. Mais Severus ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir de l'avoir fait souffrir ainsi. Heureusement le repas était passé. Dans un coin de son esprit l'homme craignait que ses charges serpentards lui en veuillent. Il ne saurait que le lendemain ce que Bill avait accomplit pour lui. Il pouvait en attendant resserrer son étreinte sur Alexandre et se réjouir que, dans le chaos environnant, tout le monde ait oublié l'absence de Harry Potter. Ils ne cherchaient pas à cacher ce fait, après tout ils avaient une explication toute prête. Non, ils pensaient juste qu'en gagnant du temps, l'effet des modifications sur la mémoire des Dursley prendrait mieux racine et deviendrait totalement indétectable par tout autre sorcier. Après cela, les journaux pouvait publier l'histoire de son changement d'école tant qu'ils voulaient, cela ne concernait officiellement plus le directeur de Poudlard. Dumbledore gagnerait pas mal de temps, avec tous les courriers officiels que l'absence de Potter enlèverait de sa charge de travail. Qui aurait pu penser que le ministère passait autant de temps à ne rien dire dans autant de messages sans aucune raison d'exister?