L'étoile du recommencement: L'année du rat
Disclaimer: Rien ne m'appartiens de Harry Potter. 'Mais maman? je l'ai trouvé dans un livre. Est-ce que je peux le garder?'
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S/H
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chapitre 6
Bill s'était levé tôt afin d'organiser la journée d'Alexandre. Il voulait pouvoir aller déjeuner avec le père et le fils pour rassurer le garçon sur sa future journée de travail. Après les évènements de la veille, Alexandre était certainement angoissé à l'idée de quitter son père et support. Il fallait donc lui prouver très vite qu'il serait aussi protégé avec Bill que dans le refuge de ses quartiers.
Quand Bill se laissa entrer doucement dans le salon de maître de potion, il vit l'homme assis sur le large fauteuil devant la cheminée. Assis à ses pieds, Alexandre avait les yeux fermés pendant que Severus peignait ses cheveux. Les deux étaient habillés et prêts pour la journée. Sur la table de la cuisine, Bill pouvait voir un petit déjeuner complet n'attendant que son arrivée pour être dévoré... D'ailleurs son estomac protestait déjà pour qu'il rejoigne sa place devant le délicieux café qui l'appelait de son odeur. Un rire étouffé lui fit tourner la tête vers un Alexandre se retenant aussi fort que possible de tout commentaire. Bill rougit.
"Je suis en pleine croissance." Expliqua-t-il sérieusement.
Alexandre éclata de rire. Severus jeta un regard de remerciement vers le jeune professeur. Lui et son fils avaient peu dormis, et les cauchemars avaient été nombreux. A l'arrivée du matin, Alexandre avait choisit de se lever avant son heure et de se recroqueviller devant le feu accueillant du salon. Severus l'avait rejoint et lui avait rendu le calme et la sérénité qu'ils ne trouvaient qu'ensemble. L'épreuve de la soirée n'était pas oubliée, juste reléguée à sa place dans le tiroir des souvenirs. Une mémoire passée ayant apporté sa part dans le développement du jeune esprit, aussi douloureux qu'ait été ce moment dans le temps. Il était heureux que le jeune garçon est un certain niveau de contrôle sur sa magie, sans quoi il n'aurait pu la retenir. Et puis, tant qu'il n'était plus jamais seul, il savait qu'il irait bien. Ils s'étaient lavés et habillés, surtout pour voir si Alexandre pouvait se séparer de son père ne serait-ce que pour les plus basiques des actes. Il avait passé le test avec mention pour avoir organisé le repas avec Egal pendant que Severus allait préparer sa salle de classe en avance. Ainsi il pourrait prendre son temps pour manger avec son enfant avant le début des cours. Bien sûr, ils n'avaient pas prévus de s'installer dans le salon pour attendre Bill. C'était une décision de dernière minute parce que Alexandre le considérait comme faisant parti de la famille et de ce fait voulait qu'il partage un repas avec eux. Bien sûr, ils ne pouvaient se permettre de ne pas rejoindre les autres dans la grande salle que ce matin-là, à cause de la veille. Le reste du temps, ils devraient s'installer avec les autres professeurs. Severus parce qu'il était tête de la maison des serpentards. Alexandre parce qu'il ne pouvait pas passer sa vie à fuir les autres. Et Bill, juste parce qu'il accompagnait le garçon. Il était très tôt quand les trois s'installèrent à table.
"Heureusement que nous avons encore une heure avant que les élèves se lèvent." annonça Bill.
"Oui. Comme ça nous pouvons être ensemble avant que papa n'aille remplir ses devoirs de responsable des serpentards."
"Tant que nous ne nous levons pas tous les jours à 4 heure..." Grogna un faussement mécontent Severus.
"C'était peut-être un peu tôt." Admis son fils rougissant. Il savait que son père ne le laisserait plus s'épuiser de cette manière, et qu'il était seulement inquiet pour lui. Il rougissait autant pour la chaleur que lui apportait ce sentiment que pour toute autre chose.
Finalement, après une heure familiale de détente, Severus du se diriger vers la grande salle pour assurer ses serpentards qu'il était là pour eux et pour leur donner leurs emplois du temps. A chaque élève qu'il passait à la table, Severus était donné un signe discret que sa maison avait depuis longtemps choisi pour indiquer qu'une demande d'aide était accepté. Bill lui ayant expliqué ce qu'il avait fait, Severus était heureux de répondre à ce soutient auquel il n'aurait pas osé faire appel lui-même. Il était après tout le professeur, l'adulte qui devait veiller sur eux. Il ne voulait pas mettre sur leurs épaules plus que ce que leur scolarité allait placer là. Il était trop tard pour revenir en arrière, et il ne pouvait empêcher son coeur de se serrer à cette démonstration d'unité qu'il avait passé des années à leur apprendre. Il n'abuserais pas de leur confiance, mais profiterais certainement de cette décharge d'inquiétude à leur égard. Ils avaient officiellement accepté de partager les responsabilités de la tête de leur maison pour une année. Severus ne leur confierait pas de chose trop difficile, et s'assurerait qu'ils en gagneraient une maturité et une expérience nécessaire à leur futur.
Pendant que Severus s'occupait de ses charges, Bill avait entraîné Alexandre dans leur salle de classe privée. Elle était placée dans un étage supérieur, avec vue sur le lac. Alexandre avait été surpris qu'elle soit comprise de trois pièces adjacentes et dans un couloir hors du trajet des autres élèves. La visite terminée, les deux jeunes gens se placèrent sur le tapis de la salle de sport. Ils s'étaient installés dans la position la plus agréables pour eux: Bill dans la position du lotus. Alexandre, face à lui, les jambes détendues et le dos appuyé contre un mur pour reposer son corps le plus possible. Fermant les yeux, le plus jeune se glissa dans une transe légère.
"Bien. Respire profondément. Penses à un endroit tranquille et rassurant. Laisse la magie flotter autour de toi et en toi. Vie chaque seconde comme porté par le doux courant d'un lac. Doucement, lentement. Entend la chanson de l'air, sent la chaleur de son vent." Continuant la longue litanie de paroles, Bill guidait Alexandre dans sa transe. Et pendant que l'enfant nageait dans cet état hors du temps, le professeur utilisait ses sens pour voir la magie, pour comprendre son flot.
Les yeux plongés dans la toile virevoltante de couleurs et de morceaux éparpillés, Bill se rendit compte très vite de ce qui n'allait pas. La magie du garçon était comme un vitrail composé de différent verres, de différentes couleurs et de différentes formes. La magie des sorciers était plus une peinture avec les tons d'une même couleur s'accordant en une image qui représentait chaque personne différemment. La peinture était lisse et parfaite, bien que souvent les lignes de couleurs soient tordues en courbes ou croisées avec des formes de cercles ou carrés pleins. Bill avait eu l'occasion de voir des magies dessinant des décors de vie réelle. L'un de ses amis avait l'image d'un parc d'amusement sorcier... Un autre avait un tableau de formes géométriques... Un autre avait le dessin d'une licorne au milieu d'une forêt. Certains avaient juste une toile d'araignée dont les fils vibraient de vie. Chaque magie était différente, mais toutes étaient lisse comme un tableau ou un lac de couleurs. Alexandre était différent. Sa source de pouvoir était comme un vitrail brisé puis recomposé, le dessin de départ un puzzle irréalisable. Certaines parts du vitrail étaient éloignées du reste et tenues par un simple fil de verre, donnant l'impression d'être trop fragile pour résister. La magie d'Alexandre était cristallisée. Bill ne plaisantait pas quand il la comparait à du verre. Ou peut-être devait-il penser à la magie des autres sorciers, celle d'un lac qui se serait figé, glacé par l'hiver? Sauf que le printemps ne le libèrerait pas de son emprisonnement. Sous les morceaux de glace brisés du reste du lac de l'enfant, il n'y avait aucun lac d'eau attendant les beaux jours. La magie d'Alexandre était gelée et figée. Pourtant, en même temps, il y avait un feu rageant dans les couleurs que Bill voyait. Parfois, les couleurs explosait comme le ferait un volcan, le tout dans la limite du morceau de verre auquel elles appartenaient. Dans ces moments, l'excès de pouvoir était absorbé avant que le verre n'éclate sous sa puissance. Le trop plein se dirigeait vers le lien que Bill reconnaissait appartenant à l'elfe Egal. Un lien plus faible liait le sang du garçon avec celui de son père. Donc une partie de sa magie allait à l'homme, tellement petite que personne ne le remarquais vraiment. Un troisième lien, qui semblait temporaire rejoignait le mur derrière Alexandre. Bill avait depuis longtemps vu l'aura de Poudlard et compris qu'elle était aussi sentiente qu'on le disait. L'école avait une âme en quelque sorte, une âme magique créée par magie. Et il semblait qu'elle se soit liée à Alexandre pour le temps qu'il passerait à l'école, que ce soit pour ses études ou pour quand il viendrait visiter dans un futur lointain. Ce lien serait toujours là mais ne fonctionnerait que dans ces lieux.
Etant donné le nombre d'explosions de magie, Bill était plus qu'heureux de ces trois fils qui absorbaient les excès... Personne avant lui n'avait eu l'occasion d'étudier la destruction que provoquait le genre d'agression que sa charge avait subi. Bill avait reçu l'accord d'Alexandre pour rassembler ses découvertes dans un livre que le ministère et la guilde des soigneurs conserveraient dans leurs bibliothèques privées. Au moins ils pouvaient espérer faire une avancée dans leur recherche d'un remède.
Il fallut trois heures pour lire l'aura du garçon, puis une heure pour que chacun se remette de l'expérience. Alexandre était plus détendu et plus libre qu'il n'avait été de toute sa vie. Bill était pleinement épuisé. Donc, pendant que le plus âgé faisait une sieste, le plus jeune lisait l'un des livres de son programme de lecture. C'était un traité sur les elfes de maisons et leurs liens avec les sorciers. Il y trouva de nombreuses réponses aux questions qu'il se posait. Alexandre s'était inquiété que sa magie pouvait blesser l'elfe, alors qu'en fait le don de sa race permettait à la créature de se créer de l'énergie à partir des pouvoirs de son sorcier. Egal ne mangeait pas la magie de son jeune humain, il l'utilisait comme une centrale usant de magie pour donner un autre élément. Il fabriquait ce dont il avait besoin. L'avantage des explosions de magie était que l'elfe pouvait créer bien plus d'énergie pour lui-même grâce à elles. Alexandre pensa au système comme à une des centrales électriques moldues. La force de l'eau fabriquant l'énergie nécessaire aux humains.
Midi sonna dans les couloirs de l'école. Bill se releva difficilement, avec la sensation d'avoir rouillé... pourtant il aurait juré ne pas être en fer... il s'éclaircit les idées en secouant la tête et se tourna vers son élève, absorbé par sa lecture. A la mention de nourriture, Alexandre réagit comme le ferait tout estomac sur pattes... il lâcha le livre et se leva en se tenant contre le mur. Prenant sa canne d'argent il marcha vers la porte et y attendit Bill comme s'il traînait volontairement derrière. Alors qu'en fait il était juste étonné de l'énergie qui semblait parcourir l'enfant et lui enlever la douleur que son corps affiché habituellement. Bill fit le rapprochement entre leur cession et le changement et se promis d'apprendre cette technique de méditation au plus jeune. Personne ne semblait avoir pensé que la magie pouvait être calmée ainsi. Alexandre se reposait souvent, à dormir ou à lire, à vivre lentement et agréablement. La technique dont avait usé Bill, était rarement utilisée autrement que pour lire les auras. Elle offrait de nombreuses possibilités jamais mise en pratiques. Normalement, Bill avait choisi une méditation différente, celle à laquelle se prêtaient les moldus. Mais elle se contentait de plonger un individu dans son esprit, et non dans sa magie. Bill n'avait choisi l'autre méthode que pour tester l'aura du garçon. Il avait craint que voir l'état de sa source de pouvoir le blesserait plus, mais en fait il s'était laissé guidé dans sa transe comme pour une simple ballade près d'un lac. Il n'avait pas réagit avec violence ou terrifié.
"Tu sais Bill? J'ai très faim. Mais je comprend ce à quoi tu réfléchis sir fortement que je t'entend d'ici. Je ne savais pas ce à quoi ressemblait ma magie avant... avant mon agression. Donc je ne peux pas comparer. Et comme tu m'as guidé pour cette première fois, j'étais parfaitement détendu. J'ai vu le courant de ma magie comme tu me disais de la voir, et je ne penses pas pouvoir jamais la voir autrement. Seul j'aurais agit différemment. Peut-être paniqué. Je n'aurais pas su où regarder ou comment regarder. Avec ta voix j'ai vu et ressenti... j'ai nagé et flotté. Maintenant ma magie ne me sembles plus aussi terrifiante qu'elle l'était depuis le début de l'été. Je trouve même très drôles tous ces accidents que j'ai provoqués. Tant qu'il y aura quelqu'un pour m'aider à contrôler la part dangereuse, éviter de blesser ceux que j'aime ou ceux qui m'entourent. Tant que je serais entouré et soutenu dans cette expérience, je n'aurai plus peur. Merci pour ça Bill."
"Et moi qui voulais seulement te tester..." Répondit Bill. Muet d'étonnement.
"Que veux-tu? Rien n'est jamais comme on voudrais. Dans ce cas c'est une bonne chose. Non?" Demanda le garçon, retrouvant un peu de ce manque de confiance qui le prenait parfois.
"Dans ton cas, c'est parfait. Je n'aurais pu trouver mieux si j'avais cherché. Je t'apprendrais à méditer comme ça seul, pour que tu le fasse tous les matins et tous les soirs. Tu devrais trouver un certain équilibre avec ta magie, meilleur qu'il n'aurait été en passant par l'esprit comme je voulais le faire."
"Tu voulais m'éviter d'avoir un choc. Tes choix étaient les bons. Que je sois capable de faire sans certaines méthodes est un bonus. Tu es un bon professeur. En un jour tu as déjà trouvé un moyen de plus pour que je reste en contrôle de ma magie."
"Merci d'essayer de m'apaiser... mais je suis censé être celui qui veille sur toi, pas l'inverse." Se moqua gentiment Bill en drapant son bras autour des épaules du jeune garçon.
"Que veux-tu? Ce n'est pas de ma faute si je suis plus sage et intelligent." Se vanta Alexandre.
"Alexandre Severus Prince!" S'indigna Bill. Alexandre sourit malicieusement et avant que Bill ait pu réagir, il avait reçu un sac de farine sur la tête... Derrière lui, le rire de l'elfe Egal remplit la pièce. Bill se tourna à temps pour voir l'elfe disparaître avec un sac vide en main... Il avait la certitude en voyant ensuite l'elfe attraper Alexandre et disparaître avec lui, que l'enfant était à l'origine de cette idée...
Severus s'inquiétait un peu que son fils ne soit pas encore arrivé pour manger. S'il le pouvait il garderait le garçon toujours à ses côtés. Le défaut était qu'il avait récupéré des années d'instincts parentaux en une fois... il était un père protecteur et possessif. Et alors! C'était son droit. La porte réservée au professeur, derrière leur table, s'ouvrit et laissa entrer le jeune Alexandre. Il avait un grand sourire et ses pas semblaient plus léger. Bien que l'elfe Egal lui tienne le bras libre de canne pour l'aider à marcher. S'installant lentement sur sa chaise, Alexandre, voyant le regard calculateur de son père annonça:
"Nous avons fait ce que Bill avait dit. Et franchement, rester assis pendant des heures au même endroit et sans bouger a endormi mes jambes. Sinon, je suis en pleine forme. Bill a trouvé une méthode de méditation qui détend aussi bien l'esprit et le corps que la magie. Parfait pour gagner maîtrise sur ma magie. Bien sûr, quand je suis parti de la pièce, je pense qu'il aurait préféré que je sois plus fatigué... ce qui m'aurait empêchait de comploter avec Egal et de lui jouer un tour à ma façon..."
"Un tour?" Se renseigna Severus en levant un sourcil. De son côté Remus Lupin observait la scène avec intérêt.
"Rien de bien méchant. Egal a trouvé un sac de farine en trop dans les cuisines. Il fallait absolument lui trouver une utilité. Il paraît que la farine est excellente pour les cheveux. A moins que ce soit en complément d'un autre ingrédient? Je n'arrive plus à me rappeler où j'avais lu ça. Peut-être qu'on aurait du rajouter de l'eau? Egal?"
"Non. Egal sûr pas besoin d'eau... Peut-être huile?"
Alexandre fit semblant de réfléchir, un doigt sur le menton. Jusqu'à ce qu'une main se pose sur son épaule après qu'une voix amusée ait dit:
"Si tu pouvais éviter l'huile. Je peux affirmer que ça n'aide pas les cheveux. A moins que tu veuille tester plus tard pour vérifier ce que je dit..." Annonça Bill.
"Ah. Non. Je crois que je ne tenterai plus aucune expérience sur toi. Au fait comment vont tes frères?"
Bill resta paralysé quelques secondes avant de tourner les yeux vers la table des griffondors. Là, les jumeaux Fred et George mimaient le geste de se secouer les cheveux. Bill vérifia sa masse rousse et sursauta. A la place de la farine qu'il avait enlevé plus tôt, il y avait maintenant des paillettes roses. Bill regarda Alexandre sévèrement.
"Ah, non. Je n'y suis pour rien."
Un pop annonça la disparition d'un elfe de maison à l'esprit coupable. Et Bill se retrouva sans personne à blâmer. Bien entendu, il ne s'en plaignait pas plus. Le plus important était qu'Alexandre
soit entré dans la grande salle sans faire attention à son environnement ou la foule d'élèves qui s'installaient. La séance de méditation avait fait des miracles. Même si son utilité première avait été de voir l'aura du garçon.
Ce soir-là, après une journée bien remplie, un enfant épuisé se laissa bercer par la voix de son père. Avec des rêves de magie et de vie.
