Résumé : Duo est un jeune homme réservé et malheureux dans sa vie professionnelle comme personnelle. Depuis peu, il fantasme sur un inconnu qu'il voit dans l'ascenseur à son travail. Et si le destin décidait de les réunir ?

Couple : 1x2

Genre : UA

Disclamer : Les personnages ne sont pas à moi, mais je revendique l'histoire !

Note : Merci pour toutes vos reviews !! Je suis tellement contente d'avoir reçu tous ça, que je ne peux pas résister à l'envie de mettre le chapitre suivant en ligne J'espère que ça vous plaira encore.

Bonne lecture


Chapitre 1

J'avais passé les fêtes de Noël au lit avec un amant de passage, le nouvel an dans un restaurant en compagnie de quelques connaissances, mais la Saint Valentin approchait et je me préparais à rester seul. Comme tous les ans. Je n'aimais pas avoir de compagnie pendant la fête des amoureux. Car je n'avais jamais été amoureux.

Bien sûr, j'avais beaucoup fantasmé sur mon inconnu. Il se serait retourné dans l'ascenseur, m'aurait sauté dessus et nous aurions passé notre vie ensemble. Mais je crois que même ce rêve ne m'enthousiasmait pas. Car je voulais quelqu'un que me comprenne autant qu'il me désirait.

Et la compréhension venait avec le temps, beaucoup de temps. Comment mon inconnu pourrait apprendre à me connaître s'il ne me voyait même pas ? Et en avais-je envie ? Est-ce que je voulais vraiment trouver quelqu'un qui sache tout de moi ? Je ne savais pas vraiment. Il y avait trop de zone d'ombre en moi.

Ce matin là, j'arrivais au travail, très frustré de n'avoir pas vu mon inconnu les deux jours précédents. Ça ne m'était jamais arrivé de le rater ainsi deux fois de suite. J'espérais donc bien le rencontrer dans l'ascenseur aujourd'hui, quitte à redescendre plusieurs fois s'il le fallait.

J'étais tellement concentré sur lui que je ne pas fit attention et j'appuyais sur le bouton du onzième. Amusé par ma propre bêtise, j'enregistrais aussi mon étage. C'est à ce moment que je m'aperçus que la cabine avait déjà dépassé le rez-de-chaussée.

Mon sourire s'évanoui et un grand vide se fit en moi. Allais-je le revoir un jour ? Avait-il arrêté de travailler ici ou simplement changer d'horaire ? Était-il en vacances ? Plongé dans mes pensées, je sortis automatiquement quand les portes s'ouvrirent et fit quelques pas. Mais les affiches colorées dans le couloir me firent reprendre mes esprits. J'avais complètement oublié que l'ascenseur devait s'arrêter au onzième !

Faisant demi-tour, j'appuyais sur le bouton d'appel de l'ascenseur et regardais les affiches pour passer le temps. J'étais de mauvaise humeur et je lisais l'annonce sans vraiment y penser. Mais un mot attira mon attention. Je relus alors toute l'affiche, les yeux ronds. C'était une publicité de l'agence de rencontre. Avec la Saint Valentin, elle proposait des réductions pour les nouveaux adhérents, mais surtout, elle indiquait qu'elle s'occupait aussi des couples gays, hommes comme femmes. Mon imagination me rejoua des tours. Après tout, je ne savais toujours pas où travaillait l'inconnu !

J'entendis alors la sonnerie, indiquant l'arrivée de la cabine et je me retournais vers les portes. Mais comme celles-ci s'ouvraient, je stoppais net et me retrouva nez à nez avec l'objet de mes pensées. Quel instant délicieux que celui-là, les yeux rivés dans le regard de l'autre, mon corps presque collé à lui.

- Excusez-moi, dit-il brusquement.

Puis il me contourna et continua dans le couloir, comme si de rien n'était. Je restais quelques secondes pétrifié mais réagit quand les portes commencèrent à se refermer. J'entrais en vitesse dans la cabine puis me retournais, juste à temps pour le voir entrer par la porte de droite.

L'entreprise d'informatique, pensais-je tristement. Mes rêves s'effondraient.


Pourtant au cours de la journée, une idée complètement folle vit le jour dans mon cerveau frustré. Pourquoi ne pas m'inscrire à cette agence ?

Pendant une semaine, ce projet tourna et retourna dans mon esprit. Je savais que jamais je ne ferais le premier pas vers un homme. Et tous ceux qui me draguaient dans les bars ou les boîtes dans lesquels j'allais, ne recherchaient que le plaisir d'une nuit. Moi, je voulais plus. Je ne m'en étais pas vraiment rendus compte avant rencontre cet inconnu que je ne voyais au 

plus que quelques secondes par jour. J'attendais ces instants comme un drogué attend sa dose. Je ne me reconnaissais plus. Il fallait que j'arrête de vivre dans mes rêves et affronte la réalité.

Un soir, je m'arrêtais donc au onzième étage, redoutant et attendant tout à la fois de le rencontrer. Ce matin, dans l'ascenseur, il m'avait paru un peu plus nerveux que d'habitude. À force de l'observer, je pouvais au moins deviner ses humeurs. Avait-il des problèmes au bureau ?

J'hésitais beaucoup avant d'entrer, mais je finis par ouvrir la porte. Après tout, personne ne pouvait deviner que je venais chercher un homme, et non une femme !

L'hôtesse d'accueil me sourit et me renseigna sur toutes les possibilités qu'offrait l'agence. Je choisis de constituer un dossier, pour faire partit de leur base de donnée. La jeune femme m'amena ensuite dans un petit bureau privé où un homme m'aida à faire ma fiche de présentation. Ce fut assez facile, ma vie était plutôt banale :

Je m'appelle Duo Maxwell, j'ai vingt-neuf ans et j'habite un petit appartement au cœur de Paris. Je travaille depuis cinq ans dans une entreprise florissante d'exportation d'objet de luxe et je m'occupe plus particulièrement des demandes privées de riches clients qui souhaitent déplacer leurs possessions dans les meilleures conditions possibles. J'ai déjà voyagé dans de nombreux pays, pour accompagner les colis les plus coûteux, et je parle couramment six langues. C'est d'ailleurs cette capacité qui m'a permis de me faire engager si jeune dans cette société.

J'ai ensuite parlé de mes centres d'intérêts, de mes préférences en matière de musique, de films, etc. Mais quand je suis arrivé à la description de ma partenaire idéale, je n'ai pas pu m'empêcher de rougir. Le conseiller a dut comprendre, car il a reprit :

- Nous avons une banque de donnée assez fourni en ce qui concerne les hommes. Mais nous faisons très attention à leur désir. Vous voulez un partenaire pour une longue durée, n'est ce pas ?

Je compris alors que certains hommes devaient venir ici pour rencontrer des partenaires d'une nuit.

- Je cherche l'homme de ma vie, répondis-je sans réfléchir.

Je pensais à mon inconnu en disant cela. Mais quand je me rendis compte de ce que j'avais dit, je rougis de plus elle. Le conseiller sourit.

- Bien. Avez-vous des préférences ?

- Physique vous voulez dire ?

- Et aussi de caractère.

- Et bien …

Je réfléchis. Je ne pouvais quand même pas décrire mon inconnu, surtout que je ne connaissais de lui que son apparence.

- Je ne sais pas. Quelqu'un qui veuille s'engager ?

Le conseiller sourit puis me promis de me contacter très vite. Je serais également informé par e-mail de toutes les demandes de rendez-vous me concernant.

Vous aurez bien sûr accès à leur fiche avant, me rassura l'homme. Et ils passeront toujours par nous.

Cela me rassura. Il me raccompagna jusqu'à la porte, et je sortis, quelque peu soulagé d'avoir réussit à prendre une initiative dans ma vie.

Mais je déchantais vite. Car quand la porte se referma dernière moi, je vis celle d'en face, menant à la société d'informatique, s'ouvrir. Je ne crois pas en dieu, mais à ce moment là j'ai prié très fort pour que surtout ce ne soit pas mon inconnu qui sorte et me découvre dans cette position embarrassante. Bien sûr, je n'eus pas cette chance et vit deux yeux cobalt se fixer sur moi alors que je rougissais. Je maudis ce défaut dut à mon teint clair et à ma trop grande timidité et le suivit en silence comme il se dirigeait vers les ascenseurs.

Je regardais par terre en marchant, effondré par l'opinion qu'il devait maintenant avoir de moi. Pourtant, j'étais quand même heureux de le savoir là, devant moi, si proche. Quand l'ascenseur arriva, j'entrais à sa suite et le retrouvais devant lui. Je n'aimais pas le savoir dans mon dos, imaginant son regard moqueur posé sur moi ou la pitié se refléter dans ses yeux. Je n'osais même pas jeter un œil dans les miroirs pour surprendre son expression. J'étais lâche.

Il sortit au rez-de-chaussée, et me bouscula légèrement pour passer. Instant de grâce que celui où je sentis son épaule contre la mienne. J'avais déjà remarqué qu'il était grand, mais je pus voir à cet instant qu'il l'était presque autant que moi, alors que je faisais un mètre quatre-vingt-seize.

Je restais longtemps devant le volant de ma petite voiture. Je rêvais, j'espérais, je divaguais. Puis, je repris contact avec la réalité et me critiquais. J'avais pris la décision de vivre dans le présent, il fallait que j'oublie cet homme.

Pourtant, son regard me hanta toute la nuit. C'était peut-être une prémonition. Car le lendemain, le 10 février précisément, l'agence me contacta. Un homme voulait me rencontrer. J'hésitais, ma timidité reprenant brièvement le dessus, mais acceptais de recevoir sa fiche.

J'allais voir mes mails pendant ma pause déjeuner, ce que je ne faisais jamais d'habitude, mais la curiosité était trop grande. J'étais seul dans mon bureau ou plutôt dans l'espace qui m'était réservé dans la grande pièce qui nous servait à tous.

Les autres étaient allés manger ensemble dans un restaurant de quartier, me laissant seul avec mon panier repas. Mais j'avais l'habitude. Et puis, cette cassure me permettait de respirer un peu, de redevenir moi-même pendant une heure.

Soudain décidé, je cliquais sur le lien qui devait m'amener à la fiche de mon futur rendez-vous. Et quand je vis apparaître la photographie en haut, mon cœur s'arrêta de battre. Une seconde, un siècle s'écoula. Je ne me rendais plus compte du monde extérieur. J'étais hypnotisé par ce visage qui souriait. Je me rendis compte que je ne l'avais jamais vu sourire.


Alors ? Alors ?