Résumé : Duo est un jeune homme réservé et malheureux dans sa vie professionnelle comme personnelle. Depuis peu, il fantasme sur un inconnu qu'il voit dans l'ascenseur à son travail. Et si le destin décidait de les réunir ?

Couple : 1x2

Genre : UA

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi, mais je revendique l'histoire !

Note : Désolée de ne poster que maintenant, mais je rentre seulement chez moi.

Bonne lecture.


Chapitre 5

J'étais pourtant résolu ! Mais arrivé devant la porte, je me mis à hésiter. Qu'allait penser Heero de tout ça ? Et ses employés ? Prenant une profonde respiration, je me décidais à entrer et poussais la porte. Et je découvris une salle à peu près identique en taille et en disposition à celle de ma société, mais au combien plus animée ! Il y avait là quatre jeunes hommes et une femme qui s'activaient derrière des ordinateurs ultra-perfectionnés, s'invectivant et discutant en riant. Ils ne remarquèrent même pas mon arrivée, masquée par le bruit d'une musique pop à la radio et par une plante immense derrière laquelle je me reculais instinctivement.

La porte du fond s'ouvrit soudainement, et je fus soulagé de voir apparaître Heero qui me sourit. Quand je fus tout proche de lui, il me dit :

- J'étais sur que tu dégonflerais si je ne venais pas te chercher !

Ainsi, il me connaissait assez pour prévoir mes réactions ? Et bien, c'est ce qu'on allait voir ! Dès qu'il referma la porte, je l'attirais brusquement à moi et prit ses lèvres. Le baiser fut vorace. Je le plaquais carrément contre le mur pour profiter au maximum de son corps, emboîtant mes hanches contre les siennes. S'il resta abasourdi quelques secondes, il reprit vite ses esprits et commença à se frotter contre moi pour m'exciter davantage. La scène me rappela notre sortie de la veille et je préférais m'écarter avant de lui faire l'amour par terre. Il gémit de frustration en me sentant partir mais ne protesta pas.

- Bon sang, vivement qu'on en arrive au lit !

Je ris doucement. Tant qu'il le prenait bien, ça me rassurait. Et puis, je n'allais pas le faire attendre éternellement, juste le temps d'être sûr que notre relation durerait. En plus, je ne savais pas si je pourrais encore attendre longtemps à ce rythme.

- Tu veux aller manger ?

- Déjà ? répondis-je déçu.

- Et bien, si tu ne veux pas que je te saute dessus…. la visite de mon bureau n'est pas très intéressante.

Je levais soudain la tête pour observer la pièce. Concentré sur ses magnifiques yeux cobalt, je n'avais pas pris le temps de regarder mon environnement. En effet, Heero avait un bureau gigantesque, avec un coin détente entouré de canapés confortables. Le bureau était très moderne, pas comme mon vieux meuble en bois, et il avait une tonne de matériel informatique dessus. A droite, une petite porte ouverte donnait sur une salle de bain et ce qui me sembla être un lit.

- Tu dors ici ? demandais-je en le voyant.

- Seulement quand j'ai beaucoup de travail, répondit-il. Tu veux l'essayer ? ajouta-t-il malicieux.

Je piquais un fard et détournais la tête.

- Et à quoi ça sert tout ça ?

Je parlais évidemment de son matériel informatique.

- A plein de chose ! Celui là …

Et il commença une mini conférence sur ses appareils, pour la plupart inventés et montés par lui. Il avait l'air vraiment enthousiaste en parlant de ses joujoux, même si je n'y comprenais rien.

- Mais je t'embête avec mes histoires, dit-il soudain en s'interrompant au milieu d'une explication.

- Ce n'est pas parce que je ne comprends pas que ça ne m'intéresse pas ! répondis-je en souriant. Et puis, tu es sexy quand tu parles d'informatique !

J'avais ajouté cette phrase presque négligemment, juste pour lui faire comprendre qu'il ne m'ennuyait pas, mais je déglutis en voyant son regard changer.

- Allons manger ! m'exclamais-je.

Heero me regarda encore un instant puis acquiesça.

- Je te suis.

Nous sortîmes donc de son bureau pour passer dans la pièce commune, à présent vide, puis nous nous dirigeâmes vers le couloir. La descente dans l'ascenseur fut assez éprouvante car nous avions tous les deux à l'esprit les baisers que nous avions échangés dans cet espace clos. Je m'imaginais soudain en train de faire l'amour avec Heero dans la cabine quand celle-ci s'arrêta au rez-de-chaussée. Soupirant de frustration, je l'emmenais dans un restaurant à la mode mais moins guindé et prétentieux que le bar de la veille.

Le repas se passa très bien, la conversation avait débouché sur la politique et nous échangions nos avis sur le sujet. Heero n'aimait pas beaucoup le gouvernement en place mais n'avait pas de parti politique privilégié. Quant à moi, je ne m'intéressais pas assez au sujet pour prendre clairement position, pourtant, je m'ingéniais à le taquiner sur ses idées pour le voir s'échauffer et disserter avec passion. Il était tellement beau quand il s'emportait. J'aurai pu l'observer pendant des heures.

Je regardais finalement ma montre et vit qu'il était temps de rentrer. Heero s'était calmé en comprenant que mon intérêt pour les idées adverses était seulement des taquineries et il me regardait maintenant avec des yeux concupiscents. Gêné, je payais l'addition et nous partîmes pour nos bureaux, marchant côte à côte en silence. J'en venais presque à penser que j'avais fait une gaffe pour l'indisposer ainsi, mais il prit la parole et je compris qu'il était seulement en train de réfléchir :

- Ça te dirait de passer la Saint Valentin ensemble ?

Je restais bouche bée quelques secondes. J'avais complètement oublié la fête des amoureux ! Le 14 était le surlendemain et ça tombait justement un samedi. C'était la première fois que j'avais quelqu'un pour la Saint Valentin ! Et pour une relation sérieuse en plus. Enfin, de mon point de vue. Nous considérait-il comme un couple ?

- Je ne te force pas, tu sais !

Bon sang, j'avais été trop long à répondre et il prenait ça pour un refus. Sans réfléchir plus, je voulus le rassurer et sortis la première chose qui me vint :

- Tu me vois comme ton petit ami ?

Surpris, il me considéra un moment. Je bégayais alors, gêné :

- Je veux dire, je suis juste un mec avec lequel tu veux coucher ou tu souhaite plus ? Enfin, pas maintenant, mais plus tard.

Il sourit alors et je respirais.

- Tu veux que je te dise qu'on sort ensemble, c'est ça ?

Je sentis mon visage rougir et je détournais les yeux. Il devait me prendre pour une jeune lycéenne qui rêvait du grand amour !

- OK, alors considères qu'on sort officiellement ensemble. Et sache que je n'aime pas les polygames alors tache de ne pas me tromper !

Ne croyant pas à ma chance, j'arrivais au pied de l'immeuble sur un petit nuage.

Mais je déchantais vite en voyant mes collègues arriver de l'autre côté de la rue. Et ils m'avaient vu sourire ! Ils me regardaient bizarrement maintenant. Évidemment.

Je ne voulais pas donner d'explications, et surtout, je n'étais pas du tout prêt à leur avouer mon homosexualité. Alors que Heero venait juste d'assumer sa responsabilité de petit ami.

Heureusement, nous étions encore loin, et ils entrèrent avant nous. Heero ne remarqua rien. Dans l'ascenseur, il insista même pour que l'on fête la naissance de notre relation. Nous dûmes nous séparer précipitamment quand une secrétaire entra dans la cabine au neuvième étage. Heero sortit au onzième, l'air de rien, mais je savais que je le retrouverais dans quelques secondes sur mon ordinateur.

Quand j'entrais dans la pièce, mes collègues me regardèrent bizarrement mais ne dirent rien. Je me précipitais devant mon bureau et secouais la souris pour faire apparaître l'image. Un petit bonhomme commençait un strip-tease ! Faisant attention à ce que les autres ne me voient pas, je me rapprochais de l'écran et souris quand un cœur apparu à l'endroit stratégique à la place du string en cuir.

Vivement la Saint Valentin !