Résumé : Duo est un jeune homme réservé et malheureux dans sa vie professionnelle comme personnelle. Depuis peu, il fantasme sur un inconnu qu'il voit dans l'ascenseur à son travail. Et si le destin décidait de les réunir ?

Couple : 1x2

Genre : UA OOC

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi, mais je revendique l'histoire !

Note : J'ai eu beaucoup de mal à écrire la première partie du chapitre, d'abord parce que je ne comprends pas cette façon de penser, mais aussi parce que je ne savais absolument pas comment faire réagir Duo. J'espère que mes choix vous plairont.

Bonne lecture.


Rappel : Après une nuit de folie, Duo prend conscience des sentiments qu'il éprouve pour Heero.

Chapitre 10

Un mois. Ça faisait maintenant un mois que nous étions ensemble ! Un mois de nuits torrides, de soirées romantiques, de dîner à deux, de conversations complices, …

Un mois de sorties en cachette, de mensonges devant mes collègues et de peur d'être découvert.

Mais surtout, un mois que j'attendais une hypothétique déclaration.

Je ne savais même pas si j'étais l'homme le plus heureux du monde ou le plus torturé ! Je me contentais d'attendre. Attendre qu'il me déclare son amour. Attendre d'être mis à l'écart par mes collègues, dès qu'ils découvriraient mon secret. Il y avait de plus en plus de murmures sur mon passage.

J'étais justement au bureau ce matin là. Darlène, la comptable de la boîte, venait de me donner un document du bout des doigts. J'aurai du faire plus attention, remarquer sa mine dégoûtée, voir les regards réprobateurs des autres. Mais j'étais préoccupé. J'avais encore le regard de Heero en tête, celui qu'il me jetait toujours quand je lui déclarais mon amour ou quand on se quittait. Celui qu'il avait en descendant de l'ascenseur. Ce regard que je commençais à redouter. Celui qui voulait dire « Je t'aime mais je ne te le dirai jamais ». Ou peut-être ne m'aimait-il pas ? Peut-être était ce de la pitié ?

De plus en plus préoccupé, je me dirigeais machinalement vers la photocopieuse, sans voir les échanges de regards sournois entre les deux plus grands machos de l'entreprise. Ils discutaient justement devant la machine à café, juste à côté de moi. Comme je m'apprêtais à repartir, mes photocopies faites, j'entendis enfin les chuchotements provocateurs. Le mot « pédale », dit un peu plus fort, parvint distinctement à mes oreilles.

Je me figeais, me retournais et vis les sourires moqueurs. Les autres aussi s'étaient arrêtés de travailler et observaient la scène.

- Pardon ? dis-je.

Qu'il me méprise, je comprenais. Après tout, je leurs avais menti depuis tout ce temps. Qu'il me déteste aussi, les homophobes avaient tous leurs raisons. Mais qu'ils le fassent aussi ouvertement...

Nous avions travaillé ensemble pendant cinq ans ! Mais apparemment ils n'avaient jamais accepté ma réussite. Alors découvrir que j'étais gay … Je ne voulais même pas savoir comment ils l'avaient appris.

- Je disais qu'ils n'avaient pas besoin d'une sale pédale dans cette boîte.

- Tu ferais mieux de devenir décorateur !

- Ou styliste !

- Tout le monde sait que les PD aiment la mode !

- Et puis tu pourrais avoir plus de temps pour voir tes « amis » !

- Et tu n'empiéterais plus sur ton temps de travail !

Je les voyais se lancer la balle, jetant les accusations sans s'arrêter, crachant leur fiel comme si j'étais le diable en personne. J'entendis alors les autres se mettre à rire, se moquer de mon silence. Mais comment réagir face à tant de haine et de mauvaise foi ?

J'étais celui qui travaillait le plus ici et avait les meilleurs résultats. Je m'occupais de la partie la plus importante de la boîte. Mais j'étais aussi le vilain petit canard. Je ne savais pas me défendre.

A cet instant, j'eus terriblement envie d'avoir Heero à mes côtés, de me réfugier dans ses bras. Qu'il me défende.

Ils me regardaient tous maintenant, attendant ma réaction, riant déjà de voir que j'étais bien la lavette qu'ils avaient décris.

Et je restais là. Hésitant. Que faire ? Suivre mes impulsions et leur foncer dans le lard ? Mais je risquais surtout de me faire battre et de perdre mon travail ! Pourtant, si je ne réagissais pas, ce serait pire. Je ne pourrais plus me regarder en face et ils n'arrêteraient jamais. L'image souriante de Heero passa me vint à l'esprit et je me décidais.


Bon sang ce que ça pouvait faire mal ! me dis-je en tâtonnant doucement ma pommette droite. Je fis la grimace devant la glace, mais apparemment les dégâts n'étaient pas si graves que ça. Pourtant, je redoutais un peu la réaction de Heero. Non seulement j'étais amoché pour un moment, mais je me retrouvais maintenant au chômage ! Moi qui espérais le retenir à mes côtés grâce à mon physique et mon travail … Car je sais que mes connaissances linguistiques l'impressionnaient autant que mes connaissances dans le milieu.

Je soupirais. Que faire maintenant ?

Mais alors que je réfléchissais à mon avenir devant les lavabos, une tornade entra dans les toilettes et se figea en me voyant. Comment Heero avait-il sut que j'étais là ? Je m'étais pourtant réfugié dans les toilettes du onzième (les seules que je connaissais hormis celles du quatorzième) ! Et je ne lui avais pas parlé de la bagarre qui avait eu lieu. Je n'en avais pas eu le temps en fait.

- Tu vas bien ? me dit-il en observant la multitude de marques sur mon visage.

- Oui.

Je ne savais pas quoi dire d'autre. Il avait l'air bizarre comme ça, m'observant sous toutes les coutures. Je remarquais alors ses poings serrés, la tension dans ses épaules et tout son corps, comme s'il était près à bondir. Je souris. Il explosa.

- Ça te fait rire ? Ça te plait de te faire tabasser par une bande de machos homophobes et de perdre ton travail ? Tu crois que je vais en rester là ?

Mon dieu mais il était bien capable d'aller les voir un par un pour les corriger ! En même temps qu'un bonheur immense m'envahissait, je me précipitais derrière lui pour le retenir.

- Heero ! criai-je juste comme je lui tirais la manche.

Heureusement, il n'y avait personne dans le couloir !

- Quoi ? s'écria-t-il en se retournant.

Ses yeux se posèrent sur mes blessures et il détourna le regard. Je savais bien que j'aurais du mal à lui plaire comme ça, mais ça faisait mal !

- Je suis si affreux ? demandais-je alors que j'avais une toute autre idée en tête.

Il se retourna brusquement vers moi et me pris dans ses bras.

- Imbécile ! souffla-t-il en m'entourant de ses bras.

Mon dieu que j'étais bien ainsi ! Je baignais dans sa chaleur, dans sa force. J'avais l'impression d'être chez moi. Je m'abandonnai et profitais de l'instant. Mais au lieu de lui souffler des mots d'amour comme j'en avais envie, je me repris et tentai de le calmer.

- Ils n'en valent pas la peine ! dis-je en me redressant et le regardant droit dans les yeux.

Je voyais encore la colère flamboyer dans son regard.

- Et ton boulot ? demanda-t-il pourtant en se contenant.

Je baissais les yeux.

- C'est sûr que ça va me manquer, mais ce n'est pas comme si c'était une vocation ou le boulot de mes rêves ! Et puis, je n'ai jamais vraiment été intégré de toute façon.

- Alors tu abandonnes ?

- Non, je dirais plutôt que je me remets en question. Tu sais, j'ai toujours eu une vie bien rangée, j'ai toujours privilégié la sécurité. Mais maintenant, je veux découvrir qui je suis vraiment et profiter un peu plus de la vie.

Je le vis sourire et se détendre.

- Et tout ça, c'est grâce à toi, ajoutais-je.

- Quoi ? s'étonna-t-il.

- Oui, si je ne t'avais pas rencontré, si je n'avais pas vu ta joie de vivre, de travailler, et surtout ton équipe et le cadre dans lequel tu travailles, je n'aurai jamais eu le courage de lui donner ce coup de poing !

- Hein ? C'est toi qui as commencé ?

Il m'avait lâché. Et il me regardait comme si j'étais devenu un extraterrestre ! Je ris nerveusement.

- Tu n'étais pas au courant ?

- Tout ce que je sais, c'est que tu t'es fait tabasser par tes collègues parce que tu es gay.

- Et bien disons que c'est une version abrégée de l'histoire.

Je le vis qui attendait la suite. Mon dieu, allais-je le perdre, tout ça parce que j'avais frappé un crétin ?

- Disons, qu'ils ont commencé à me chercher alors je me suis énervé, … et voilà.

- Ils étaient combien ? finit-il par demander en continuant à m'observer.

- Et bien, deux d'abord, puis trois plus deux femmes hystériques qui criaient comme des chats qu'on égorge.

Il resta silencieux quelques secondes pendant lesquelles je crus mourir puis se mit soudainement à éclater de rire. Je le regardais, complètement déconcerté. J'avais quand même failli me faire tabasser ! Mais il réussit à se calmer et le silence se fit.

- Donc tu es rentré dans le lard à trois armoires à glace et tu t'en ais sorti ?

Je détournais les yeux, gêné.

- Disons que j'ai eu de la chance.

Il continua à me regarder, sans rien dire. Je soupirais.

- Le téléphone a sonné. C'était le patron.

- Et ?

- Je me suis précipité et j'ai démissionné.

Cette fois-ci, c'est Heero qui soupira.

- Allez viens, finit-il par dire. Je te ramène chez toi.

Je le suivis, penaud. Pourquoi ne me disait-il pas carrément ce qu'il pensait de ma conduite ? Il n'avait qu'à crier un bon coup. Ou même me dire que c'était finit entre nous s'il le voulait. Mais il avait un visage tellement fermé que je n'arrivais pas à deviner ce qu'il pensait. Dans l'ascenseur, je lui demandais :

- Tu m'en veux ?

Il se tourna vers moi, surpris.

- Pourquoi je t'en voudrais ?

- Et bien, je suis au chômage maintenant. Et puis tu n'as pas décroché un mot depuis que tu m'as vu dans cet état !

Je vis son expression passer d'étonnée à amusée puis carrément hilare. Moi qui étais inquiet de ce qu'il pensait ! Il se moquait de moi l'imbécile ! Énervé, je sortis de l'ascenseur en trombe dès que les portes s'ouvrirent et me dirigeais vers la voiture. Heero, toujours en train de rire, me poursuivit et réussi à me prendre par le bras. Il me retourna vers lui et je le fixai, furieux. Et lui avait toujours cet air rieur !

- Duo ! dit-il d'un ton attendrit.

Surpris, je me figeai.

- Je t'aime, continua-t-il en me caressant la joue.

Je ne sentis pas mes larmes couler, tandis que je le regardais dans les yeux. Pour être sûr. Pour voir au fond de son cœur s'il disait la vérité ou s'il voulait juste me consoler. Mais ses yeux ne mentaient pas. Et ils débordaient d'amour. Heero se pencha doucement sur moi, caressant ma joue. Et il m'embrassa.


Une fin toute en guimauve, mais après le début, ça compense