Résumé : Duo est un jeune homme réservé et malheureux dans sa vie professionnelle comme personnelle. Depuis peu, il fantasme sur un inconnu qu'il voit dans l'ascenseur à son travail. Et si le destin décidait de les réunir ?

Couple : 1x2

Genre : UA OOC

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi, mais je revendique l'histoire !

Note : Un début tout en sentiment ...

Bonne lecture.


Rappel : Duo a repris le travail et s'est déniché une perle de secrétaire ...

Chapitre 14

- Enfin chez soi !

Après deux semaines à vadrouiller à l'étranger, ça faisait du bien d'être à la maison. Je laissais mes clefs dans la coupelle à l'entrée, lâchait mon sac dans le salon et me dirigeais droit vers la chambre. Après tout, j'étais fatigué, j'avais bien le droit de me reposer un peu avant de déballer mes affaires. Mais quand j'entrais dans la chambre, je m'arrêtais net.

- Heero ! hurlais-je.

Je savais qu'il n'était pas là, mais c'était plus fort que moi. Ce lâche avait profité que j'étais absent pour faire des achats sans me consulter.

De quel droit avait-il acheté un nouveau lit alors que l'ancien était encore tout à fait potable ?

Je tournais dans l'appartement, mais loin de me calmer, ma colère grandit. Pourquoi ne rentrait-il pas ? Bon, j'avais aussi un peu d'avance sur l'horaire prévu, donc il ne pouvait pas savoir que j'étais déjà là, mais il aurait pu deviner ! Ou rentrer à la maison plus tôt pour me préparer un diner surprise et m'accueillir en sous vêtement quand j'arriverais ! Au souvenir de mon dernier retour de voyage (il avait quand même commandé le repas chez le traiteur), je commençais à sourire, mais le coup du lit me revint et la colère me reprit.

J'aurais dut me douter qu'avec ses goûts de luxe, il n'accepterait pas que l'on récupère mon ancien lit, mais il me venait de mes parents et j'y étais très attaché. Pourquoi l'avait-il changé pendant que je n'étais pas là ? Il aurait pu m'en parler au moins, j'aurais pu comprendre et faire un compromis ! Mais nous l'aurions choisi ensemble. Après tout, un lit c'est important dans un jeune couple.

Furieux, je retournais dans la chambre pour revoir cette horreur.

Bon, il n'était peut-être pas si laid que ça, mais je n'aurais sûrement pas choisi un modèle aussi design. Ou peut-être que si … si Heero m'avait fait son regard suppliant … et promis qu'on l'essaierait dès réception.

Alors que cette pensée me traversait, j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir et un bruit de clef qu'on balance.

- Duo ? Tu es rentré ?

Il avait dut voir mon manteau. Je me précipitais hors de la chambre pour dire deux mots à mon abruti d'amant, mais celui-ci se jeta dans mes bras et m'embrassa comme si on ne s'était pas vu depuis des siècles … ce qui était presque le cas. On ne s'était jamais séparé autant de temps d'habitude, mais trois missions s'étaient enchainées et je n'avais pas pu rentrer à la maison.

J'avais maintenant une semaine de vacances, et je savais très bien à quoi j'allais l'employer : faire la tête à Heero !

D'ailleurs, je commençais tout de suite en m'écartant de lui et en le tenant à bout de bras pour l'empêcher de me dévorer. Ce qui fut difficile aussi pour moi, j'étais en colère, il fallait que je m'en rappelle !

- Il y a un problème ? finit par comprendre Heero.

- Tu t'es bien amusé pendant mon absence ?

Visiblement il ne comprit pas à quoi je faisais allusion, car il fit ses yeux de chiot perdu.

- Tu as fait les magasins ?

Toujours les yeux du chiot. Il avait intérêt à vite s'expliquer, parce que je ne tiendrais pas longtemps avec ce regard !

- Dans la chambre.

Son regard s'éclaira enfin et il sourit. Le salaud, il était fier de lui en plus !

- Tu as vu le nouveau lit ? Il est beau, hein ? Je l'ai eu en solde en plus !

Alors tout ça parce que monsieur n'avait pas claqué un monceau de fric dans un lit super branché, je devais applaudir ? Bon, c'est vrai qu'il avait fait un effort, mais ce n'était pas une raison pour prendre sa décision sans moi !

- Je te félicite, répondis-je donc d'un ton froid. Mais tu y dormiras tout seul !

Et je me détournais vers la cuisine, espace que je considérais comme mon domaine. Et puis, j'avais le diner à préparer, ce n'était pas totalement une fuite non plus, …n'est ce pas ?

Heero resta planté là quelques secondes, puis il sembla reprendre ses esprits. Pourtant, au lieu de revenir vers moi tout penaud, comme je l'espérais, il fonça carrément dans ma direction et se planta devant moi, très très en colère. Troublé, je préférais ne rien dire.

- Maintenant que tu as fait ta petite crise, puis-je savoir ce qui ne plait pas à monsieur pour qu'il me traite comme sa bonne et me congédie d'un geste ?

Oups ! J'avais peut-être été trop loin. Mais il était en faute aussi après tout, je n'allais pas me laisser faire comme ça ! Il n'avait pas le droit de me traiter comme un enfant qui fait son caprice … même si c'est un peu ce que je faisais.

- Tu ne m'as pas consulté pour changer le lit ! Tu savais bien que j'y tenais pourtant ! Mais tu préfères tous tes trucs design …

Son regard flamboya. Je déglutis. Puis il se détourna, se dirigea vers l'entrée de l'appartement en reprenant son manteau et ouvrit la porte. Au dernier moment, il se retourna :

- Juste pour information, si j'ai changé le lit, c'est parce que l'autre s'est cassé la semaine dernière. Et concernant cet appartement, je trouve qu'il reflète plus tes goûts que les miens.

Puis il claqua la porte. Les larmes aux yeux, la gorge tellement serré qu'on aurait pu y faire passer une épingle, je regardais autour de moi.

Notre nid. Un appartement douillet pour un couple pépère. C'est-à-dire moi. Mais pas Heero. Cet appartement, c'était moi qui l'avais choisi, moi qui l'avais décoré. Et pour une chose qu'il avait choisie, je piquais ma crise. Dire que je ne voulais pas habiter dans son appartement parce que c'était son univers, en fait, je lui avais fait subir ce que je n'avais pas voulu.

Et il n'avait rien dis, avais acquiescé à tout. Pour moi. Et il n'avait même pas cherché à introduire, mais juste à remplacer un vieux meuble qui était sans doute tombé en morceau. Bon sang, qu'est ce que j'allais faire maintenant ? Je ne pouvais quand même pas attendre qu'il rentre pour m'excuser ! Mon dieu, il allait rentrer au moins ? Heero, tu ne vas pas m'abandonner, dit ? Pas pour une petite bêtise que j'ai dite alors que j'étais juste épuisé ?

Je me précipitais dehors, sans prendre la peine de refermer la porte. Et comme l'ascenseur n'arrivait pas assez vite pour moi, je courrais vers la cage d'escalier et dévalais les marches quatre par quatre. Avec un peu de chance, il n'était pas aller bien loin et je le rattraperais au bout de la rue.

Qu'importe les passants, je le supplierais de me pardonner. Non, je l'obligerais à le faire. Il était hors de question qu'il me quitte ! Quand l'éventualité me traversa, je ressentis une telle douleur au niveau du cœur que je dus m'arrêter quelques secondes, mais je repartis bien vite, de nouvelles larmes sur les joues. Faites qu'il me pardonne !

Les dernières marches apparurent, et je me rendis compte, dans le même temps, qu'il s'était mis à pleuvoir dehors, et que Heero était encore dans le hall, devant les portes vitrées, en train de regarder la pluie tomber. Il avait dut m'entendre puisque je respirais comme une vache asthmatique, mais il ne fit pas un geste. Mes larmes continuèrent à couler.

- Je suis désolé, tentais-je de lui dire, mais ma gorge était tellement nouée que seul un gargouillement réussit à sortir.

Je fis quelques pas vers lui, tendis la main et un sanglot m'échappa.

- Heero, ne me quitte pas, réussis-je enfin à articuler.

Mais le résultat n'était pas très probant. Cela fit tout de même se retourner mon amour, et je vis la surprise remplacer la colère sur son visage quand il me vit.

- Mon dieu, Duo, ne te met pas dans des états comme ça, dit-il en me serrant dans ses bras. Tu vas te rendre malade !

Je me fichais d'être malade si je pouvais rester dans ses bras. J'étais bien là, au chaud. Et je pouvais le serrer autant que je voulais, j'étais sûr qu'il ne me quitterait pas ainsi.

- Duo, tu m'étouffes, dit Heero en tentant de se dégager.

Je desserrais un peu ma prise, mais refusais de le lâcher. Il soupira. Puis il pencha la tête et me souffla à l'oreille :

- On rentre ?

Je hochais la tête, toujours cramponné, et nous entrâmes dans l'ascenseur, puis dans l'appartement, sans que je lâche. Heero parut s'apercevoir que je n'avais pas l'intention de lâcher prise, car il s'assit sur le canapé et m'installa sur ses genoux.

- Je suis désolé, réussis-je à croasser après quelques instants de silence.

- Je sais, me répondit Heero. Tu n'es pas bête et tu sais reconnaitre tes erreurs. Mais je veux que tu saches que tu m'as vraiment fait mal tout à l'heure.

Je me renfrognais un peu plus dans son cou. Que pouvais-je faire pour qu'il me pardonne ?

- Aller, arrêtes de cogiter tout ça, dit Heero en me caressant les cheveux. On oublie.

- Non ! protestais-je en me redressant et en le regardant droit dans les yeux. J'ai fait une bêtise, je dois être puni !

C'était bien sûr une image pour moi je voulais dire que je devais me faire pardonner et pas classer l'affaire comme ça, mais les yeux de mon amant s'allumèrent, et je pensais qu'un peu de sexe ne pourrait pas nous faire de mal maintenant. Nous serions plus en forme le lendemain matin pour une discussion sérieuse.

- Alors allons inaugurer notre nouveau lit ! me dit Heero en souriant.


Et je ne regrettais absolument pas ma nuit. Heero savait être très inventif en matière de punition.

Mais quand je me réveillais le lendemain matin, la dispute de la veille me revint tout de suite et je me retournais vers la forme endormis à mes côtés. Je l'observais un moment. Depuis quand avais-je cessé de le considérer comme un miracle ?

Depuis quand étais-je tellement habitué à sa présence à côté de moi que je ne faisais même plus attention ?

Et surtout, depuis quand avais-je cessé d'essayer de le comprendre ? De le prendre en considération ?

Nous n'étions en couple que depuis six mois, mais nous avions déjà basculé dans la routine. Bien sûr, côté sexe, c'était toujours le nirvana, mais dans notre vie quotidienne, nous avions fait une erreur quelque part, et nous devions la réparer au plus vite avant qu'une trop grosse dispute n'arrive et ne soit irrémédiable.

Les paupières de Heero commencèrent, à frémir, et j'accueillis son réveil d'un baiser papillon.

- Bonjour toi, me dit-il en ouvrant les yeux.

- Je t'aime, lui répondis-je en retour.

Il parut surpris mais sourit.

- On a faillit faire une bêtise, hein ?

Je souris également.

- En fait, je crois qu'on l'a déjà faite. Mais on va faire attention maintenant. Et je te promets que ce week-end on va faire les magasins pour acheter un peu de déco comme tu les aimes !

Ses yeux se mirent à briller et un petit frisson d'appréhension me remonta la colonne vertébrale. Mais j'avais décidé de faire des efforts, il fallait maintenant aller jusqu'au bout !

- Je te remercie pour tes efforts Duo, mais j'aime notre appartement comme ça.

- Et le lit ? demandais-je sceptique.

- D'accord, je préfère ce lit, et c'est vrai que j'aurai du te demander avant, mais quand l'autre est tombé, j'ai du aller au magasin en catastrophe, et ils avaient justement celui-ci en promo, alors je n'ai pas pu résister. Mais la prochaine fois, promis, on fait les magasins ensemble.

Je n'avais retenu qu'une chose dans son petit discours.

- Tombé ?

C'est alors que Heero fit un très grand sourire.

- Tu sais, il était pas tout jeune ce lit, et avec ce qu'on lui a fait subir … le sommier a lâché !


Alors ?