N/A: Kikou :) Tout d'abord, je voulais vous remercier du fond du coeur pour les reviews que j'ai eu. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me fait plaisir. Ca fait vraiment du bien au moral quand ça ne va pas fort :) Comme promis, voilà la suite, qui j'espère vous plaira ;)

J'ai fini de recopié la troisième partie, que j'aimerai paufiner un peu avant de l'envoyer à corriger, mais je suis désolé si ça prends un ou deux jours de plus, ce n'est vraiment pas ma décision :( Merci à nouveau à NiniZik pour la correction ;)

Poutous à tous, et enjoy :)


Les ténèbres précèdent toujours l'aurore.



«Savoir que tu n'es pas seul n'est pas suffisant. Tu as besoin de plus que ça.»


« Alors il aurait dû tout simplement partir.»


« Peut-être qu'il ne pouvait pas. Peut-être qu'il avait besoin que ce soit elle qui le quitte»


«De qui on parle là exactement?»


Colère

Une autre étape du deuil est la colère. A ce stade, on a dépassé une partie ou la totalité du déni, mais on est à présent en colère en ce qui concerne la perte. On peut avoir envie de s'en prendre à quelque chose ou à quelqu'un, ou d'exprimer sa colère de façon qui nous est familière.


Il comprit qu'elle était repartie avant même d'entrer dans la chambre, et de réaliser que le peu d'affaires qu'elle avait emmené avait disparu avec elle.

Il le sut dès l'instant où il franchit la porte, et qu'un silence de plomb l'accueillit. C'était dans ce silence presque palpable qu'il était entré tous les jours durant les six derniers mois, et sa lourdeur aujourd'hui ne voulait dire qu'une chose. Il libéra Hank de sa laisse, et le chien descendit les escaliers à toute vitesse, allant renifler toutes les pièces avec avidité. Pour finalement revenir auprès de son maître, tête baissée, queue entre les pattes. Gil n'avait pas été le seul être vivant à se réjouir du retour de Sara.

Et il ne serait pas le seul à ressentir le contrecoup de sa courte visite.

Malgré sa certitude, il se rendit tout de même jusqu'à la chambre. Il demeura un temps indéterminé debout à l'embrasure de la porte, fixant le lit parfaitement fait, la chaise vide que son sac de voyage et son manteau avaient occupé pendant quelques jours. Hank s'était assis à ses pieds et gémissait doucement, alors qu'il sentait sa poitrine se serrer un peu plus à chaque seconde qui passait, progressivement envahi par un sentiment qu'il n'arrivait pas exactement à identifier.

Et puis son téléphone sonna, au creux de sa poche.

Il le sortit, et observa ce qui s'affichait sur l'écran pendant deux sonneries. Seulement quinze jours plus tôt, lire ce nom l'aurait fait sourire, et son moral aurait instantanément remonté, qu'importe la journée qu'il avait eu. Sa réaction n'aurait pas pu être plus différente aujourd'hui. Sa respiration s'accéléra, suivant le rythme de son cœur, il comprit alors la nature de ce qui l'envahissait.

Il finit par décrocher. Il porta l'appareil à son oreille, mais ne dit pas un mot, les doigts de sa main libre s'enfonçant dans le bois du chambranle de la porte.

«Gil?» l'appela t-elle, d'une voix incertaine.

Il ferma les yeux, sentant une note d'acide lui brûler le fond de sa gorge, et elle dû entendre la respiration courte qu'il prit ensuite.

«Gil, tu es là?» tenta t-elle à nouveau, apparemment persuadée qu'il devait avoir un problème de téléphone. Ça ne semblait pas lui venir à l'esprit qu'il était peut-être tout simplement trop énervé pour trouver quoi répondre.

«Tu es partie.» Il avait trouvé, finalement. Sa voix était beaucoup plus calme que ce qu'il ressentait intérieurement.

Ce fut au tour de Sara de rester silencieuse pendant une seconde qui sembla s'allonger à l'infini. Mais elle finit par reprendre:«Je suis passée au labo. Je ne comptais pas partir sans te prévenir, mais on a dû se croiser.»

«Tu avais dit que tu resterais jusqu'à ce que la nouvelle recrue arrive, la semaine prochaine.» A nouveau, son timbre de voix lui semblait presque étranger, en total contradiction avec la manière dont ses doigts se crispaient de plus en plus. «Et si tu avais véritablement voulu me prévenir, tu aurais attendu que je rentre pour me le dire en face, plutôt qu'attendre d'être je ne sais où.»

Finalement, sa colère devait commencer à percer et était communicative, car le ton de Sara se mua immédiatement face à ce qu'il insinuait:«Je ne pense pas que tu sois le mieux placer pour me faire ce genre de remarque, Griss. Aux dernières nouvelles, ce n'est pas moi qui me cache derrière des enquêtes pour parler de notre relation.»

«Je ne parlais pas de nous.» Se défenda-t-il immédiatement. Un peu trop rapidement, même.

«Si seulement tu avais pu me fournir cette réponse il y a quelques heures, quand je t'ai posé la question.» Dit-elle avec ironie «Ton silence m'a semblé plutôt révélateur.»

Son cœur dû gagné une douzaine pulsations de plus par minutes, supportant mal ses accusations, surtout parce qu'il savait quelque part qu'elle avait raison.

Mais là n'était pas la question!

« Qu'est-ce que tu t'imaginais, Sara?» s'exclama t-il enfin, son irritation plus qu'évidente à présent. «Que tu pourrais venir et repartir sans que je ne réagisse? Que je devrais supporter ce manège, te retrouver pour mieux te perdre après un ou deux jours, jusqu'à ce que tu te décides enfin à choisir?»

« C'est là que tu te trompes totalement, Gil.» répondit-elle après un silence, d'une voix qui se voulait posée. Mais la rancœur perçait clairement dans chacun de ses mots. «De nous deux, ce n'est pas moi qui ait un choix à faire. J'ai déjà fait le mien, et tu connais parfaitement ma position.»

«Oui, je sais, rester à Vegas plus de dix jours t'est trop insupportable, même si c'est pour soutenir ceux qui ont un jour compté pour toi après la mort d'un d'entre eux. »

«Ce qui tu dis n'est absolument pas juste!» Il l'avait de toute évidence blessée, et quelque part, il savait qu'il allait le regretter très amèrement lorsqu'il serait calmé. «Je n'avais aucune intention de repartir aujourd'hui lorsque je me suis levée ce matin, mais tu as semblé être celui qui en avait assez de ma présence.»

«Si c'est la façon dont tu l'as perçue, tu as peut-être eu raison de partir alors.»

«Sans aucun doute, oui.»

«Oui.»

«Je dois raccrocher, mon embarquement va commencer.»

«Okay. Bye.»

«Bye.»

Il raccrocha et enfonça durement le portable dans sa poche, comme si cela pouvait l'aider d'une quelconque façon à se calmer. Mais cela ne pouvait rien faire pour lui, la colère continuait à le dévorer.

Incapable de supporter la vue de leur chambre vide, il tourna les talons et marcha jusqu'à la salle à manger. Respirant bruyamment, il tenta de rationaliser, de comprendre ce qu'il venait de se passer. A peine vingt-quatre heures plus tôt, Sara avait été nichée contre lui, leur inventant des vacances qu'il ne pourrait jamais prendre. A présent il se trouvait ici, totalement seul, alors qu'elle était sur le point de s'envoler à nouveau loin de lui.

S'il avait été dans un autre état d'esprit, peut-être aurait-il eu l'idée folle de prendre sa voiture et de foncer jusqu'à l'aéroport. Qu'il l'aurait trouvé avant qu'elle n'embarque, et l'aurait supplié à genoux de rester près de lui. Mais à quoi bon? Comme elle lui avait répété seulement deux minutes plus tôt, son choix était fait.

Et de toute évidence, il n'en faisait pas parti.

Il fallait simplement qu'il se refasse à l'idée de ne plus l'avoir à ses côtés. Encore une fois.

Son regard se posa alors sur le comptoir de la cuisine, et plus particulièrement sur le bol de fruits. Et soudain, il sut exactement quoi faire.

Plein de détermination, il passa du côté cuisine, sortit la poubelle de sous l'évier, et commença par les fruits.

«J'ai fait quelques provisions.» Voilà ce qu'elle lui avait dit, lorsqu'il s'était éveillé d'une sieste dont il avait eu véritablement besoin, le jour des funérailles. Il avait vite abandonné son régime équilibré lorsqu'elle était partie la première fois, réalisant rapidement qu'il était plus facile de réchauffer un plat congelé que de perdre son temps à découper des légumes.

Pommes, oranges et mangues se retrouvèrent au fond du sac. La boite à peine entamée de son thé préféré? Poubelle aussi.

Il ouvrit le frigo, et le vida de tout ce qu'elle y avait ajouté, seulement sept jours plus tôt. Laitue, tofu, yaourt à la vanille, œufs durs, lait, jus d'orange. Il se fichait du fait qu'il devrait racheter la moitié de ces produits d'ici un jour ou deux –s'il retrouvait un jour l'appétit.

Tout était dans la symbolique.

Lorsqu'elle était partie, il avait découvert de façon plus que douloureuse qu'une part d'elle demeurait toujours dans son appartement, même après deux semaines, un mois, trois mois. Il se souvenait du temps qu'il avait fallu avant que toutes traces d'elle disparaissent autour de lui. Il se rappelait surtout la façon dont il s'était accroché à ces fragments d'elle, presque désespérément.

Il ne ferait pas cette erreur deux fois. Le plus vite elle disparaîtrait d'objets aussi inoffensifs qu'une boite de céréales, le plus rapidement il retomberait dans cette routine qu'il avait adoptée sans elle, pendant si longtemps.

Après la cuisine, ce fut le tour de la salle de bain. Il vérifia qu'elle n'avait oublié aucun produit dans les étagères, jeta le tube neuf de dentifrice qu'elle avait pris le soin d'acheter pour lui, retira même le siphon de la baignoire pour être sur qu'aucune boule de cheveux n'avait eu le temps de se former. Mais le plus important était son peignoir, qu'il décrocha de la porte, devinant sa destination suivante. Il alla jeter le peignoir dans la buanderie, ramena la poubelle dans la cuisine, et passa à la chambre à coucher.

Le lit, si parfaitement fait, ne le resta bien longtemps.

Couvre-lit, oreillers décoratifs et couverture se retrouvèrent négligemment lancer au sol. Il débarrassa les oreillers de leurs housses, dénuda le matelas de son drap, sans une seule seconde d'hésitation.

Cette fois, il ne passerait pas les journées qui viendraient accrocher à son oreiller, tentant de respirer son odeur aussi longtemps qu'elle resterait conserver dans l'étoffe.

Les draps entre les bras, il retourna vers la buanderie. Arrivé à la machine à laver, il jeta la masse de tissu à ses pieds, ouvrit le couvercle, et tourna les boutons dans un geste automatique. Le son de l'eau commençant lentement mais bruyamment à remplir la cuve envahit la pièce, et il sentit un tiraillement douloureux lui déchirer les entrailles. Sensation qu'il ignora totalement. Toujours sans réfléchir, il ouvrit le placard qui surplombait l'appareil, et en sortit la bouteille de lessive. Comme il l'avait si souvent fait auparavant, il en déversa une tasse dans le ventre de la machine, avant de replacer la bouteille à sa place initial.

L'odeur du produit parvint alors jusqu'à ses récepteurs olfactifs, et le tiraillement s'intensifia violemment, le forçant à fermer les yeux, s'accrochant au métal vibrant.

Car ce qu'il était entrain de faire le frappa de plein fouet. Qui essayait-il donc de tromper, si ce n'était lui-même?

Cette lessive, c'était celle de Sara. Celle qu'elle avait introduit dans sa vie, plus de deux ans auparavant, comme elle l'avait fait avec le reste de son être. C'était cette lessive qu'il avait continué d'utiliser, même six mois après son départ. Car même si son odeur à elle avait finit par disparaître de l'oreiller, à chaque lessive qu'il faisait, il avait l'impression de la retrouver un peu.

Ses jambes n'étant soudainement plus capables de le maintenir debout, il se retourna, et se laissa lentement glisser au sol, contre la paroi ronronnant de la machine. Et c'est plus vaincu et abattu que jamais qu'il finit par se saisir des draps qu'il avait été si déterminé à laver, seulement deux minutes plus tôt.

La gorge douloureusement serrée, les yeux toujours fermés, il enfouit son visage dans le tissu, et inhala à plein poumons.

Respirant l'odeur de Sara, comme si elle n'était jamais partie. Comme s'il se réveillerait bientôt, réalisant que tout ceci n'avait été qu'un mauvais rêve. Et qu'elle serait à ses côtés.

Car il ne savait que trop bien qu'il ne faudrait que quelques jours avant qu'elle ne s'évanouisse totalement.


N/A: La suite dans les jours qui viennent, promis :) (si vous la voulez encore après toute cette angoisse XD)