Résumé : Duo est un jeune homme réservé et malheureux dans sa vie professionnelle comme personnelle. Depuis peu, il fantasme sur un inconnu qu'il voit dans l'ascenseur à son travail. Et si le destin décidait de les réunir ?

Couple : 1x2

Genre : UA OOC

Disclaimer : Les personnages ne sont pas à moi, mais je revendique l'histoire !

Note : Un nouvel écueil dans la vie de couple de nos héros.

Attention !! Le début du chapitre est exceptionnellement en POV Heero.

Bonne lecture.


Rappel : Duo et Heero partagent désormais leur vie et affrontent ensemble les bons moments comme les mauvais. Hilde (alias Bibi) est devenue la secrétaire de Duo et Quatre l'employé de Heero.

Chapitre 16

POV Heero

- Quatre ?

- Hm ?

- Quatre !

- Désolé patron, c'est pour quoi ?

Heero soupira. Dès que Duo était dans la pièce, il n'y avait plus moyen de faire travailler la jeune recrue. Mais aujourd'hui, c'était encore pire, car son compagnon avait reçu un appel sur son portable juste avant qu'ils ne partent déjeuner, et il parlait maintenant avec un client.

Malheureusement, son interlocuteur étant russe, il lui parlait donc dans cette langue et le résultat était particulièrement sensuel aux oreilles de ses deux admirateurs.

Heero ne savait pas ce qu'il s'était passé dans cet ascenseur, mais depuis, Quatre était littéralement scotché à son amant. Que se soit à l'appartement ou au boulot dès que Duo passait devant lui, il n'entendait plus rien.

Bien sûr, Heero était plutôt amusé par son comportement au départ, mais l'amusement avait vite fait place à l'irritation, et maintenant, c'était bien de la peur qu'il ressentait. En effet, loin de repousser le jeune homme, Duo semblait s'en préoccuper tel un grand frère possessif.

Ce n'était plus seulement pour lui qu'il descendait de son bureau, mais aussi pour voir sa jeune recrue. Finit les diner en tête-à-tête, Quatre était maintenant invité à manger presque tous les soirs. Et que dire des week-ends de jeux et sorties diverses à trois qui avaient remplacé leurs grasses matinées câlines ?

Même si ça ne faisait que deux mois, cela lui manquait déjà. Il savait bien que Duo n'avait aucunes arrières pensées. Bien qu'il s'implique trop dans cette relation, il ne faisait qu'adopter le rôle d'un grand frère. Mais Heero se faisait plus de souci pour le blond. En effet, une lueur de désir commençait peu à peu à apparaitre dans ses yeux.

Il savait que son employé était homosexuel, et il se demandait quand celui-ci céderai à ses pulsions. Qui sait ce qu'il pourrait tenter ? Et qui sait comment réagirait Duo ? Car si Heero était sûr de sa fidélité, il ne savait pas en revanche s'il aurait la force de repousser le jeune homme.

Après tout, celui-ci était plus jeune que lui, il était plutôt bien de sa personne et il ne voudrait pas lui faire de mal … il avait été patient jusqu'ici, repoussant la confrontation, mais il fallait vraiment qu'ils aient une conversation sérieuse ce soir là ! Et il espérait que Duo comprendrait son point de vue.


Le soir

- C'est faux !

- Duo, écoutes moi s'il te plait !

- Mais comment peux-tu douter de moi comme ça ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Je voulais juste te faire remarquer que Quatre a des sentiments à ton égard.

- Mais bien sûr, c'est un ami.

Heero soupira. Apparemment, il avait eu raison de craindre la réaction de son compagnon. Celui-ci n'avait pas assez de recul pour se rendre compte des sentiments naissants de son nouveau voisin.

- Assied toi s'il te plait.

- Mais …

- Duo !

- … Bon d'accord. Voilà tu es content ?

retour POV Duo

Je boudais, mais décidais de jouer le jeu. Heero s'assit à mes côtés sur le canapé et il commença son plaidoyer.

- Je suis vraiment heureux que tu ais trouvé un ami et que tu t'entendes si bien avec lui. Mais il faut aussi que tu ouvres les yeux ! Quatre en pince pour toi !

- C'est faux ! Il me considère juste comme son grand frère !

- Non, c'est toi qui le considère comme un frère, lui il t'admire et il commence à te désirer.

Au lieu de nier, ce qui n'aurait servit qu'à alimenter ce dialogue de sourd, je proposais un compromis.

- Il suffit de lui demander.

Mais loin d'applaudir, Heero soupira. Qu'est ce que j'avais encore dit ?

- Parce que tu crois qu'il va t'avouer comme ça qu'il veut te baiser ?

Choqué, je me relevais pour m'éloigner le plus possible de mon compagnon. Il avait peut-être le droit d'être jaloux, voir de s'inquiéter devant ma trop grande amitié envers son nouvel employé, mais en aucun cas je ne lui permettrais de nous insulter ainsi ! Il dut voir qu'il avait été trop loin, car il se leva en tendant un bras vers moi.

- Duo, je …

- Non ! Tais-toi ! Je ne veux plus t'entendre. Je peux comprendre que tu sois jaloux, mais ça …

Hors de moi, je préférai laisser Heero. Je ne voulais pas que l'on se dispute pour un sujet aussi futile. Je partis donc de l'appartement, sourd aux excuses de mon compagnon. J'eus juste le temps de voir son regard désolé et effrayé avant de refermer la porte sur moi. Une fois dans le couloir, je me mis en tête de voir Quatre pour avoir une petite discussion avec lui.

Après tout, les craintes de mon amour n'étaient peut-être pas si infondées, j'avais moi aussi remarqué que Quatre se rapprochait de plus en plus de moi. Mais il était tellement seul et me rappelait tellement le jeune homme que Heero avait du être …

Quand il ouvrit la porte, son visage s'éclaira et il me fit entrer bien vite. Je me demandais toujours comment il pouvait vivre dans un tel endroit, mais apparemment, il ne voulait rien changer à la décoration de sa regrettée tante. Je slalomais donc entre une statue en plâtre d'un homme nu grandeur nature (et très bien pourvu), un mur où pendait des menottes et quelques chaînes, et un tableau figurant le dieu Bacchus en pleine orgie pour me retrouver assis sur un canapé rose bonbon.

- Tu veux boire quelque chose ? me demanda Quatre tandis que Kama sautait sur mes genoux.

Ébranlé par ma dispute, je refusais silencieusement. Comment allais-je bien pouvoir lui parler de ce qui me préoccupait ? J'avais fait le fanfaron devant Heero, mais je ne pouvais quand même pas lui poser la question de but en blanc ! Voyant mon malaise, Quatre finit par me demander :

- Tout va bien ?

Je relevais la tête, surpris de la perspicacité du jeune homme. Trouvant une ouverture, je tentais :

- Je viens de me disputer avec Heero.

A mon grand désarroi, je vis une lueur joyeuse apparaitre dans les yeux du jeune homme. Heero avait-il raison finalement ? Même si je ne pouvais excuser ses paroles, ses accusations avaient-elles un fond de vérité ? Avant que je ne puisse faire un geste, Quatre qui s'était assis à côté de moi, se rapprocha légèrement et me susurra :

- Je peux peut être te consoler dans ce cas.

Et sans que je puisse faire un geste, il m'embrassa. Bien sûr, c'est à ce moment là que Heero déboula dans l'appartement et nous trouva enlacé. Je profitais de la surprise de Quatre pour me dégager et je me précipitais dans les bras de mon compagnon. A ma grande surprise, loin de me repousser, celui-ci m'accueillit contre lui et fit un rempart de son corps envers son employé.

- Je suis désolé, balbutia Quatre face au regard accusateur de son patron. Je croyais … je n'aurai jamais essayé mais … il a dit … je …Pardon.

Comme nous restions silencieux, moi mort de honte et Heero hésitant, Quatre finit par dire :

- Je vais démissionner.

A ces mots, je resserrai ma prise sur les vêtements de mon amour qui comprit le message.

- Il n'en est pas question Quatre ! Tu es un excellent employé, et je peux comprendre pourquoi tu as agit de la sorte. Nous sommes aussi coupables que toi, Duo pour avoir été ambigu et moi pour mettre tu au lieu de réagir.

- Mais …

- Non ! le coupais-je. Nous allons tous oublier ce qu'il vient de se passer. D'accord ?

Heero et Quatre acquiescèrent et nous finîmes par partir de l'appartement. J'étais vraiment désolé pour le jeune homme. Après tout, nous étions aussi responsables que lui de la situation, mais il devrait faire face seul aux conséquences. Pendant que nous marchions jusqu'à chez nous, je priais pour qu'il rencontre un homme qui soit pour lui ce que Heero était dans ma vie.

Une fois la porte fermée, nous nous retrouvâmes face à face et dîmes en même temps :

- Je suis désolé.

- Je n'aurais pas du vous insulter ainsi, continua Heero.

- Et je n'aurai pas du douter de toi, complétais-je.

Soudain épuisé, nous décidâmes d'aller nous coucher et, sans presque nous séparer, nous nous déshabillâmes mutuellement.

Une fois dans le lit, je me blottis contre mon amour et il me prit obligeamment dans ses bras. C'était un coup dur pour notre couple, surtout que Quatre allait rester dans notre entourage, mais il fallait que nous surmontions cet obstacle. Et nous étions prêts à tout pour rester ensemble.


Une semaine plus tard

- J'vais m'en occuper moi de ton protégé !

- Euh …. Tu es gentille Bibi, mais je doute que tu sois le type de Quatre !

- Je me doute, vu comment il mate tes fesses !

- Bibi !

- Oh ça va, fait pas ta chochotte ! Avec les fesses qu'à Heero, je me doute que tu dois pas faire que les mater les siennes !

Que répondre ? Non, en fait, j'avais appris une chose avec Bibi : ne jamais la contre dire. Donc motus et bouche cousue. Pas que le bouche d'ailleurs, car rien que de penser aux fesses de Heero … Non !Je dois rester concentré.

Après tout, si j'ai parlé de Quatre à Bibi (et dieu sait si j'ai épuisé toutes les issues avant d'en venir à elle) c'est pour qu'elle trouve une solution au problème de mon ami. Après tout, il vient de se faire jeter par son meilleur ami qui a peur de continuer leur relation devenant trop ambiguë, son patron fait tout ce qu'il peut pour être impartial, mais faut pas lui demander la lune non plus !

Donc ça va mal pour lui dans sa vie professionnelle comme privée et je ne peux rien faire directement. J'ai promis à Heero. Dernière chance : Bibi.

Mais là, d'un coup j'ai un doute. Surtout depuis que ladite Bibi a décroché le téléphone pour appeler un certain Stephen et que sa conversation est digne d'une ligne de téléphone rose. Quatre pardonne moi.

Je relève les yeux quand j'entends le combiné se raccrocher, et je vois le visage triomphant de ma secrétaire, ainsi que son pouce levé en signe de victoire. Après tout, Quatre ne tient pas l'alcool, il sera peut-être bourré avant de se rendre compte dans quoi je l'ai fourré.


Le lendemain

- Duo !!

Au cri bien reconnaissable de Quatre, j'ai un réflexe parfaitement stupide de me cacher sous mon bureau, mais je résistai tant bien que mal, après tout, je suis adulte, lui aussi, et j'ai agit pour son bien. Il suffit que je le résonne et il sera forcément d'accord avec moi !

Bien sûr, l'absence de Bibi à son poste ce matin n'est pas pour me rassurer, mais il peut y avoir beaucoup d'explications à son retard. Après tout, elle a peut-être flashé sur un inconnu dans la rue et survole maintenant l'océan pacifique pour rejoindre Las Vegas et l'épouser.

Ou bien elle a été victime d'un voleur à la tire et le pauvre attend qu'un médecin reconstitue son visage pendant que les policiers tentent de retenir la victime.

Bref, avec Bibi, on pouvait s'attendre à tout … même à la retrouver dans le lit de Quatre … et c'est bien ce que je redoute en le voyant entrer, complètement débraillé, encore dans son costume de la veille, pas rasé et très très furieux. Gloups. Tentons le regard innocent de celui qui n'est au courant de rien.

- Oh tu peux faire tes yeux de biches, je sais très bien que l'opération commandos de Bibi est ton œuvre ! Alors maintenant tu va devoir assumer !

Heero à l'aide. Si vraiment tu m'aimes, tu dois être capable d'entendre mes appels au secours mentaux alors pointe toi vite, sinon je suis cuit.

- Et n'espère pas avoir l'aide de Heero, il est occupé.

Adieu monde cruel.

- Donc c'est entre toi et moi ! rajoute Quatre en ce penchant au dessus du bureau.

Je recule le plus possible sur mon fauteuil ultra confortable et très résistant (testé et approuvé), mais impossible d'échapper au regard tueur de mon vis-à-vis.

- C'était si terrible que ça ? je lui demande très doucement.

Son regard me renseigne. Un mélange de colère, d'humiliation et de peur me fait face. Soudain un éclair de génie : la seule solution pour m'en sortir est de contre attaquer. Je tourne donc la tête vers la porte et m'exclame :

- Oh Bibi !

Dans un reflexe quasi surhumain, Quatre se retourne, les bras en position de défense, et j'en profite pour courir vers la sortie, mais il se reprend bien vite et me suit. La seule chose qui me sauve est la bonne nuit que j'ai passé dans les bras de mon amour alors que lui subissait Bibi.

J'arrive donc le premier dans le couloir et préfère descendre les escaliers plutôt que de perdre quelques précieuses secondes à attendre l'ascenseur. Quatre me suit mais il a l'air de s'essouffler plutôt vite car j'arrive à l'étage de Heero avec pas mal d'avance, juste le temps d'entrer dans son bureau et de fermer la porte à clef. Je me retourne alors, pour le voir raccrocher, très étonné.

- Duo ? Ca ne va pas ? me demande-t-il.

A ce moment là, Quatre commence à tambouriner à la porte et à me menacer des pires tortures si je n'ouvre pas tout de suite. Je vois Heero tiquer mais je suppose que c'est plus les images qui lui viennent à l'esprit face aux paroles de son employé que la situation qui le dérange. Si j'avais en plus du faire face à une crise de jalousie …. Mais je me reprends très vite et explique :

- J'ai demandé à Bibi de le sortir un peu.

Mais au lieu du grand sourire auquel je m'attendais, son visage redevient neutre et il s'approche de moi. Alors que je me demande si j'ai bien fait de lui dire, il s'arrêter à quelques centimètres et me demande :

- Tu l'as jeté en pâture à Bibi ?

Les coups derrière moi ont cessé et le silence est alors quasi religieux. Que peut-il me faire de pire que me ferai Quatre s'il m'attrapait ? Mmm, beaucoup de choses ! Après réflexion il vaut mieux que j'affronte ma victime plutôt que l'homme qui pourrait me faire dormir sur le canapé, résistant mais pas très confortable (là aussi testé). Je me retourne donc, ouvre la porte et attend la sentence, très digne. Quatre est toujours là, toujours furieux, et les autres employés se sont bien sûr tous arrêter pour nous regarder.

- Vas y, je suis prêt.

Je ferme les yeux, sûr de recevoir au moins un coup de poing et peut-être même une ou deux insultes (qui me feraient plus mal que des coups) mais rien ne vient. J'entrouvre un œil et vois Quatre, complètement dégonflé. Surpris, j'ouvre le deuxième et demande :

- Bah alors, tu ne me frappe pas ?

Il soupire et je peux voir à quel point il est épuisé.

- Je n'ai jamais eu l'intention de te frapper !

- Je l'aurai mérité.

Il m'examine un moment puis reprend en souriant un tantinet :

- Ça partait d'une bonne intention.

- Je suis désolé, je dis en baissant la tête.

Après quelques secondes de silence, Heero prend alors la parole.

- Prend ta journée, je n'ai pas besoin de toi.

- Mais …

- File te reposer ou j'appelle Bibi pour qu'elle te requinque.

Quatre passe alors du blanc au vert à une vitesse hallucinante puis il fait un demi-tour à vitesse grand V et s'enfuit du bureau.

En voyant mon sourire, Heero me frappe l'arrière du crâne.

- Aïe !

- Ça t'apprendra à te mêler de ce qui ne te regarde pas.

- Mais je voulais l'aider.

Il me fixe un moment puis répond :

- Tu ne peux rien faire pour lui, c'est son combat.

- Je sais, dis-je accablé. Mais c'est tellement triste !

- Tu verras, dans quelques temps il aura retrouvé le moral, et qui sait, il sera peut-être amoureux.

- Espérons.

- Aller, retourne bosser ! Et demande bien à Bibi tous les détails, je veux savoir tout ce qu'elle lui a fait subir !

- Heero !


Alors ?