Les Yeux de l'ombre
Disclaimer : rien ne m'appartient à part le personnage d'Eléana et quelques autres que vous reconnaîtrez aisément.
Je voudrais juste apporter un éclaricissement sur le comportement d'Eléana. Elle n'est pas super-puissante. Son avance en magie, ses bonnes notes en cours sont le résultat d'un apprentissage très tôt de la magie. Cela lui a donné de l'avance en cours et lui a permis de travailler d'autres sujets, c'est tout. Son accès de colère qui peut paraître disconcertant n'est pas "anormal". Ce que je veux dire c'est que nous avons vu que la magi est liée aux émotions. Un enfant sorcier peut utiliser la magie inconsciemment dans certaines situations et Bella dit à Harry lors de la bataille du Ministère qu'il faut le vouloir pour qu'un Doloris fonctionne. De ce principe, je me suis dit qu'il était tout à fait possible que la perte de contrôle des émotions peut entraîner une perte de contrôle de la magie. Ainsi, quand Eléana se sent "partir en vrille", c'est aussi sa magie qui déraille et pour ce calmer -magiquement et émotivement- elle créé une espèce d'explosion de magie qui la fatigue. Et je pars du principe que tout sorcier peut avoir ce genre de réaction soumis à une certaine pression. Après tout, l'être humain a bien ce que l'on appelle des crises de nerf ou des crises d'hystérie quand les émotions deviennent bien trop puissantes.
Il faut aussi prendre en compte le caractère d'Eléana et son éducation. Elle a été élevée d'un manière assez spéciale à un âge où l'on se construit (de la naissance à onze ans). Les valeurs qu'on lui a inculqué sont très fortes et sont restées un peu ancrées en elle. Enfin, ce chapitre devrait développer cet aspect là.
Après cette petite précision, je vous laisse avec ce chapitre…
Et n'oubliez pas le petit bouton à la fin, ça ne prend que 2 secondes et est très motivant (si vous êtes vous-mêmes auteur, vous le savez mieux que personne)
Bonne lecture !
Les cours reprenaient le lendemain et Eléana n'avait toujours pas dit à Severus qu'elle savait qu'il avait été au service de Voldemort. Elle ne savait pas comment lui dire, et à vrai dire, elle n'en avait pas vraiment envie. Mais elle pensait qu'il serait plus juste de commencer les cours sans avoir aucun secret, enfin le moins possible en tout cas. C'est pourquoi elle se trouvait devant la porte des appartements de Severus, pesant encore le pour et le contre. Il était presque vingt et une heure trente. Peut-être allait-elle le déranger ? Elle devrait mieux revenir plus tard. Elle allait tourner les talons quand elle se fustigea intérieurement et frappa trois coups brefs contre la porte. « Avec un peu de chance il n'est pas là. » Pensa-t-elle. Du bruit à l'intérieur lui prouva le contraire et quelques minutes plus tard, la tête de Severus apparaissait dans l'encadrement de la porte. Son visage laissa voir sa surprise seulement pendant une bref seconde.
- Que voulez-vous Miss McBaine ?
Ce qu'elle voulait ? Prendre ses jambes à son cou ! Elle espérait qu'il ne s'apercevrait pas de sa nervosité. Elle inspira :
- Est-ce que nous pouvons parler ? Je n'en aurais pas pour longtemps.
Il sembla réfléchir avant d'ouvrir en grand la porte avec un soupir d'agacement.
- J'espère que ce ne sera pas long, en effet, dit-il, cinglant.
« Fidèle à lui-même. » pensa Eléana avec amusement. Elle entra dans une vaste pièce qui servait sûrement de salon. Au centre, une table basse rectangulaire en bois sombre était entourée de plusieurs fauteuils et d'un canapé en cuir noir. Plusieurs volumes épais reposaient sur la table. Elle supposa qu'ils venaient de la Bibliothèque quand elle remarqua que les murs étaient tapissés de livres. En fait, des bibliothèques, en acajou semblait-il, avaient été placées contre les deux plus grands murs. Sur le troisième, un feu brûlait dans l'âtre d'une grande cheminée, entourée par deux portes. Un fauteuil avait été placé devant le feu. Il n'y avait aucun effet personnel : pas de photographies, ni de tableau ou d'autres œuvres d'arts. Seul l'étude des livres pourrait permettre de cerner un peu plus l'habitant de ces lieux. Derrière elle, un raclement de gorge la ramena à la réalité. Elle se retourna et s'apprêtait à parler quand elle se stoppa net. En face d'elle, se tenait Rogue. Mais pas le professeur Rogue, non mais bel et bien Severus Rogue. Il portait seulement un pantalon noir bien coupé et une chemise gris perle qui laissait imaginer un corps musclé et bien dessiné. Ses cheveux semblaient moins gras que d'habitude, plus soyeux et tombaient avec plus de légèreté sur ses épaules. Ils semblaient même légèrement ondulés à la pointe. Même son visage semblait moins sévère.
- N'aviez-vous pas quelque chose à me dire ? demanda le sorcier, conscient du regard que lui portait sa consoeur.
Lui dire quelque chose ? Eléana dut faire un effort pour se rappeler le but de sa visite. Elle détourna le regard de Severus.
- Oui. En fait,…
Avec horreur, elle se rendit compte que sa voix était plus rauque qu'elle n'aurait dû. Merlin ! Elle devait dire ce qu'elle était venue lui dire puis déguerpir en vitesse.
- Et bien ? demanda Rogue avec agacement
Elle allait lui dire qu'elle savait qu'il avait été un mangemort quand la Marque des Ténèbres brûla soudainement, lui arrachant un petit cri de douleur et de surprise. A ses côtés, le visage de Severus avait pâlit alors qu'il serrait le poing gauche. Elle en profita :
- Pas la peine de faire comme si vous n'aviez pas mal. Je sais que vous portez la Marque.
Aussitôt, elle vit le visage de son compagnon se fermer. « Bien joué ma fille. Tout en finesse. » pensa-t-elle. Elle fit un pas en avant :
- Ecoutez, je l'ai deviné et Molly et Sirius me l'ont confirmée.
Au nom du sorcier, le visage de Severus se crispa. Elle continua :
- Enfin, je voulais que vous sachiez que je sais. Je trouvais ça plus juste. Maintenant je crois que je devrais partir et vous laissez tranquille. Bonne nuit.
Elle rejoignit la porte à grandes enjambées, fixant le sol. Elle avait la main sur la poignée et s'apprêtait à la tourner quand :
- Vous ne demandez même pas d'explications ? Vous n'avez aucune question à me poser ?
Elle se retourna lentement, comme pour vérifier qu'elle avait bien entendue. Severus la fixait de son impénétrable regard et elle avait l'impression qu'il pouvait lire à travers son âme. Elle pensa que c'était peut-être le cas. Après tout, elle ne le connaissait pas. Peut-être maîtrisait-il la légilimancie et pouvait réellement lire son esprit. Les coins de la bouche de Severus se relevèrent et elle eut soudain peur que cela soit vrai.
- Pourquoi ne pas vous asseoir et me poser toutes les questions qui tourbillonnent dans votre esprit ? demanda-t-il en lui désignant un fauteuil de la main.
Elle hésita et finit par s'approcher d'un fauteuil sur lequel elle s'assit. D'un mouvement de baguette, Severus fit apparaître deux tasses et une théière. Il remplit les deux tasses du breuvage fumant et en tendit une à Eléana qui la prit en le remerciant.
- Répondrez-vous à toutes mes questions ? l'interrogea-t-elle.
- Non, lui répondit-il calmement alors qu'il s'asseyait en face d'elle. Vous ne saurez que ce que je veux bien que vous sachiez.
Elle amena la tasse à ses lèvres et but une gorgée du thé fruité. Framboise. Elle sourit. C'était bien étrange de se trouver assise là, face à cet être si mystérieux, à déguster un thé à la framboise.
- Plutôt que de sourire bêtement, posez vos questions et finissons-en !
- Toujours aussi aimable ! grogna Eléana. Très bien. Vous avez bien été un Mangemort ?
- Vous l'avez deviné vous même, c'est pour ça que vous êtes là. Cette question est donc inutile.
En fait, il n'était pas si différent que cela du Professeur Rogue. Toujours à employer ce ton froid et cinglant. Elle soupira :
- Je l'ai deviné, c'est vrai. Mais je veux entendre la vérité sortir de votre bouche.
- Soit ! Oui, j'ai été un Mangemort. Qui vous dit que je ne le suis pas encore d'ailleurs ?
- Vous êtes ici et Dumbledore semble beaucoup vous respecter. Pourquoi êtes vous devenu un serviteur de Voldemort ?
- J'avais mes raisons.
- Quand avez-vous changé de camp ?
- Il y a près de seize ans. Je suis devenu un espion à la solde de Dumbledore et ai commencé à enseigner ici.
- Pourquoi ? Pourquoi avoir changé de camp ?
Les yeux de Rogue devinrent d'un noir profond. Eléana remarqua avec étonnement que pas une fois depuis qu'elle était arrivée elle n'avait vu le visage de Severus tiquer. Après un silence de quelques secondes, il répondit d'une voix basse :
- J'ai mûri. Je me suis rendu compte que le chemin sur lequel je m'étais engagé n'était pas le bon. Albus a bien voulu m'offrir une seconde chance. Cela vous convient-il ?
Eléana posa sa tasse et se leva. Elle fit le tour de la pièce sous le regard acéré de son compagnon. Elle caressait le dos des livres quand elle dit :
- Vous êtes une personne bien étrange, Professeur Rogue.
- Si vous le dîtes, Miss Jedusor.
- McBaine, rétorqua la sorcière. J'ai une autre question.
- Allez-y.
- Pourquoi haïssez-vous tant Harry Potter ?
Le visage de Rogue se ferma aussitôt et un éclair de colère crispa ses traits.
- Cela ne vous regarde pas, grogna-t-il. Aussi plaisante qu'elle puisse être, cette entrevue est terminée. Vous feriez mieux de regagner vos quartiers.
Elle comprit qu'elle ne tirerait plus rien de lui alors elle décida de partir. Sur le seuil de la pièce elle se retourna. Severus était debout, près de la cheminée et semblait perdu dans la contemplation du feu. Lisait-elle de la tristesse sur son visage d'ordinaire si fermé et si sévère ? Cet homme avait la personnalité la pus complexe qu'elle n'avait jamais vu. Il paraissait si froid et si haineux, pourtant elle était persuadée qu'il était bien plus sensible qu'il ne voulait le laisser croire mais qu'il avait appris à dissimuler ses émotions. Elle tourna la poignée et entrouvrit la porte. Les yeux fixés sur un point invisible devant elle, elle dit dans un souffle, juste assez fort pour que Severus entende :
- Je me demande bien ce que la vie a pu vous faire pour que vous deveniez cet homme distant, froid et plein de haine que l'on connaît. Et je voudrais bien savoir à quoi ressemble le véritable Severus Rogue, quand il laisse tomber son masque.
Sur ces mots, elle partit rapidement. Elle ne voulait pas qu'il lui réponde, juste qu'il réfléchisse à ce qu'elle venait de lui dire. Et cela marchait. Dans le salon, Severus gardait les yeux fixés sur les flammes mais ne les voyait pas. Il savait qu'elle était partie. Pourquoi lui avait-il demandé de rester ? Il aurait dû la laisser partir dès sa première tentative et ne pas la retenir. Il perdait le contrôle des évènements. Depuis l'arrivée de cette sorcière, plus rien n'allait ! Il la laissait s'approcher trop près de lui. Il fallait qu'il prenne ses distances le plus vite possible. Dès demain, il lui ferait clairement comprendre qu'elle devait rester à sa place d'assistante. Oui, c'était la meilleur chose à faire. Mais alors, pourquoi cette pensée ne le satisfaisait pas plus ?
µµµ
Il était près de vingt heures et Eléana discutait tranquillement avec son serpent. Elle racontait sa vie à Shirine, espérant ainsi qu'elle comprenne mieux le monde qui l'entourait. Après tout, à présent, elle y vivait aussi. Les cours avaient repris tranquillement avant-hier dans une atmosphère étrange. Elle n'avait pas vraiment reparlé à Severus depuis leur dernière entrevue. Ils ne se voyaient que dans le cadre professionnel, annonçant les cours qu'ils avaient l'intention de donner et ce genre de banalités. D'ailleurs, à sa grande surprise, il avait décidé de lui donner entière liberté pendant ses cours, la laissant seule face aux classes qui lui avaient été attribuées. Il avait jugé inutile qu'il reste assis dans la classe alors qu'elle se débrouillait parfaitement bien seule. Elle ne savait pas exactement si il avait dit la vérité ou si il voulait juste passer le moins de temps possible avec elle.
Un coup frappé à sa porte la sortit de ses pensées. Elle regarda l'heure, se demandant qui pouvait bien venir la voir quand elle se rappela que c'était sa première séance avec Harry. Elle se leva et alla lui ouvrir. Elle le salua et l'invita à entrer. Il obéit mais elle sentit tout de suite son malaise. Elle se rappelait la tête qu'il avait fait quand elle lui avait dit que leurs rencontres allaient avoir lieu dans ses appartements et non dans une salle de classe. Ce n'était pas conventionnel et semblait déranger le jeune homme.
- Tu veux quelque chose à boire ? proposa-t-elle.
- Un verre d'eau s'il vous plait Professeur McBaine.
Elle sourit :
- Oublie le Professeur McBaine. Ici, tu peux m'appeler Eléana.
Il la regarda avec des yeux comme des soucoupes. L'appeler par son prénom ?
- Ne fais pas cette tête ! C'est un service que je te rends. Nous ne sommes pas dans le cadre de l'école donc moins de formalité. Et je dois t'avouer qu'à chaque fois qu'on m'appelle Professeur McBaine, je me sens vieille et ça ne fait que me rappeler que je vis sous une fausse identité. Je préfèrerai éviter autant que possible. Tu es d'accord ?
- D'accord.
Elle l'invita à s'asseoir devant son bureau et elle le vit regarder étrangement son bureau et le fouillis qu'il y avait dessus. Elle déposa un verre d'eau et rangea un peu, ce qui voulait dire qu'elle rassembla le tout en petit tas de chaque coté de son bureau afin de laisser de l'espace vide au centre. Elle lança un sourire d'excuse au jeune homme :
- Je ne suis pas vraiment quelqu'un d'organiser. J'aime bien mon petit bordel. Le Professeur Rogue en est moins fan par contre.
Elle le vit retenir un rire.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous ne parlez pas comme ça en cours. Là, vous êtes presque…il hésita.
- Comme vous ? Je n'ai que vingt quatre ans tu sais. Je ne suis pas si vieille que cela. Et je suis américaine.
Elle prit tout un tas de livres qu'elle posa sur le bureau. Harry les regarda. Il y a en avait au moins une demi-douzaine. Des volumes épais et assez poussiéreux.
- Voici notre instrument de travail, annonça-t-elle en tapant des mains sur le haut de la pile, soulevant un nuage de poussière.
- Je croyais que vous alliez m'apprendre à devenir un Animagus ? demanda-t-ils sans vraiment comprendre pourquoi cet amoncellement de livres.
- C'est exact. Hélas, c'est quelque chose de dur et de dangereux. On ne devient pas un Animagus comme cela Harry. D'après ce que j'ai entendu dire, tu es un sorcier assez doué quand tu le veux bien. J'ai entendu parler de ton patronus. C'est presque inimaginable d'imaginer un enfant de ton âge en réussir un. Donc, j'ai bon espoir que tu puisses assimiler rapidement les connaissances nécessaires pour devenir un Animagus. Mais on ne va pas griller les étapes et commencer par la théorie avant de s'attaquer à la pratique.
- D'accord, dit le jeune homme légèrement déçu.
Elle prit le premier livre, l'ouvrit à une page précise et le tendit au jeune homme, lui ordonnant de lire. Il regarda l'écriture ancienne, petite et serrée et soupira avant de s'exécuter. Il avait cru que cela allait être amusant, que cela allait changer un peu de la routine. Apparemment il avait tort. Il commença sa lecture sans avoir remarqué l'œil amusé que lui lançait le professeur. Il passa l'heure suivante à apprendre les risques de l'apprentissage de la métamorphose animale. A croire qu'Eléana voulait le décourager ou l'effrayer. Si c'était le cas, c'était presque réussi. Elle avait regardé son visage se décomposer à mesure qu'il lisait le livre qu'elle lui avait tendu. Son regard avait perdu en assurance et en certitude. Finalement, quand elle lui dit de refermer le livre, il passa une main nerveuse dans ses cheveux, l'air complètement découragé. Elle rangea les volumes sur les bibliothèques.
- Comment tu te sens ? lui demanda-t-elle.
- J'y arriverai jamais, soupira-t-il.
Elle s'assit à sa place et chercha son regard des yeux. Il fut surpris en voyant le visage grave et très sérieux de la sorcière. Il ne l'avait presque jamais vu comme cela.
- Devenir un Animagus n'est pas un jeu Harry. Encore moins dans notre cas. Si Dumbledore veut que je t'apprenne à en devenir un, c'est pour que tu puisses avoir une porte de sortie en cas de situation difficile. C'est presque une question de vie ou de mort. Il faut que tu comprennes l'enjeu de ces séances. Tu peux y arriver, mais il va falloir cravacher. Tu connais maintenant les risques. Si tu t'embarques dans l'aventure, tu ne pourras plus faire marche arrière. J'ai l'air gentille comme ça mais si tu veux vraiment que je t'aide à devenir Animagus, je ne te lâcherai pas. Je ne tolèrerai aucune excuse, aucune faiblesse, aucun changement de décision. Je veux que tu te donnes à fond. Je n'attendrai pas de toi que tu fasses de ton mieux mais que tu repousses tes propres limites. Est-ce que c'est clair ?
Il hocha la tête en déglutirant difficilement.
- Prends le temps de réfléchir. Si tu acceptes, tu viendras ici la semaine prochaine, même heure. Si tu n'es pas prêt à t'investir, ce n'est pas la peine de venir.
- D'accord.
Elle le regarda. Il avait l'air un peu chamboulé, perdu dans ses propres pensées. Elle se leva et il l'imita. La séance était terminée. Elle le raccompagna à la porte mais ne l'ouvrit pas tout de suite.
- Est-ce que tes amis savent ce que tu fais ici ?
- Oui.
- Comment ont-ils réagi ?
- Ils auraient voulu venir et devenir eux aussi des Animagus. Mais le professeur Dumbledore a été clair sur le fait que je devais être le seul à venir. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi. Hermione et Ron ont toujours été là pour moi.
- Peut-être mais tu es le seul que Voldemort veut tuer. Ils ne comprendront jamais vraiment l'impact que ce sorcier a sur ta vie Harry. Tu es plus impliqué qu'eux. Ils te diront sûrement le contraire mais ils auront tort. Ils ne seront pas toujours avec toi pour te protéger non plus. Tu dois apprendre à ne pouvoir compter que sur toi. N'espère pas pouvoir toujours attendre des secours. Face à l'obsession qu'il a pour toi, tu es seul Harry.
- Vous êtes plutôt pessimiste, grimaça le sorcier.
- Juste réaliste. Bonne nuit Harry.
Elle lui sourit tendrement. Harry sentit une émotion étrange. La connivence. Dans ce sourire, il comprit qu'elle, mieux que personne, savait ce que cela faisait de voir toute sa vie être mise en danger par Voldemort. Mais surtout, plus que tout, elle savait ce que cela faisait de se dire que toute sa vie avait pris ce chemin désastreux à cause d'un seul homme, d'un seul sorcier qui avait pris un jour une décision qui avait tracer votre destin et que vous ne pouviez changer.
- Bonne nuit Prof…Eléana.
Il sortit et se retrouva seul dans les couloirs des donjons, entendant la porte se refermer derrière lui. Déjà, il savait qu'il reviendrait.
Après la séance avec Harry, la sorcière décida de s'accorder du temps pour elle. Une soirée de cocooning, voilà ce qu'elle allait faire. Elle avait ramené tout un tas de pommades, crèmes, vernis à ongles et autres d'Amérique et elle était bien décidée à s'en servir. Elle soupira en pensant que les sorcières ne comprendraient jamais le bien de ces produits. Avec elles, deux ou trois sortilèges et elles étaient magnifiques. Pour Eléana cela n'avait aucune intérêt. C'était rapide, certes. Et après ? Elle allait peut-être passer les deux ou trois prochaines heures à se tartiner le visage de crèmes diverses, à s'épiler à la cire en se faisant un mal de chien, à se peindre les ongles et attendre qu'ils sèchent en les gardant en l'air d'un air ridicule. Mais le plus important était que ces deux ou trois heures allaient être exclusivement réservée à son bien être, à elle et à elle seule. Et c'était l'une des choses les plus reposantes qu'elle connaissait. Aucune réflexion. Juste un enchaînement de mouvements mécaniques destinés à faire ressortir sa propre beauté. Une merveille.
Elle commença en se faisant un couler un long bain. Elle fit couler seulement deux robinets, laissant la baignoire se remplir lentement, comme l'aurait fait une moldue. L'attente était une composante essentielle. Pendant ce temps, tout en fredonnant, elle sortit tous ses produits de beauté, les alignant sur le bord du lavabo dans l'ordre d'utilisation. Gel douche gommant, shampoing spécial brune, après-shampoing hydratant générateur de volume, cire à épiler, crème pour le corps amincissante, hydratante et auto-bronzante (il n'y avait pas à dire, ces moldus étaient quand même doués), gel purificateur pour le visage, masque gommant unificateur de teint, crème hydratante anti-brillance, lime à ongles, base protectrice pour ongles anti-cassures, kit de french manucure, parfum. Elle était fin prête.
Elle glissa dans l'eau avec délectation et sourit en jouant avec la mousse. Elle bénit une nouvelle fois les moldus de toutes ces inventions et plaignit ces pauvres sorcières qui par leurs a-priori ne connaîtront jamais le bonheur du cocooning.
Sa petite séance dura jusqu'à minuit mais elle n'eut pas l'effet escompté. Au lieu d'être heureuse et détendue, elle était nerveuse et angoissée. La raison principale était la Marque hideuse sur sa nuque qui ressortait plus que jamais et la faisait souffrir à en pleurer. Il s'était passé quelque chose. Quelque chose de très bien pour Voldemort. Elle alla se coucher tout en sachant pertinemment qu'elle dormirait peu et que le matin serait porteur de mauvaise nouvelle.
Et elle n'avait pas tort. Elle fut l'une des premières à entrer dans la Grande Salle. Tirée à quatre épingles, elle donnait l'image de la sorcière pur-sang parfaite. Sa robe bleu comme ses yeux était parcourue de perles, de dentelles noires et était hors de prix. Sa chevelure avait était relevée en un chignon sophistiquée qui ne faisait que rehausser son port de reine. Son maquillage était sombre et énigmatique. Le noir entourant ses yeux était appuyé et faisait ressortir le bleu de ses iris, rendant son regard envoûtant. Sa bouche était peinte d'une teinte de rouge sombre rappelant celle du sang. Elle ne savait pas pourquoi elle s'était habillée comme cela. Quelque fois, elle faisait cela par impulsion, se rappelant ces femmes qui dînaient à la table de Père autrefois et partageaient son lit. Elles étaient tellement belles aux yeux de la petite fille. De véritables reines. Elle s'était toujours dit qu'un jour, elle leur ressemblerait. Elle s'était levée ce matin avec ses souvenirs et un autre, presque douloureux tant elle avait honte.
Elle devait avoir huit ans et une sorcière, une certaine Natalia, vivait presque au manoir tant elle était présente. Elle était la favorite de Voldemort à cette époque. Eléana ne pouvait qu'envier sa beauté. Le sorcière avait les cheveux les plus noirs que la petite fille n'ait jamais vu. Ils tombaient raides sur ses épaules jusqu'à atteindre sa taille. Ils encadraient un visage aux traits fins et réguliers si parfaits qu'ils en paraissaient surréalistes. Sa peau était très pâle, presque blanche, translucide. Et ses yeux… Deux yeux d'un vert clair envoûtant dont l'iris était cerclé d'un anneau doré. Natalia portait toujours des robes extravagantes rehaussant sa beauté. Des robes sombres mais pas tout à fait noires qui faisait ressortir son teint exceptionnel sans éclipser la couleur de sa chevelure. Il y avait une grandeur dans toute sa personne, une grâce dans chacun de ses mouvements qui hypnotisaient la petite fille. Elle haïssait cette femme tout en la vénérant, lui vouant un culte étrange. Voldemort s'en était aperçu. Il observait les yeux plein d'admiration de sa fille adoptive, la manière qu'elle avait d'imiter les mouvements de Natalia. Un jour, il l'avait surpris à tenter de se maquiller dans sa chambre. Quand il était entré, elle avait tenté de faire disparaître le maquillage de peur qu'il ne la gronde. Au lieu de cela, il était venu se placer derrière elle devant la coiffeuse et ils s'étaient observés dans le miroir. Il avait relevé le menton d'Eléana :
- Natalia est une femme très belle, n'est-ce pas ?
Elle avait dégluti en tentant de hocher la tête. C'était plutôt dure alors que la main du Mage Noir retenait toujours son menton.
- Sa beauté n'est rien comparé à la tienne.
Les yeux de la petite fille s'étaient agrandis de surprise.
- Tu seras magnifique Eléana. Il manque tellement de choses à Natalia pour t'égaler. Jamais elle n'aura ses boucles folles qui te donnent cette allure sauvage et indomptable. Le teint de sa peau ne sera jamais aussi parfait que le tien. Sa voix ne sera jamais aussi mélodieuse que la tienne. Il lui manquera toujours cette aura de magie et de mystère qui t'entoure. Mais surtout, surtout, elle n'a pas tes yeux. Tes yeux, ma princesse, sont les deux choses les plus magnifiques que j'ai vu sur cette terre. Ils appartiennent aux Ténèbres. Ils ont cette profondeur que seule l'Ombre peut leur donner. Presque noirs mais si lumineux. De cet éclat dangereux des pires orages qui éclatent lors d'une nuit sans lune. Dur, métallique mais paradoxalement si envoûtant. Tu es déjà une reine. Ne laisse personne t'enlever cette certitude. Au contraire, pare-toi des plus belles choses de cette Terre pour montrer au monde entier que personne ne peut t'égaler. Non, personne ne t'égalera jamais.
La petite fille qu'elle était avait senti son cœur se gonfler d'amour sous ce discours. Et elle détestait ce souvenir. Elle détestait ces moments où Voldemort lui avait montré de l'affection, où il avait été un père. Parce qu'elle était une petite fille et que pour elle, il était son père, aussi monstrueux était-il. Il y avait des jours comme aujourd'hui où elle se rappelait ces moments et où elle avait envie de suivre ces conseils. De montrer au monde qui elle était et que personne, jamais, ne l'égalerait. Elle s'en voulait immédiatement de penser cela. C'était un combat constant avec elle-même.
Quand elle entra dans la Grande Salle, l'allure hautaine, un silence s'abattit sur la pièce. Etait-ce bien l'assistante du professeur de potions ? Etait-ce bien celle qui s'habillait comme une moldue sans se soucier du qu'en dira-t-on ? Les Serpentard furent les premiers à recouvrer la parole et à murmurer entre eux. Elle s'assit majestueusement à la table des professeurs, jetant un coup d'œil à ceux qui l'entouraient. Elle ne sourit pas aux quelques bonjours timides qu'elle reçut. Elle n'était pas d'humeur.
Soudain, les hiboux entrèrent, porteurs du courrier et des mauvaises nouvelles qu'Eléana redoutait tant. En première page, les visages pâles en noir et blanc de neuf Mangemorts accrochaient le regard. la sorcière lut le titre : « Evasion massive d'Azkaban. Le Ministère craint que Black soit le point de ralliement d'anciens Mangemorts ». Elle fit de son mieux pour garder un visage impassible en lisant l'article qui décrivait l'évasion des dix Mangemorts, neuf hommes et une femme. Elle faillit hurler devant la stupidité du Ministère qui plaçait Sirius Black comme chef. Ces britanniques étaient stupides ! Elle était fixée sur le journal, oubliant son entourage. Elle reconnaissait certains des visages. Par exemple celui-là, Xander Artfik, qu'elle avait connu quand elle était enfant. C'était un Mangemort du Premier Cercle qui lui avait enseigné plusieurs sorts. Elle fut étonnée aussi en découvrant Bellatrix Lestrange et en apprenant qu'elle était la cousine de Sirius, mais surtout qu'elle avait été comdamnée pour « tortures ayant entraîné une incapacité permanente sur les personnes de Frank et Alice Longdubat. » Son regard balaya aussitôt la table des Gryffondor et découvrit un Neville plus pâle que la mort. Le reste des professeurs avaient la mine sombre. Dumbledore et McGonagall étaient en pleine conversation. Le reste de la salle était calme, comme si les étudiants étaient inconscients de ce qui venait de se passer, de ce que cela signifiait. Elle croisa le regard de Harry, plein de colère mais aussi de détresse.
Le visage de Artfik revint au premier plan, faisant remonter des souvenirs enfouis. Elle ferma les yeux, porta une main à sa nuque, là où la Marque était camouflée sous un sortilège. Elle avait l'impression d'étouffer. Elle sentit le bout de ses doigts se mettre à picoter. Elle devait sortir. Elle poussa sa chaise en arrière et s'apprêtait à se lever quand elle croisa le regard d'Ombrage. La femme-crapeau semblait beaucoup moins sure d'elle que d'habitude. Son regard était plus fuyant. Eléana éprouva une vive répulsion à l'égard de cette soi-disant sorcière. Pour qui se prenait-elle ? Qu'avait-elle à dire ? Elle tendit sa main vers sa tasse et demanda, assez fort pour que tout le monde l'entende :
- Alors professeur Ombrage, que pensez-vous des nouvelles ?
La conversation entre Albus et Minerva s'arrêta alors qu'ils se tournaient vers elle. Ils attendaient la réponse eux aussi.
- C'est un désastre. Mais les meilleurs Aurors sont sur la piste de ses fugitifs.
- Les meilleurs, hein ?
Eléana lâcha un petit rire méprisant qui surpris tous les professeurs. Rogue jeta un coup d'œil bref vers Albus qui haussa les sourcils en signe d'incompréhension. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle faisait.
- Je suppose que tant que ce n'est pas vous qui les avez entraînés, ils ne peuvent être que bons, non ?
- Qu'est-ce que vous insinuez ?
Ombrage paraissait outragée à présent et la fille adoptive de Voldemort en ressentit une vive jubilation. Elle se leva avec aisance et grâce avant de toiser avec mépris Dolores.
- Je n'insinue rien.
Elle se pencha à l'oreille de son ennemie :
- Je dis juste que ce n'est pas dans vos livres que l'on apprend à se battre contre des Mangemorts. Pas si l'on veut survivre. Dîtes-moi Dolores, face à l'un d'entre eux, que ferez-vous ? Vous l'assommerez en récitant le manuel ?
Puis Eléana lui lança un sourire à faire froid dans le dos, cruel et mesquin. Elle replaça sa chaise et remonta l'allée jusqu'aux portes. Severus la suivit du regard en se demandant ce qu'il lui prenait. Elle était différente, plus majestueuse. En la voyant entrer, il en avait eu le souffle coupé. Elle était magnifique. La froideur qui se dégageait d'elle lui avait fait penser à des sorcières de sang-pur qu'il avait souvent croisé. Il l'avait observé pendant qu'elle découvrait la première page du journal. Elle n'avait rien laissé voir. Même son regard était resté impénétrable. Et à présent, elle filait vers la sortie, donnant l'impression de toucher à peine le sol tant ses mouvements étaient fluides et gracieux.
Eléana alla directement dans la salle de classe où elle avala le contenu d'une fiole pour apaiser les migraines et commença à préparer la salle pour le premier cours de la journée. Elle devait se sortir tous ses souvenirs de la tête avant qu'ils ne l'obsèdent encore plus. Il y avait un dicton moldu qui disait « Chasser le naturel, il revient au galop. » C'est exactement ce qui se passait avec elle. Elle avait beau tenté d'oublier son passé, il faisait partie d'elle. Régulièrement, il revenait la hanter jour et nuit. Elle faisait alors de son mieux pour tenter d'écarter ses souvenirs rapidement. Elle y arrivait rarement. Les souvenirs partaient aussi vite qu'ils étaient venus. Elle espérait cette fois-ci qu'ils la laisseraient en paix rapidement. Pour cela, elle avait néanmoins besoin d'un minimum de tranquillité. Elle sentait que ce n'était pas à Poudlard qu'elle l'aurait. Et elle n'avait pas tort.
La bombe suivante tomba sur elle le lendemain. Elle s'était levée après une nuit hantée de souvenirs plus ou moins plaisants. Elle fit de son mieux pour éclaircir son humeur le temps de se préparer. Il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas cédé à une de ses colères légendaires à Salem. Elle était fière d'elle d'ailleurs. Son état d'esprit l'effrayait car elle se savait plus vulnérable pendant ces périodes éprouvantes pour elle. elle se pomponna, rehaussant sa beauté comme la veille. Elle caressa Shîrine en sortant et elle la vit. La note avait été déposée sur son bureau. Elle la saisit et s'étrangla :
Par ordre de la Grande Inquisitrice de Poudlard
Il est désormais interdit aux professeurs de communiquer aux élèves toute information qui ne serait pas en rapport direct avec la matière qu'ils sont payés pour enseigner.
Conformément au décret d'éducation numéro vingt-six.
Signé : Dolores Jane Ombrage, Grande Inquisitrice.
D'abord, elle resta figée dans une expression de profonde stupeur. Puis, elle ferma les yeux, tentant de garder son calme. Mais la colère monta peu à peu. De quel droit cette odieuse bonne femme lui disait ce qu'elle avait le droit de dire et de ne pas dire à ses élèves ? De quel droit se mêlait-elle des relations entre professeurs et élèves ? De quel droit pondait-elle un article aussi stupide ? Et quel était le triple imbécile qui avait accepté d'en faire un décret d'éducation ? Elle respira à fond en se répétant qu'elle ne devait pas s'énerver. Cette fois-ci, elle ne pourrait pas manipuler Lucius Malefoy pour qu'il l'aide. Elle était également dans la ligne de mire de Voldemort. Elle devait faire profile bas.
« Tu es déjà une reine. Ne laisse personne t'enlever cette certitude. Au contraire, pare-toi des plus belles choses de cette Terre pour montrer au monde entier que personne ne peut t'égaler. Non, personne ne t'égalera jamais. »
Elle ouvrit les yeux en entendant la voix de son père résonner dans son esprit. Et tout devint clair. Elle sortit de ses appartements, le sang bouillant dans ses veines, le décret coincé dans sa main serrée. Elle savait où elle allait mais n'avait pas vraiment de contrôle sur ce qu'elle faisait. Personne ne lui dicterait sa conduite ! Et encore moins cette Ombrage.
Elle ouvrit les grandes portes de la Grande Salle d'une puissante poussée de magie, les envoyant valdinguer contre le mur, faisant sursauter tout le monde. Elèves comme professeurs la virent arriver avec crainte et tous, même les plus novices, sentirent la magie émaner d'elle. Rogue et Dumbledore échangèrent un regard paniqué. Ce n'était pas bon du tout. Elle s'arrêta face à Ombrage :
- De quel droit osez-vous publier une telle ineptie ? gronda-t-elle.
L'hideuse sorcière ne montra pas sa peur et la toisa de sa chaise.
- J'ai tous les droits Miss McBaine, expliqua-t-elle d'une voix suffisante.
- Pas sur mes paroles Ombrage ! Jamais sur mes paroles. Personne ne me dicte ma conduite et surtout pas une femme telle que vous.
- Je suis la Grande Inquisitrice Miss McBaine ! Vous devez me respecter.
Eléana lâcha le décret et aplatit ses deux mains sur la table juste en face de son ennemie, la faisant sursauter. Ombrage perdit de l'assurance ce qui ne fit qu'alimenter la colère de la jeune sorcière.
- Vous respecter ? Vous n'êtes qu'une bonne femme frustrée par votre vie minable. Vous prenez votre pied en pondant ces décrets absurdes parce que toute votre vie est un échec.
- Vous…vous ne savez rien de ma vie, trembla Dolores.
La fille de Voldemort lui lança un regard meurtrier et un sourire carnassier :
- Dès le départ vous avez été un échec pour vos parents. Une enfant boulotte loin de la beauté classique que votre mère souhaitait. Puis une mauvaise élève. Ce n'était pas de votre faute. Vous n'y arriviez pas. Tous ses enfants autour de vous qui s'en sortaient sans problèmes et vous qui deviez vous tuer à la tâche pour atteindre un peu plus de la moyenne, ce devait être frustrant, non ? Pas d'amis. Ils se moquaient tous de vous, du boudin, de la mocheté. Aucun homme ne s'est vraiment intéressé à vous à part les plus désespérés. Jamais mariée, jamais d'enfants. Vous avez grimpé dans la hiérarchie du Ministère à coup de lèche et de chantage. Et vous voilà, de retour là où votre vie a été un enfer. Et vous vous vengez en voulant tout maîtriser parce que même ici vous échouez. Un troll serait un meilleur professeur que vous. Tous les élèves vous haïssent. Et vous vous retrouvez encore dans le rôle de la petite Dolores frustrée. Alors vous prenez votre pied en jouant la belle garce. Encore faudrait-il que vous soyez belle.
Ombrage passa par toutes les couleurs jusqu'à suffoquer de rage. Elle se leva et porta inconsciemment la main à sa baguette. Cela fit sourire Eléana :
- Vous allez faire quoi ? Me lancer un sort ? Ca serait contraire au règlement, non ? Et vous savez encore comment faire ? Dites, dans un de vos bouquins, est-ce qu'il vous donne la marche à suivre dans ce genre de situation ?
- Je reporterai votre comportement au Ministère !
- Mais allez-y ! C'est sûr, c'est pas comme si ils étaient occupés à courir après une bande de Mangemorts évadés de leur prison hyper sécurisée.
Elle sentit quelqu'un la prendre par le bras et se laissa éloigner. Derrière elle, elle entendit la voix de Dolores Ombrage :
- Je ne sais pas pour qui vous vous prenez Miss McBaine mais…
Aussitôt, elle se dégagea de l'étreinte de celui qui la retenait et fondit sur Ombrage :
- Vous n'avez aucune idée de qui je suis Ombrage ! Et personne, pas même votre Ministre, ne m'arrive à la cheville ! Personne pas même lui ne me dictera ma conduite !
La pression autour de son bras se fit plus forte. Elle sentit quelqu'un tenter de pénétrer son esprit et se tourna vers celui qui la tenait, prête à lui dire sa façon de penser. Elle tomba alors sur le visage complètement fermé de Rogue. Il la tira, la faisant sortir de force de la salle. A la table des professeurs, Albus et Minerva avaient encadré Dolores et tentaient de la calmer. En voyant cela, Eléana grogna. Severus resserra sa prise autour de son bras. Arrivés dans le Grand Hall, il la lâcha.
- Vous allez réussir à vous calmer seule ou je dois vous emmener à l'infirmerie pour qu'on vous mette sous calmant ?
Il ne reçut qu'un regard meurtrier qui le déstabilisa. Cette femme avait un charisme incroyable.
- Vous n'allez pas me dire que vous allez obéir à ce décret ?! Il est ridicule !
- A vrai dire, que j'y obéisse ou pas, cela ne changerait rien quant à mes relations avec les élèves.
- Bien sûr ! Vous êtes Rogue.
Il fit une tête étrange en entendant cela. Elle regretta d'avoir dit cela. il croisa les bras sur sa poitrine :
- Qu'attendez-vous de moi, Miss McBaine ? Que je vous dise que vous avez raison ? Oui, ce décret est ridicule. Il attaque directement notre liberté d'agir avec nos élèves. Mais la réaction que vous avez eue était complètement inconsidérée et puérile. Croyez-moi, les élèves eux-mêmes mettront rapidement en avant l'imbécillité de ce décret. Ayez confiance en eux là-dessus. Maintenant, retournez dans vos appartements et détendez-vous. Si cet après-midi, vous vous sentez plus calme, venez m'aider en cours. Sinon, prenez votre journée.
Elle le regarda interloquée :
- Vous me congédiez ?
- Vu votre état, oui. Je ne veux pas de vous prête à exploser à n'importe quel moment dans ma classe.
Il la vit faire une moue indignée avant de tourner les talons et de s'en aller sans même un regard en arrière. Il n'était pas prêt d'oublier ce qui venait de se passer. Il n'avait jamais vu quelqu'un dans un tel état de rage. Mais surtout, il avait remarqué la lueur de satisfaction qui avait éclairé le regard de la sorcière quand elle avait décrit la vie ratée de Dolores Ombrage. Elle l'avait fait souffrir et cela l'avait réjoui. C'était la première fois qu'il avait un vrai aperçu de la part d'ombre d'Eléana Jedusor.
à suivre...
