Les Yeux de l'Ombre

Disclaimer: rien ne m'appartient à part le personnage d'Eléana et quelques autres que vous reconnaîtrez aisément.

Bon, petit update rapide en plein milieu de problème de pc Je n'ai plus Internet, ce qui n'est pas très pratique. Au moins, l'université quelque chose de bien: le wifi !!

Et en attendant, je viens de dépasser la centième page :p

Donc, profitez de ce chapitre et l'absence d'Internet ne vous dispense pas d'utiliser le petit bouton à la fin

Bonne lecture !


Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester coucher. Le problème avec ces jours-là, c'est que nous les reconnaissons quand il est déjà trop tard. La journée commence mal, mais on garde espoir. Seulement, à mesure que le temps passe, la journée devient peu à peu infernale.

Eléana ouvrit les yeux et sentit immédiatement l'étau qui enserrait son crâne et qui promettait de devenir une belle migraine. Cela eut pour effet de saper immédiatement son moral. Elle grogna et repoussa les couvertures. A moitié endormie, elle se traîna jusqu'à sa réserve de potions. Elle prit une petite fiole et avala rapidement le contenu. Elle grimaça sous le goût amer du liquide. Elle jeta un coup d'œil à l'horloge et lâcha un juron. Elle était en retard !

Se déshabillant rapidement, elle se jeta sous la douche, fit couler l'eau et un jet glacé s'abattit sur elle. Elle tenta de tourner le robinet d'eau chaude mais rien n'y fit. Résolue, elle se savonna en un rien de temps. Après s'être séchée, elle prit des affaires au hasard, les enfila, passa sa robe et se rua dehors. Son premier cours de la journée – Deuxième année Serpentard et Gryffondor ­– commençait dans moins de dix minutes. Mais avant, elle devait manger. La Grande Salle étant trop loin, elle opta pour les cuisines.

Les elfes de maison étaient en pleine effervescence à cette heure matinale. Dobby s'occupa d'elle et lui apporta le beignet et le café qu'elle lui demanda poliment. Deux minutes plus tard, son petit déjeune en main, elle se dirigeait rapidement vers sa salle de classe, tout en déjeunant. Tournant sur la droite, elle sursauta en se retrouvant face à Peeves et lâcha son café qui s'écrasa par terre. Elle lui jeta un regard désolé avant de lever les yeux sur le fantôme. Il arborait un sourire qui ne disait rien qui vaille. Elle fit un pas à droite pour le dépasser. Il suivit son mouvement.

- Qu'est-ce que tu veux Peeves ?

- C'est une nouvelle mode ?

Elle sentit l'agacement poindre. Elle n'avait pas le temps de jouer aux devinettes.

- Quoi ? grogna-t-elle.

- Le pull à l'envers.

Elle baissa les yeux. « Et merde ! pensa-t-elle. » Elle entra dans la première classe vide et régla ce problème avant de sortir et de reprendre son chemin. Dans son dos, elle entendit la voix du poltergeist dire :

- Pourtant, je pensais que la douche froide vous réveillerait !

Ravalant sa colère, Eléana continua son chemin. A mesure qu'elle approchait des donjons, elle entendait des voix s'élever, colériques. Elle ferma une seconde les yeux. « Non pas ça, pria-t-elle silencieusement. Pas ce matin. » Hélas, personne n'entendit as prière. Le temps qu'elle arrive, la tension s'était accrue entre les élèves des deux maisons concurrentes. Ils se criaient dessus, s'insultaient pour elle ne savait quelle raison. Ce n'était vraiment pas la journée pour créer une bagarre. Et ses élèves eurent l'intelligence de le remarquer dès qu'ils la virent. Aussitôt, le volume sonore diminua et seuls des regards haineux demeurèrent. Sans les regarder, elle entra dans la classe, inscrivit les instructions au tableau avant de s'asseoir à son bureau, ignorant superbement ses élèves. De temps en temps, elle leur jetait des regards sévères. Les cinquante premières minutes se passèrent sans anicroches. Mais voilà, ce n'était pas sa journée. Un chaudron explosa, éclaboussant les Serpentard. Furieux, ces derniers se tournèrent vers les deux Gryffondor responsables. Le temps qu'Eléana arrive à leur niveau, les baguettes étaient sorties. Elle ordonna aux Serpentard de les ranger mais ils ne l'entendirent pas de cette oreille. Elle leur retira vingt points. Hélas, cela ne fit qu'augmenter les protestations. Au milieu du brouhaha, elle entendit les mots injustice, favoritisme. Les insultes volaient. Le professeur sentait la colère monter. Ce n'était vraiment pas le jour pour tenter de s'entretuer dans sa classe. Calmement, elle retourna à sa bureau, s'assit et attendit. Aucun des élèves ne l'avait vu, bien trop occupés à prendre part à la bataille. Puis, le premier sort fut lancé. Précisément ce qu'elle attendait. Elle prit la sienne et fit jaillir une gerbe lumineuse qui explosa dans un cri strident au-dessus de ses élèves. Ils se turent en se tournant vers elle.

Elle ne parla pas, se contentant de les fixer froidement malgré la colère qui bouillait en elle. Rapidement, les élèves regagnèrent leur place et patientèrent. Le silence se fit plus tendu alors que les adolescents attendaient l'explosion de leur professeur. Et plus les minutes s'égrenaient, puis ils se sentaient mal à l'aise.

Une sonnerie retentit, signifiant la fin du cours mais personne n'osa bouger. La porte s'ouvrit et Severus regarda la scène. Il allait demander ce qui se passait quand il croisa le regard furibond de son assistante. Elle se leva et assena sa punition :

- Je retire vingt points à chaque élève dans cette pièce. Pas la peine de me rendre vos potions, vous avez tous zéro. Vous aurez l'occasion de vous rattraper samedi et dimanche prochains, ici même, à huit heures du matin tapantes. Chaque élève en retard se verra retirer dix points. Et bien sûr, ce qui vient de se passer sera reporter au professeur Dumbledore. Maintenant, rangez-moi tout ça et déguerpissez !

Severus vit les élèves se lever, nettoyer les tables rapidement et silencieusement avant de détaler. Eléana marcha vers lui. Il remarqua qu'elle était pâle et que ses yeux étaient légèrement rouges.

- Cela vous dérange-t-il si je n'assiste pas au prochain cours ?

- Non. Est-ce que ça va aller ?

- J'ai juste besoin de me reposer un peu.

Il la laissa partir en notant dans un coin de son esprit qu'il devrait lui demander ce qu'il s'était passé. De son côté, Eléana avait décidé d'aller se reposer avant de se rendre chez Dumbledore pour le mettre au courant du comportement de ses élèves. Arrivée dans sa chambre, elle prit un bain pour se calmer. Hélas, sa migraine ne l'aidait pas. fatiguée, elle sortit, se sécha et alla se coucher. Elle s'endormit sans même s'en rendre compte.

µ

Elle se réveilla parcourut de frissons et en sueur. Sa tête la faisait toujours autant souffrir et ses membres semblaient de plomb. Elle repoussa les couvertures difficilement et alla dans la salle de bain. Un seul coup d'œil dans le miroir confirma ses craintes : elle était malade.

Son estomac gronda. Avisant de l'heure, elle s'habilla et se traîna vers la Grande Salle. Le déjeuner avait déjà commencé et le brouhaha lui fit serrer les dents. Lorsqu'elle s'assit et contempla son repas, elle se rendit compte que la vue de la nourriture, malgré sa faim, lui donnait envie de vomir.

- Vous n'avez pas l'air bien, lui glissa Severus.

- Peut-être parce que je ne me sens pas bien, lui murmura-t-elle.

- Vous devriez aller voir Madame Pomfrey.

- Je vais le faire.

Elle joua avec sa nourriture, son appétit soudain disparu. Severus la surveillait du coin de l'œil. Elle avait un teint gris, des cheveux ternes et frissonnait quelques fois.

- Vous devriez manger un peu, lui conseilla-t-il.

Il la vit sourire.

- Faites attention à votre réputation. On croirait presque que vous vous souciez de ma santé. Ce n'est pas bon.

Elle goba une pomme de terre et grimaça. Elle sursauta en sentant Severus lui attraper par le poignet. Elle leva la tête vers lui, prête à lui demander ce qu'il faisait mais il ne lui en laissa pas l'occasion :

- Vous êtes brûlante ! Vous ne devriez pas être là mais à l'infirmerie.

Elle écarquilla les yeux :

- Vous me faîtes peur là.

Il haussa un sourcil interrogateur, sembla comprendre et émit un claquement de langue :

- Ne vous méprenez pas sur mes motivations Miss McBaine. Je me suis habitué à vous déléguer les Première et Deuxième années et j'apprécie les heures de liberté que cela me procure. Et j'aimerai les conserver.

- Je préfère cela. Mais vous avez raison. Je ferais mieux d'aller à l'infirmerie.

Elle se leva mais vacilla. En un clin d'œil, Severus était debout, un bras autour de sa taille. Toute la salle les regardait, un mélange de surprise et de choc peint sur le visage des étudiants.

- Je ne me sens vraiment pas bien, murmura-t-elle.

- Je ne m'en étais pas rendu compte, railla le professeur de potions. Je vais vous accompagner à l'infirmerie.

- Merci.

Sous le regard des professeurs et des élèves, il aida Eléana à avancer, la tenant par la taille alors que ses jambes menaçaient de se dérober sous elle. Ils n'échangèrent pas un mot pendant le trajet. La sorcière était bien trop occupée à se concentrer pour rester debout. Les quelques élèves qui les croisaient dans les couloirs les regardaient avec un mélange de surprise et de confusion avant de déguerpir sous les regards noirs du directeur des Serpentard.

Dès qu'ils franchirent les portes de l'infirmerie, Madame Pomfrey apparut et passa immédiatement en mode « infirmière ». Elle demanda à Severus d'allonger Eléana sur un lit. Puis elle ausculta sa patiente en faisant passer sa baguette sur le corps de sa patiente. Elle étudia les lumières qui en sortaient. Tout le long du processus, le sorcier était resté, bras croisés sur la poitrine. Quand Pompom se dirigea vers l'armoire à pharmacie, il la suivit.

- Diagnostic ? demanda-t-il.

Le visage serein de la sorcière le rassura avant même qu'elle ne parle.

- Grippe carabinée ! Elle va rester quelques jours couchée mais elle s'en sortira.

Il hocha la tête, la remercia et alla au chevet de son assistante. Elle était fébrile et en sueur.

- Vous croyez que je serai sur pied le week-end prochain ?

- Je ne crois pas.

Elle soupira en se mettant à l'aise sur le lit.

- Vous pourriez me rendre un service ? demanda-t-elle alors.

Il se rappelait de la punition qu'elle avait donné le matin même et se doutait qu'il allait être de corvée ce week-end. Rapidement, elle lui raconta ce qu'il s'était passé. Comprenant sa fureur, il accepta de se charger des retenues. Il s'apprêtait à partir quand elle le retint :

- Si vous pouviez être sévère et effrayant. Un peu comme le professeur que je vous ai reproché d'être le premier jour.

Il haussa un sourcil surpris :

- Je croyais que cette méthode ne servait à rien ?

- S'il vous plait.

- Je ne sais pas. Je ne voudrais pas les effrayer ou les traumatiser.

Elle grogna :

- Foutaises ! Vous adorez ça !

- Je ne voudrais pas vous avoir sur le dos après, me reprochant d'y être aller trop fort.

- Je ne vous dirais rien. Je veux qu'ils tremblent de peur quand ils remettront les pieds dans ma salle !

- Je verrais ce que je peux faire.

- Merci !

Elle ferma les yeux et Severus la trouva belle, vulnérable. Il voulait la prendre dans ses bras et cette pensée lui fit peur. il devait sortir, s'éloigner d'elle. Madame Pomfrey arriva et lui donna l'excuse pour s'enfuir. Il souhaita un bon rétablissement à Eléana et partit. Pompom le regarda battre en retraite, confuse. Elle avait observé sa patiente et Severus pendant un petit moment. Le sorcier avait flirté avec son assistante. Elle aurait parié qu'il n'en avait même pas conscience. Elle l'avait même vu réprimer plusieurs sourires. Cela ne correspondait pas au personnage. Surtout quand tout à coup, il aurait paru mal à l'aise et pressé de partir. Le changement s'était opéré en un clin d'œil. Elle s'était alors approchée et il s'était jeté sur l'occasion pour déguerpir.

Elle secoua la tête. Elle aurait tout le temps pour y réfléchir plus tard. Pour l'instant, elle devait se concentrer sur sa patiente et lui donna ses médicaments.

µ µ µ

Eléana était pelotonnée dans son fauteuil, en face de la cheminée où crépitait un feu. Elle s'ennuyait. Saleté de grippe ! Cela faisait une semaine qu'elle était en convalescence et Madame Pomfrey voulait qu'elle se repose pendant une semaine de plus. Pourtant, elle se sentait bien. Un peu fatiguée encore. Elle ne tiendrait jamais un marathon mais c'était tout.

Le problème maintenant était qu'elle s'ennuyait ferme.

Elle balaya la pièce du regard. Sous la table, elle vit la mallette métallique que Jake lui avait remise avant de partir. Elle l'avait complètement oubliée. La bonne chose était que maintenant, elle savait quoi faire. Elle se leva, étira ses membres endoloris et prit la valise. Elle la posa sur la table, l'ouvrit et en sortit de minuscules objets. Une fois vidée, elle rangea la valise dans sa chambre et revint dans le salon. Les mains sur les hanches, elle étudia l'espace autour d'elle, cherchant où installer ses nouvelles acquisitions.

Un coup bref frappé à la porte détourna son attention. Elle alla ouvrir et découvrit Severus sur le seuil. Il portait une pile de copies.

- Professeur Rogue, que me vaut ce plaisir ?

- J'ai pensé qu'un peu de travail vous ferait du bien.

Elle le fit entrer et lui proposa du thé. Il accepta en déposant les parchemins sur le bureau de son assistante. Au fond de lui, il se demandait ce qu'il faisait là. Ces copies, il aurait pu les corriger lui-même. Sur la table, de petits objets attirèrent son attention. Il en prit un dans les mains. C'était étrange, et métallique. De formes rectangulaires, des chiffres de zéro à neuf étaient lisibles, disposés en petits carrés.

- C'est un téléphone, lui apprit Eléana en entrant dans la pièce avec le thé.

- C'est moldu ?

- Oui.

Il remit l'objet à sa place rapidement et cela la fit sourire.

- Ça ne mord pas, vous savez ?

Il la fusilla du regard. Désignant du menton ce qu'il y avait sur la table, il dit :

- Vous savez que les objets moldus ne fonctionnent pas dans les endroits comme Poudlard ?

- Je viens d'Amérique, Professeur.

Il fronça les sourcils :

- Quel rapport ?

Elle soupira en posant enfin son plateau.

- Nous vivons comme des moldus. Il a donc bien fallu faire fonctionner leur technologie en dépit de la magie.

- Si vous le dîtes.

Elle l'invita à s'asseoir et servit le thé en expliquant comment, face à la place croissante que prenait la technologie, les sorciers américains s'étaient concentrés sur l'invention de sortilèges capables de fournir en énergie les appareils moldus. Ils avaient fini par y arriver. Même si cela avait encore ses faiblesses, cela fonctionnait assez bien. Elle demanda ensuite comment se passaient les cours. Il lui raconta quelques anecdotes. Elle se plaignit de ne pas pouvoir reprendre le travail le lundi suivant. Pendant toute la conversation, elle le voyait jeter de petits coups d'œil curieux aux objets posés sur l'autre partie de la table. Elle posa sa tasse et entreprit de nommer chaque objet : un téléphone, une chaîne hi-fi, une télévision, un magnétoscope, des CD audio, des cassettes vidéos et un ordinateur portable. Elle lui proposa de l'aider à tout installer. Elle pensait qu'il allait invoquer une excuse quelconque pour s'en aller mais il n'en fit rien. Redonnant leur taille normale à chaque objet et les installant, elle se lança dans l'explication détaillée de leur fonctionnement.

Severus n'écoutait pas vraiment l'exposé de la sorcière en face de lui. Il se laissait juste bercer par le son de sa voix. Lorsqu'elle était passionnée comme maintenant, son accent américain reprenait le dessus. Ses yeux bleu nuit s'éclairaient. Ses cheveux bruns cascadaient autour de son visage rayonnant. Il se rendit compte que si il était là, à recevoir un cours sur des objets moldus dont il n'avait strictement rien à faire, c'était tout simplement parce qu'elle lui avait manqué. Il s'était habitué à cohabiter avec le désordre qu'elle laissait sur son bureau après chaque cours, à ses coups d'œil furieux quand elle le jugeait injuste et trop sévère. Sa salle de classe lui semblait vide quand elle n'était pas là, passant dans les rangs et aidant les élèves.

- Professeur, est-ce que vous écoutez ?

Sa voix le sortit de sa rêverie. Elle le regardait étrangement. Il reprit contenance et se racla la gorge. Devant son silence, elle fit une moue qui le bouleversa.

- Vous n'avez pas écouté un seul mot de ce que j'ai dit, n'est-ce pas ? lui reprocha-t-elle.

Elle était debout, en face de lui et il avait envie de prendre ses jambes à son cou. Cette femme était dangereuse. Il aurait dû refuser qu'elle devienne son assistante dès le départ. Ou exiger son renvoi après la découverte de ses origines. Alors il n'aurait pas à être là, devant elle, sans savoir quoi faire.

- Vous vous sentez bien, Professeur ?

Il se racla de nouveau la gorge :

- Oui, je vais bien. Mais je ferais mieux de vous laisser.

Il tourna les talons, laissant derrière elle une Eléana muette de stupeur. Il avait rejoint la porte et posé la main sur la poignée quand elle le rattrapa par le bras et lui fit faire volte-face. Elle allait ouvrir la bouche pour lui demander ce qui lui prenait mais les lèvres de Severus l'en empêchèrent. Au départ, tout se figea, aucun des deux ne comprenant réellement ce qu'il se passait. Il était stupéfié, horrifié par son propre geste et s'attendait à être repoussé à tout moment.

« Il m'embrasse, réalisa Eléana. Severus Rogue est en train de m'embrasser ! »

Pour elle, c'était complètement irréel. Elle sentait les lèvres froides de l'homme sur les siennes, ses larges mains sur ses hanches. Envoyant tout balader, elle noua les bras autour de son cou et répondit au baiser en se lovant un peu plus contre le corps de son compagnon.

« Elle m'embrasse, réalisa Severus. Eléana Jedusor m'embrasse ! »

Bon d'accord, il avait commencé mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle réponde. Pas avec autant d'ardeur. Il ne s'était pas non plus attendu à ce que ses lèvres soient aussi douces. Quand elle se lova contre lui, il envoya au diable le froid et insensible Severus Rogue.

Ils s'embrassèrent à perdre haleine, avec autant d'ardeur qu'ils avaient à se disputer depuis le début de l'année. Ils ne se séparèrent que quand l'air vint à manquer et prirent en même temps quelques mètres de distance. La poitrine d'Eléana se soulevait au rythme de sa respiration saccadée. La chaleur qu'elle sentait au niveau de ses joues lui indiquait qu'elle rougissait et elle avait envie de fuir. Elle regarda Severus et haït sa maîtrise de soi. C'était à peine si le trouble se lisait sur son visage.

- Je ferais mieux de partir, dit Rogue.

Et avant qu'elle ne comprenne ce qu'il se passait, il était parti. Elle se laissa tomber sur la première chaise venue. Qu'est-ce qu'il venait de se passer ? Est-ce qu'ils s'étaient vraiment embrassés ? Elle porta une main à ses lèvres. Il était parti ! Comme cela ! Une minute il était là, et l'autre il n'y était plus. Comment avait-il osé ? Elle se leva, ignora sa tête qui tournait et fonça à travers les donjons. Elle frappa à la porte de ses appartements sans que rien ne se passe. Même pas un bruit venant de l'intérieur. Il était tôt. Les cours étaient finis, mais pas les retenues ! Elle se dirigea vers la salle de classe. Elle ne prit pas la peine de frapper et déboula dans la pièce. Dans un coin, Neville Longdubat avait déjà commencé à récurer les chaudrons. Severus la regardait avec… une certaine peur ? Elle se planta devant lui, les poings sur les hanches :

- Pourquoi ?

Il parut complètement déboussolé et Neville n'osait pas faire de bruit. Il les regardait avec des yeux comme des soucoupes.

- Je vous ai posé une question !

- C'était une erreur, croassa-t-il.

- De fuir ? C'en était une.

Il parut décontenancé. Elle lui reprochait de fuir ? Pas de l'avoir embrassée ? Qu'est-ce que cela voulait dire ? Elle comprit qu'il se posait des questions et rit :

- Tu penses beaucoup trop Severus.

A sa plus grande surprise, elle l'embrassa avec passion et sans retenue. Neville fit tomber son chaudron sur la pile de ceux qu'il restait à nettoyer et tout s'écrasa avec fracas par terre. Son sang se glaça. Sans même bouger, le professeur de potions lui ordonna :

- Dehors Longdubat ! Votre retenue est terminée.

Neville ne se le fit pas dire deux fois, attrapa son sac et déguerpit, encore sous le choc de ce qu'il venait de voir. Il fallait qu'il en parle à quelqu'un !

µ µ µ

Ron froissa la feuille qu'il avait devant les yeux et la jeta dans l'âtre de la cheminée. Hermione intervint sans attendre :

- Ron ! Ce n'est pas comme ça que tu arriveras à finir ton devoir. Concentre-toi un peu et arrête de lancer toutes tes copies dans la cheminée.

- Je n'y arriverai jamais ! se plaignit le rouquin. Je n'arrive pas à comprendre quelle différence il y a entre toutes ces révoltes de Gobelins. Alors comment veux-tu que j'écrive un essai sur l'une d'elles ?

- Peut-être qu'en te concentrant un peu plus,…

- Laisse-le Hermione, la coupa Harry. Je crois qu'on a tous besoin d'une pause.

Le regard que lui lança Hermione ressemblait à ceux du professeur McGonagall et c'était effrayant. Ron allait proposer une partie d'échec à son ami quand le portrait s'ouvrit et Neville entra, le visage rouge et en sueur. Apparemment il avait couru jusqu'ici. Il balaya la pièce du regard et les vit. Il fonça vers eux.

- Vous…n'allez…jamais…me…croire !

Hermione fronça légèrement les sourcils :

- Tu ne devrais pas être en retenue avec le professeur Rogue ?

- Il…l'a…annulée !

- Le jour où Rogue supprimera ses retenues, ce sera la fin du monde, remarqua Ron, sceptique. La Terre tourne encore, non ?

Neville se laissa finalement tomber sur un canapé et reprit sa respiration. Puis un grand sourire éclaira son visage et il éclata de rire. Les membres du Trio d'or se lancèrent des regards clairs : Neville avait fini par perdre la tête. Il attira l'attention de Ginny, Dean et Seamus. Ce dernier demanda :

- Depuis quand les retenues avec Rogue font cet effet-là ?

- On attend qu'il nous explique, répondit Harry. Apparemment elle a été annulée.

- Rogue, annulant une retenue ? dit Ginny en haussant un sourcil. Pourquoi ?

- Pour qui plutôt ! finit par dire Neville qui avait repris un peu ses esprits.

Tous les regards se figèrent sur lui. Comment cela pour qui ? Severus n'annulait jamais ses retenues, surtout pas pour qui que ce soit. Neville attendit quelques secondes avant de narrer ce qu'il s'était passé. Un grand silence suivit ses paroles. Seamus finit par le rompre, abasourdi :

- Attends, t'es en train de nous dire que McBaine a fait irruption dans la salle et a vraiment embrassé Rogue ?

- Oui ! acquiesça Neville.

- Non mais un vrai baiser ? demanda Dean.

- Oh que oui !

- Euuuurk ! lâcha Ginny.

Après avoir répété trois fois au moins qu'il ne faisait aucune blague, il finit par les convaincre. Parvarti, qui avait tout entendu, sautilla sur place en disant qu'elle devait absolument en parler à Padma. Chez les Gryffondor, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre et les élèves n'avaient qu'une idée en tête : en parler à ceux qu'ils connaissaient dans les autres maisons. Nul doute que d'ici le dîner, tout Pourdlard serait au courant.

µ µ µ

Au dîner, ce soir-là, toute la salle bouillait d'une effervescence mal contenue. Les élèves surveillaient l'entrée, attendant de voir les professeurs dont tout le monde parlait apparaître. En effet, les seuls absents à la table des enseignants étaient Severus et Eléana. Minerva se pencha à l'oreille d'Albus :

- Est-ce que vous croyez que les rumeurs sont vraies ?

Comme chaque être vivant ou non à Poudlard, le corps enseignant avait entendu les élèves parler d'un baiser échangé dans la salle de potions. Bien sûr, les versions étaient différentes mais toutes relataient le baiser. Cela avait attisé la curiosité des enseignants qui avaient hâte de savoir si cela était vrai ou non.

Quand le couple entra, les conversations devinrent des murmures alors que tout le monde cherchait un signe. Hélas, si il s'était passé quelque chose, rien ne transpirait. Les deux sorciers se tenaient à une distance raisonnable l'un de l'autre, le visage aussi impassible que d'ordinaire et discutant à voix basse.

- T'es sûr qu'ils sont ensemble ces deux-là ? demanda Fred à Neville.

- Je n'ai jamais dit qu'ils étaient ensemble, murmura le Gryffondor. J'ai dit qu'ils s'étaient embrassés !

Pendant le repas, les élèves tentaient de surprendre le moindre geste qui confirmerait l'existence de ce couple si étrange. Des élèves commencèrent à mettre en doute la rumeur. Rogue avec une femme ? Qui était assez folle pour accepter d'entretenir une quelconque relation intime avec lui ? Certes, le professeur McBaine s'était révélée être une femme étrange. N'avait-elle pas osé le contredire dès sa première journée ? Mais entre cela et entamer une relation avec Rogue… A la table des professeurs, Ombrage tourna sa face de crapaud vers Eléana :

- J'espère que vous êtes au courant qu'une relation entre professeurs, surtout entre assistant et professeur, n'est pas très bien vu par le Ministère ?

Les premiers rangs qui avaient entendu la remarque de leur si détestée professeur de DCFM lancèrent des « chut » effrénés à leurs camarades pour qu'ils cessent leur bruit de fond et qu'ils puissent entendre ce qui se disait. La jeune assistante de potions sourit à sa collègue avant de se pencher vers Rogue et de lui murmurer quelque chose à l'oreille qui fit frémir le bord des lèvres du sorcier. Ils ignorèrent superbement l'envoyée du Ministère. A la fin du dîner, Rogue fut le premier à partir. Eléana ne lui adressa qu'un vague signe de tête, bien trop concentrée sur la conversation qu'elle tenait avec Pomona Chourave.


à suivre...