Les yeux de l'Ombre

Disclaimer : rien ne m'appartient à part le personnage d'Eléana et quelques autres que vous reconnaîtrez aisément.

Notes de l'auteur : Alors voilà un court chapitre. Mais un chapitre tout de même Le suivant est déjà bouclé et mes chers amis, la fin est proche. Combien de chapitres exactement, je ne sais pas. Mais cela va bientôt arriver. C'est étrange de me dire que je vais bientôt boucler cette fic. C'est la plus longue dans laquelle je me suis lancée avec un personnage créée entièrement. J'espère qu'Eléana vous aura plus en tout cas. Bon, je vais arrêter là et je vais vous laisser savourer ce chapitre (enfin je l'espère).

Bonne lecture ! (Et n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez )


Eléana grimaça en regardant la potion qu'elle savait être infecte. Elle tapa ses talons contre le pied du bureau sur lequel elle était assis, arrachant un soupir frustré de Jake.

- Avale ! ordonna-t-il.

Elle l'ignora et préféra regarder Paul :

- Vous êtes sûr que c'est nécessaire ?

Les bras croisés sur sa poitrine, il regarda son ancienne élève avec détachement :

- Tu as le choix : tu peux l'avaler et aller sur la tombe d'Aristide ou ne pas l'avaler et rester bien sagement ici.

Jake s'était vengé ce matin là en tapant à sa porte à sept heures précises. Il lui avait à peine laissé le temps de se réveiller avant de lui exposer son plan. Depuis l'enterrement d'Aristide, sa tombe était sans arrêt visitée par des personnes désirant lui dire au revoir. Beaucoup d'élèves et d'amis le pleuraient et tous n'avaient pas pu être là aux funérailles. Jake, Wallace et Paul avaient décidé de profiter de ces visites incessantes. Ils étaient sûrs que des Mangemorts devaient surveiller la tombe, attendant Eléana. Ils supposaient sûrement qu'elle serait accompagnée d'aurors. Au lieu de cela, elle irait sous les traits de quelqu'un d'autres pendant que Jake irait tranquillement travailler. Et à Salem, une auror serait là, campant son rôle. Personne n'y verrait rien. Ensuite, le soir, elle regagnerait Poudlard. Il était temps qu'elle reprenne le cours de sa vie. Le spectacle devait continuer… Aristide était mort mais le monde continuait de tourner.

- Le portoloin est prêt ? demanda-t-elle.

Jake déposa un vieux sifflet sur le bureau juste à côté d'elle. Elle ferma les yeux et avala d'un coup le liquide, réprimant un haut-le-cœur. Puis, elle attendit. Très vite, elle sentit la douleur sourde de son corps en train de se reformer. Elle détestait cette sensation. Elle avait des fourmis partout et l'envie de s'étendre. Ses muscles s'étaient raidis et sa tête s'était mise à tourner. Quand la transformation fut terminée, elle ouvrit les yeux. Elle posa les pieds au sol et se rendit compte qu'elle était beaucoup plus petite. Une dizaine de centimètres en moins. Elle comprit pourquoi Jake avait insisté pour qu'elle mette une robe droite quand elle remarqua le poids inférieur que cette nouvelle forme lui conférait. Son meilleur ami lui tendit un miroir et elle observa son nouveau visage. Elle avait des cheveux roux très foncé coupés au carré, une peau hâlée, deux yeux verts dollar, un nez en trompette, des lèvres fines et bien dessinées. Bref, elle ne se ressemblait pas. Elle allait demander l'apparence de qui elle avait emprunté quand Jake la devança:

- Claire Simpson. C'est la nouvelle infirmière de l'école.

- Il y a une nouvelle infirmière ? Où est Emilie ?

- En congé maternité, répondit Paul.

- Elle est enceinte ?

- Etait. Elle a accouché il y a deux semaines.

- Et je n'étais même pas au courant.

Elle réprima son envie de bouder comme une enfant. Elle et Emilie étaient proches. Enfin elle le croyait. Le fait qu'elle soit en Ecosse ne la dispensait pas de la mettre au courant d'un événement aussi important qu'une grossesse ! D'abord, elle apprend que Jake sort avec une de ses amies depuis neuf mois. Et maintenant, qu'une autre amie est devenue mère. Et elle dans tout cela ? Elle évita de se laisser emporter par ses sombres réflexions. Elle aurait tout le temps d'y réfléchir après, quand elle serait seule, au calme. Elle devait aller au cimetière avant que l'effet du polynectar ne s'estompe.

- Tu es sûre que cela va marcher ?

- Oui. Emilie a pris un jour de congé, lui dit Paul. Mais pour l'heure, elle attend dans mon bureau.

- Et vous lui faîtes confiance à cette Emilie ?

- Bien sûr ! Sinon, on aurait choisi quelqu'un d'autre.

C'était tout ce qu'il lui suffisait. Elle attrapa le sifflet et se prépara à la sensation désagréable d'être tirée par le nombril qui ne tarda pas. Elle atterrit juste devant les grilles du grand cimetière de Salem. Elle se composa un visage triste mais pas trop dévastée. Après tout, elle n'était pas Eléana mais Emilie. Elle venait sur la tombe de son patron, un sorcier célèbre, un homme qu'elle respectait. Pas sur celle de son mentor, d'une des personnes qui comptaient le plus dans sa vie. Elle avança en se répétant cela, ignorant les tombes autour d'elle.

Aristide avait été enterré un peu à l'écart, dans une zone qui ressemblait plus à un parc qu'à un cimetière. Pour pierre tombale, il avait une statue à son effigie. Elle trouvait cela encore plus morbide. Elle regarda la figure en marbre. Elle était belle. Un vrai travail d'artiste. Mais elle était creuse. Ce n'était qu'une pâle copie de la personne grandiose qu'elle représentait. Il manquait la chaleur d'Aristide, sa présence réconfortante, son rire discret, sa voix douce et rassurante.

En une fraction de secondes, elle revit tout ce qu'elle avait vécu avec le sorcier. Sa poitrine se contracta aux souvenirs, qu'ils soient heureux ou non. Combien de fois s'était-elle retrouvée dans son bureau après une de ses colères ? Longtemps, il avait été le seul à pouvoir la calmer. Alors même que ses parents adoptifs n'y arrivaient pas. Elle se rappelait à quel point il était patient, attendant silencieusement, les bras croisés, qu'elle finisse de s'énerver, la regardant détruire tout autour d'elle sans broncher. Puis, il la prenait dans ses bras et la gardait contre lui tant qu'elle pleurait, souvent jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Elle se réveillait ensuite dans son lit, gênée. Elle allait lui présenter des excuses qu'il balayait d'un geste de la main. Il avait compté autant qu'un père, si ce n'est plus. Elle aimait ses parents adoptifs, mais jamais ils ne lui avaient apporté le sentiment de sécurité et de calme que la présence d'Aristide suscitait chez elle. Après Voldemort, il était la première personne en qui elle avait confiance, celle qu'elle voulait satisfaire, rendre fière. Et aujourd'hui, il était mort, tué par l'autre personne qui comptait tant. N'était-ce pas ironique ?

Elle regarda la tombe, les larmes coulant silencieusement sur ses joues, pleurant celui qui n'était plus. Elle posa une main sur le marbre, si froid.

- Je suis désolée, murmura-t-elle.

Elle ne savait pas à quoi elle s'était attendue en venant ici. Au fantôme d'Aristide ? C'était ridicule. Venir ici ne rendait pas la situation plus facile à supporter. Cela ne faisait pas disparaître la douleur dans sa poitrine ni le vide dans son cœur. Il était mort, tué par Voldemort. Cela ne changeait rien. Elle renifla et sécha ses larmes. Il n'aimerait pas la voir pleurer. Si il avait été encore en vie, il lui aurait dit que s'apitoyer sur son sort ne servait à rien. elle devait aller de l'avant. Si ce n'était pas pour elle, pour ceux qu'elle aimait et qu'elle faisait souffrir par son attitude. Chacun devait faire face à ses propres douleurs, apprendre à vivre avec, les surmonter sans faire payer les autres. Il était temps qu'elle suive ses conseils.

Caressant le marbre une dernière fois, elle dit adieu à son mentor avant de faire demi-tour. A l'entrée du cimetière, elle activa le portoloin et réapparut à l'école de Salem. Jake l'attendait. Eléana le connaissait assez bien pour lire l'inquiétude dans ses yeux pâles. Elle l'avait mal traité et elle le savait pertinemment. Alors, elle le prit dans ses bras.

Il en fut si surpris qu'il lui fallut quelques secondes avant de réagir et de retourner l'embrassade. Elle lui murmura à l'oreille un rapide merci et s'écarta en reniflant. Elle avait assez pleuré. Il fallait qu'elle se reprenne en main. Et pour cela, elle devait retourner à Poudlard. Elle le dit à Jake qui sembla satisfait de cette décision.

- Avant, il faut que je te donne quelque chose.

Il fit apparaître une grande boîte en bois, ressemblant bien trop à celle dans laquelle elle avait découverte la main de son mentor. Il la lui tendit mais elle ne fit aucun geste pour la prendre.

- C'était dans le testament d'Aristide, expliqua-t-il. Il voulait qu'elle te revienne. On ne sait pas ce qu'il y a dedans. Apparemment, il y a aussi un coffre à la banque à ton nom. Voilà la clef.

Muette de stupeur, elle prit la grosse clef dorée et la boîte. Elle ne s'attendait pas à cela. Elle ne savait même pas qu'Aristide avait fait un testament. Elle caressa le bois de sa nouvelle possession, se demandant ce qu'elle renfermait et si elle était prête à le savoir. Elle décida que non. tout était encore plus frais. Elle l'ouvrirait plus tard. Elle regarda son meilleur ami :

- Merci Jake. Pour tout.

Il hocha la tête en souriant. Le reste de l'après-midi passa rapidement. Elle reprit son allure quelques minutes après son retour. Puis elle prépara ses affaires et fit ses adieux. Elle tint à s'entretenir avec les élèves qui comptaient le plus pour elle, notamment Hélène. Les heures filèrent à toute vitesse et elle se retrouva bientôt à faire ses adieux à Paul et Jake. Elle leur chargea de prévenir ses parents. Elle se sentait soudain pressée de retourner à Poudlard. Elle enlaça une dernière fois son meilleur ami et se tourna vers le nouveau directeur :

- Je réfléchirai au poste. On reste en contact.

- D'accord. Prend soin de toi.

Elle prit le portoloin qu'ils venaient de créer et disparut. Le voyage était long et elle ne pouvait pas atterrir directement à Poudlard. Elle apparut donc à Pré-au-Lard. Avec le décalage horaire, il état plus de vingt-deux heures. Bien trop tard pour entreprendre de retourner à l'école. Elle alla donc au Trois Balais et loua une chambre pour la nuit. Elle s'allongea sur le lit, avala une potion pour l'aider à dormir et se laissa transporter dans les bras de Morphée.

Le lendemain, elle se réveilla fraiche comme une rose. La tristesse qu'elle semblait porter depuis la mort d'Aristide s'était atténuée. Voir sa tombe avait rendu sa mort plus concrète. Au lieu de l'abattre encore plus, cela lui avait réalisé qu'elle devait aller de l'avant à présent. Elle se prépara rapidement et regarda l'heure. Si elle se dépêchait, elle pourrait prendre le petit déjeuner à Poudlard. Elle paya et se mit en route, impatiente de retrouver l'école. Et surtout un certain professeur…

µ

Severus jouait avec sa nourriture en écoutant d'une oreille distraite les conversations autour de lui. Il avait très peu dormi les nuis dernières. En fait, depuis qu'Eléana était partie. Il ne se pensait pas capable de s'attacher à quelqu'un à ce point. Son lit lui paraissait vide et froid sans elle. Quand il essayait de dormir, il lui manquait la présence chaude de la sorcière à ses côtés. Il détestait cela. C'était une faiblesse qu'il ne pouvait pas se permettre. Jamais il ne s'était autant senti écartelé. Il n'aimait pas la fragilité qu'elle représentait, cette douce dépendance qu'elle créait chez lui. Néanmoins, il aimait l'idée de tenir à quelqu'un et d'avoir quelqu'un dans sa vie. Il se sentait heureux, comblé. Il n'était plus seulement un professeur ou un Mangemort ou un espion. Il pouvait être lui-même, juste Severus. Parce qu'Eléana le prenait tout entier et il n'avait aucun rôle à jouer avec elle, aucun masque à porter.

Quand les portes de la Grande Salle s'ouvrirent, il ne prit pas la peine de lever les yeux. Pourtant, quand il entendit les murmures et le claquement de talons trop familier, il leva la tête et ne chercha même pas à s'empêcher de sourire en voyant Eléana réduire la distance qui les séparait, encore drapée dans son manteau de voyage et sa valise à la main. Il observa attentivement les changements qu'il y avait chez elle. Il faillit soupirer de soulagement en voyant la lueur éclairer ses yeux un peu moins tristes. Elle contourna la table, posa sa valise, défit son manteau qu'elle posa négligemment sur le dossier de sa chaise et s'assit à ses cotés. Envoyant au Diable les élèves, il se pencha et l'embrassa, savourant sa présence et lui souhaitant la bienvenue à sa manière.

µ

- Ils pourraient éviter de faire ça ! gémit Ron quand Rogue embrassa son assistante.

Il détourna le regard et se concentra sur son petit déjeuner. Harry, lui, sourit en regardant les deux professeurs. Il aimait bien le spectacle. Ce n'était pas le fait de voir Rogue embrasser quelqu'un qui le réjouissait mais l'air moins malheureux d'Eléana. Et puis, il était content pour le professeur de potions quand même. Il avait le droit d'être heureux aussi, non ? Il croisa le regard d'Hermione qui semblait ravie aussi.

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La main d'Eléana dessinait des cercles invisibles sur la peau pâle de son amant. Sa tête reposait sur la poitrine de Severus et elle écoutait le rythme lent de son cœur. A plat dos, il avait noué un bras autour de sa taille. La journée n'était pas passée assez vite pour eux. Si ils s'étaient écoutés, ils auraient séché tous les cours. Malheureusement pour eux, ils avaient une conscience professionnelle. L'estomac de la sorcière gronda, amenant un petit sourire sur le visage du sorcier :

- On a raté le dîner.

- Et si on appelait un elfe ? J'ai faim mais je n'ai pas envie de bouger.

- Je m'en occupe.

Il se leva, enfila un pantalon rapidement et se rendit dans la pièce principale où il appela un elfe. Il demanda un dîner simple, servit sur un plateau pour qu'ils puissent dîner sans quitter le lit. Il alla même jusqu'à demander à ce qu'une rose soit ajoutée. Devant l'air interrogatif du serviteur, il lui dit de se servir dans la serre et qu'il s'expliquerait avec le professeur Chourave si elle faisait une remarque. Il attendit jusqu'à ce que le dîner arrive, se demandant où s'était caché le Severus heureux qu'il était toutes ses années. Quand il retourna dans la chambre, le plateau à la main, Eléana l'attendait, assise, le drap remonté jusqu'au dessus de sa poitrine pour seul vêtement. Elle lui sourit et son cœur chavira. Elle lui avait vraiment manqué. Il posa le plateau sur le lit et s'allongea à côté. Elle se saisit de la rose et respira son odeur. Elle se pencha et l'embrassa :

- Merci.

Ils mangèrent en silence, profitant tout simplement de la présence de l'autre. Severus observait sa compagne du coin de l'œil. Elle était un peu pâle mais il la sentait plus calme, plus rassérénée, comme en paix avec elle-même. Il finit par lui demander comment s'était déroulé son séjour.

- Très bien, répondit-elle. C'était ce dont j'avais besoin. J'en ai profité pour prendre des nouvelles de quelques élèves et pour revoir mes parents. J'ai aussi appris que Jake sortit avec une de nos amies depuis neuf mois ! Et ils vont vivre ensemble. Tu y crois, toi ?

Il haussa un sourcil. Qu'était-il censé dire ? Elle soupira et lui demanda ce qu'il s'était passé à Poudlard pendant son absence. Severus posa le plateau par terre et sourit en se la forçant à se rallonger :

- Rien d'intéressant sans toi.

Il l'embrassa et elle cessa de réfléchir. Il lui avait manqué. Elle aimait la lueur qu'elle lisait dans son regard, les petites attentions qu'il lui prodiguait. La mort d'Aristide avait coupé court à leur relation naissante. Son retour au contraire semblait avoir avivé la flamme de la passion entre eux. Et elle n'allait pas sans plaindre…

µ µ

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La semaine s'écoula sur le même modèle. Severus et Eléana n'assistèrent qu'à un dîner dans la Grande Salle, savourant les autres dans l'intimité de la chambre du sorcier. Le couple avait enfin le temps d'exister tout simplement. La jeune femme se faisait surprendre de temps en temps par des instants de tristesse mais à chaque fois, comme par magie, son amant la sortait de ses pensées moroses. Elle évitait de rester seule, passant son temps libre avec Pompom à l'infirmerie. Elle s'amusait de l'attitude de Severus qui désormais s'amusait à torturer ses élèves en faisant des allusions sur leur vie intime devant les élèves, les faisant rougir et fuir. Il montrait ainsi que les mots pouvaient être des armes. Elle surprenait souvent son sourire narquois alors qu'un élève, souvent Poufsouffle, le fuyait. Elle répondait en roulant des yeux. Quelquefois, en réponse, il lui faisait une révérence moqueuse. Il ne se permettait ce comportement que dans les couloirs, jamais pendant les cours où il reprit son attitude de professeur le plus détesté de Poudlard – juste après Ombrage. Les adolescents se demandaient même si ils ne le préféraient pas complètement déprimé comme lorsqu'elle était partie. Au moins, il n'était pas assez concentré pour s'en prendre à eux. Ils avaient de plus en plus l'impression d'être des souris et Rogue était le chat qui s'amusait avec elles.

Ce ne fut que la semaine suivante que Harry reprit ses cours avec Eléana. Il lui fit part de ses recherches dans le domaine. Il n'avait pas arrêté avec sa dépression et son départ, au contraire. Il s'était senti encore plus motivé. Il tut le fait que c'était son envie de faire payer Voldemort pour le mal qu'il faisait qui lui servait de carburant. Il ne savait pas si cela n'allait pas faire de mal que de bien à son professeur. Elle l'interrogea pour savoir exactement ce qu'il avait appris et fut agréablement surprise :

- Tu as été plus loin que je ne l'aurais cru. On va sûrement pouvoir passer à l'étape suivante.

- Ça serait bien.

Il but une gorgée de son chocolat :

- Est-ce que vous allez bien Eléana ?

Elle lui sourit chaleureusement. Elle se rappelait très bien de sa présence à ses côtés quand elle s'était enfermée dans sa chambre. Sans lui, elle se serait laissée dépérir. Elle posa sa tasse :

- Je vais mieux Harry. Je ne t'ai jamais pris le temps de te remercier pour ce que tu avais fait pour moi.

L'adolescent rougit et elle trouva cela adorable.

- Ce n'était rien, bredouilla-t-il.

- Bien sûr que si. Tu n'étais pas obligé de faire ça. Tu es quelqu'un de bien Harry.

Il haussa les épaules. Elle l'observa de plus près. Il évitait son regard et il avait quelque chose d'étrange dans son regard. Il semblait préoccupé. Elle lui demanda :

- Est-ce que tout va bien Harry ?

- Oui. Enfin non. J'en sais rien !

- Qu'est-ce qui se passe ?

Il sembla réfléchir, la jauger. Elle attendit qu'il finisse son inspection et prenne une décision. Finalement, il lâcha :

- Voldemort. Il m'envoie des visions. Ma cicatrice…

Il la frôla du bout des doigts, le regard vague. Il continua :

- Elle nous relie lui et moi. C'est comme ça que j'ai pu savoir pour Monsieur Weasley en décembre. Depuis quelque temps, je voie une porte, au bout d'un long couloir, dans les sous-sols du Ministère. Il veut que j'y aille.

- Est-ce que tu en a parlé au directeur ?

Harry posa la tasse sur la table un peu plus violemment qu'il ne l'aurait voulu et dans ce geste, Eléana lut toute la frustration du jeune homme. Il la fixa dans les yeux cette fois-ci :

- Il me cache quelque chose. Dumbledore. Il m'a dit que la porte se situait dans le département des Mystères et que je n'avais pas besoin de m'inquiéter. Mais Voldemort veut ce qu'il y a derrière, dans cette salle. Il veut m'y attirer. Et tout le monde me ment ! Dumbledore refuse de me parler. Il m'adresse à peine la parole. C'est comme si même ma présence l'agaçait ! Il m'évite constamment.

Eléana réfléchit à cette attitude étrange et à ce que venait de lui dire l'adolescent. Son regard se posa sur la cicatrice du jeune homme et elle crut comprendre :

- Peut-être qu'il a peur.

- Peur de quoi ? De moi ?

- De ton lien avec Voldemort. Il ne s'est pas si il peut te faire confiance parce qu'il ne sait pas dans quelle mesure Voldemort pourrait apprendre ce que tu sais.

- Pourquoi ne pas me le dire alors ?!

- J'en sais rien Harry.

La frustration de l'adolescent était visible. La sorcière n'avait pas de réponse à ces interrogations. Elle ne savait pas comment calmer le jeune homme. Elle pensa aux visions qu'il avait de Voldemort, à ce que ce dernier lui envoyait. Pourquoi ? Que voulait-il dans cette pièce ? Pourquoi avait-il besoin de Harry ? Tout cela n'avait rien de bon. Elle regarda l'adolescent :

- Ne te fie pas à tes visions Harry. Quoiqu'il te montre, ne le crois pas. Voldemort est doué pour manipuler les gens. Si il a découvert ce lien, il s'en servira contre toi.

Il enregistra le conseil. Elle espérait qu'il allait le suivre. Ils mirent de côté le sujet de préoccupation et se concentrèrent sur leur tâche : faire de Harry un animagus.


A suivre...