Les yeux de l'Ombre

Disclaimer : rien ne m'appartient à part le personnage d'Eléana et quelques autres que vous reconnaîtrez aisément.

Notes de l'auteur : Je suis vraiment désolée pour le délais. Je suis à la fin de mon année universitaire et l'écriture qui m'a le plus occupé a été celle de mon mémoire de stage. Autant dire, rien de vraiment palpitant. J'ai bientôt terminé et l'inspiration m'est subitement revenue. J'en ai donc profité et je peux donc enfin updater ! La fin approche mes amis. Et ce que j'avais prévu ne va peut-être pas arriver. Apparament, la fic a décidé de changer mes plans d'elle-même lol

Quoiqu'il en soit, je vous souhaite une bonne lecture ! (Et n'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez )


Les semaines s'enchaînèrent et se ressemblèrent. Rien ne vint troubler le calme paisible de l'école. Les cours continuèrent, aussi bien les officiels que les officieux comme l'AD ou les cours que Severus et Eléana donnaient à Harry. A vrai dire, l'ambiance était étrange. Les choses, sans empirer, ne s'amélioraient pas. Les inimitiés entre les maisons étaient toujours là, dans chaque parole échangée, dans chaque geste esquissé. Les mach de Quidditch étaient violents, sans aucune pitié. A chaque fin, plusieurs élèves finissaient à l'infirmerie et Eléana aidait souvent Poppy, avec qui elle avait développée une vrai complicité. Ses relations avec Dolores Ombrage ne s'étaient pas arrangées par contre. Au contraire. Une fois son deuil fait, l'assistante de potions avait retrouvé de sa superbe, au grand dam de la professeur de défense contre les forces du Mal. Elle avait raillée tous les nouveaux décrets qui paraissaient et était montée au créneau quand Sybille Trelawney s'était faite renvoyée.

Comme tous les élèves, elle avait assisté à la chute pitoyable de la pseudo-médium et à l'intervention de Dumbledore. La menace qu'Ombrage avait proféré à l'encontre du directeur n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd. Il était hors de question que ce dernier se fasse renvoyer tant qu'elle était là. Dans la journée, elle avait contacté Wallace en Amérique, lui faisant part de ses doutes. Albus était un sorcier connu et respecté par le monde, bien plus que le Ministre actuel de la magie. Et la communauté sorcière américaine était puissante. Éléana ne savait pas exactement ce qu'il s'était passé, quoi qu'il en soit, Ombrage était parue au dîner une semaine après, fumante. Elle avait ignoré tout le monde, détruisant son repas comme si cela avait été un ennemi mortel. Au moment de partir, en se levant, elle avait fixé le directeur d'un air méprisant et avait lâché:

- Peu importe l'étendue de vos relations, ils ne pourront pas toujours vous protéger.

Elle était partie, laissant la tablée des adultes plonger dans l'incompréhension totale. Severus se tourna vers elle et lui glissa à l'oreille :

- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu as quelque chose à voir avec tout cela ?

Elle répondit d'un sourire et d'un baiser aérien. Il n'eut pas besoin de plus. Dumbledore lui jeta un coup d'œil et elle hocha légèrement la tête. Il ne posa pas d'autres questions pour en savoir plus.

Les seules nouvelles de la guerre étaient celles que donnaient le Daily Prophète. Autant dire qu'il n'y en avait aucune. Le Ministère continuait de nier le retour de Voldemort. Les Marques qui apparaissaient ici et là étaient attribués à des plaisantins ou aux Mangemorts qui s'étaient échappés d'Azkaban. Toutes les affaires qui pouvaient être étouffées l'étaient. Poudlard semblait plonger dans un anti-climat. C'était comme si l'école était subitement plonger dans une bulle la coupant de la réalité. La politique était : tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le pire était que Severus et Eléana, dans leur bonheur, oublièrent aussi peu à peu la guerre.

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Eléana posa la pile de copies sur le bureau et s'y installa en fredonnant. Le seul reproche qu'elle pouvait avoir était le fait de se retrouver dans les donjons. Les mois s'étaient écoulés paisiblement et mai était arrivé, apportant l'été. Le beau temps avait boosté son humeur. Elle aimait cette période : le début de l'été. L'hiver froid, gris et morne faisait place aux beaux jours. Le ciel était limpide, le soleil réchauffait l'atmosphère, les oiseaux piaillaient. Soudain, tout l'environnement changeait, se métamorphosait et cela avait une incidence directe sur l'humeur. Les personnes se sentaient plus heureuses, plus calmes. Rester à l'intérieur devenait difficile lors que de l'autre côté des fenêtres, la nature semblait vous inviter.

Hélas, elle avait des obligations. Et notamment des copies à corriger. Plus vite elle en aurait fini, plus vite elle pourrait sortir, et entraîner Severus avec un peu de chance. Elle s'était donnée pour mission de lui faire prendre des couleurs. Et cela n'allait pas être chose facile.

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Severus donna le mot de passe à la gargouille et l'escalier apparut. Le directeur lui avait envoyé un elfe de maison pour lui dire qu'il voulait lui parler. Il avait été vague quant à la raison de ce rendez-vous. Le professeur ne voyait pas du tout pourquoi Albus voulait le voir. Tout allait bien. Par Salazar ! Tout allait bien dans sa vie. Il en était même heureux. C'était incroyable. Si un jour on lui avait dit qu'il allait simplement être heureux, il aurait eu du mal à le croire. Quoiqu'il en soit, il comptait expédier cette entrevue et passer le reste de ce samedi avec Eléana.

Le directeur le salua et l'invita à s'asseoir. Severus déclina le thé, les gâteaux et les bonbons. Il ne voulait pas rester trop longtemps. Il vit le tas de parchemins qu'il y avait sur le bureau. Albus expliqua alors le but de cet entretien :

- Il faut que nous parlions d'Eléana.

Cela capta immédiatement l'attention de Severus.

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- Harry ! Tu te concentres, s'il te plait ?

Le Survivant regarda Hermione. Elle avait ce petit air pincé qui indiquait qu'elle était agacée. A côté de lui, Ron gémit. Lui aussi n'en pouvait plus. Si avec l'entraînement intensif auquel leur amie les soumettait ils n'obtenaient pas E à leur B.U.S.E.S, ils étaient vraiment des cas désespérés. Il tenta de se rappeler de quoi il parlait exactement. De métamorphose, non ? Il avait du mal à se concentrer depuis ce matin. Il ne savait pas pourquoi. Il était surexcité. Quelque chose le préoccupait. Il avait beau essayé de savoir quoi, cela lui échappait.

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Eléana mis la note sur le parchemin avant de le mettre sur la pile des copies corrigées. En fond, sa chaîne hi-fi diffusait une douce musique d'ambiance. Elle bailla et décida de corriger une dernière copie avant de prendre une pause. Elle était à la moitié du devoir quand on frappa à la porte. Elle invita la personne à entrer et haussa un sourcil en voyant Dolores Ombrage entrer.

- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda-t-elle sèchement.

- Juste discuter, répondit la femme-crapaud.

Elle se tenait devant le bureau et semblait attendre une quelconque invitation. Eléana soupira et lui fit signe de s'asseoir. Dolores la remercia et appela un elfe à qui elle demanda de leur servir du thé. La jeune sorcière ne savait pas ce que cela voulait dire mais elle se méfiait. Après tout, en face d'elle, se tenait l'une de ses pires ennemis du moment. Et elle était là, toute miel. Elles attendirent dans un silence tendu que le thé soit servi. Finalement, Eléana demanda :

- Qu'est-ce que vous faîtes là ?

- M'excuser.

- Vous quoi ?

Elle ne s'était pas attendue à cela. En fait, elle aurait cru que l'enfer pouvait geler avant qu'elle entende Dolores Ombrage dire quelque chose de ce genre. Et puis, de quoi s'excusait-elle ? La liste était tellement longue… Voyant le manque de réponse et le scepticisme, celle qui se faisait appelée la Grand Inquisitrice pris les devants :

- Mon attitude peut vous avoir paru assez dur. Et je m'en excuse. Malheureusement, en venant ici, j'avais une mission à remplir et des ordres à respecter. Je n'avais rien contre vous.

Eléana ne savait vraiment pas quoi en penser. Pour se donner une contenance en réfléchissant à cette situation incongrue. Elle vit du coin de l'œil Dolores sourire et cette dernière continua :

- Vous étiez la surprise de l'année. Personne ne m'avait prévenue de votre présence. Et vous avez compliqué les choses.

D'accord, là, il y avait un hic. La jeune assistante regarda la femme-crapaud et cette dernière lui apparut flou. En fait, tout dansait devant les yeux d'Eléana. Elle avait l'esprit de plus en plus embrumé et ses mouvements n'étaient plus coordonnés.

- Qu'est-ce…qu'est-ce que vous avez fait ?

Parler était dur. Maladroitement, elle fit tomber la tasse de thé que lui avait servi l'autre femme. Le liquide s'écoula à terre. Elle aurait voulu se lever, crier, mais son corps n'obéissait plus. Elle entendit Dolores répondre :

- Je n'ai fait que suivre les ordres, Miss Jedusor.

Elle tiqua à l'emploi de son nom. Elle n'aurait pas dû être au courant. Et de quels ordres parlait-elle ? Quelque chose lui disait que ce n'était pas ceux du Ministère. Elle sentait la panique s'emparer d'elle mais la drogue qui coulait dans ses veines l'empêchait d'agir. On lui mit quelque chose dans la main. Puis, sans prévenir elle se sentit harponnée par le nombril et tout disparut alors que le portoloin s'activait. Elle était inconsciente avant même d'atteindre le point d'arrivée.

Dans la salle de classe, Dolores se leva, nettoya les traces de son passage et retourna vaquer à ses occupations.

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- Vous êtes sûr ?

Severus regardait les preuves de ce qu'il venait d'apprendre s'étaler devant lui. Les preuves du lien d'Eléana avec Voldemort. Un lien qui remontait à plusieurs siècles et qui avait scindé l'arbre généalogique de Serpentard en deux. L'une des branches, la principale, restait enracinée en Grande Bretagne et perpétuant la tradition sorcière des sang-purs, jusqu'à la naissance du dernier héritier en date : Thomas Elvis Jedusor. L'autre, créant une nouvelle branche en Amérique, avec les premiers pionniers. Une lignée qui s'était mêlée avec des moldus et qui, en quelques générations, avait oublié son héritage sorcier. Une lignée dont la dernière héritière était une jeune femme de vingt-cinq ans : Eléana McBaine.

Ce lien, Voldemort l'avait découvert, sans aucun doute. Comment ? Cela n'avait pas vraiment d'imporrtance. Seule en avait sa réaction : il avait enlevé Eléana et l'avait adoptée, élevée comme sa fille. Pourquoi ? Il était le seul à le savoir. Mais cela expliquait tant de choses : pourquoi avoir choisi une petite fille américaine que rien ne prédestinait à un grand destin dans la sorcellerie.

- Certain, répondit Albus. Il m'a fallu longtemps pour découvrir cela. Et j'ai pris le temps de vérifier plusieurs fois.

- Cela explique beaucoup de choses.

- Oui. Maintenant, il faut mettre Miss Jedusor au courant. Je voulais vous en parler avant. Je pense qu'il serait peut-être mieux que cela soit vous qui lui en parliez.

- Cela serait mieux, effectivement.

Maintenant, il devait trouver le moyen de lui annoncer cette découverte. Comment allait-elle réagir ? Ils n'avaient jamais parlé de la relation d'Eléana avec Voldemort. C'était un point sur lequel ils ne seraient jamais d'accord. Ils ne se comprendraient jamais. Ils le savaient et l'acceptaient. Alors ils n'abordaient jamais le sujet. Comment pouvait-il alors lui dire qu'elle était plus liée à Voldemort qu'elle ne le croyait ? Qu'ils faisaient vraiment partie de la même famille ? Comment allait-elle le prendre ?

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Hermione était en pleine leçon d'histoire de la magie quand Harry lâcha un cri en portant une main à sa tête. Tout son visage était crispé. La douleur explosait dans son crâne. Il ne se sentit pas tomber à terre et n'eut même pas conscience que le rire effrayant qui résonnait dans la pièce sortait de sa gorge. Ron le regardait, effrayé. Hermione était déjà partie en courant chercher McGonagall. A terre, son meilleur ami avait le visage tordu dans une mimique à mi-chemin entre la douleur et l'euphorie. Il ne faisait aucun doute que la raison principale de cette crise était Voldemort. Mais la grande question était : qu'est-ce qui s'était passé ?

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Severus avait été voir dans la salle de classe, l'appartement d'Eléana, le sien et la salle des professeurs sans aucun succès. Il était allé voir à la bibliothèque et maintenant marchait rapidement vers l'infirmerie, faisant son possible pour rester calme et concentré. Il se disait que l'absence de sa compagne avait une explication logique, qu'il se faisait du soucis pour rien, que l'étrange mauvais pressentiment qu'il avait n'était que le fruit de son imagination. Il allait entrer dans l'infirmerie et la voir discuter tranquillement avec Poppy. Elle allait se tourner vers lui, lui sourire et venir l'enlacer. On était à Poudlard. C'était la seule possibilité.

Ce ne fut pas cette scène qui l'accueillit mais une autre qui balaya ses efforts pour rester calme. Harry Potter gisait sur un lit, les yeux clos. Sa célèbre cicatrice était rouge et boursouflée et ressortait sur sa peau pâle. Un peu plus loin, Hermione et Ron discutaient rapidement avec Albus, Minerva et Poppy. Il s'approcha d'eux :

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Qui vous a prévenu ? demanda Minerva.

- Personne. Je venais voir si Eléana était là.

Les regards qui furent échanger étaient loin d'être rassurants. Cela ne s'arrangea pas quand l'infirmière dit :

- Je ne l'ai pas vu de la journée.

Severus eut besoin de toutes ses aptitudes pour ne pas céder à la panique. Eléana avait disparu. Elle n'était plus là. Albus lui demanda si il avait cherché dans certains endroits et le professeur lui répondit sèchement qu'il avait regardé partout où elle avait l'habitude d'être. Hermione s'excusa et disparut, disant qu'elle revenait vite. Ron semblait comprendre ce qu'elle mijotait. L'ancien Mangemort demanda ce qu'il se passait bien qu'il ait déjà une petite idée.

- Harry semble avoir fait une crise liée à son lien avec Tom.

Le rouquin regarda son professeur de potions. Bravant sa peur, il rajouta :

- Vous-Savez-Qui était heureux si on en croit le rire d'Harry. Très heureux.

Hermione revint, le visage complètement sérieux :

- Le professeur McBaine n'est plus dans le château.

- Comment le savez-vous ? demanda Severus.

- Je suis Miss-Je-Sais-Tout, non ?

Ce n'était pas le moment de faire de l'humour ! Harry bougea dans le lit et Rogue fut le premier à ses côtés. Le Survivant ouvrit péniblement les yeux et tenta de se relever mais Poppy l'en empêcha. Il chercha Dumbledore du regard et dit dans un murmure :

- Il est heureux. Je ne sais pas pourquoi. Mais ça a un rapport avec Eléana.

Cette fois-ci, avec cette confirmation, Severus sentit son cœur raté un battement. Son sang se glaça dans ses veines. Non, ce n'était pas possible. Elle ne pouvait pas disparaître comme cela. Elle avait été piégée. Mais par qui ? Quelqu'un de Poudlard, c'était sûr. Elle n'aurait fait confiance à personne d'autre. Et encore, elle se méfiait de certaines personnes qui vivaient à l'école. Son esprit fonctionnait à cent à l'heure et il n'entendait pas la discussion autour de lui. Il devait établir des priorités afin de récupérer sa compagne. Il était hors de question qu'il n'agisse pas, qu'il laisse les autres s'occuper de cela. C'était personnel. Il devait prévenir Jake. Il serait un bon allié. Il n'avait aucun doute que l'Américain rappliquerait de suite. Il préviendrait sûrement le Ministre aussi et ils auraient un appui. Puis, il devait découvrir qui, à Poudlard, avait réussi à enlever Eléana. Et enfin, il devait savoir où elle avait été emmenée afin de la secourir. Pour cela, il connaissait quelqu'un qui l'aiderait, qu'il le veuille ou non : son vieil ami, Lucius Malefoy. Il sortit de l'infirmerie sans prendre la peine de prévenir les autres et sans s'arrêter quand ils l'appelèrent. Il avait beaucoup de travail.

Ron et Hermione regardèrent le visage de leur professeur de potions se fermer complètement et une expression de pure détermination apparaître. L'éclat des yeux de Rogue prirent une teinte dangereuse qu'ils n'avaient vu et ils eurent tout d'un coup vraiment conscience du passé de Mangemort du sorcier. Si son attitude en cours avait pu les mettre mal à l'aise et les effrayer jusqu'à présent, ce qu'ils voyaient leur donner envie de reculer. Pour la première fois, ils se rendirent compte que Severus Rogue n'était pas qu'un professeur terrifiant mais un sorcier très dangereux. Quoiqu'il ait prévu, personne ne l'arrêterait.

Albus, Minerva et Poppy en étaient arrivés à la même conclusion quand ils virent leur collègue tourner les talons et partirent sans leur prêter aucune attention. Il ne faisait aucun doute pour eux que Severus venait de partir en croisade. Ils espéraient juste qu'il en reviendrait vivant.

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Le lit était doux et moelleux. Les couvertures sur elle par contre étaient trop épaisses. On était en mai après tout. Même en Ecosse, l'été existait. Eléana se sentait étrange, toute engourdie. Elle ouvrit les yeux péniblement. Même respirer était difficile. Elle mit donc plusieurs minutes à se lever en tentant d'émerger du lourd sommeil qui l'avait saisi. Assise sur le bord du lit, elle se rendit enfin compte que quelque chose n'allait vraiment pas. la pièce dans laquelle elle se trouvait lui était inconnue. Elle fronça les sourcils. Ses pieds nus s'enfoncèrent dans la moquette épaisse quand elle se leva. Que s'était-il passé ? Elle prenait le thé avec Ombrage et… Ombrage ! Cette garce ! Elle l'avait appelée Miss Jedusor quand la drogue qu'elle avait versé dans le thé avait commencé à faire effet. Elle avait également parlé d'ordres qu'elle avait reçu. En plus d'être une envoyée du Ministère, c'était une Mangemorte ! Quelle garce !

Elle balaya la pièce du courage, nullement étonnée de ne pas voir sa baguette. Où se trouvait-elle ? C'était ridicule de se demander cela, elle savait très bien où elle se trouvait. Elle fit le tour de la chambre et son regard tomba sur les photographies au mur. Elle caressa l'une d'elle. Elle la représentait posant dans une robe superbe alors qu'elle n'avait que six ans. A ses côtés, droit et fier, se tenait Thomas Jedusor. Une main était posée sur son épaule de petite fille. Ils étaient beau ensemble, personne ne pouvait nier cela. C'était un portrait parfait d'un père et de sa fille. Chaque famille de sang pur devait avoir ce genre de photographies.

Elle pensait que si elle se retrouvait dans ce genre de situation, elle paniquerait. Néanmoins, cela n'était pas le cas. La peur était là, bien présente. Elle formait une boule dans son estomac. Mais il y avait quelque chose d'autre. Une excitation, une impatience auxquelles elle ne s'était pas attendue. Elle avait envie de revoir son père. Elle avait peur mais c'était loin de la paralyser. Au contraire.

La porte s'ouvrit dans son dos en silence. C'était juste le glissement du bois sur la moquette qui la prévint. Elle se tourna et vit Lucius dans l'encadrement. Un sourire narquois était plaqué sur ses lèvres. Il avait un air de victoire qui lui donnait envie de hurler.

- Comment trouvez-vous votre chambre Miss Jedusor ?

A sa plus grande surprise, elle sourit. Cela déconcerta le sorcier. Il devait s'attendre à la voir paniquer, pleurer ou ce genre de comportements. Au lieu de cela, elle se tenait en face de lui, la tête haute, un sourire mauvais sur les lèvres. Elle s'approcha de lui avec majesté et il reconnut dans sa démarche celle d'une sorcière de haute estime. Son Maître marchait avec la même grâce, la même hauteur. Elle s'arrêta à quelques centimètres de lui :

- Je vous tuerai Lucius. Je ne sais pas quand, ni comment. Mais je mettrai personnellement fin à votre vie. Je le ferai quand vous vous y attendrez le moins. Alors que vous vous croirez en sécurité, que vous penserez que rien de pourra vous arriver. Je frapperai à ce moment là, sans même que vous vous en aperceviez. Et la dernière chose que vous verrez sera mon visage triomphant. Je vous en fait la promesse.

La pomme d'Adam du Mangemort suivit le mouvement de sa déglutition difficile. Il serra les poings pour s'empêcher de commettre l'irréparable. Il ne pouvait pas la frapper. Les ordres de son Maître étaient clairs à ce sujet : ceux qui oseraient lever la main ou la baguette sur sa fille seraient sévèrement punis. Il se pencha à son oreille :

- On verra dans quelques temps si vous faîtes autant la maline.

Après un dernier sourire mielleux, il sortit, refermant la porte derrière lui. Eléana retourna s'asseoir sur le lit et contempla la situation : elle était aux mains de son père. L'endroit devait être tellement protégé que personne ne devait savoir où il se trouvait ou comment y entrer sans autorisation. Bref, elle était coincée sans secours possible. Elle ne pouvait compter que sur elle. Avaient-ils découverts sa disparition à Poudlard ? Avaient-ils compris que Voldemort la retenait ? Que ressentait Severus ? A quoi pensait-il ? Elle espérait qu'il ne ferait rien de stupide. Elle devait sortir d'ici. Comment, elle ne le savait pas encore. Mais elle allait sortir et Malefoy et Ombrage n'allaient pas comprendre ce qui allait leur tomber dessus. Elle s'en fit le serment. En attendant, elle se rallongea sur le lit, fixa le plafond et commença à échafauder des plans pour la suite.


A suivre...