Les Yeux de l'Ombre

Disclaimer : rien ne m'appartient à part le personnage d'Eléana et quelques autres que vous reconnaîtrez aisément.

Notes de l'auteur :J'ai commencé cette fic il y a trois ans à présent et c'est la plus longue fic que j'ai jamais écrite. Je dois vraiment remercier Bunny Anoushka Kalika sans qui cette fic ne serait jamais faite. Le dernier chapitre traînait dans mon esprit depuis un bon moment et tout à coup, l'envie d'écrire m'est venue et c'est les larmes aux yeux que j'ai écrit le mot « fin. »

Je voulais vous remercier pour m'avoir suivi pendant ces trois ans et ne pas avoir déserté malgré les délais entre certains chapitres. Je vais vous laisser avec ce dernier chapitre.

C'est aussi l'occasion pour vous de laisser une dernière review, et voire peut-être la première pour ceux qui ne l'ont jamais fait.

Ce fut un plaisir de partager tout cela avec vous.

Sabryna


Quand elle commença à se réveiller, encore groggy, Eléana ouvrit les yeux en sentant le bras autour de sa taille. Elle rencontra le regard sombre et protecteur de Severus et sourit malgré elle. Il était venu la chercher. Il s'était mis en danger pour venir la sortir des griffes de la plus grande menace sorcière des cinquante dernières années. Tant de choses auraient pu mal tourner ! Et si son père avait laissé des Mangemorts plus dangereux pour la surveiller ? Et s'il avait fait appel à des créatures comme des Détraqueurs pour garder le manoir ? Alors il serait sans doute mort, et Jake aussi. Mais ils avaient risqué tout cela pour elle.

- Comment ?

Il lui raconta alors tout ce qui s'était passé depuis son enlèvement. Elle se laissa bercer par sa voix profonde. Il parlait presque dans un murmure et dans la pénombre, cela donnait l'impression qu'ils étaient seuls au monde. Eléana s'en contentait. Tout cela lui avait manqué : se retrouver dans les bras de Severus, oublier le monde autour d'elle et ne penser qu'à lui, qu'à sa voix, qu'à son regard sombre qui mettait son âme à nu. Elle aurait pu s'énerver en entendant ce qu'il lui racontait mais ce ne fut pas le cas. Elle était tellement soulagée d'être libre et d'avoir pu apprendre ce qu'elle avait appris. A partir de maintenant, tout allait être plus simple.

µ

Le lendemain, la Grande Salle de Poudlard était en effervescence. Le courrier venait d'arriver et la première page était occupée par un large article qui avait enflammé tous les esprits : Il est de retour. Et par Il, il fallait comprendre Celui-Dont-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. En quelques heures, le gouvernement avait retourné sa veste. Il avait reconnu son erreur et présenté des excuses à Harry Potter dans un communiqué de presse. Les derniers évènements l'avaient mis au pied du mur. La bataille qui avait eu lieu la veille au Ministère et les dégâts qu'elle avait causés n'avaient pu être niés et les témoins étaient encore sous le choc. Tous les regards se tournaient vers la table rouge et or où le Trio d'Or et une partie des élèves arboraient des blessures diverses et variées. La rumeur disait qu'ils avaient été présents au Ministère et avait participé à la bataille. Une fois de plus, Harry Potter avait fait face au mage noir et avait survécu.

En une petite nuit, le monde avait changé. Le soleil s'était levé sur une société en guerre. La peur s'était emparée de tout le monde et une seule question obnubilait les esprits : et maintenant ? Qu'est-ce qui allait se passer maintenant ? Quelles mesures allaient être prises ? La première fois, tout le monde l'avait cru mort et c'était faux. Alors comment le vaincre pour de bon ? Fudge avait dû démissionner tandis qu'Albus Dumbledore était de retour au poste de directeur de Poudlard, au grand dam de Dolores Ombrage. Mais le peuple avait parlé. Il ne faisait plus confiance au gouvernement. Il remettait subitement en cause toutes les décisions qu'il avait prises. Et notamment une affaire qui venait de refaire surface : celle de Sirius Black. Dumbledore avait parlé du courage dont le sorcier avait fait preuve la nuit dernière au Ministère, comment il avait sacrifié sa vie pour sauver celle de son filleul. Des souvenirs avaient été apportés à son dossier: ceux de la nuit fatidique où les Potter avaient été tués, de son évasion et de sa confrontation avec Pettigrew, bel et bien vivant. Là encore, le peuple réclamait justice alors que pendant seize ans, il l'avait jugé et condamné coupable. Pour l'instant, l'évadé d'Azkaban gisait sur un lit d'hôpital, plongé dans le coma suite à une chute qui aurait dû être mortelle.

L'autre élément qui perturbait les habitants de l'école était l'absence de leur professeur de potions à la table des professeurs. Personne ne savait où il était, pas même les professeurs, qui commençaient à s'inquiéter. Cela ne restait qu'une information inquiétante parmi tant d'autres. Il y avait beaucoup à digérer ce matin. Et personne ne se doutait que cela allait encore empirer.

µ

Tout le monde était occupé à discuter des derniers évènements et à réfléchir à l'avenir quand les doubles portes de la Salle s'ouvrirent en grand. Severus Rogue et Jake O'Donnell entrèrent ensemble avec une expression de détermination et de satisfaction sur le visage. Les gens hoquetèrent quand ils virent qui les suivait : Eléana. Sur son visage, il n'y avait pas une once de satisfaction mais de la fureur. Ceux qui se trouvaient le plus près d'elle se reculèrent instinctivement. Certains crièrent quand elle dégaina sa baguette et que les deux sorciers lui laissèrent le champ libre. Les élèves retenaient leur souffle, ne voulant pas attirer l'attention sur eux. Mais la sorcière ne semblait même pas se rendre compte de leur présence. Elle avançait, droit vers la table des professeurs.

Soudain, un sourire sadique étira ses lèvres et un cri aigu suivit d'une chaise qui tombe attira l'attention de tout le monde. Ombrage, devenue pâle, s'était levée et tentait de quitter la salle par la porte sur le côté. Mais un sort d'Eléana scella la porte. Le professeur de DCFM sortit sa baguette mais elle ne la garda pas longtemps. Elle se retrouva collée à un mur, à deux mètres au-dessus du sol. Elle appelait les professeurs à l'aide mais aucun d'eux ne bougeait. Personne ne savait si c'était parce que tous détestaient la femme ou parce qu'en ce moment précis, aucun d'entre eux n'avaient assez de courage pour s'interposer entre elle et Eléana, franchement terrifiante.

Cette dernière s'approcha de sa victime, la baguette pointée sur elle, le regard lançant des éclairs. D'un geste, elle déchira la manche gauche de la robe d'Ombrage, exposant à tous la Marque des Ténèbres.

Si les personnes présentes avaient pâli en sentant la magie que laissait échappée Eléana, elles se mirent à trembler quand Dumbledore se leva. Sa fureur était visible, la magie qu'il dégageait était presque palpable. Une aura dangereuse, puissante l'entourait. Le directeur avait laissé place au sorcier qui avait vaincu Grindelwald. Pendant tout ce temps, il avait recherché la taupe au sein de son école. Il savait qu'Ombrage travaillait pour le Ministère, mais il était à mille lieux de s'imaginer qu'en plus d'espionner pour eux, elle espionnait pour Voldemort ! Il était normalement quelqu'un de respectueux, néanmoins il dut faire appel à tout son courage pour ne pas prononcer les mots qui lui venaient en tête. Trop furieux pour parler, il fut soulagé quand Eléana le fit pour lui :

- Donnez-moi une bonne raison de ne pas vous tuer !

Sa voix avait réussi à passer malgré ses mâchoires serrées. Ombrage ouvrit la bouche avant de la refermer, visiblement à court d'explications. Les spectateurs ne virent qu'au dernier moment le serpent jaune s'enrouler autour de la jambe du professeur. Elle se mit à hurler à mesure que le reptile montait sur elle, s'enroulant autour de sa poitrine et serrant. Shîrine avait bien grandi et la disparition de sa maîtresse ne l'avait pas ravie.

- Re-re-retirez-m-moi ça !! hoqueta Ombrage.

- Je n'ai aucune raison de le faire, lâcha Eléana.

Les élèves murmuraient frénétiquement, les professeurs étaient horrifiés. Albus savait qu'il aurait dû mettre un terme à tout cela. Les regards que lui lançaient ses congénères ou ses protégés le lui disaient. Néanmoins il n'en fit rien. La guerre s'était insinuée jusque dans les murs de son école. Il devait envoyer un message clair. Et surtout, peut-être que cette leçon servirait à tous ceux qui songeaient prendre la Marque. Il espérait que cela les ferait réagir, à défaut de tout ce qui avait été tenté jusque là.

- Vous-vous n'ê-êtes p-pas une m-meurtrière, murmura la Mangemorte.

- Non, répondit la sorcière.

D'un mouvement de tête, elle dégagea les cheveux de sa nuque, exposant la Marque. Un hoquet de surprise secoua toute la salle. D'une voix forte et intelligible, elle continua ;

- Mais je suis la fille de Voldemort. Le même sang coule dans nos veines. Je n'ai pas ses croyances. Mais êtes-vous vraiment sûre que je ne serai pas prête à tuer pour les miennes ?

Un silence suivit ses paroles. Un silence lourd que seuls les gémissements d'Ombrage brisaient. Shîrine continuait toujours de s'enrouler autour de sa poitrine, de plus en plus fort. Le visage du crapaud devenait violacé à mesure que l'oxygène n'affluait plus dans ses poumons. Elle étouffait.

- Miss Jedusor, cela suffit.

La voix d'Albus était forte et autoritaire mais elle ne suffit pas à distraire la sorcière. Severus posa une main sur sa hanche et murmura quelque chose à son oreille. Un long sifflement sortit de ka bouche de l'assistante et le serpent relâcha sa proie. Il glissa à terre jusqu'à sa maîtresse et escalada son corps jusqu'à s'enrouler autour de sa taille et de ses épaules. Le directeur ordonna aux Préfets de ramener leurs camarades dans leurs maisons et d'y rester jusqu'à nouvel ordre. Toute communication vers l'extérieur était interdite. Puis, il envoya Minerva prévenir les Aurors.

Eléana relâcha Dolores qui tomba comme une loque à terre. Albus la toisa et c'était la première fois que l'américaine voyait briller une lueur mauvaise dans ses yeux. Il entrava la Mangemorte :

- L'âge m'a assagi, Dolores. Mais il y a longtemps que je n'avais pas ressenti une telle fureur. Il fut une époque où j'aurais été moins clément à votre égard.

Puis, se détournant d'elle, il regarda Eléana :

- C'est un soulagement que de vous voir de nouveau parmi nous, très chère. Peut-être pourrions-nous discuter plus amplement de votre absence plus tard dans la journée ?

- Bien sûr professeur.

Severus noua un bras autour de sa taille et elle se laissa aller contre lui. Elle échangea un regard avec Jake. Les années qu'ils avaient partagé ensemble leur permirent de se comprendre sans échanger un mot. Il s'excusa, sous prétexte d'aller apporter la bonne nouvelle à ceux qui patientaient en Amérique. Eléana prit son compagnon par le bras et l'entraîna hors de la salle. Ils quittèrent Poudlard en silence et déambulèrent un moment dans les jardins avant qu'elle ne s'éloigne de lui. Elle avait imaginé cette conversation un million de fois depuis la veille mais elle ne savait pas comment la commencer.

- Severus,…

- Je comprends.

Elle se tourna vers lui. Son visage était complètement fermé, sans expression. Ses yeux auraient pu paraître froids pour qui ne le connaissait pas.

- Je voudrais tellement rester.

Elle tendit la main. Il se déroba.

- Mais tu ne le feras pas.

Elle aurait voulu dire qu'elle ne pouvait pas. Mais cela n'aurait pas été juste. Elle pourrait rester, se battre à ses côtés. C'était une possibilité. Elle en avait choisi une autre. Elle ne chercha pas à s'expliquer. Il connaissait déjà ses raisons. Elle avait ses parents, ses amis, ses élèves. Ils étaient tous aux Etats-Unis. En temps normal, elle aurait donné une chance à ce qui s'était construit entre elle et lui. Mais ils étaient en guerre à présent et ce n'était qu'une question de temps avant que l'emprise de Voldemort ne s'étende sur les autres continents. Les gouvernements devaient se préparer et elle pouvait aider.

Elle refusa de laisser ses larmes couler. Elle avait assez pleuré. Il était temps de se montrer forte.

- Je reviendrai, dit-elle d'une voix qu'elle voulait assurer.

Il l'enlaça sans répondre. Il était un homme de peu de mots. Il n'était pas du genre à faire des promesses s'il n'était pas sûr de pouvoir les tenir. Délicatement, il lui fit lever la tête et elle se retrouva captive de son regard sombre.

- Merci de m'avoir laissé t'aimer.

Cette fois-ci, elle ne put pas retenir la larme qui roula le long de sa joue.

- Merci de m'avoir aimée.

Et ils s'enlacèrent à s'en couper le souffle. Ils n'avaient plus de temps devant eux. La guerre était là et les séparait. Ils savourèrent juste la présence de l'autre, ayant bien à l'esprit que c'était peut-être la dernière fois qu'ils en avaient l'occasion.

µ

Une heure plus tard, elle refusait la friandise que lui proposait Albus. Les Aurors venaient d'emmener Dolores. Ils avaient interrogé Eléana qui leur avait dit la vérité. Il était temps pour elle de sortir de l'ombre et d'assumer qui elle était. Elle n'avait plus peur. Son père était mort. Il était temps de s'élever contre le monstre qui avait pris sa place. Jake était dans ses appartements et réunissait ses affaires.

- Les dernières semaines ont été éprouvantes, dit le vieil homme.

Car il semblait bel et bien avoir son âge à cet instant. Il n'y avait pas de lueur moqueuse dans son regard. Juste de l'inquiétude quant à ce que l'avenir réservait. Elle balaya les objets étranges et pensa que l'excentricité du sorcier allait lui manquer.

- Et les mois qui s'annoncent le seront encore plus, continua-t-il dans un soupir.

- Mais je peux les alléger.

Et elle lui confia tout ce qu'elle avait appris pendant sa captivité, et notamment sur les Horcruxes. Ce ne fut pas une grande surprise pour le directeur, juste la confirmation qu'il attendait.

- Sirius s'en sortira ? demanda-t-elle.

- Personne ne peut le dire. Ses blessures sont sérieuses. Les médicomages refusent de se prononcer.

- Comment va Harry ?

Le sorcier se laissa aller contre le dossier de sa chaise, un petit sourire triste aux lèvres :

- Il prend cela avec beaucoup de calme.

- Ce qu'il a fait ne manquait pas de courage.

- S'il y a bien une chose qui ne lui a jamais fait défaut, c'est le courage. Je n'ai pas encore eu l'occasion de lui parler à propos de tout ce qui vient de se passer.

Il y eut un silence.

- Comment va Severus ? demanda le directeur.

- Il s'en remettra. J'espère juste que ces élèves ne souffriront pas trop par ma faute.

- Votre départ va laisser un grand vide.

- Ma présence n'était pas vraiment désirée.

- Au début peut-être. Mais vous avez su gagner le respect et l'estime des élèves et des professeurs. Vous leur manquerez.

Elle sourit en se levant. Albus l'imita. Il lui tendit la main et elle la serra. Il replia sa main libre sur la sienne :

- Vous ferez un excellent professeur, Miss Jedusor. Et sachez qu'il y aura toujours une place pour vous au sein de Poudlard.

- Merci Professeur Dumbledore. Ce fut un honneur de travailler pour vous.

Il lâcha sa main et elle s'éloigna. Sur le seuil, il la rappela. Elle se retourna. Il y avait une émotion dans son regard qui la bouleversa.

- Il ne fait aucun doute que nous ne verrons pas tous la fin de cette guerre, quelle qu'en soit l'issue. Il me serait très pénible que vous fassiez partie de ces personnes. Alors prenez-soin de vous, Eléana.

- J'essaierai, si vous en fait autant.

Il lui répondit par un autre sourire triste et elle quitta le bureau. Son cœur était lourd et à présent, les larmes qui menaçaient de tomber ne la quittaient plus. Elle n'avait plus qu'une personne à voir.

µ

Elle le trouva sur les gradins du terrain de Quidditch. Il ne tourna pas la tête vers elle, malgré le bruit qu'elle faisait.

- N'êtes-vous pas censés rester dans vos quartiers ? demanda-t-elle.

Il ne se tourna pas vers elle.

- Vous partez, hein ?

- Oui. Nous allons devoir nous battre. Ils vont avoir besoin de quelqu'un qui sait ce qui se passe.

Nouveau silence.

- Je suis désolée pour Sirius. J'espère qu'il s'en remettra.

- Je croyais savoir à quoi m'attendre en allant au Ministère. J'avais tort. Je crois que je n'avais pas… Je savais que des gens allaient mourir mais je n'avais pas vraiment réalisé ce que cela voulait dire. Mais quand j'ai vu Sirius tomber… Je voudrais juste que ça ne fasse pas aussi mal.

- Il ne faut pas. Cette douleur, c'est ce qui te dit que tu es encore vivant, que tu as encore quelque chose à perdre, quelque chose pour lequel lutter.

Cette fois-ci, il se tourna vers elle et son cœur se serra malgré elle devant ce regard si mature. Les quelques bribes d'innocence qu'il avait réussi à préserver jusque là avaient disparu. Elle se demandait si ce qui s'était passé au Ministère pouvait être le seul responsable de cela quand il lui parla de la prophétie. Alors elle comprit.

- Est-ce que vous m'en voudrez ? demanda-t-il soudain.

- De quoi ?

- Quand je le tuerai, est-ce que vous m'en voudrez ?

- Mon père est mort Harry. Il ne reste qu'un monstre à la place.

- Je ne sais pas quand. Je ne sais pas comment, mais je le tuerai. Il faut qu'il paye pour tout le mal qu'il a fait. Et je veux que cela s'arrête. Je veux être capable de faire des plans pour l'avenir, de choisir une carrière. Je veux pouvoir penser plus loin qu'à ce qui m'attend demain. Je veux arrêter de survivre. Je veux me débarrasser du Survivant pour n'être qu'Harry.

- Si tu as besoin d'aide, n'hésite pas.

- Merci.

Elle l'enlaça aussi fort qu'elle put et il y répondit avec la même vigueur. Ils avaient noué un lien étrange, la seule bonne chose que Voldemort leur ait apporté dans la vie. Encore une fois, les larmes furent plus fortes qu'elle. Elle les chassa rageusement et encadra le visage d'Harry de ces deux mains.

- Tu es quelqu'un de formidable. Ne laisse jamais personne te dire le contraire. J'ai confiance en toi. Continue à te battre, ne baisse jamais les bras. McGonagall t'aidera à devenir un animagus et j'ai intérêt à être prévenue dès que ça arrive. Et n'hésite surtout pas à me contacter. Si tu as besoin de quelqu'un, que ce soit pour t'aider à combattre ou juste pour t'écouter, je suis là. Promets-moi que tu n'abandonneras jamais ? Promets-le-moi Harry !

Elle ne savait pas pourquoi elle faisait une requête aussi stupide mais il y avait quelque chose dans le regard d'Harry qui lui faisait peur. Il avait déjà tant souffert. Les larmes coulaient silencieusement sur ses joues et ce fut d'une voix rendue rauque par l'émotion qu'il souffla :

- C'est promis.

Elle l'embrassa sur le front et se leva brusquement, incapable de rester plus longtemps. Elle avait su que partir allait être dur, mais elle ne s'était pas attendue à ce que ce le soit autant. Cette année avait été extraordinaire sur bien des points. Elle avait vécu le pire comme le meilleur. Elle avait perdu un mentor et un père mais elle avait trouvé un compagnon et un frère. Elle avait également réussi à faire la paix avec ses souvenirs et avec elle-même. Elle était prête pour ce qui l'attendait. Tout ne faisait que commencer.

Jake l'attendait devant les grilles de Poudlard, une simple valise à la main. Il lui lança un sourire hésitant.

- Est-ce que tu es sûre que ça va aller ?

Elle inspira profondément :

- Oui. On a une guerre à mener.

Elle regarda une dernière fois Poudlard. Harry revenait vers le château. Devant les Grandes Portes, Severus la regardait fixement. Elle n'était pas sûre de les revoir. L'avenir était sombre et incertain. Elle savait une seule chose :

- Et après, si je suis toujours en vie, je reviendrai.

Elle attrapa le bras de Jake et posa une main sur le portoloin qui allait les ramener chez eux. Les élèves sortaient du château, prêts pour affronter l'avenir, quand le mécanisme se déclencha et Poudlard disparut dans un tourbillon.


FIN