Auteur : Dyneen
Disclamer : Les personnages de Gundam Wing appartiennent à Mrs H. Yadate et T. Yoshiyuki. Je les emprunte juste...
Genre : Yaoi
Couple : 3x2
Remarques : « … » - paroles / § … § - télépathie entre Shin et Duo / '…' - entre pixies
Une vie d'étudiant
Chapitre 4
Duo soupire après avoir soigneusement refermé derrière lui la porte d'un énième bureau – à se demander s'il fait pas la collection ce cher directeur – mais là franchement ça commence à être rageant. En trois semaines, on a du fouiller tous les coins et recoins de cette fichue école et rien, nada, que dalle ! Je n'arrive même plus à me rappeler le nombre de serrures que Duo a déverrouillé mais c'est pas encore cette nuit qu'on va réussir à trouver quoique ce soit rien qu'à voir... Et il reste plus que trois jours avant la fin de la mission. Enfin, d'un côté on s'en fout un peu, on a fait notre part de boulot et si Wu' et Tro' n'ont rien trouvé et bien bye, bye tout le monde !
Un bruit se fait soudain entendre dans le couloir et je vois le corps de Duo se tendre tandis qu'il jette un regard rapide dans cette direction, en éteignant la lampe torche. Les sens en alerte, nous restons tous les deux immobiles dans l'épaisse obscurité qui semble nous entourer de toute part. Un nouveau bruit, léger mais ça n'annonce rien de bon, il faut qu'on se trouve une sortie et rapidement. La lumière d'une lampe torche balaie soudain le couloir à quelques mètres de nous et Duo ressort rapidement ses outils. Pas le temps de courir jusqu'à l'autre bout du couloir, si l'homme aperçoit quelqu'un, chaque élève sera étroitement surveillé dans le meilleur des cas et dans le pire et bien les preuves risqueraient de disparaître comme par enchantement... Enfin s'il y en a effectivement quelque part !
En quelques secondes il redéverouille la porte et je le suis rapidement à l'intérieur avant qu'il ne repousse vivement le battant. Il se glisse sur le côté, dos au mur et nous attendons de nouveau, dans le silence de la pièce, de voir si nous avons été repérés ou pas. Même si Duo a été très discret comme d'habitude, aucun de nous ne peut savoir si le faisceau a eu le temps d'atteindre la porte avant qu'elle ne se ferme ou non. Je m'assois sur l'épaule de Duo attentive... Sa respiration est régulière bien qu'un peu rapide et je m'aperçois que même s'il essaye de remplacer le soldat par l'étudiant, ses instincts de guerrier sont restés ancrés profondément en lui. Deux ans n'ont pas suffit visiblement...
Les pas se rapprochent mais l'homme ne s'arrête pas à notre porte et continue sa ronde tandis que je reprends ma respiration. Je déteste ces montées d'adrénaline moi ! Je jette un nouveau regard sur la pièce sombre seulement éclairée par la lune qui apparaît par la fenêtre quand un éclat se reflète soudainement sur la lame d'un couteau. Sa lame, celle qui est apparue dans sa main à la seconde où la menace s'est présentée, celle qui était toujours à son bras pendant la guerre, celle qu'il a mis plus de six mois durant sa première année d'étude avant de s'en séparer... Elle est réapparue avec sa facilité habituelle et en voyant les prunelles améthyste qui la fixent sans ciller, je sais que Duo souffre de la revoir, et plus que tout souffre d'apprécier la tenir de nouveau. Elle lui a manqué comme un membre amputé et maintenant que ses doigts ont caressé le métal froid et familier, il sait que ce serait encore plus difficile de la ranger une nouvelle fois. Je volette devant lui, le cœur un peu serré de le sentir si fragile et son regard perdu se pose sur moi attiré par le mouvement.
§Faut qu'on rentre Duo§ annonce-je doucement en le fixant attentivement. Après quelques secondes, il hoche presque distraitement la tête avant de se reprendre et de s'avancer vers la porte. Après un coup d'œil rapide au couloir, on sort et il referme le battant avec soin, pas besoin que l'on remarque notre passage. Duo repart, silencieux dans les couloirs évitant habilement les caméras de surveillance – parce que si elles n'étaient pas là ce ne serait pas drôle bien sûr – et on arrive enfin jusqu'à la grille de ventilation qu'on avait utilisé pour entrer. En voyant le nombre de caméras dissimulées dans le hall d'entrée, on était d'accord avec Duo pour ne pas passer par la grande porte... Exceptionnellement.
Après quelques mètres à quatre pattes, enfin pour Duo, dans un tuyau plutôt sombre, on arrive enfin à l'air libre et il remet rapidement la grille avant de se glisser contre le mur jusqu'au bâtiment dortoir. Il ne nous faut pas longtemps pour atteindre la porte de notre studio, ni pour la refermer derrière nous avant de soupirer fortement. La lumière s'allume soudainement et on se retrouve nez à nez avec le canon d'un flingue – brave Heero – avant de faire face à huit paires d'yeux interrogatives. Duo attrape une chaise du salon/cuisine et la retourne avant de l'enfourcher, posant ses bras contre le dossier avec nonchalance.
« Y a rien » Les quatre Préventers semblent mécontents mais bon on va quand même leur faire des fausses preuves ! « J'suppose que vous êtes sûrs de vos sources ? » Aïe, mauvaise parole là, vu les regards flamboyants qu'ils nous lancent mais Duo hausse les épaules avant de se lever impassible. « Vais me coucher. » Je le regarde s'éloigner avant de hausser un sourcil interrogatif en direction de mes consœurs mais celles-ci semblent aussi perdues sur cette mission que leurs protégés. Puisque c'est comme ça... Je bats vivement des ailes et rejoint notre chambre, histoire de dormir également.
Alors que je m'installe confortablement sur le lit, près de la tête de Duo, la porte s'ouvre à nouveau et Heero apparaît dans l'entrebâillement. Il se change rapidement avant de se glisser à son tour sous la couette, sur le dos. Duo se rapproche après quelques secondes, se blottissant contre le corps chaud et immobile du japonais puis les deux respirations se stabilisent, ralentissant légèrement alors que les deux ex-coéquipiers s'endorment paisiblement.
Les trois derniers jours du mois passent assez rapidement même si Duo n'arrête pas de maugréer contre le temps qui n'avance plus. Il est vraiment pressé de retourner à sa fac je crois et je le comprends. Je le regarde faire ses bagages et ranger avec soin ses cours et devoirs ainsi que ses fringues puis alors qu'il plie son ordinateur portable, Heero entre dans la chambre et s'arrête visiblement perplexe.
« Où vas-tu ? » demande-t-il après un coup d'œil aux bagages.
« La mission durait un mois Yuy. J'ai fait ma part. Après, qu'on ait rien trouvé c'est pas mon problème mais le votre alors je me casse ! » Conclut Duo en zippant sa sacoche de portable d'un geste vif.
« Nous avons eu de nouvelles infos... » Annonce-t-il après quelques secondes de silence.
« Tant mieux pour vous. » répond Duo en vérifiant une dernière fois qu'il n'ait rien oublié.
« Ta faculté a été averti que ton problème familial s'était aggravé et que tu ne reviendrais pas tout de suite. » Duo qui fouillait dans le bas de l'armoire s'arrête brusquement avant de se redresser très lentement, tandis que les doigts de sa main droite se crispent sur la porte de l'armoire. Cette dernière se referme d'ailleurs doucement, trop doucement si vous voulez mon avis laissant bientôt apparaître mon protégé au visage plutôt pâlichon. Il dévisage Heero sans rien dire, et je sens parfaitement qu'il hésite entre l'espoir illusoire que ce soit une blague et une colère ravageuse.
Après quelques instants de flottement durant lesquelles Heero ne bouge toujours pas, et surtout ne dénie pas ses propos, Duo referme complètement la porte de l'armoire, puis s'avance souplement vers lui. Ce dernier hausse un sourcil interrogatif tandis que les améthystes ne le quittent pas des yeux et alors qu'il va dire quelque chose, probablement ce qu'il va se passer maintenant, Duo lui décoche un magistral coup de poing qui envoie son ex-coéquipier au sol, la lèvre fendue et probablement un magnifique hématome sur le joue. Et malheureusement ou heureusement cela dépend des points de vue mais Quatre choisit ce moment pour venir voir ce qui se passe. Ses yeux se portent immédiatement sur Duo, puis sur Heero toujours au sol et revient sur mon protégé qui après un dernier regard furieux sur le japonais passe devant l'empathe et sort de la chambre. Je le suis rapidement et nous passons devant Trowa et Wufei qui nous observent perplexes avant d'aller jeter un oeil dans la chambre. Arrivé à la porte d'entrée, Duo l'ouvre avant de se retourner brusquement.
« Allez vous faire foutre tous les quatre ! Cette mission n'a plus besoin de mes capacités ! Vous vous croyez peut-être tout permis avec vos badges mais faut vous réveillez ! JE n'obéis à personne ! J'ai voulu faire un effort en souvenir de nos années passées mais la guerre est terminée et j'en ai plus rien à foutre de votre mission et encore moins de vos réflexions quotidiennes sur chacun de mes gestes. Je n'ai jamais eu de parents ce n'est pas pour me retrouver avec un père autoritaire... » Il dévisage Heero « Un mère surprotectrice » Quatre cette fois « Et un frère jaloux » Et un regard tue-la-mort pour Wufei, un.
Tu oublies Trowa le poisson rouge mon chou ! pense-je amusée. Je le vois finalement sortir, en claquant une nouvelle fois la porte avec rage et je soupire doucement en évitant de me faire coincer dans le battant. Manquerait plus que mes ailes se déchirent...
Il descend rapidement les escaliers et se retrouve bientôt dans la cour de l'université qu'il traverse d'un pas vif. Poussant les portes en fer, il se glisse dans la rue avant de partir en courant et je le suis sans rien dire. Mieux vaut pas que je le perde mon petit gars... Dans l'état où il est, il risque de ne pas faire dans la dentelle si quelqu'un l'aborde ; Et tuer quelqu'un qui demande juste l'heure, ça risque de ne pas être bien vu sur notre karma... Seulement après une bonne demi-heure de course, je me décide quand même à lui parler, histoire de ne pas devoir faire pus de 10 km pour le retour.
§Duo ?... Duo !§ Ok, monsieur a décidé de faire la sourde oreille visiblement. Je disparais subitement pour réapparaître à quelques mètres devant lui.
§DUO ! T'as intérêt à ne pas me faire répéter ton prénom une quatrième fois !§
« Pourquoi ? Tu veux jouer à la sœur rabat-joie ? » Me questionne-t-il cyniquement en me dépassant sans même ralentir. Je me retourne vivement et fronce les sourcils. Il croit vraiment pouvoir s'en tirer comme ça ? Je lance un petit sort et il tombe vers l'avant comme si quelqu'un venait de lui faire un croche-pied. Enfin tomber c'est un bien grand mot. D'un geste vif, il se retourne sur le dos, sa lame déjà dans sa main et prêt à en découdre avec n'importe quel ennemi. Je le regarde d'un air moqueur alors qu'il se rend compte que son adversaire ne doit pas faire plus de quinze centimètres et il me lance un regard furieux. Mon sourire s'agrandit encore surtout lorsqu'il tente sans succès de se relever et je m'approche de lui furax.
§Maintenant tu te calmes et tu arrêtes de fuir. Tu ne crois quand même que je vais encore te laisser faire des kilomètres sans intervenir. Il faudra rentrer après !§
« Je ne rentrerai pas ! » déclare-t-il froidement en croisant ses bras sur sa poitrine.
§Ah oui ? Alors tu abandonnes tout, la fac, Ivan et Niko et le poisson rouge ?§
§Quel poisson rouge ?§ me demande-t-il au lieu de répondre. Je me pose sur son bras.
§Trowa !§
§Trowa ?§ répète-t-il sans comprendre. Je hausse les épaules innocemment.
§Et bien généralement il regarde tout ce qu'il se passe sans rien dire alors...§ Duo me regarde avec de grands yeux incrédules avant d'éclater de rire.
§Un poisson rouge§ halète-t-il plusieurs fois en tentant de retrouver sa respiration après plusieurs minutes. Une fois calmé il me dévisage soigneusement un léger sourire aux lèvres.
§Tu sais trouver les mots justes§ déclare-t-il amusé et je sourie à mon tour.
§Que fait-on maintenant ?§ continue-je l'air de rien. Il soupire avant d'apercevoir dans le ciel des spots lumineux et je m'envole rapidement alors qu'il se lève souplement.
§Se détendre...§
On ne met pas longtemps pour arriver devant la boîte de nuit et encore moins pour y entrer. Faut croire qu'on a une bonne tête ! Bref, Duo se dirige rapidement vers le bar, histoire de se rafraîchir de sa course avant d'aller se défouler sur la piste. Pour ma part, je m'assois tranquillement sur un des tableaux accrochés au mur me donnant une vue d'ensemble sur la pièce. Et quelle vue ! Comme on est vendredi soir, pas mal d'étudiants de « Noah's Study » se sont donnés rendez-vous et je dois dire que malgré ce que l'on sait – ou plutôt suspectons – sur les responsables, les étudiants sont... Miam, miam ! Je sais pas si Duo va en profiter mais si j'étais lui, j'en choisirai facilement un pour cette nuit avant de retourner pêcher ! Mais bon connaissant Duo et son côté sentimental... Je le vois finir sa boisson et se diriger d'une démarche féline vers la piste de danse. Autant vous dire qu'il ne faut pas longtemps pour qu'une foule d'hormones se pressent contre lui mais Duo laisse faire, ayant besoin de se semblant d'attention ce soir. J'observe donc d'un œil parfois distrait, parfois attentif – particulièrement lors du passage d'un petit blond bien foutu – les frottis frottas des jeunes humains devant moi, tout en surveillant l'entrée et mon protégé du coin de l'œil. Pas de temps mort pour les gardiennes, surtout avec Duo qui a une nette tendance à s'attirer des problèmes. Finalement la nuit se passe plutôt bien et il est plus de quatre heures quand il ressort, de meilleure humeur.
« Mais regardez donc qui voilà ! Le chouchou de la prof de sciences ! »
Duo, qui avait à peine fait quelques pas en dehors de la boîte s'arrête et se retourne en direction de la voix. Et moi et bien je glisse une main fatiguée sur mon visage. C'est pas vrai, ils ont vraiment rien dans la tête ses quatre gars ! Pourquoi ne se rappellent-ils pas qu'il est également le chouchou du prof de karaté !
§Duo...§ commence-je §On en a rien à foutre d'eux. Et c'est pas le moment de se faire remarquer parce que crois-moi si tu te bats ce soir, ça se sera demain à l'université ! Duo ?§ Mon petit protégé chéri les fixe sans rien dire depuis quelques secondes tandis que les quatre ploucs continuent à plus ou moins l'insulter et je crois que finalement la boîte de nuit n'a pas suffit pour le calmer. J'en suis même sûre rien qu'à voir ses yeux brillants de satisfaction. Et étrangement les quatre gars restent un instant hésitant face à lui, pas longtemps dommage pour eux. Ils s'approchent finalement avant de l'entourer tandis que leur 'chef' continue ses petites railleries. C'est fou ce qu'ils sont courageux ceux-là ! Et Duo, ben il ne bouge pas, attendant visiblement que l'un d'eux ouvre la danse, c'est son petit côté 'je suis un pro de la baston mais je n'attaque jamais le premier'. On a pas longtemps à attendre non plus car le chef se décide à lui mettre une droite... Enfin il essaye. Duo a stoppé son bras et a retourné le bonhomme avec facilité. CRAC. Et une épaule démise. Le second, au moins aussi baraqué que l'autre décide alors de lui porter secours et un deuxième craquement m'informe qu'il risque d'avoir une voir deux côtés fêlées. Ou peut-être plus, rien qu'à voir comme il se tient le torse... Sans compter qu'il gémit presque aussi fort que son collègue encore vautré par terre. Les deux autres se regardent brièvement avant de choisir de s'enfuir sans même prendre la peine d'aider leurs amis mais Duo ne bouge pas. Il repose son regard sur ses adversaires avec un sourire sadique et je les vois presque déglutir tous les deux – c'est... Plaisant – avant qu'un bruit de moteur ne me fasse relever la tête.
§Tiens quelqu'un est venu te chercher, chaton.§ Remarque-je en apercevant un motard qui semble l'attendre malgré son casque. Il suit mon regard et hésite avant de finalement s'avancer. Après tout il vient d'assommer deux gars, l'autre sait à présent de quoi il est capable qui qu'il soit. Seulement la visière se lève et Duo n'a aucun mal à reconnaître les yeux verts qui le fixent. Je sais, je sais, j'aurai pu lui dire que son inconnu était accompagné d'une de mes consœurs mais ça aurait un peu gâché le suspens. Army me fait d'ailleurs un petit signe de la main et je hoche la tête satisfaite. Visiblement, elle a eu une petite discussion avec l'Inconscient de son protégé.
« Trowa ? » murmure Duo alors qu'il parvient à côté de lui mais quelques secondes après il fronce les sourcils, une lueur de colère irradiant ses beaux yeux violets.
« Que fais-tu là ? Ils t'ont demandé de venir me chercher ? » Le ton sonne mitigé, dégoûté, déçu avec un peu d'espoir en arrière plan si bien que les yeux verts se fixent davantage dans son regard.
« J'ai décidé de venir de mon propre chef » déclare calmement Trowa et le corps de mon protégé se détend légèrement.
« Pourquoi ? »
« J'ai pensé que tu ne serais pas en état pour revenir. »
« Inquiet pour la mission ? » questionne Duo avec mépris.
« Pour toi » Le français lui tend un casque et Duo le prend après quelques secondes de choc avant de s'asseoir derrière son partenaire. Il passe ses bras autour de sa taille, sentant sous ses doigts les abdominaux fermes et pose doucement sa tête contre le dos devant lui. Trowa est plus grand que lui et plus carré également et alors que la moto redémarre il se retrouve protégé du vent, à l'abri derrière ce corps tentateur.
Il ne faut pas longtemps à Trowa pour nous ramener au bercail et il laisse sa moto soigneusement cachée dans un entrepôt désaffecté, un peu à l'écart de l'université. Je décolle de l'épaule de Duo, histoire de me dégourdir les ailes alors que celui-ci attend le français appuyé contre un mur, en surveillant les environs. Il ne tarde cependant pas à nous rejoindre avec Army, invisible à ses côtés, et on repart tous les quatre discrètement vers le studio. Une dizaine de minutes après, on se retrouve dans notre chambre, Duo et Trowa allongés l'un à côtés de l'autre, silencieusement, tandis que nous les observons pensivement, tranquillement assises sur le plafonnier.
'Tu penses que Duo a une chance ?' Demande-je au bout de quelques longues secondes sans détourner mon regard de mon humain. Je sens Army bouger à mes côtés et je me retourne vers elle, presque impatiente.
'Avec Trowa ! Penses-tu qu'il a une chance ?' Elle a à présent les genoux remontés contre sa poitrine et tout à sa réflexion, elle mordille distraitement sa lèvre inférieure.
'Probablement' lâche-t-elle finalement et j'ouvre la bouche incrédule, sans pour autant réussir à dire quelque chose. Comment ça probablement ? Ca fait cinq minutes que j'attends sa réponse, à tel point que j'étais en train de me demander si elle ne s'était pas endormie les yeux ouverts et... Et... Je referme la bouche violemment, me faisant involontairement claquer les dents, tout en la fusillant du regard mais elle n'en semble nullement incommodée. Elle reste juste là, à mes côtés, à me dévisager calmement, comme si de rien n'était et je ressens clairement ce que Duo peut éprouver devant l'impassibilité de Trowa. C'est... Agaçant ! Et troublant également. En particulier ces prunelles si vertes et qui semblent pouvoir tout comprendre, tout entendre...
« Je m'excuse. » La voix grave de Trowa me fait détourner la tête de sa gardienne avec un certain... Soulagement ? Pour revenir sur le lit. Duo semble aussi perplexe que moi quand il le dévisage.
« De quoi ? » demande-t-il finalement. Trowa qui fixait le plafond, tourne à son tour la tête, leurs regards se croisent, et je sens l'angoisse de Duo se réveiller devant l'étrange lueur apparaissant dans les yeux verts.
« D'avoir accepté ton… Enlèvement. » Trowa brise le contact visuel et se replace comme il était les yeux fixés sur le plafond tandis que Duo ne dit rien visiblement perdu dans ses pensées.
« De ne pas pouvoir t'aider la nuit comme ils le font... » Ce n'est qu'un murmure mais le ton mélancolique fait réagir Duo qui se retourne complètement sur son côté droit pour faire face à son coéquipier.
« Pourquoi dis-tu ça ? » questionne Duo après s'être un peu humidifié les lèvres en attendant avec une certaine crainte la réponse.
« Wufei grommelait hier soir qu'il en avait marre de te servir d'oreiller pour t'endormir, les autres ne semblaient pas surpris. » Aucune émotion ne transparaît dans sa voix alors qu'il résume en une phrase la situation. Il ne tire aucune conclusion, ne pose aucune question mais ces dernières, même non-dites, sont parfaitement claires pour Duo, comme si elles étaient hurlées dans le silence pesant de la chambre. Pourquoi ne réagis-tu pas avec moi comme avec les autres ? Qu'ai-je fais pour que tu restes si loin de moi ?
TSUZUKI
Petit mot de l'auteur :
L'inspiration va-et-vient sur cette fic alors je vais essayer de me tenir à une mise en ligne une fois par mois. Désolée de ne pouvoir faire mieux !
Bye
