Titre original : The Courtship of Harry Potter, by Diana Williams

Traductrice : Devil Pops (moi-même)

Disclaimer : Rien ne m'appartient, et je ne pense pas que ça change… Par contre, j'ai l'autorisation de faire joujou avec cette fiction anglaise, et Diana a été bien gentille de me l'accorder.

Résumé : L'intérêt d'un professeur pour Harry Potter force Severus à entrer en compétition pour conquérir le cœur du jeune homme.

Notes de la traductrice : Me revoilà, fidèle au poste… j'ai été ahurie par le nombre de reviews envoyées pour le dernier chapitre, et trèèès émue par votre soutien… merci ! °larmounette° J'ai répondu à tout le monde (mea culpa si j'ai oublié quelqu'un), et pour vous remercier, voici un second chapitre cette semaine. Alors…

Bonne lecture !


Courtiser Harry Potter

Chapitre 4 - Explications


Ron, Hermione et Seamus firent sortir hâtivement Harry de la Grande Salle et se précipitèrent vers la tour de Gryffondor avant que les autres personnes présentes ne se remettent du double choc. Ils ne s'arrêtèrent qu'une fois dans le dortoir des septième année, la porte soigneusement verrouillée et protégée derrière eux, pour se tourner enfin vers Harry, le dévisageant intensément. Il grogna et s'affala lourdement dans son lit.

« Harry, tout va bien ? » s'enquit Hermione, fixant avec inquiétude la toute nouvelle bosse qui ornait son front.

« Je me porte comme un charme, » répondit-il, irrité. « Pourquoi en serait-il autrement ? Deux de mes professeurs viennent tout juste de me faire une demande en mariage devant toute l'école réunie ! »

« En fait, ce n'est pas vraiment une demande en mariage, » commença-t-elle.

Ron paraissait tout aussi choqué que Harry, chancelant alors qu'il s'effondrait au sol, devant le lit. « Snape. Ça ne peut pas - c'est impossible - Je veux dire - Snape. »

« Tu veux bien cesser de répéter son nom comme ça, encore et encore ? » rétorqua sèchement le Survivant. Il observa longuement les enveloppes toujours serrées dans son poing, avant de lever les yeux vers Seamus. « On dirait que tu es plutôt bien informé sur ça - quoi que ce soit. Qu'est-ce que c'est, au juste ? »

« Des lettres d'intention, » révéla l'Irlandais, se posant au sol, à côté de Ron.

« L'intention de faire quoi ? » demanda Harry d'un ton vide d'émotions, tout en jetant un coup d'œil à son meilleur ami. Ron rougit et refusa de croiser son regard, et il abaissa de nouveau la tête vers les enveloppes posées sur ses genoux, l'air consterné. « Ne me dîtes pas que c'est ce à quoi je pense. »

« Rien à voir, » affirma Seamus, un brin d'impatience dans la voix. « Déjà, ils ne sont pas autorisés à faire des avances d'ordre sexuel avant que tu n'acceptes leurs cadeaux, et ils ne peuvent t'offrir ce genre de choses qu'à partir de la seconde proposition. Celles-ci, » précisa-t-il en désignant les carrés cartonnés, « ne sont que la première offre. Vas-y, ouvre-les et regarde ce qu'ils te disent. »

« Je ne veux rien savoir. Pourquoi ne pas juste les brûler ? Faire semblant de ne les avoir jamais vues ? »

« Tu peux, » avoua l'Irlandais. « Si tu préfères que tes soupirants te suivent sans arrêt. »

Le brun parût horrifié à l'idée de voir deux professeurs en mal d'amour le pourchasser à travers tout Poudlard, et Hermione s'empressa de prendre la parole : « Tu l'embrouilles encore plus, Seamus. Mieux vaut que je reprenne dès le début pour qu'il sache à quoi s'en tenir. »

« Et qu'est-ce que tu y connais, toi ? » rétorqua Seamus, le ton légèrement belliqueux. « Les filles n'ont rien à voir avec la tradition. »

« Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas lu des livres à ce sujet, » répliqua impatiemment la Gryffondor. Elle reporta son attention sur Harry. « Techniquement, c'est ce qu'on appelle de la pédérastie, et plusieurs variations de cette pratique ont été observées dans la Grèce Antique. Le rite suivi par la communauté sorcière est basé sur les méthodes athéniennes - oui, Ron, je sais que toutes les familles de Sangs purs ne respectent pas cette coutume ! »

« Et pourquoi ? » interrogea Harry.

« Tout dépend de la structure sociale, des attentes de la famille, et d'autres facteurs, » expliqua Hermione. « Les familles de l'élite sociale, comme les Malfoy, ont toujours suivi le Rite des Erastes. Ils avaient bien plus de temps libre à consacrer à un protégé, et disposaient d'un certain prestige et de relations à offrir à un futur éromène. Le père de Draco a sans doute pratiqué le rite, et il doit en faire de même, maintenant. Les classes moyennes n'y participent que rarement, et comme Mr Weasley n'a probablement pas - »

« Jamais de la vie ! » grogna le roux.

« - Ron a une opinion plutôt défavorable concernant cette tradition. »

Le concerné lui lança un regard incrédule. « Ne me dis pas que tu approuves tout ça ? »

Hermione fronça légèrement des sourcils. « Je n'en sais rien. Le système mentor/protégé comporte des avantages certains, mais les abus sont possibles. »

Harry soupira. « Si je savais exactement ce qu'est cette 'tradition', ça m'aiderait. »

La brunette acquiesça. « En fait, pour commencer, tu dois comprendre le fondement des rites Athéniens. Les classes aisées envoyaient leurs fils à l'école pour l'étude des mathématiques, du théâtre, de la musique, de l'Histoire et des sports. Les spectateurs assistaient aux compétitions d'athlétisme, et les concurrents étaient tous nus. »

« Une variante intéressante pour le Quidditch, ça, » déclara Seamus en ricanant.

Hermione l'ignora. « Le public était constitué de la jeunesse dorée d'Athènes, ceux suffisamment riches, oisifs, et trop jeunes pour prendre épouse. S'il avait un faible pour l'un des garçons, il le courtisait, lui enseignerait les manières d'un bon citoyen, l'introduirait à la haute société, et lui offrirait des présents onéreux. Pour preuve de sa reconnaissance, le garçon - l'éromène - permettait à son éraste de… hum, de se satisfaire. » Hermione commença alors à rougir.

Seamus roula des yeux. « Oh, pitié ! Elle veut dire qu'il autorise le gars à le baiser. »

Harry s'empourpra violemment avant de lancer un regard noir à l'Irlandais. « Je l'avais deviné tout seul, merci bien. Continue, Hermione. »

« Et bien, une fois que l'éromène devient adulte, l'aspect sexuel de la relation prend généralement fin. Les deux peuvent perdre contact ou alors rester amis toute leur vie durant. Le plus vieux fonde une famille, tandis que le plus jeune peut à son tour devenir éraste. »

Le dernier des Potter laissa apparaître de légères rides sur son front. « D'accord, je pense avoir assimilé tout ça. En quelque sorte, il s'agit d'une phase de… d'expérimentation dans leurs vies. »

« Exactement, » confirma Hermione. « Chez les Sangs purs, les choses ont évolué différemment. Deux sujets restaient prioritaires : la nécessité de rester caché aux yeux des Moldus, ainsi que de transmettre le savoir et les traditions. Avant que des lieux comme Poudlard n'existent, les parents enseignaient à leurs enfants ce qu'ils jugeaient essentiel. Cependant, les érudits avaient désespérément besoin de partager leurs connaissances, et les dirigeants se devaient d'instruire ceux qui allaient les remplacer. Le système mentor/protégé était idéal, à ce niveau. Les jeunes sorciers les plus brillants étaient sélectionnés par les plus vieux, qui les instruisaient des années durant. »

« J'imagine, » débuta lentement Harry, « qu'en vivant et travaillant ensemble de cette manière, ils auraient tendance à devenir plutôt… intimement liés. Pas beaucoup de temps pour une femme et des enfants. »

« Exactement, » répéta la jeune sorcière. « Et comme tu peux t'en douter, il y avait un peu de compétition pour les meilleurs mentors et élèves. En réponse à cela, le Conseil Magique International de 483 a établi les premières règles de conduite, nommées Rites de Passage, ou encore Rites des Erastes. Lorsque des écoles comme Poudlard furent mises en place, les directives ont été modifiées jusqu'à atteindre leur forme actuelle. »

« C'est-à-dire ? »

Hermione commença à énumérer les différents points sur ses doigts. « Les possibles éromènes doivent obligatoirement avoir entre dix-sept et vingt ans. Ceux toujours scolarisés ne peuvent être Courtisés qu'entre Noël et les vacances de Pâques, pour ne pas interférer avec leurs ASPICs. Les soupirants doivent être connus par leur éventuel protégé, ou être présentés aux candidats par quelqu'un de leur entourage. »

« Dieu merci, » marmonna Harry, qui avait imaginé une avalanche d'offres lui tombant dessus une fois que la rumeur se serait répandue.

« Tous les cadeaux et les correspondances doivent être échangés publiquement. Les Candidats et leurs Prétendants ne peuvent se rencontrer en privé qu'après le premier échange de présents, s'ils ont été acceptés. Un Soupirant ne peut avoir des activités sexuelles avec le Candidat que si celui-ci l'accepte comme éraste. Un Soupirant se doit de tenir toutes les promesses faites au Candidat. S'il viole cette règle, le contrat est annulé et une forte amende sera prélevée sur le Prétendant pour compenser le préjudice. Un Soupirant ne peut rien promettre d'illégal ou d'immoral comme, par exemple, les réponses aux ASPICs. Une fois que le Candidat aura choisi un éraste, devenant ainsi son éromène, tous les autres Prétendants devront cesser de le Courtiser. Un Candidat n'est pas obligé de choisir l'un de ses Soupirants - »

« Donc je pourrais simplement ignorer ces trucs, » s'exclama Harry, en désignant de nouveau les enveloppes.

Seamus renifla. « Si tu préfères qu'ils te suivent comme ton ombre, mon pote. Tu vois, jusqu'à ce que tu aies choisi un éraste ou que tu atteignes tes vingt ans, un Soupirant est autorisé à te 'traquer'. Ils ne peuvent pas te parler en privé ou te toucher, tant que tu ne leur permets pas de te Courtiser, ils ont la possibilité de, hum, t'admirer et te vénérer à distance. »

Le jeune homme aux cheveux ébouriffés tenta sans succès d'imaginer Snape l'admirer de près ou de loin.

« La meilleure solution est de les laisser te Courtiser, » affirma Hermione catégoriquement. « Une fois toutes les démarches effectuées, si tu ne veux toujours pas d'eux, ils devront te laisser tranquille. »

« Remercions le Ciel, » déclara Harry avec ferveur.

« Bien entendu, une fois que tu auras quitté l'école, les autres auront toutes libertés de te Courtiser jusqu'à ce que tu aies vingt ans ou un éraste, » lui rappela son amie.

Harry gémit et abattit un oreiller sur son visage. « Il ne me reste plus qu'à trouver une île déserte pour les trois ans à venir, ou entrer dans un monastère. »

« Ce n'est pas si mal, » dit Seamus, l'air jovial. « Un bon mentor peut t'aider dans ta carrière. »

Ron fit une grimace de dédain. « Comme si 'Harry Potter' avait besoin de ce genre d'aide. »

« On ne sait jamais, » répliqua l'autre, pratique. « Harry pourrait battre Tu-Sais-Qui demain, et ensuite, qu'est ce qu'il fera ? Il devra trouver une filière, je crois, et mieux vaut avoir quelqu'un dans le circuit. »

Le Survivant dégagea sa tête du coussin et ajouta avec un sourire, « Sans compter le sexe. » Un silence de mort suivit et, à sa grande surprise, aucun des trois ne voulait croiser son regard. « Quoi ? »

« Harry, le sexe, c'est pour l'autre mec, » déclara franchement Seamus. « Sa récompense, en fait. »

Le concerné fronça des sourcils et se redressa. « Et alors ? Je ne suis pas censé apprécier, moi ? »

« Je suis sûre que ton partenaire fera en sorte que tu ne sois pas… euh… blessé, » répondit Hermione, hésitante, « mais il ne s'agit pas d'une relation romantique. C'est plutôt une clause du contrat. »

Assommé, Harry resta figé un instant : la situation se dégradait de plus en plus. « On me demande en fait de me prostituer pour l'amour des traditions. »

Ron ricana. « T'as tout compris, mon pote. »

Hermione lança un regard meurtrier au roux. « Ce n'est pas ça, Harry, » répliqua-t-elle avec passion. « La plupart des personnes ayant eu ce genre de relations s'en souviennent avec tendresse, et restent amis toute leur vie. »

« Mais on n'est pas censé tomber amoureux, ni rester ensemble après cela, c'est ça que vous essayez de me dire ? »

« C'est une bonne chose, » sourit Seamus. « Tu arrives à t'imaginer couchant avec Snape tout le long de ton existence ? »

Ron marmonna, « Je ne veux même pas m'imaginer le bâtard graisseux nu, si ça ne vous dérange pas. »

« Harry, » dit Hermione avec précaution, « il n'y a pas énormément de couples gays dans notre monde, si c'est ce que tu me demandes. Avec une population aussi peu importante, on attend d'un sorcier qu'il se marie et fonde une famille. Il peut toujours avoir un éromène, mais les obligations vis-à-vis de sa famille passent avant tout. »

« Tu vois, Ron, ça aurait pu être pire, » affirma Harry, cherchant à sourire. « Lucius Malfoy aurait pu faire une offre. »

Ron fit mine de vomir. « Merci pour cette image mentale, Harry. »

« Alors, qu'est ce que je fais de ces trucs, finalement ? » demanda l'adolescent aux cheveux de jais, en faisant un signe vers les deux enveloppes.

« Et bien, à moins que tu ne veuilles que les professeurs Spindley-Worme et Snape ne te harcèlent, répondit la jeune femme, « tu dois lire ces lettres et envoyer une réponse les encourageant à poursuivre leur Cour. »

« Mais pas trop encourageante, » avertit Seamus. « Jouer les 'durs à avoir' est essentiel, à ce niveau. Facilite-leur le boulot, et le bruit courra que tu es une roulure, et je pense que tu n'as pas envie de ce genre de réputation. » Il se leva et s'étira. « Désolé de me barrer comme ça, mais j'ai promis à Dean de le rejoindre après dîner. »

« Et je dois me rendre à la bibliothèque, pour ma dissertation d'Histoire, » ajouta Hermione, suivant le mouvement. « Pendant ce temps, je verrais si je peux trouver quelque chose pour t'aider avec ça, Harry. »

Harry resta assis un long moment après qu'ils aient quitté le dortoir, fixant les plis cachetés, puis se tourna vers Ron qui était resté assis au sol. « Ron ? » interrogea-t-il, hésitant. « Est-ce que tu es d'accord avec ça ? »

Ron haussa les épaules. « Ce n'est pas comme si t'avais le choix, hein ? »

« Non, » soupira son ami. « Mais je préfère largement les laisser me poursuivre si ça te met mal à l'aise. »

Ron eut un grand sourire. « De toute manière, je doute que Snape te pourchasse sans arrêt, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qui l'a poussé à faire ça, tu le sais ? »

« Qui sait pourquoi Snape fait quoi que ce soit ? » rétorqua Harry.

Le cadet des Weasley rit. « T'as raison. » Il désigna les lettres. « Alors, tu comptes lire tes déclarations d'amour ? »

Harry lui frappa la tête avec. « Je vais plutôt tenter de te battre aux échecs. »

« Rêve toujours, » se moqua Ron, mais le brun fut soulagé de voir qu'il arborait son habituel sourire alors qu'il se levait et cherchait son jeu dans ses affaires. Harry observa une fois de plus les carrés dorés, avant de les glisser sous son oreiller. Il aurait tout le temps de les lire, plus tard.