Titre original : The Courtship of Harry Potter, by Diana Williams
Disclaimer : Rien ne m'appartient, et je ne pense pas que ça change… Par contre, j'ai l'autorisation de faire joujou avec cette fiction anglaise, et Diana a été bien gentille de me l'accorder.
Notes de la traductrice :
Coucou ! Je suis ravie de l'intérêt que vous portez tous à cette traduction et je vous en remercie (pour ma part, et pour Diana aussi)… sans plus vous faire attendre, je vous laisse savourer le chapitre six…
Et bonne lecture !
Courtiser Harry Potter
Chapitre 6 - La Première Salve
Harry était assis et fixait le parchemin posé devant lui, vierge à l'exception du gribouillage nerveux sur les coins. Son cerveau semblait tout aussi vide, enfin, la partie de son esprit qui ne cherchait pas à se tailler la malle. Bordel, que fallait-il dire à deux professeurs qui venaient tout juste de demander vos faveurs ? Et publiquement !
Dans un bruit sourd, un livre tomba sur la table et il sursauta, pris par surprise. Hermione s'affala sur le siège qui lui faisait face, désignant le manuel tout en déclarant :
« La bibliothèque n'a rien - en fait, bon, elle en a, mais je ne pense pas qu'un traité en quatre volumes sur le Conseil de 483 avec une analyse détaillée des Rites et de son évolution t'intéresse réellement. »
A cela, son ami ne put s'empêcher de sourire. « Non, ça n'a pas l'air, en tout cas. »
« C'est plutôt fascinant. Tu savais qu'en 1193, un codicille a été ajouté au règlement, établissant quels genres d'animaux étaient admis comme cadeaux ? Il semblerait que cette année-là, l'un des Candidats s'est vu offrir une jeune Chimère, et qu'elle l'a dévoré. »
« Charmant, » commenta Ron en s'asseyant aux côtés de Harry. Il attrapa le volume. « Qu'est-ce que c'est, alors ? »
« Le Rite des Erastes, Ce Que Chaque Eromène Devrait Savoir, » annonça Hermione. « Madame Pince me l'a particulièrement recommandé, Harry. Elle m'a dit que ça t'aiderait. » Elle remarqua les cartes reposant sur la table et les montra du doigt. « Ce sont elles, c'est ça ? »
« Oui, » répondit Harry, le cœur gros. « Vas-y, jette un coup d'œil. Il n'y a rien de personnel dedans, juste une demande pour que je leur permette de me Courtiser. Peut-être pourrais-tu m'aider pour la réponse. »
« Ouah, regarde-moi ça, Harry ! » s'exclama Ron, survolant le bouquin. « Il y a des images et tout ! » Il fixa longuement une page, faisant pivoter l'ouvrage. « Je ne pensais même pas que c'était possible. »
Harry suivit son regard et, voyant le dessin concerné, arracha rapidement le livre des mains du roux et le ferma. Les illustrations étaient donc enchantées. « Je croyais que ce genre de choses te dégoûtait. »
« Quoi, des gars avec d'autres mecs ? » Ron haussa les épaules. « J'ai entendu dire que c'était une phase par laquelle certains types passaient. En parlant de ça, les jumeaux sont toujours en plein dedans. Je n'ai pas de problèmes avec, c'est juste que ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. » Il fit un signe en direction des faire-part qu'Hermione examinait avec attention. « ça me dégoûte. Tout ce que ça implique. »
« C'est plutôt intriguant, en fait, » répliqua la jeune femme, reposant les cartes et se tournant vers Harry. « Est-ce que tu as déjà décidé du contenu de tes lettres ? »
Il désigna son rouleau de parchemin. « Est-ce que j'ai l'air de savoir ce que je vais dire ? »
« J'imagine qu' ''allez vous faire voir'' ne serait pas approprié, » suggéra Ron, reprenant les carrés dorés. « Enfin, au moins le professeur Max reste humain. En lisant celle de Snape, on pourrait croire qu'il avait un balai dans le cul en l'écrivant. Ça devait même être le cas, avec ce pervers. »
« Je trouve que celle du professeur Snape est adorable, » le contredit Hermione. « Elle est très digne, et montre une sensibilité remarquable vis-à-vis des sentiments de Harry et de la situation. »
Ron renifla avec dédain. « D'accord. Essaye de choper Snape le jour où il sera ''sensible'' à quoique ce soit, ou attentionné et bienveillant à l'égard de Harry. »
« Il doit l'être, ou il n'aurait pas approché Harry, » argumenta la brunette.
« Probablement juste en manque, » rétorqua Ron. « Je parie que ça fait des décennies qu'il n'a rien eu. Qu'est-ce qui ne va pas avec la note du professeur Max, alors ? »
« C'est, » Hermione hésita, « elle est trop familière, trop désinvolte. Comme s'il ne cherchait qu'une partie de bécotage dans un placard, plutôt qu'un bouleversement dans sa vie. »
« C'est probablement le cas, » fit le jeune Weasley en souriant. « En parlant de ça… » Il arqua ses sourcils en direction de la sorcière, d'un air suggestif.
Elle roula des yeux. « Oh, pour l'amour de Merlin ! Harry a besoin de notre aide. »
« Ça va aller, » affirma Harry, morose. « Je pense actuellement à me traîner dans mon lit et à me cacher sous mes couvertures. »
« Ça ne résoudra rien du problème, » indiqua Hermione, pragmatique. « Regarde, pourquoi ne pas dire que tu es honoré par cette demande, et que tu as besoin de plus d'information parce que tu es pris de court. »
« Si tu le dis, » murmura Harry, suivant ses consignes en écrivant sur le parchemin. « Je peux leur envoyer la même chose ? Je n'ai pas le courage de leur envoyer deux réponses différentes. »
« Je crois que c'est une bonne idée, » approuva Hermione. « Tu restes impartial, comme ça. »
« On peut aller se bécoter dans un coin, maintenant ? » geignit plaintivement Ron.
« Allez-y, » répondit Harry, toujours penché sur sa feuille. « Je vais juste recopier celle-là, et lire un peu avant d'aller dormir. » Il n'osa pas regarder le livre en question mais la rougeur de ses joues leur révéla clairement ce qu'il comptait bouquiner.
Hermione laissa son petit ami lui prendre la main et l'entraîner dans un coin sombre de la salle commune. Le Survivant les observa quelques minutes avec mélancolie, souhaitant être un jour à leur place, avant de focaliser de nouveau son attention sur son bout de parchemin.
- - -
Professeur Snape,
Je suis honoré de l'attention que vous me portez. J'admets ne jamais avoir réfléchi à cette opportunité, et à ce stade, je ne suis pas sûr qu'accepter une telle relation soit la meilleure des solutions. Cependant, je demeure plutôt intrigué par cette idée, et reste à votre écoute si vous ressentez l'envie d'approfondir le sujet.
Sincèrement,
Harry Potter.
Severus étudia la lettre que lui avait délivré la chouette de Potter, un rictus amusé aux lèvres. Le garçon devait avoir demandé conseil à Granger, pour la rédaction. Il était hautement improbable, au vu de ses dissertations, qu'il ait pu coucher des idées aussi complexes sur le papier. De plus, le ton était excessivement emprunté, ce qui contrastait infiniment avec la franchise insolente à laquelle il était habitué. Etrangement, ça lui manquait. En tout cas, songea-t-il en lançant un énième regard vers la missive, le jeune homme avait usé de finesse en écrivant cette lettre. Il pourrait lui être utile pour recopier toutes sortes d'écrits. Après tout, il devait trouver quelque chose pour le garder occupé trois ans.
« Snape ! Regardez-moi ça et préparez votre argent. »
L'interpellé redressa la tête tandis que le professeur de DCFM traversait majestueusement la salle et lui agitait un parchemin sous le nez.
« Il a dit être 'intrigué par cette idée', même s'il n'y a jamais pensé auparavant. Que pensez-vous de cela ? »
Silencieusement, Snape tendit à Max sa propre réponse. L'expression de l'homme alors qu'il lisait les phrases similaires était tout bonnement impayable, et l'ancien espion en fut presque reconnaissant envers Potter.
« Bien. Bien, évidemment, le garçon se devait de nous envoyer le même message, afin que nous ne puissions pas nous départager. Très intelligent de sa part, au cas où nous comparerions nos notes. »
« De la paresse, plutôt, » répliqua Snape, reprenant sa lettre. « Il a épuisé son quota hebdomadaire de mots multi syllabiques, et sa fainéantise l'a empêché d'en chercher d'autres. »
Max fronça les sourcils. « Vous ne pensez pas beaucoup de bien de lui, hein ? »
Le professeur de potions contempla ses doigts entrecroisés. « Au contraire. Je crois que Potter a une intelligence bien au-dessus de la moyenne, mais qu'il a choisi de ne pas user de sa cervelle plus d'une fois par an. Il est peu probable que son courage soit un jour égalé, de même que son imprudence et son aveuglement. Malgré tout, s'il évite de se tuer dans l'une de ses aventureuses expéditions, il deviendra incontestablement l'un des sorciers les plus admirables de sa génération. » Il s'interrompit. « Même si ça ne veut pas dire grand-chose. »
« Eh bien, Severus ! » intervint McGonagall, qui était entrée dans la pièce à temps pour l'entendre s'exprimer. « Je pense que c'est la chose la plus agréable que vous ayez jamais dite à propos de Mr Potter. »
« Je vous en prie, ne répétez pas cela en sa présence, Minerva, » rétorqua-t-il. « Je ne souhaite pas gonfler son ego. »
La vieille sorcière le gratifia d'un regard indéchiffrable. « Je ne crois pas que vous ayez à vous en faire à ce propos, Severus. »
« Minerva ! » s'écria Max, traversant la pièce pour s'emparer de ses mains. « Ma belle dame, vous arrivez au moment le plus opportun. J'aurai besoin d'un chaperon lors de mes rendez-vous avec Harry, et je ne pourrais trouver personne d'aussi qualifiée que sa Directrice de Maison. Me feriez-vous la grâce de nous honorer de votre présence ? »
McGonagall se tourna vers Severus, l'interrogeant du regard, et il hocha la tête. « Très bien. »
« Vous me rendez fou de joie, » conclut l'autre en baisant galamment chacune de ses mains. « Je vous fais mes adieux, pour le moment. Je dois aller faire travailler ma cervelle et préparer ma stratégie. »
« Ça ne prendra pas longtemps, » marmonna Snape alors que le sorcier quittait la place, et il éleva un sourcil devant le ricanement amusé de sa collègue. « Minerva, j'ai la nette impression que vous n'appréciez pas énormément notre estimé confrère. »
« C'est un enseignant passablement décent, mais je ne lui fais pas confiance le moins du monde. »
« Vous ne me faites pas confiance non plus, » signala son interlocuteur.
« Ah, mais je vous connais, Severus, » précisa-t-elle avec calme. Elle s'installa sur la chaise qui le voisinait. « Etes-vous certain de vouloir que je chaperonne son rendez-vous avec Harry ? Les Règles ne m'autorisent pas à faire de même avec le vôtre. »
Snape lui lança un demi-sourire, visiblement amusé. « J'ai déjà préalablement tout arrangé. Le Directeur chaperonnera mes entretiens avec Potter. »
McGonagall gloussa. « J'avais oublié à quel point vous pouviez être sournois, Severus. »
Il inclina gracieusement la tête. « Merci. »
« J'ai cours dans quelques petites minutes, mais je voulais vous remettre ceci. » Le professeur de métamorphoses lui tendit un petit carnet de notes. « Le cahier de cours de Harry, qui date de sa première année. »
Le sorcier haussa un sourcil, étonné. « Pour l'amour du ciel, pourquoi voudrais-je son cahier de cours ? »
« Parce que Harry prenait extrêmement mal ses notes de métamorphoses dessus… mais à l'intérieur se trouvent de nombreux écrits sur des sujets très variés, et il n'avait pas prévu que d'autres personnes puissent lire ceci. Quelques unes de ses notes pourraient donner à une personne pas mal d'idées sur ce que Mr Potter désire le plus au monde. » McGonagall se leva et se dirigea vers la sortie.
Snape leva les yeux du petit journal, fixant de nouveau le professeur de métamorphoses. « Minerva, vous auriez fait une excellente Serpentard. »
« Ne soyez pas insultant, Severus, » rétorqua-t-elle, s'arrêtant dans l'entrebâillement pour le dévisager, une lueur d'amusement visible dans son regard. « J'ai misé dix gallions sur vous contre nos collègues, et je déteste perdre. »
La porte se referma derrière elle, assourdissant ainsi le rire du maître de potions.
