Titre original : The Courtship of Harry Potter, by Diana Williams

Disclaimer : Rien ne m'appartient, et je ne pense pas que ça change… Par contre, j'ai l'autorisation de faire joujou avec cette fiction anglaise, et Diana a été bien gentille de me l'accorder.

Notes de la traductrice :

'lut ! Encore un chapitre, je sais, mon rythme de parution reste relativement rapide, même si je n'en ai publié qu'un cette semaine… dans le même temps, je suis tout simplement crevée, avec tout ce que j'ai à faire, et je m'endors comme une masse en ce moment. Le chapitre 7 est un petit interlude, si je puis dire, avant la grande aventure ! (comprenez ici les tentatives de séduction des deux compères, lol)

Un immense merci à toutes les personnes qui m'ont envoyé des messages de soutien pour cette traduction… vous êtes des chefs.

Bonne lecture !


Courtiser Harry Potter

Chapitre 7 - Ajustements


« Harry, tu te sens bien ? » lui souffla Ron alors qu'ils se glissaient dans la classe de Défense Contre les Forces du Mal, prenant leurs sièges. « Tu as un air horrible. »

Harry se sentait horriblement mal. Il avait lu jusque très tard dans la nuit, avait dormi trop longtemps et conséquence, il avait loupé le petit-déjeuner. Son estomac grognait d'ailleurs constamment afin de le lui rappeler. « Je vais bien. Même si quelqu'un a visiblement oublié de me réveiller pour le petit-déj. »

Ron rougit et sembla soudainement avoir du mal à croiser le regard de son ami. « Je - on - en fait, je ne suis pas retourné dans le dortoir, la nuit dernière. »

Le Survivant lui lança une œillade surprise. Il avait été si absorbé dans sa lecture qu'il n'avait pas vu les autres garçons se coucher, et il s'était dit que Ron avait été avec eux. « Alors où as-tu… » Il s'interrompit lorsque le rougissement de son meilleur ami s'accentua. « Oh ! Je vois. » Hermione, en tant que Préfète en Chef, disposait de sa propre chambre, même si apparemment elle avait eu un colocataire, cette nuit. Ils demeurèrent silencieux une minute avant qu'il ne demande à mi-voix, curieux. « Comment c'était ? »

Le visage de Ron s'illumina d'une manière singulière. « C'était sensationnel, » répondit-il, baissant la voix de telle sorte que seul Harry puisse l'entendre. « Même si tout ne s'est pas passé parfaitement bien, tu sais, c'était notre première fois, mais ça ne nous a pas posé problème parce que c'était… nous. Enfin, ça n'est pas très compréhensible, je crois. » ajouta-t-il timidement.

« Je comprends parfaitement, en fait, » le rassura Harry avant de soupirer. Il doutait pouvoir un jour éprouver les mêmes sensations que Ron, considérant la tournure qu'avait récemment pris sa vie. Il aurait été agréable de penser que son futur éraste puisse être intéressé par son plaisir. Cependant, hier, alors que l'examen attentif du Livre lui avait parfaitement ouvert les yeux sur les activités de deux sorciers, les descriptions du rôle d'éromène comme étant un « contenant passif » avaient de quoi décourager, pour ne pas dire plus. Ses fantasmes passagers à propos d'un amant plus vieux et expérimenté qui l'aurait initié aux plaisirs de la chair avaient été balayés par la dure réalité. Et il s'était senti incroyablement démoralisé par cette perspective après coup, en se rendant compte (grâce à la lecture du volume) qu'il était bien plus attiré par les hommes que par les femmes. Pour les Dursley, il était considéré comme anormal, et visiblement, c'était également le cas au sein de la communauté magique.

Il réalisa que Ron l'observait, l'air perplexe, et tenta de sourire. « Je suis heureux pour vous deux, » affirma-t-il avec sincérité. Son meilleur ami lui sourit en retour, puis le professeur Spindley-Worme pénétra dans la pièce, réclamant l'attention de la classe.

« Durant les six prochains mois, nous réviserons ensemble l'ensemble des connaissances acquises tout au long de votre cursus, afin de vous préparer pour les ASPICs, » annonça le professeur de DCFM. « Je vous recommande de ressortir toutes vos anciennes notes de cours et de passer au moins une heure dessus, chaque soir. Je sais, » fit-il alors que les étudiants grommelaient leur mécontentement, « que ce n'est pas 'marrant', mais c'est toujours mieux que de rater les examens et devoir refaire cette année. »

Harry garda obstinément les yeux fixés sur ses feuilles de papier en inscrivant les instructions du professeur Max, tout en évitant scrupuleusement de croiser son regard. Etant donné les circonstances, participer aux cours d'un de ses prétendants comme si rien ne s'était produit paraissait tout bonnement bizarre.

« Alors, qui peut me parler des Chaporouges ? » Plusieurs mains se dressèrent. « Mr Longdubat ? »

Neville pâlit quelque peu mais proposa néanmoins, « Ce sont de petites créatures qui ressemblent à des gobelins, et qui - qui lapident leurs victimes et - et usent de leur sang pour en teindre leurs bonnets. »

« Bien, Mr Longdubat. Cinq points. Maintenant, qui peut me dire quels sont les deux objets censés les décourager ? Mr Potter ? »

L'interpellé releva la tête, surpris d'entendre son nom alors qu'il ne prêtait aucune attention à son environnement. Il plaça subrepticement sa main sur le dessin qu'il avait griffonné au coin de son morceau de parchemin, et tenta de se rappeler de la leçon actuelle. « Euh… »

« Miss Granger ? »

« Les croix et les épées dont la garde forme une croix, » répondit-elle promptement.

« Très bien, Miss Granger, Mr Potter. Cinq points chacun. »

Harry cligna brusquement des yeux, et sa mâchoire faillit se décrocher sous le coup de la surprise. Il n'avait même pas répondu, juste balbutié stupidement, et le professeur lui avait accordé des points. Ça n'était pas juste, mais il ne pouvait pas l'accuser de favoritisme criant, n'est-ce pas ? Après tout, ce n'était pas comme si certains autres enseignants n'avantageaient pas une maison en particulier, mais là, cela paraissait bien différent. Il ne s'agissait pas de Gryffondor, il s'agissait de Harry.

Se sentant particulièrement mal à l'aise, le brun garda les yeux baissés et la bouche hermétiquement close tout le restant du cours.

- - -

Alors qu'ils se dirigeaient vers l'emplacement de leur prochaine classe, Harry se prit à regretter d'avoir abandonné la Divination l'année précédente. Epuisé comme il l'était, il aurait pu faire une bonne sieste. Il parvint à demeurer éveillé par miracle lors de sa séance d'Arithmancie, et fut soulagé en entrant dans la Grande Salle pour déjeuner. La seule chose qui diminuait son appétit était de savoir qu'après manger, il devrait aller en cours approfondi de Potions.

Il fit en sorte d'arriver en avance, et prit un siège près de Neville tandis que Ron se glissait aux côtés d'Hermione. Le groupe des Serpentard se montra quelques minutes plus tard mais Harry les ignora, préférant examiner une nouvelle fois son rouleau de parchemin tandis qu'il recopiait les consignes inscrites au tableau.

« Eh bien, eh bien, si ce n'est pas la petite catin préférée de tout Poudlard, » se fit entendre une voix bien familière aux intonations traînantes, et Harry perçut une présence à proximité. Il inhala une profonde bouffée d'oxygène et poursuivit sa tâche, ignorant délibérément Draco. Mais Ron, à l'inverse, se figea de colère.

« Tu peux parler, Malfoy, » répliqua-t-il sèchement. « Combien de cartes as-tu reçu ? Sept ? Dix ? Tu te vends à tout le Ministère, hein ? »

« Non, je laisse ça aux Weasley, » répondit nonchalamment le blond.

Ron se leva, les poings serrés. « Espèce de - »

Le Survivant soupira avant de se redresser, retenant le bras de son ami pour l'empêcher de se jeter sur le Serpentard. « Merci, Ron, mais j'ai ça bien en main. »

« Oh oui, j'imagine que tu peux très bien te prendre en main tout seul, » ricana Draco. Harry lui lança un regard torve mais avant qu'il ne puisse s'exprimer, le battant de la porte claqua et le maître de Potions fit une entrée spectaculaire, comme à son habitude.

« Je ne veux pas de pugilat dans ma classe, Mr Potter, Mr Weasley, » annonça Snape, se traçant rapidement un chemin jusqu'à l'estrade. « Dix points seront retirés à Gryffondor. Pour chacun d'entre vous. »

Ron fustigea le directeur des Serpentard du regard, mais se rassit sur son siège sans un mot, ayant appris qu'il était futile de protester depuis ces sept dernières années. Harry fit de même et reprit son travail, étrangement soulagé de voir que son professeur ne se comportait pas différemment. Il restait toujours aussi inéquitable.

Snape atteignit le devant de l'estrade et se tourna, observant d'un œil noir tous ses élèves. « Mr Malfoy, avez-vous besoin d'aide pour retrouver votre siège ? »

Draco, toujours occupé à narguer Harry, releva la tête avec surprise. « Non, professeur. »

« Alors je vous conseille de le reprendre immédiatement, à moins que vous ne souhaitiez rester après classe pour faire plus ample connaissance avec. »

Et finalement, songea Harry, peut-être pas. Il sentit Draco s'éloigner et osa dévisager Snape un bref instant avant de rabaisser son regard.

Le professeur observait toujours ses étudiants. « Aujourd'hui, nous travaillerons sur l'une des potions requises à l'examen des ASPICs. Même si je doute fortement que l'un d'entre vous puisse actuellement réussir à préparer correctement cette potion, je m'acharnerais à vous la faire concocter plusieurs fois durant les prochains mois. Je vous suggérerai de vous efforcer d'en retenir quelque chose, étant donné que je n'ai nul désir de vous revoir l'année prochaine. »

Harry put brièvement percevoir les yeux de Snape sur son visage, avant qu'ils ne se déplacent. « Miss Granger, échangez votre place avec Mr Longdubat et tâchez de garder Mr Potter éveillé. Je détesterais voir les efforts pathétiques de cette classe ruinés par l'intervention de Mr Potter qui, vu son expression, finirait par atterrir tête la première dans son chaudron. Ma limite n'est que d'une explosion par leçon - j'imagine que vous ne me décevrez pas sur ce point, Mr Longdubat ? »

Le Survivant souleva la tête furtivement alors que Neville et Hermione intervertissaient leurs places, et surprit son professeur en train de l'observer. Un bref instant, il crut apercevoir une lueur de sympathie et d'inquiétude dans ses yeux sombres avant que l'homme ne fasse volte-face dans un tourbillon de tissu pour débuter la partie théorique de la leçon, à propos de la fameuse potion. Pour une raison inconnue, Harry se sentit étrangement réchauffé, revigoré au plus profond de lui-même.