Titre original : The Courtship of Harry Potter, by Diana Williams

Disclaimer : Rien ne m'appartient, et je ne pense pas que ça change… Par contre, j'ai l'autorisation de faire joujou avec cette fiction anglaise, et Diana a été bien gentille de me l'accorder.

Notes de la traductrice :

Enfin ! On va commencer les choses sérieuses à partir de ce chapitre… Un immense merci à toutes les personnes qui lisent cette fiction (et à celles qui m'envoient des reviews) ! Je ne vous embête pas plus (pour changer !), je préfère vous laisser découvrir l'update d'aujourd'hui… (en fait, je suis caput et j'ai plus le courage à rien)

Bonne lecture !


Courtiser Harry Potter

Chapitre 8 - Communications


Harry était assis et picorait nerveusement dans son assiette. Cela faisait trois semaines qu'il avait reçu les cartes, deux qu'il y avait répondu, et selon Seamus, il était désormais temps pour ses Prétendants de passer à la vitesse supérieure. L'Irlandais était resté vague, mais Le Livre indiquait que l'étape suivante était traditionnellement constituée d'une déclaration dans laquelle le soupirant affirmait sa volonté et demandait un entretien privé, en présence d'un chaperon. L'idée d'une rencontre intime (d'accord, à moitié privée) avec deux hommes plus âgés retournait singulièrement l'estomac du Gryffondor, et il ne savait pas s'il souhaitait qu'ils aient changé d'avis, ou l'opposé.

Depuis le début du dîner, Draco Malfoy recevait des plis via hibou, et chaque fois que l'un d'entre eux arrivait, il lançait un regard satisfait dans sa direction. Les exclamations excitées des Serpentard et les coups d'œil impatients provenant de sa propre table avaient réduit son appétit à zéro. Lorsque le dessert apparut devant eux, Harry était tellement tendu que le moindre mouvement à la table des professeurs le faisait tressaillir.

« Regardez celui-là, » s'exclama Dean en désignant un hibou qui venait tout juste d'apparaître dans leur champ de vision, portant un énorme bouquet de fleurs dans son bec. Il renifla dédaigneusement. « Je me demande qui a pu envoyer ça à Malfoy. »

« Je ne crois pas qu'elles soient pour Malfoy, » intervint Seamus, fixant le volatile qui se dirigeait vers leur table. « Je crois qu'elles sont pour Harry. »

« C'est contre toutes les Règles, » fit Hermione, le front ridé. « Pas de cadeaux avant la seconde Offre et l'entretien privé. »

Le rapace atterrit devant Harry et déposa le bouquet sur son assiette. « Euh, merci, » balbutia Harry, tendant au hibou des restes de son repas. Il attrapa les fleurs et chercha une note ou une quelconque carte. « Il n'y a rien pour identifier l'émetteur. »

« Eh bien, elles ne viennent sûrement pas de Snape, » dit sèchement Ron.

Harry reposa le bouquet. Il y eut un brusque 'Pop !' qui les fit tous sursauter, une volute de fumée rouge, et une enveloppe prit la place du bouquet, accompagnée d'une unique rose rouge, posée en travers. Le Survivant rougit tandis que toutes les filles présentes à sa table soupiraient rêveusement devant le geste romantique, et il ouvrit la missive avec reluctance. Elle ne contenait qu'une seule feuille de papier, et il s'en empara.

Harry,

J'ai reçu votre réponse avec délice et un sentiment de profonde gratitude. L'insinuation selon laquelle vous ne vous attendiez pas à de telles attentions m'a fait sourire. Dois-je vous avouer que la modestie vous sied bien ? Cependant, trop d'humilité peut devenir aussi handicapant qu'une fierté excessive, et j'attends avec impatience le jour où il me sera permis de vous offrir la place qui vous revient de droit au sein de la communauté magique. Pardonnez mon hardiesse si je vais trop loin - votre douce timidité me rend audacieux.

Me ferez-vous l'immense honneur de vous entretenir avec moi, samedi après-midi ? Le professeur McGonagall a gracieusement accepté de nous offrir le confort de son bureau pour l'occasion. Inutile de vous inquiéter, vos charmes seront saufs, et le professeur McGonagall chaperonnera elle-même le rendez-vous.

J'attends désespérément votre réponse,

Votre Serviteur Dévoué,

Maximillian Spindley-Worme.

Harry se sentit vaguement nauséeux, un sentiment qui s'accrut en observant les mimiques amusées de Dean et Seamus. Il pouvait sentir Hermione se rapprocher et l'entendit demander s'il allait bien ; il réussit à acquiescer. Pour une raison ou pour une autre, il s'accrochait à l'idée que tout cela n'était qu'une vaste farce, une blague de Malfoy aidé (même si c'était peu probable) par ses amis. Cependant, cette lettre était bien trop réelle. Le professeur Spindley-Worme était, aussi impossible que cela puisse paraître, semblait réellement attiré par lui, et sa propre Directrice de Maison s'attendait visiblement à ce qu'il suive ces traditions. Et le professeur Snape - désirait-il également Harry ? Ou ne prenait-il part à cela que pour humilier une fois de plus le fils de son ennemi ? Après tout, le professeur n'avait pas encore envoyé de Seconde Offre - et Malfoy s'empresserait avec joie de le lui rappeler.

Involontairement, ses yeux voyagèrent vers la table des professeurs et, à sa surprise, il vit Snape l'observer avec attention. Le maître des potions se détourna immédiatement, focalisant son attention sur un elfe de maison qui se tenait derrière lui. Un moment plus tard, l'elfe disparut…

… et réapparut aux côtés de Harry, tenant une enveloppe. « Le professeur Snape a demandé à Zepie de donner ceci à Harry Potter, monsieur. »

Le jeune homme déglutit et prit la lettre, les mains tremblantes. « Merci, Zepie. »

L'elfe de maison sourit, l'air enchanté. « De rien, Harry Potter, monsieur. » Il se volatilisa, et Harry décacheta lentement le pli.

Un morceau de papier était plié à l'intérieur - et il y avait autre chose. Quelque chose de plus épais, et de forme rectangulaire. Même s'il mourrait d'envie de savoir ce dont il s'agissait, il s'empara d'abord du papier et le déplia.

Mr Potter,

Je suis soulagé de découvrir que sept années dans cette institution vous ont appris quelque chose, même s'il ne s'agit que de l'art de la diplomatie. Ou alors vos talents cachés se sont sensiblement développés. Je doute que beaucoup d'individus appartenant au monde magique, et certainement aucun parmi vos pairs, auraient accepté que je vous honore de cette manière.

Je vous soupçonne, à moins que vous ne soyez encore plus lourd d'esprit que je ne l'ai cru, de vous être demandé s'il ne s'agissait pas d'une farce soigneusement élaborée. Ce n'en est pas une, étant donné que j'exècre les blagues et je ne participerais jamais sciemment à l'une d'entre elles. De la même manière, il ne s'agit pas d'une action censée vous humilier pour ma satisfaction personnelle. Votre performance dans mes cours m'offre de nombreuses occasions pour le faire. Je suis sincère dans mon désir de vous assister et de vous aider à trouver une place qui vous convienne, et de vous protéger de ceux qui useraient de vous à des fins égoïstes. Si vous éprouvez une quelconque difficulté à concilier ce fait et ce que vous connaissez de moi, j'attire votre attention sur la pièce jointe à cette lettre. Je pense qu'elle expliquera clairement mes motivations.

Comme il est coutumier dans cette situation, j'ai nous ai arrangé une rencontre dans le bureau du Directeur, dimanche, à vingt heures. Ne soyez pas en retard, le Directeur et moi-même avons suffisamment à faire pour ne pas avoir à vous attendre. Le mot de passe est 'tartes à la mélasse'.

Respectueusement,

Severus Snape.

Harry ne put s'empêcher d'émettre un reniflement amusé - c'était tellement caractéristique de sa part, de l'insulter tout en le courtisant. Il sortit la pièce jointe, y jeta un coup d'œil, et s'exclama si fort que toutes les personnes à sa table se tournèrent pour le dévisager.

« Harry ? » demanda Ron, inquiet. « Ça va ? »

Pour toute réponse, le Survivant courut et s'enfuit de la Grande Salle, agrippant fermement la lettre de Snape et laissant, sans y penser, celle du professeur Spindley-Worme sur la table.

Un silence stupéfait s'abattit sur la pièce, avant que des murmures excités n'emplissent l'atmosphère. A la table principale, Max adressa à son collègue une œillade triomphante et satisfaite, tandis que McGonagall se penchait pour lui murmurer à l'oreille, « Je suis vraiment désolée, Severus. Harry n'a pas eu l'air d'apprécier votre note. »

Snape autorisa ses lèvres à former un léger sourire et haussa insensiblement les épaules. « Ça n'est pas grave, Minerva. Je compte bien persévérer. »

Chez les Gryffondor, Ron et Hermione échangèrent un regard.« Je ferai mieux de le suivre. » affirma Ron en quittant sa place.

« Je viens avec toi, » fit Hermione, ramassant l'autre lettre ainsi que la rose. « Harry les a oublié. »

Ils se glissèrent hors du réfectoire et cheminèrent jusqu'au dortoir des Gryffondor, où ils trouvèrent Harry assis sur son lit, fixant avec intensité un objet. Des traces de larmes striaient son visage, mais lorsqu'ils entrèrent il leur offrit un sourire et d'un geste, les invita à le rejoindre.

« Tu vas bien ? » s'enquit la jeune femme, s'asseyant sur le rebord du sommier.

« Bordel, qu'est-ce que ce bâtard a bien pu te dire ? » demanda Ron.

En réponse, Harry lui tendit une carte rectangulaire. Ron l'examina avec étonnement. C'était une carte postale magique, sur laquelle était représentée une sorte de rune ancienne. Alors qu'il la contemplait, les pans de la carte s'ouvrirent, et il put distinguer une colline verdoyante, une mer bleutée, puis finalement, le visage rieur d'une jeune femme aux longs cheveux roux. Il retourna la photo et déchiffra l'écriture au dos, avant de la passer à Hermione. Elle jeta un coup d'œil à la photographie, et lut finalement à voix haute le message :

Sev,

Tu avais raison - Corfu est magnifique. L'océan est bleu et clair à un tel point que tu peux en voir le fond, et j'ai nagé avec des dauphins hier ! Tu te rends compte ? Et ces ruines - je sens tout le pouvoir qu'elles recèlent, et ça me rend terriblement humble. Ne ris pas - ça m'arrive.

J'imagine que tu es perdu au beau milieu de tes livres et tes chaudrons, sans même remarquer que nous sommes en été. L'année prochaine, je te traînerai avec nous, quelle que soit la force de tes protestations. Ma mère dit que nous visiterons l'Egypte, juste pour te tenter un peu plus, et je refuse d'y aller sans toi, mon plus cher ami.

Lily.

« C'est ta maman, n'est-ce pas ? » questionna Ron, s'asseyant sur le lit et montrant du doigt la carte. Harry acquiesça. « Donc ils étaient amis, alors. Bizarre. »

« A qui le dis-tu, » rétorqua le brun avec ferveur.

« Ça explique pourquoi il t'a toujours protégé, dans un sens, » prononça lentement la Préfète en Chef. « On croyait que c'était parce que Dumbledore le voulait, ou parce que ton père lui avait sauvé la vie, mais peut-être que c'était tout simplement parce qu'il aimait ta mère. »

Ron fit une grimace. « Beurk ! Vouloir se taper Harry parce que sa mère et lui étaient amis - ça a l'air vraiment horrible ! »

Hermione lui lança un regard exaspéré. « Ron, je ne parlais pas de ce genre d'amour. Même Snape n'est pas aussi tordu. »

« Tu veux parier ? » marmonna le roux.

« A-t-il dit quoi que ce soit à propos de ta mère dans sa lettre ? » poursuivit Hermione, observant Harry.

Il lui confia la lettre du professeur de potions. « Juste que la carte expliquerait ses motivations. »

La Gryffondor décrypta le message, reniflant avec amusement à un endroit, puis la donna à son petit ami. « Pas vraiment une déclaration romantique, hein ? »

« Le Livre énonce qu'ils ne sont pas autorisés à faire la moindre ouverture romantique avant le premier rendez-vous, » fit remarquer le Survivant, « même si la lettre du professeur Max est plutôt limite. Oh zut ! » s'écria-t-il, se souvenant de sa fuite soudaine. « Je l'ai oublié sur la table. »

Hermione lui rendit la lettre et la rose. « Je te les ai apporté. Dois-je mettre la rose dans de l'eau ? »

Son ami rosit et roula des yeux. « D'accord. Je suis un gars, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué. Bientôt, tu vas me conseiller de la garder précieusement dans un livre. »

Ron, qui avait piqué l'enveloppe du professeur de DCFM pour la lire, la balança à Harry. « Je ne sais pas, mon pote. Peut-être que la ''lumière montante'' du monde magique voudrait voir sa rose conservée dans du marbre, ou quelque chose dans le même style. Tu pourrais la placer dans un musée, un de ces jours. Attends - ta ''douce timidité'' ne le permettrait pas, n'est-ce pas ? »

Harry s'empara de son oreiller et s'attaqua à son meilleur ami, le frappant rudement à la tête.

- - -

« Professeur Snape ? »

Snape releva la tête des dissertations qu'il corrigeait et se renfrogna. « Potter. Je ne me rappelle pas vous avoir demandé de rester après la classe, et ce malgré votre médiocre performance. »

« Vous ne l'avez pas fait, monsieur. Je voulais… j'avais besoin de vous parler. »

Le maître de potions s'adossa correctement à son siège, avant de froncer légèrement des sourcils. « J'imagine que vous êtes parfaitement conscient que les Règles s'opposent à ce genre d'entretien. »

Harry s'avança de deux pas, un grand sourire aux lèvres. « Oh, vous savez, moi et les règles… »

A cela, son professeur ricana et croisa les bras. « Très bien. Dites ce que vous avez à me dire et sortez. »

Le Gryffondor s'éclaircit la gorge, rougit un peu, et se rapprocha d'un pas. « C'est à propos de cette carte. Celle qui se trouvait avec votre lettre. Je voulais juste dire… vous dire… » S'interrompant, il se pencha en avant et embrassa rapidement la joue de Severus. « Merci. » Il battit en retraite vers la porte, sans attendre son reste.

« Potter ! »

L'interpellé s'arrêta sur le seuil, déglutit difficilement, puis se tourna vers Snape. Le ton de sa voix était dur, et l'expression de son visage restait terrifiante, mais il y avait quelque chose de… particulier dans son regard. Quelque chose de presque… doux. « Monsieur ? »

« De rien. Maintenant fichez le camp. »

Soulagé, Harry sourit. « Oui, professeur ! » Il se hâta vers la porte et disparut, mais sa tête repassa dans l'encadrement. « Dimanche soir, huit heures précises, dans le bureau du Directeur. Je serai présent, monsieur. »

Severus resta figé à son bureau un long moment après que le jeune homme l'ait quitté, fixant l'entrée désertée, avant de lever lentement sa main pour toucher sa joue. « Albus, » murmura-t-il, « dans quoi m'avez-vous impliqué ? »