Titre original : The Courtship of Harry Potter, by Diana Williams

Disclaimer : Rien ne m'appartient, et je ne pense pas que ça change... Par contre, j'ai l'autorisation de faire joujou avec cette fiction anglaise, et Diana a été bien gentille de me l'accorder.

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Un poutou général à tous les commentaires qui me sont parvenus, et à qui j'ai répondu tout le weekend...

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Note de la traductrice : IMPORTANT !!

Je préfère prévenir que guérir, les gens... A partir de ce chapitre, les relations entre les différents persos deviennent plus adultes, au sens biblique du terme.

Alors le "M" correspondant à cette fiction n'est pas là pour faire joujou, ok ? Les homophobes (même si je doute qu'il en reste) peuvent retourner d'où ils viennent.

Pour les autres...

Bonne lecture !

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Courtiser Harry Potter

Chapitre 11 - Baisers volés (Stollen Kisses)


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"Alors Harry," débuta Seamus le lendemain matin au petit déjeuner, lui souriant par dessus la table. "J'imagine que le professeur Max est premier de ta liste à présent, hein ?"

Interpellé, le brun haussa les épaules : "C'était un cadeau sympathique."

"Sympathique ?" se récria alors Dean. "Les chaussettes faites maison que t'offrent une grand-tante sont 'sympa'. Ce balai est incroyable !"

"Tu comptes sortir avec, aujourd'hui ?" demanda Ron entre deux bouchées de toast.

"Peut-être plus tard," déclara Harry. "Je dois d'abord finir de lire un truc." Un silence de mort s'abattit autour de lui ; il releva la tête, prenant conscience du fait que tous les Gryffondor du bout de table le dévisageaient. "Quoi ?"

"Tu préfères étudier plutôt que voler ?" l'interrogea Ron, son visage arborant une expression éberluée.

Les lèvres du Survivant s'étirèrent : "Oh non, mais c'est important. Et on a un entraînement cet après-midi, je volerais à ce moment-là." Notant la mine déconfite du rouquin, il ajouta dans un élan de générosité, "Tu peux le prendre ce matin, si tu veux."

Il fut amplement récompensé par le regard que lui lança son meilleur ami. "Vraiment ?"

"Bien sûr." Il se tourna ensuite vers Seamus et Dean : "Vous pouvez l'utiliser aussi, mais c'est Ron qui décide."

Les trois compères se ruèrent à l'extérieur de la Grande Salle, et Harry ne tenta même pas de dissimuler l'immense sourire ornant son visage. Il reporta son attention vers son petit déjeuner, l'esprit tourné vers les lettres qu'il avait compulsées hier soir. Malgré le fait qu'il soit resté éveillé la moitié de la nuit pour les lire, il se sentait en grande forme ce matin. Le style de sa mère lui avait évoqué l'image d'une amie généreuse, chaleureuse et sincère, à l'esprit acéré et au merveilleux sens de l'humour. Il n'était pas étonnant que Snape l'ait aimé ; le plus surprenant restait sans doute que le Serpentard soit intéressé le moins du monde par son fils.

"Tu t'es couché tard, la nuit dernière."

Harry redressa la tête, interdit, pour trouver Neville assis en face de lui. "Hum, ouais. Je ne pensais pas t'avoir empêché de dormir."

"Ne t'inquiète pas. Je ne l'ai remarqué que parce que je me suis réveillé et j'ai vu de la lumière. Mais tu ne m'as pas dérangé." Un silence gêné s'installa entre eux quelques minutes, avant que Neville ne reprenne la parole : "Est ce qu'il s'agissait de son cadeau ? Il a dû t'offrir un livre de potions ou quelque chose du même genre."

"Non. Je veux dire, oui, c'était le présent du professeur Snape, mais il ne m'a pas donné de livres de potions. C'était des lettres de ma mère. Ah ! et un livre aussi, qu'elle a rédigé. Mais je ne crois pas qu'il ait été publié, à vrai dire. Je ne l'ai jamais vu à la bibliothèque."

Son ami acquiesça. "Et ça en vaut la peine ?"

"Je n'en sais rien, pour tout te dire. Je n'ai fait que feuilleter quelques pages."

"Non, je parlais des lettres."

"Oh ! Bien sûr. Ils étaient amis, tu comprends, et elle correspondait avec lui pendant les vacances. Il ne rentrait pas chez lui pour Noël." Harry s'interrompit. "Visiblement, il ne bougeait pas énormément. Ce que j'entends par là, c'est qu'elle ne parlait jamais du contenu de ses lettres à lui, mais maman lui reprochait sans cesse de se perdre dans les bouquins. Elle tentait toujours de le convaincre pour qu'il l'accompagne en vacances d'été, mais il refusait. J'ai l'impression que ses parents n'appréciaient pas le fait qu'il tourne autour de Moldus, tu comprends ? Ça me fait de la peine pour lui, en fait." Il rosit en s'apercevant qu'il discutait avec Neville Longdubat de la terreur de son existence. "Euh, désolé. Je ne voulais pas t'enquiquiner. On peut parler d'autre chose, si tu veux."

"Pas de problème." La bouche de son interlocuteur s'incurva malgré lui. "Au moins, maintenant, je peux me l'imaginer humain à une époque."

Harry explosa de rire. "Il n'a pas autant changé que ça, d'après les lettres de maman. Elle le titillait tout le temps à propos de son attitude et de la manière dont il s'en prenait aux personnes. Elle disait qu'il avait besoin d'elle à proximité pour devenir un tant soit peu poli."

"Je n'ose même pas croire qu'on puisse s'exprimer ainsi avec Snape," avoua l'autre Gryffondor, frissonnant légèrement.

"Idem pour moi."

"Mais c'est ce que tu fais, Harry," répliqua Neville, lançant un regard franc à son vis-à-vis. "Tu as eu ce courage, et ce dès le premier jour de classe. Tu n'as pas eu peur de te dresser contre lui, et je pense que c'est la raison pour laquelle il t'apprécie."

Le jeune homme cligna des paupières, incrédule. "Tu dois être aveugle. Snape ne m'aime pas. Il me déteste."

"Il te déteste à un point tel qu'il te Courtise, sans compter qu'il t'a offert ce cadeau-là, hein ?" fit astucieusement remarquer Longdubat. Soupirant mélancoliquement, il déclara, "Je donnerai n'importe quoi pour recevoir un présent pareil, concernant mes parents." Il prit un temps de réflexion, avant d'ajouter : "Enfin, presque. Je ne sortirai jamais avec Snape."

"Je ne sors pas avec..."

"M. Potter."

Il s'interrompit net et prit une teinte pivoine en réalisant que leur sujet de conversation se tenait derrière lui. "Professeur ?"

Snape haussa cyniquement un sourcil, le regard voyageant de l'un à l'autre de ses élèves. "De quoi parliez-vous donc, pour avoir l'air aussi coupable ?" Son attention revint vers Harry : "Le directeur et moi-même vous attendrons dans son bureau ce soir à huit heures, pour notre seconde entrevue. Vous n'avez rien prévu, n'est-ce pas ?" Muet, le Gryffondor secoua la tête. "Parfait." Le maître de potions fit mine de s'éloigner, avant de se reprendre : "J'espère que ce que vous complotez n'implique pas de violer les règles de cet établissement. Je détesterais l'idée d'avoir à réorganiser mon emploi du temps en fonction de vos retenues, Potter."

Une semaine plus tôt, un pareil commentaire aurait valu une réplique cinglante de la part de Harry, mais les lettres étaient présentes à son esprit. Maintenant, il parvenait à prendre conscience de l'humour caché derrière la remarque acide, ce qui le fit sourire. "Je m'attacherai à ne pas me faire prendre, monsieur, afin de ne pas ruiner vos projets."

A cette répartie, Severus releva son second sourcil et, le Survivant aurait pu le jurer, ses lèvres tressaillirent, initiant l'ombre d'un sourire. Ou alors il avait une indigestion. "Faites le nécessaire, M. Potter." Il honora Neville d'un brève oeillade : "M. Longdubat."

Ils l'observèrent alors qu'il s'installait à la table haute, ses robes ondulant à sa suite. Le brun aux yeux verts se demanda intérieurement si Snape pouvait lui apprendre son petit truc. C'était littéralement impressionnant. A moins qu'il ne doive être aussi grand que le directeur des Serpentard, pour réussir cet exploit.

"Harry ?"

Il réalisa que Neville n'avait cessé de l'appeler et, dissimulant son visage entre ses mains, le Survivant émit un grognement : "Oh mon Dieu ! Neville - je sors avec le professeur Snape."

L'expert en botanique lui accorda l'un de ses rictus asymétriques. "Il était temps que tu le remarques."

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Irrité, Harry songea que le monde semblait déterminé à l'empêcher de retourner au dortoir, histoire de finir sa lecture. Sirius lui avait dépêché un hibou, d'une part pour le conseiller dans ses relations avec ses Prétendants, d'autre part pour lui proposer de laisser "des membres de l'Ordre" le présenter à d'autres personnes. Son filleul avait été obligé de faire un détour par la volière pour envoyer un mot ; il avait ainsi ordonné à Sirius de ne pas tenter le diable. Sur le retour, il avait croisé le professeur Spindley-Worme, qui avait requis sa présence pour un rendez-vous le soir même, à sept heures trente. Draco Malfoy et ses bouffons lui avaient ensuite bloqué le chemin et s'étaient amusés à le narguer à propos de ses Prétendants, jusqu'à ce que le professeur McGonagall fasse son apparition. Néanmoins, sa directrice de maison avait eu à coeur de s'enquérir de ses projets d'avenir, et ce n'est qu'en lui promettant de s'entretenir avec elle à sept heures qu'Harry réussit à s'échapper.

Une fois dans la tour de Gryffondor, il s'empara du manuscrit de sa mère et s'installa, scrutant l'objet un long moment. Une partie de lui désirait conserver ce livre pour lui seul et, de la sorte, chérir égoïstement ce qui lui restait de la figure maternelle, mais une autre facette de sa conscience voulait à tout prix que sa mère reçoive la reconnaissance à laquelle elle avait droit. Il ne pensait pas que Snape aurait écrit une telle éloge sur le manuscrit s'il ne le méritait pas, que Lily et lui soient amis ou non, mais le fait était que cet ouvrage avait maintenant une vingtaine d'années. Il n'avait aucune manière de savoir si son contenu était désuet ou pas, mais il connaissait une personne qui pouvait le renseigner. Une personne qu'il avait aperçu en pleine séance de travail dans un coin calme de la salle commune, lorsqu'il avait traversé la pièce. Dans un accès de précaution, il enferma de nouveau les plis dans sa malle et descendit les escaliers du dortoir, son précieux manuscrit à la main.

Hermione releva le menton au moment où il s'approcha d'elle, l'expression souriante. "Salut Harry. J'ai cru que tu serais dehors avec les autres."

Le jeune homme s'attabla devant elle. "J'ai besoin de ton avis." Il posa le manuscrit et le fit glisser vers son amie : "Il se trouvait dans la boîte. Ma mère en est l'auteur."

Surprise, elle le fixa un instant, avant d'abaisser ses yeux vers le manuel. "Le professeur Flitwick m'a dit, une fois, que Lily Evans était l'une de ses meilleurs élèves. Tu veux que je le lise et que je te fasse part de mes impressions ?"

"Oui. S'il te plaît." Alors qu'elle rapprochait le livre pour pouvoir le consulter, Harry ressentit une envie irraisonnée de le lui retirer ; il maintint fixement ses mains sur ses genoux, afin de résister à cette impulsion. "J'aimerais connaître ton avis au sujet d'une possible publication, même s'il va avoir besoin de corrections, si le contenu est dépassé. Pourrais-tu réfléchir à ma proposition ? Je ferais en sorte que tu aies le statut de co-auteur, et je peux rémunérer - "

"Harry," coupa Hermione. "J'en serais honorée. Merci de me l'avoir demandé."

Avec soin, elle prit le manuscrit et commença à s'aventurer au travers des pages. "On lui a lancé un charme protecteur. Cela devrait le prémunir contre tout dommage, mais je resterai très prudente."

"Merci," murmura l'Attrapeur des Gryffondor. Il se redressa, répugnant à laisser cette part intégrante de sa mère à quiconque, mais n'ignorant pas qu'il devait battre en retraite. "Je dois me préparer pour l'entraînement, maintenant."

Hermione fit un signe d'assentiment, déjà absorbée par sa lecture. Harry se précipita à l'étage, saisit ses robes d'hiver, puis fila à l'extérieur afin de rejoindre ses coéquipiers.

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Le professeur McGonagall ouvrit la porte de son bureau et accorda un sourire bienveillant à son élève, l'invitant d'un geste à entrer. "Merci d'être venu, M. Potter," dit-elle tout en lui désignant un siège. A sa grande surprise, elle préféra s'installer à ses côtés plutôt que de s'asseoir sur son fauteuil habituel. Elle l'observa d'un oeil acéré.

"M. Potter," commença-t-elle, avant d'esquisser un autre sourire. "Harry. Nous aurions probablement dû avoir cette discussion bien avant mais..."

Les lèvres du Gryffondor s'étirèrent en un rictus désabusé. "Mais nous n'étions pas certains du fait que je survive à Vous-Savez-Qui. Il n'était pas nécessaire de me parler de mon avenir, à ce moment-là. Vous me direz, il est possible que je n'en ai toujours pas."

"Eh bien, vous pouvez toujours décider de votre orientation, que votre vie soit courte ou pas," rétorqua-t-elle d'une voix brusque. "Avez-vous réfléchi à ce que vous aimeriez faire, à votre sortie de Poudlard ?"

Harry soupira. "Le directeur m'a posé la même question, et je n'ai toujours aucune envie particulière dans un domaine précis. J'aime le Quidditch mais je ne me vois pas passer des années dans une équipe de seconde zone avant d'espérer obtenir une place en sélection nationale. Je suis bon en défense contre les forces du mal, aussi, mais je ne veux pas devenir Auror et avoir l'obligation de tuer quelqu'un. Je ne souhaite pas enseigner, qui plus est." Il esquissa un mouvement d'épaules. "Je suppose que je compte juste... attendre que quelque chose m'accroche."

"Quelque chose - ou quelqu'un ?"

Saisi d'étonnement, il releva la tête pour constater que McGonagall l'étudiait du regard. "Je ne suis pas du genre à attendre qu'un chevalier à l'armure lustrée vienne à mon secours et me facilite les choses."

"Harry, vous avez eu beaucoup de mal à satisfaire ce que beaucoup attendaient de vous, à propos de Vous-Savez-Qui. Il serait normal de désirer qu'une personne prenne soin de votre personne."

Son élève fronça des sourcils. "Donc vous croyez que je rentre dans ce cirque des Erastes parce que je cherche simplement quelqu'un qui me cajolerait ?"

Avec tact, la vieille dame répondit : "Je ne vous en blâmerais pas si c'était le cas, Harry. Chacun doit avoir une personne qui veille sur lui, ou sur elle. Je souhaite juste que vous ayez la certitude de réfléchir avec votre cervelle, et non pas avec d'autres parties de votre anatomie." Il laissa tomber son regard, rougissant un peu devant l'expression, ce qui fit rire son professeur. "Je faisais référence à votre coeur, M. Potter, mais en l'occurrence, je ne pense pas qu'il soit judicieux de penser avec cette autre partie de votre anatomie, quelle que soit la tentation à laquelle vous êtes soumis."

Il souleva de nouveau son regard dans sa direction. "Selon vous, professeur, que dois-je faire ?"

McGonagall exhala une légère bouffée d'air. "Je suis navrée, Potter, mais je ne peux pas décider à votre place. Cependant, ne laissez rien ni personne, y compris vos amis, vous brusquer dans votre décision. Lorsque le moment sera venu, vous le saurez."

Le Survivant hocha la tête, conscient de la véracité de ses dires, mais également un peu déçu. Il avait l'impression que personne, y compris le professeur Dumbledore, Sirius, et McGonagall, n'allait tenter de l'aider à démêler la situation. Il était seul - une fois encore.

Un coup à la porte se fit entendre, et la professeur de Métamorphoses étira insensiblement des lèvres déjà fines. "Ce doit être le professeur Spindley-Worme. Etes-vous prêt ?" Harry hocha de nouveau la tête, et elle se leva en direction de la porte, à la rencontre de son collègue.

Harry pouvait constater que le professeur Max était d'humeur radieuse, ce soir. Il salua McGonagall avec enthousiasme, allant jusqu'à l'embrasser sur la joue ; à son grand délice, il vit sa directrice de maison, habituellement austère, piquer un fard magistral. L'enseignant en défense contre les forces du mal se tourna alors vers Harry, et, pendant un instant d'angoisse, ce dernier cru qu'il allait avoir le droit au même traitement. Fort heureusement, Max se contenta d'agripper la main de son étudiant, avant d'y appliquer un léger baiser, le tout en lorgnant rageusement McGonagall.

"Eh bien, Harry," s'exclama Max, prenant le siège le plus proche de lui et conservant sa prise sur le Gryffondor. "Tu as aimé mon cadeau ?"

Le brun sourit, acquiesçant avec fougue. "Il est incroyable - je n'en avais jamais vu de semblable. Et sa façon de voler !"

"Tu n'en verras pas d'autre pareil," fit l'autre en lui jetant un clin d'oeil malicieux. "Il est fait sur mesure, avec toutes les dernières innovations, dont certaines ne seront pas sur le marché avant des années. Tu auras la possibilité de tourner en rond autour de tous les autres Attrapeurs."

"Fort malheureusement, M. Potter ne pourra utiliser ce balai en tant qu'Attrapeur de Gryffondor," annonça McGonagall. "Ce serait entièrement injuste vis-à-vis des autres équipes, qui n'auraient pas le moindre espoir d'égaler ses performances."

"Bien sûr, mais ça n'aura aucune importance au niveau professionnel," répliqua Max, balayant l'argument de la main qui ne retenait pas en otage celle de Harry. Il se pencha nettement vers ce dernier : "C'est ce dont je voulais discuter avec toi ce soir. J'ai un certain nombre de contacts dans le monde du Quidditch, et j'ai reçu deux offres potentielles. L'une concerne les Comètes du Cheshire - leur attrapeuse prend sa retraite cette année, et comme ils souhaitent conserver leur place en haut du classement, ils recherchent un nouveau talent pour la remplacer. L'autre concerne l'équipe nationale d'Angleterre. Tu serais l'attrapeur de réserve, mais il y aura une foule de possibilités pour te faire valoir, sans compter que tu jouerais avec des joueurs brillantissimes. Et vu la manière dont joue l'Angleterre en ce moment, je ne serais pas surpris de te voir en Coupe du Monde l'année prochaine."

L'adolescent cilla, sidéré par ces offres inattendues. "Jouer en tant que professionnel ? Dans une équipe de championnat du monde ? Moi ?"

Son Prétendant s'esclaffa et lui serra affectueusement la main. "Oh, Harry ! Ta modestie est charmante. Tu n'as pas vraiment pas conscience de ton talent extraordinaire ?"

Harry rougit tout en extirpant sa main de celles de son professeur. "Je pensais pouvoir m'assurer une place dans une équipe de deuxième division, mais certainement pas au sein d'un club de la League."

"Ce n'est pas tout," intervint Max, visiblement enchanté par la réaction de son cadet. "En tant qu'agent, je pourrais te fournir tous les équipements sportifs disponibles - robes, protections, vifs d'entraînement, tout ce dont tu auras besoin. Les sponsors vont te rendre mondialement célèbre !"

"Harry l'est déjà bien assez," lui rappela le professeur McGonagall.

"Pour ce qu'il a fait lorsqu'il n'était qu'un bébé, Minerva. Désormais, il a besoin d'une reconnaissance en tant qu'adulte."

Les paupières du jeune homme s'abaissèrent un temps. Cela l'avait toujours préoccupé, de n'être célèbre que pour avoir survécu par chance à l'attaque de Voldemort. Il se sentait pitoyable, pareil à un Lockhart, comme si à tout moment quelqu'un pourrait lui jeter au visage qu'il ne méritait pas sa célébrité. Gagner une réputation sur ce qu'il ferait, quelque chose qui n'impliquerait pas de tuer qui que ce soit, paraissait très tentant.

"Et où vivrait M. Potter ?" demanda McGonagall.

"Avec moi, évidemment," répondit promptement Max. "J'aurais à renoncer à ma position ici à Poudlard - en tant que manager de Harry, je serais bien trop débordé. Je pensais à un appartement londonien," précisa-t-il à l'intention du jeune joueur, l'air charmeur. "Bien sûr, tu seras en voyage la plupart du temps avec le reste de l'équipe, mais tout le monde a besoin d'un pied à terre."

Harry songea que "pied à terre" était une désignation bien moins agréable que "maison", mais après tout, il n'avait jamais connu autre chose que les Dursley, et n'importe quoi semblait plus prometteur. Cela lui rappela autre chose. "Et souhaiteriez-vous une relation traditionnelle entre Eraste et éromène ?"

Spindley-Worme parut quelque peu étonné par sa question. "Évidemment. J'espère que nous resterons amis une fois le contrat terminé, mais c'est à toi de voir."

"Je parle des relations sexuelles," insista l'autre, de manière plus crue.

Max gloussa. "Tu es direct, n'est-ce pas Harry ? Très bien. Oui, nous aurions les relations ordinaires en ce qui concerne le sexe. J'imagine que tu as lu des choses à ce sujet ?" Son élève hocha la tête. "Bien. Et comme tu voyageras fréquemment, mes demandes seront relativement souples. Ah oui, je n'exige pas que tu me restes fidèle aussi longtemps que tu demeures discret."

"Et vous n'auriez pas à rester fidèle envers moi, n'est-ce pas." Max dévisagea Harry d'un air hébété, avant que le plus jeune ne fasse un geste de la main comme pour écarter le sujet : " Je sais - c'est dans le manuel, hein ?"

Le Prétendant lui dévoila sa dentition parfaite, soulagé : "Oh ! Tu me taquinais !" Il secoua son doigt vers le Survivant. "Tu as un sens de l'humour plutôt tordu, mon garçon. J'aime l'esprit, mais tu vas devoir te contenir en public. Après tout, tu ne voudrais pas t'établir une mauvaise réputation en te comportant de manière incorrecte ?"

"Non, je suppose que non," chuchota son interlocuteur.

"Bien, alors je crois que tout est réglé," conclut Max en se frottant les mains, visiblement ravi.

Pris de panique, Harry se redressa, se demandant s'il ne s'était pas engagé, d'une quelconque manière, au professeur Max sans s'en rendre compte, et il se tourna désespérément vers le professeur McGonagall en quête d'un soutien.

"Ca suffit, Max," fit-elle d'une voix réprobatrice.

"Je sais, Minerva, je sais," concéda-t-il, avant de cligner de l'oeil vers Harry. Il le faisait souvent, remarqua ce dernier, qui s'interrogea : ces clins d'oeil permanents devaient cacher un problème musculaire. "Les formalités doivent être observées."

"Harry," intervint alors sa directrice, ce qui eut pour effet de focaliser de nouveau son attention sur elle. "Le professeur Spindley-Worme a pour obligation de rédiger un contrat contenant toutes les clauses de sa Proposition. Vous disposerez alors d'un mois pour négocier ses termes, et où j'agirais en tant qu'arbitre. Vous pourrez poursuivre vos entretiens en dehors de ce bureau, mais uniquement en public. Les rendez-vous privés sont absolument prohibés, de même que tout contact sexuel explicite. A la fin du mois, avant les vacances de Pâques, vous devrez accepter ou refuser le contrat qui vous est proposé. M'avez-vous bien compris ?" Harry fit signe que oui. "Parfait, dans ce cas, je crois que cette réunion est terminée. Vous êtes attendu chez le Directeur à présent, je me trompe ?"

Une fois encore, il acquiesça, avant de se lever de sa chaise. "Merci, professeur." Il accorda à Max une esquisse timide de sourire. "Professeur - Max. Merci de vous être dérangé pour moi."

"Le plaisir est pour moi, Harry," répondit ingénument Max. "Peut-être me permettras-tu de t'accompagner jusqu'au bureau du professeur Dumbledore ?" Il guida le jeune homme en dehors de la pièce où se tenait toujours Minerva McGonagall et, au moment où ils se trouvèrent dans le couloir désert, laissa échapper un soupir de soulagement quelque peu exagéré : " Par Jupiter, je suis heureux d'en avoir fini avec cette partie ! Cette femme m'intimide à un point ! En entrant dans son bureau, j'ai toujours l'impression de me retrouver dans la peau d'un première année fauteur de troubles."

A cet aveu, le Gryffondor ricana. "Je vois ce que vous voulez dire. Elle me rend un peu mal à l'aise, moi aussi."

"Je ne me sentais certainement pas à l'aise pour faire ça."

Ne laissant à Harry que le temps de couiner de surprise, Max l'enlaça puis l'embrassa. Le brun était plus que sonné de recevoir son premier baiser de la part d'un homme ; mais avant de pouvoir réellement définir s'il se sentait énervé ou excité, son 'agresseur' le relâcha, une expression friponne au visage.

"Désolé, je ne pouvais résister plus longtemps," fit-il, tout en n'ayant pas le moins du monde l'air repentant.

"Vous auriez pu demander," répliqua Harry, la respiration quelque peu chaotique.

"J'aurais pu." L'adulte se rapprocha, faisant courir un doigt le long des lèvres du Gryffondor, et ce dernier éprouva l'envie absurde de le lécher. "M'autoriserais-tu à t'embrasser, Harry ?"

" Les Règles - "

" - interdisent tout rapport sexuel, mais pas des caresses ou des baisers." Le professeur leva les mains défensivement. "Je te jure que je ne compte pas abuser de toi, ce serait incorrect."

Le jeune homme ne put contenir son rire. "D'accord, dans ce cas. Un baiser, pas de tripotage ou de trucs du même genre."

"Tu es un vrai collet monté," protesta Max humoristiquement, mais il reprit Harry entre ses bras et l'embrassa de nouveau.

Le second essai fut plus réussi que le premier - au moins, cette fois-ci, il était prêt - et bien différent du seul baiser qu'il avait partagé avec une fille. D'une part, le corps contre lequel il se pressait était de la même taille que le sien, et n'avait aucune forme voluptueuse sur laquelle s'appuyer. D'autre part, le frottement d'une barbe légère contre son menton et sa joue n'avait strictement rien à voir avec la peau soyeuse d'une femme. Il décréta finalement qu'il aimait se faire bécoter par un homme, et même beaucoup, avant de se demander distraitement s'il éprouverait un sentiment similaire avec Snape, ou s'il avait apprécié ça parce qu'il s'agissait de Max.

"Voilà," conclut ce dernier, relâchant doucement le Survivant. "C'est mieux ?"

"Oui." Spindley-Worme parût sur le point de reprendre où il s'en était arrêté ; mais tandis qu'une facette de Harry trouvait l'occupation parfaitement à son goût, une autre restait parfaitement consciente du fait qu'il allait être en retard à son rendez-vous avec le directeur... et Severus Snape. "Euh, je dois partir."

A contrecoeur, Max obtempéra. "A demain, Harry."

Le Gryffondor eut un hochement de tête, avant de se hâter en direction de la tour directoriale. En le voyant, se dit-il, on saurait qu'il venait de se faire rouler un patin : il tenta prestement de recoiffer ses cheveux indisciplinés tout en montant quatre à quatre les marches de l'escalier qui menait à la porte. Snape et Dumbledore étaient tous deux présents à son arrivée. Il s'empourpra et s'excusa en balbutiant de les avoir fait attendre.

"Ce n'est pas grave, Harry," déclara candidement le vieux sorcier. "Nous savons que tu as eu une soirée particulièrement chargée. D'ailleurs, Severus vient tout juste de me rappeler que tu as raté le dîner dans la Grande Salle, ce qui m'a amené à envoyer un elfe de maison te chercher quelques sandwiches."

Harry posa ses yeux sur le maître de potions, déconcerté de voir que ce dernier l'avait remarqué, et plus encore, qu'il s'était senti suffisamment concerné pour en faire part au directeur. "Merci, professeur."

L'autre balaya d'un geste son remerciement, une lueur irritée dans le regard. "S'évanouir d'inanition nous compliquerait la tâche, ce soir."

L'adolescent empoigna un sandwiche et un verre de jus de citrouille. "C'est très bon," affirma-t-il, la bouche pleine.

Snape roula des yeux. "Vous êtes vraiment agaçant, Potter."

Harry sourit de toutes ses dents. "Ouais. Et c'est Harry, vous vous rappelez ?"

L'ancien Mangemort remarqua que son supérieur hiérarchique observait leur interaction avec intérêt et intervint avec précipitation : "Je crois que vous connaissez les raisons relatives au second entretien."

Son élève acquiesça et ingurgita son encas avant de répondre. "Vous êtes censé me révéler quelle est votre Offre officielle, dans les grandes lignes."

"Précisément." Severus entrelaça ses doigts, fixant ses mains plutôt que les personnes présentes. "Je sais que vous n'avez pas encore déterminé quel sera votre avenir, dans l'hypothèse peu vraisemblable que vous en ayez un autre après la chute de Voldemort."

Le Survivant cilla. "Vous êtes dur."

"C'est la vérité," rétorqua son interlocuteur. "Aussi mal préparé que vous l'êtes, Voldemort ne fera qu'une bouchée de vous."

"Je me suis bien débrouillé jusqu'à présent," se hérissa Harry.

"Vous avez eu de la chance jusqu'à présent," le contredit sèchement son aîné. "Vous ne pouvez pas vous reposer sur votre 'chance' à l'avenir."

"Et en quoi cela vous concerne-t-il ?" répliqua-t-il.

Snape redressa un sourcil. "Si vous acceptez mon contrat, il me semble que cela me concernera un minimum. Je détesterais me retrouver pris dans la toile si la situation se gâte."

Malgré lui, un sourire vint fleurir sur les lèvres du Gryffondor. "J'imagine."

"Dans ce cas, je vous propose de vous enseigner tout ce que j'ai appris, tout ce qui vous aidera à vaincre Voldemort. Et vu la relation intime qui m'a lié trois années avec le Seigneur des Ténèbres, en tant qu'éromène, vous conviendrez avec moi que mes connaissances sont relativement étendues."

Harry lança une oeillade furtive à Dumbledore, se demandant si l'espion lui avait révélé la nature de ses rapports vis-à-vis du mage noir. Saisissant la mine si pleine de regret qu'arborait le directeur, quelques pièces du puzzle trouvèrent leur place. Le fait qu'Albus Dumbledore ait une confiance aveugle en Snape ne l'étonnait plus. Le fait que Severus Snape finisse toujours par se soumettre aux décisions du vieux manipulateur, quelles que soient ses réticences initiales, n'était pas surprenant. Si les choses avaient été différentes...

Une pointe de jalousie le démangea à cette pensée, et préféra retourner son attention vers son professeur de potions. " En effet, ça pourrait m'être utile pour défaire Voldemort, mais je ne vois pas en quoi cela me permettrait de faire des choix relatifs à mon avenir."

"Cela vous donnera plus de temps pour trouver des réponses à cette question, et un endroit où vivre entre temps."

Le brun échevelé se figea. "J'aurais la possibilité de rester ici, à Poudlard ?"

Snape lui jeta un coup d'oeil mi-amusé, mi-méprisant. "C'est ici que je vis, non ? Il serait hautement inconvenant que vous résidiez ailleurs."

"Je vivrais avec vous ? Ce serait ma maison ?"

"Vous logeriez avec moi, en effet. Les cachots sont suffisamment spacieux pour vous accueillir, mais si vous en voyez la nécessité, je suis certain qu'Albus pourra vous trouver d'autres appartements ailleurs dans le château."

"Et pour nous ?"

Le Serpentard haussa un sourcil. "Nous, M. Potter ?"

"La relation entre Eraste et éromène est souvent d'ordre sexuelle," expliqua Harry.

D'un ton sec, son prétendant reprit la parole : "Je ne vous obligerais jamais à sacrifier votre virginité sur l'autel de la tradition, Potter."

Le concerné prit la teinte d'une Beuglante, intrigué par le fait que Snape ait conscience de son manque d'expérience, mais il releva le menton dans une attitude de défi. "Et si je choisis de faire un tel sacrifice ?"

Ignorant délibérément son intervention, l'autre poursuivit : "La question du manuscrit de votre mère me tient également à coeur." Harry avait ouvert la bouche pour poursuivre sur le sujet précédent, mais il la referma aussitôt de manière audible. "Même si le texte date quelque peu, le travail reste solide. Il nécessite peu de retouches." Snape inclina insensiblement la tête, scrutant le fils de sa meilleure amie. "Je pense que Miss Granger sera ravie de vous assister à ces fins. Une fois les corrections effectuées, mes connections dans le monde de l'édition seront utiles pour voir cet ouvrage publié."

"Vous le feriez ?" Le Gryffondor savait que sa voix paraissait mal assurée, mais il s'en moquait.

"Oui." Ses yeux sombres croisèrent le regard de son interlocuteur. "Il est temps que le travail de Lily Evans reçoive l'attention qu'il mérite. Elle doit être reconnue pour autre chose que le sacrifice de sa vie."

Harry grimaça alors devant ce rappel, mais pour la première fois depuis qu'il connaissait les circonstances de la mort de sa mère, il avait le sentiment qu'il pouvait lui rendre une partie de son amour.

"Eh bien, je pense que ce sera tout pour ce soir," conclut rapidement Dumbledore. "Severus, si vous rédigez le contrat, je ferais en sorte de le remettre à Harry. Harry, tu es au courant du code de conduite à respecter à partir d'aujourd'hui, et ce jusqu'à ta décision finale - je ne t'apprends rien ?" Le jeune homme fit un geste en ce sens. "Alors c'est parfait. Comme l'heure du couvre-feu se rapproche, peut-être auriez-vous l'amabilité d'escorter M. Potter à la tour de Gryffondor, Severus ?"

L'homme se releva. "Bien sûr, Albus. Harry ?"

Le Survivant s'apprêta à protester, mais se ravisa. Il ne pensait pas que Snape veuille disposer d'un peu de temps pour l'embrasser comme l'avait fait Max, mais malgré la réticence visible de son professeur, il souhaitait discuter de l'aspect sexuel de leur relation potentielle.

Tandis que la porte se refermait derrière eux, il annonça, d'un ton faussement hésitant : "Max m'a embrassé ce soir."

Sur le point de poser le pied sur l'une des marches de l'escalier mouvant, Severus se raidit soudainement. "Vraiment ?"

"Deux fois," confirma Harry gaiement. "Ce n'était pas mal, d'ailleurs."

Il s'engagea également dans les escaliers, et fut pris au dépourvu lorsque son compagnon fondit brusquement sur lui. Il se retrouva pressé rudement contre le mur par un corps élancé, le visage de Snape proche du sien, et ses yeux s'écarquillèrent.

"Et, plaît-il, comment 'Max' vous a-t-il embrassé ?" murmura le maître de potions, la voix basse et sulfureuse, le regard abaissé vers lui. Le plus jeune des deux sorciers était à la fois terrifié et excité, incapable de répondre, mais Snape ne semblait pas en attendre de sa part. "Vous a-t-il embrassé chastement, gentiment, délicatement, en savourant votre innocence de la sorte ?"

Ses lèvres frôlèrent celles de Harry avec la légèreté de plumes, se déplaçant avec tant de rapidité qu'on aurait dit qu'un papillon l'effleurait de ses ailes. Une langue agile s'appropria ses lèvres un temps, les goûtant, avant de les abandonner. C'était intense, excitant, et le Survivant tenta de poursuivre cette bouche tentatrice, mais son professeur le bloquait toujours contre la cloison, retenant le moindre de ses gestes.

"Ou vous a-t-il chéri à la manière d'un amant impétueux, avide de votre bouche et de votre peau ?"

La bouche de Severus était de retour, cette fois l'embrassant avec l'aisance d'un homme d'expérience, séduisant sa bouche à l'aide de morsures et d'habiles sucions. Même si Harry répondait, favorisant l'accès aux baisers brûlants, un coin de son esprit s'interrogeait sur le nombre de personnes que Snape avait embrassé, avait possédé, et sur la raison pour laquelle il semblait si déterminé à rejeter le Gryffondor. Un sursaut d'exaspération naquît en lui. Lorsque son professeur le libéra enfin, il parvint à dire, presque sans voix, "Max ne veut pas que je lui sois fidèle aussi longtemps que je cache mes aventures. Serez-vous aussi libre ?"

Les yeux de son vis-à-vis s'embrasèrent, avant que celui-ci ne repousse encore plus brutalement Harry contre la paroi. "Je crois que vous apprendrez vite que je ne suis pas du genre à partager, M. Potter. Ce que je prends, je le garde." Une fois encore, les lèvres fines de Snape se l'approprièrent, mais ce coup-ci avec une telle passion qu'il enflamma le ventre du jeune homme. Un genou s'insinua entre ses jambes, et Harry ne put contenir un gémissement alors qu'il le sentait se frotter à son érection naissante. Comment était-ce arrivé ? se demanda-t-il sans s'attarder, tout en s'appuyant davantage sur le corps qui ondulait contre lui. Sa bouche vorace le contrôlait entièrement, ses mains étaient omniprésentes, le monde tournait autour de lui, et il ne voulait pas que cela s'arrête.

La délivrance le prit de court ; il s'affaissa dans les bras de Snape, avec l'impression que ses jambes ne pouvaient plus le retenir. Une voix lui murmurait à l'oreille, et il aurait aimé se noyer dans ses intonations veloutées : "Maintenant, tu as conscience de ce qui arrive lorsque l'on joue avec le feu, petit garçon ?"

Avant que les dernières neurones du Gryffondor ne réussissent à élaborer une réponse, Severus Snape s'était enfui dans un froissement de robes noires, laissant Harry accoudé à la gargouille sans le moindre souvenir de la manière dont il était parvenu au bas des marches. Il avait le vertige, sa bouche était douloureuse, ses sous-vêtements inconfortablement poisseux, et il ne s'était jamais senti aussi bien de toute sa vie.

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