Titre original : The Courtship of Harry Potter, by Diana Williams.
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Notes de la traductrice :
Hello tout le monde...
Courtiser Harry Potter a dépassé le cap des 400 reviews !!
Très sincèrement, merci à toutes les personnes qui m'ont envoyé des messages d'encouragement, de soutien.
Bonne lecture !
Courtiser Harry Potter
Chapitre 12 - Eaux troublées (Muddying the watters)
Harry était soulagé de constater que sa robe dissimulait certaines conséquences de son inconduite. Les couloirs semblaient déserts, ce qui ajoutait à son réconfort, car il avait le sentiment d'être particulièrement échevelé, ce que ne pouvaient camoufler ses vêtements. Sur le moment, il ne s'en souciait guère, aussi longtemps qu'il était en mesure de se glisser dans son lit avant que quiconque ne remarque le sourire immense qui ornait son visage. Blotti dans son lit, où il revivrait ces fameuses minutes passées dans les escaliers...
Bien sûr, rien dans sa vie n'était aussi simple, et il n'y eut, là encore, pas d'exception à la règle. Même si la salle commune était presque totalement vidée de ses occupants, ces derniers attendant le dernier moment avant de se résigner à dormir, il aurait dû savoir qu'au moins une personne serait présente. Une personne réputée pour son sens aigu de l'observation. Il soupira.
"Salut Hermione," fit-il d'une voix résignée.
La Gryffondor écarquilla démesurément ses yeux. " Harry ! Que t'est-il arrivé ? Tu as l'air d'avoir été -" Sa voix se brisa. "Lequel des deux a osé ?" reprit-elle, l'intonation redoutable.
Son meilleur ami lui lança un sourire piteux tout en s'asseyant sur le sofa. "Les deux."
Les prunelles de la jeune femme menacèrent de sortir de leurs orbites. "Les deux ? Tu es en train de me dire que les professeurs Spindley-Worme et Snape t'ont tous les deux attaqué ?"
"Personne ne m'a attaqué," rétorqua Harry. "Max m'a embrassé et j'ai embrassé Severus. Avant qu'il ne me rende la pareille."
Hermione fronça les sourcils : "Snape t'a embrassé ? Ça semble si invraisemblable !"
"En fait, je le taquinais, à propos du baiser de Max. J'imagine qu'il a voulu se venger."
"Ça, je veux bien le croire," marmonna-t-elle. "Et pourquoi t'amusais-tu à l'asticoter ?"
"Il m'a annoncé qu'il refuserait d'entretenir des relations sexuelles avec moi," lui répondit Harry, comme s'il s'agissait de l'argument le plus censé au monde.
En retour, son amie le dévisagea sans mot dire pendant un long moment. "Fais-moi signe si je fais fausse route. Le professeur Snape a discuté des clauses du contrat avec toi, j'ai raison ?" Le Gryffondor acquiesça. "Et il t'a fait comprendre que tu n'aurais pas à coucher avec lui." Encore un hochement de tête. "Alors tu t'es jeté à son cou parce que tu veux coucher avec lui ?"
Le sorcier prit un temps de réflexion. "Je ne suis pas sûr d'avoir envie de coucher avec qui que ce soit. Je souhaitais juste savoir si le fait d'embrasser Severus était comparable à rouler un patin à Max."
"Et c'était le cas ?" l'interrogea Hermione, saisie d'un accès de curiosité, avant de frissonner devant l'image de Snape étreignant Harry que son esprit avait invoqué. "Laisse tomber, je ne veux pas entendre la réponse." Elle fit un signe de main vers l'ouvrage reposant sur la table devant elle : "J'ai fini le livre de ta mère, Harry. Il est excellent, à vrai dire. Mais il aura besoin d'être réactualisé." Elle s'interrompit. "Étais-tu au courant pour les notes qu'a inséré Snape dedans ?"
Le Survivant opina du chef. "Il a laissé un commentaire à la fin. Severus pense qu'il pourrait aider à la publication du bouquin."
La brunette releva son regard, une lueur d'angoisse l'habitant. "Harry, tu ne penses pas à accepter uniquement pour voir ce livre édité, n'est-ce pas ?" Il se mura dans le silence, provoquant un soupir d'exaspération de la part de son interlocutrice : "Oh, Harry. Tu es si Gryffondoresque."
Cela provoqua un rictus désabusé de la part de ce dernier. "Le Choixpeau voulait m'envoyer à Serpentard, en fait. Il m'a dit que j'y aurais été parfaitement à ma place."
Hermione parut d'abord surprise, avant de s'en amuser. "Ce pauvre professeur Snape ne réalise pas à quel point ses chances d'en réchapper sont minces."
Le brun fit mine de s'offusquer. "Es-tu en train d'insinuer que je suis une source de problèmes ?"
"Insinuer ? Certainement pas. Je l'affirme." Ils explosèrent de rire, avant que la jeune femme n'appuie le menton sur sa main, étudiant son ami avec l'intensité qu'elle réservait habituellement aux livres. "Est-ce que tu as pensé sérieusement à ton avenir après l'école, Harry ?"
Il grogna. "Pas toi aussi ! Tout le monde ne cesse de me torturer avec cette question : le professeur McGonagall, Sirius, le directeur. Je ne sais pas ce que je veux faire. C'est une partie du problème..."
"Mais tu ne peux pas résoudre ce problème en laissant une autre personne décider à ta place," énonça avec raison sa camarade.
"Et pourquoi pas ?" répliqua Harry, irrité. "Cette tradition des Erastes, elle sert à ça, non ? Trouver un mentor qui me guiderait dans ma carrière ?"
"Peut-être, mais avoir une idée sur le sujet serait un plus," rétorqua Hermione, qui exhala une bouffée d'air. "Harry, ça ne te ressemble pas, de laisser quelqu'un te mener par la bride. C'est ta propre vie !"
"Ca, je n'en suis pas si sûr," fit-il, surpris par l'amertume présente dans sa voix. "Je n'ai jamais eu de choix véritable, tu ne trouves pas ? D'abord, les Dursley, qui me gardaient caché et discipliné. Ensuite, ici, où tout le monde attend de moi que je me mesure à Voldemort. Pourquoi devrais-je me fouler à prendre une décision, alors que le Ministère ou Dumbledore s'apprêtent quoi qu'il en soit à choisir à ma place ?"
"Parce que tu auras horreur de ça," s'exclama la sorcière, l'air crispé. "Tu le sais, Harry. Dans un an, tu te réveilleras pour te trouver coincé dans une situation que tu haïras, et ça te détruira."
"Peut-être que ça me fera du bien. Ils me bassinent tous sur le fait qu'il s'agit d'une merveilleuse tradition, qui me rapportera énormément."
"Depuis quand te préoccupes-tu tant de traditions ?" contre-attaqua Hermione.
"Je veux juste que quelqu'un se préoccupe de moi !" répondit-il, sur la défensive.
Ses mots s'installèrent dans l'atmosphère, une chape de plomb tombant sur eux un long moment. "Oh Harry," reprit son amie, attristée, "je n'en avais pas la moindre idée."
Son vis-à-vis fixa la table, incapable de croiser son regard. "Pourquoi n'aurais-je pas droit que quelqu'un m'aime ? Je le mérite autant que n'importe qui."
"Bien sûr que oui, mais..." Elle se pencha pour lui saisir l'épaule : "Tu sais qu'il n'est pas question d'amour, Harry. Si tu recherches ton âme soeur, ils risquent de te blesser."
"Super, dans ce cas je me contenterais de sessions de sexe intensif," plaisanta-t-il sans réel entrain.
La jeune femme secoua la tête et soupira : "Comme si tu pouvais t'en tenir à quoi que ce soit. Sois très, très prudent, mon ange. Je ne veux pas que tu finisses le coeur brisé."
Harry rougit et, prétextant le besoin de prendre une douche et des vêtements propres, s'échappa dans son dortoir. Enfin, à l'abri dans son lit, il s'allongea en observant le dais recouvrant le baldaquin, et tenta de capturer à nouveau cette sensation troublante : être embrassé jusqu'à plus de souffle, jusqu'à ne plus connaître son nom, être désiré, ne serait-ce que l'espace de quelques minutes, ne serait-ce qu'un instant de passion débridée. Son corps, cependant, refusa de coopérer, et c'est dans un grognement de frustration qu'il se retourna, plaça l'oreiller sur sa tête, et essaya de trouver le sommeil.
La personne qui avait déclaré que les choses paraissaient sous leur meilleur jour après une bonne nuit de sommeil devait être un foutu imbécile, songea Harry en piochant d'un air morose dans son petit-déjeuner. Le matin était venu, et rien ne semblait s'être éclairci dans son esprit. Il se trouvait toujours confronté à deux offres, et n'avait toujours aucun putain d'indice relatif à son avenir. Et son langage commençait sérieusement à se détériorer, non ?
Il ne put retenir un petit rire à l'idée qu'il était en train de se réprimander lui-même au sujet de ses vilaines expressions, et Ron lui sourit par dessus la table.
"C'est mieux, mon vieux. J'avais cru devoir te balancer des Charmes de Jovialité au visage."
"Désolé Ron," s'excusa Harry, soufflant tout en retournant à ses oeufs. "J'ai pas mal de trucs dans la tête ce matin."
"Les rendez-vous se sont mal passés ?" s'enquit le rouquin, visiblement soulagé à cette pensée.
"Non, ils se sont parfaitement déroulés," l'informa le Survivant. "Mieux que prévu, qui plus est. Je n'ai pas le droit de révéler tous les détails avant la réception des contrats officiels, bien sûr, mais ils sont très intéressants. Ce qui ne veut pas dire que je compte accepter," ajouta-t-il avec hâte, remarquant le froncement de sourcils chez son ami.
"Harry," soupira ce dernier, "il n'y a aucun problème à ça. Je ne vais pas piquer une crise si tu acceptes une des propositions. C'est un peu bizarre de penser à toi avec un autre mec, mais tu es mon pote." Il réfléchit quelques secondes. "Ouais, c'est plus que bizarre de t'imaginer avec Snape."
Le brun le gratifia d'un sourire : "Je ne te le fais pas dire." Il eut l'envie soudaine de faire connaître à Ron les talents cachés de son maître de potions, avant de se raviser : son ami n'apprécierait pas ce genre d'informations. Cela avait du bon, de rester assis là, à discuter avec lui ; il n'éprouvait pas le moindre désir de détruire cet instant. Récemment, Ron avait été tellement absorbé par sa nouvelle relation avec Hermione que lui s'était senti laissé à l'écart. Leur vieille camaraderie lui manquait, et il réalisa brutalement que dans quelques mois ils allaient tous devoir suivre une voie différente. Hermione se dirigeait vers l'université, son petit-ami songeait à la formation d'Auror et Harry...
Un hibou, qu'il ne reconnut pas, fit tomber devant lui une enveloppe ; le coeur battant, il la fixa longuement. N'était-ce pas un peu tôt, pour recevoir les contrats ? Le rapace hulula impatiemment et, murmurant une excuse, il le nourrit de quelques restes de son repas, avant d'ouvrir la lettre.
Sirius en était l'émetteur : il exhala un soupir de soulagement.
Harry,
J'ai fait quelques recherches sur ton nouvel ami, qui m'a l'air clean. Une famille respectable et respectée, une fortune convenable, quelques amis influents mais sans aucun lien avec des mages noirs. Visiblement, il a surtout paressé à la fin de ses études, mais hé ! celui qui te parle en a fait autant. Un peu strass et paillettes, selon certains, et il aime le faste. Ce qui m'a étonné - comment a-t-il atterri à Poudlard ? - mais après tout, le destin nous réserve parfois des chemins atypiques. Je ne dis pas que tu ne pourrais pas avoir mieux, mais te lier à lui ne serait pas la pire des erreurs que tu sois susceptible de faire.
A ce propos, ton autre ami l'est définitivement. Une erreur. La rumeur court selon laquelle il aurait l'espérance de vie d'un moucheron, depuis le retour de Tu-Sais-Qui. Il semblerait qu'il n'ait pas sauté de joie en découvrant que son petit espion était agent double. Suis mon conseil et prends tes distances avec ce type.
Es-tu sûr de ne pas vouloir que je te cherche quelqu'un d'autre ? L'ami d'un ami m'a appris qu'il avait les moyens de te présenter aux plus sexy des sorciers londoniens, si tu attends cet été.
Affectueusement,
S.
Harry grogna et soupesa l'idée de cogner son front contre la table. Son parrain allait le rendre fou avant qu'il ne règle cette situation ; cela lui donnait presque l'envie de mettre le grappin sur l'un de ses prétendants, histoire d'être débarrassé.
"Tout va bien ?" fit Ron, anxieusement.
"Parfaitement bien," le rassura le brun, conscient des oreilles qui les entouraient. "C'est juste mon pote, tu sais, celui avec le chien ? Il me parle de mes deux nouvelles connaissances, et me demande de patienter jusqu'à l'été pour que je m'en fasse d'autres." Il fit glisser la lettre vers Ron pour qu'il la lise. "Tout ce bazar me rend dingue."
"Tu as besoin de souffler," affirma son ami. "Efface ça de ta mémoire quelques jours. Accompagne-nous à Pré-au-Lard ce weekend. Et maman t'invite pour les vacances de Pâques, si le directeur t'y autorise."
Le Survivant sourit. Il n'avait pas la moindre idée sur ce qu'il souhaitait faire de sa vie, mais il n'allait certainement pas perdre le temps qui lui restait à se plaindre, au lieu de le consacrer à ses amis. "Ça m'a l'air excellent. Je suis partant."
