Possible Bonheur ?

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Soudain, une envie me prend. J'hésite ...

Puis je me décide à soulever le bas de mon tee-shirt. Je le soulève très haut. Je peux ainsi voir mon ventre plat. Après quelques hésitations, je me décide à poser une main dessus. Je le caresse doucement et murmure des pardons à mon bébé.

Au bout d'un certain temps, je m'effondre en larmes au pied du miroir. MON MARI vient alors me prendre dans SES bras et me réconforter. IL m'emmène jusqu'à mon lit d'où IL va me veiller durant mon sommeil. Mes yeux se font lourds après un baiser doucement déposé sur mon front.

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Le lendemain, le même homme passe ma porte à la même heure. Nous parlons longuement, jusqu'à arriver à un sujet un peu plus délicat : ma belle-mère et l'Autre.

- Que vous ont-elles fait précisément ?

- Ma belle-mère, depuis que je suis arrivé au Palais, me mène la vie dure. Dès le début, elle a interdit à quiconque de m'approcher. Alors, je suis quasiment obligé de tout faire en ce qui concerne ma chambre. Je ne m'en plaignais pas parce que cela me permettait d'avoir une certaine autonomie : je mangeais quand je voulais, je faisais le ménage moi-même. C'était un peu comme si je vivais seul avec mon mari. J'aimais bien cette période où j'étais sa petite femme, où je m'occupais de lui et où il ne jurait que par moi.

- Mais … ?

- Mais, ma belle-mère rôdait toujours. Quand elle venait dans notre chambre, elle renversait toujours quelque chose, me rabaissait en face de mon mari. Il ne pouvait rien y faire non plus, sa mère est très autoritaire et il ne penserait jamais à la défier.

- …

- Puis elle est arrivée, un jour, avec des envies de petit-enfants. Là encore mon mari n'a pas pu s'opposer à sa volonté.

- Et "l'Autre" ?

- L'Autre ? … Rien, enfin je ne lui en veut pas spécialement. C'est juste qu'elle aussi attend un bébé de mon mari. Elle n'a jamais rien fait de spécial pour me défendre aux yeux de ma belle-mère non plus. C'est tout.

- … Avez-vous déjà eu de bons moments, ici ?

- Oui, bien sûr. C'est d'ailleurs pour ça, je crois, que nous restons ici, malgré …

- … Voulez-vous m'en parler ?

- Pourquoi pas.

- Le moment le plus … merveilleux que vous ayez vécu ici.

- Notre premier vrai dîner en amoureux. A l'époque, je ne savais pas qu'il vivait ici, je ne savais pas qu'il était LE Prince. Ce jour-là, on s'était promené à la plage et je pensais qu'il m'emmènerait dans un restaurant quelconque comme on en avait l'habitude, à cause de mes ressources un peu limitées. J'étais habillé comme un pouilleux : j'avais un jean délavé et troué aux genoux, un tee-shirt énorme qui ne voulait pas recouvrir une de mes épaules. Et LUI, il m'amène ici, dîner aux chandelles, cuisine exotique. Toutes les personnes qui faisaient le service ce soir-là m'ont regardé comme si j'étais une bête de foire ne sachant pas se tenir.

- …

- Le reste de la soirée a été magique. Il m'a emmené dans sa chambre. La vue était magnifique. Les fenêtres sont restées ouvertes pour nous permettre d'admirer la lune et les étoiles. Et dans ce grand lit à baldaquin croulant sous les pétales de fleurs, on a fait notre première fois. On a baptisé MA vraie première fois aussi. Je crois que c'était la meilleure de toutes. Il jouait sur ma peau avec toutes ces pétales de fleurs, j'ai dû jouir trois fois avant qu'il ne me touche vraiment

- …

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Les jours ont passé. Je vois toujours Monsieur le Psychiatre, comme je l'appelle dans mon cahier, que j'ai commencé à noircir et dont je garde la clé sur moi.

Hier soir, j'ai rêvé de Monsieur le Psychiatre. Et … et c'était gênant, je ne sais pas comment je pourrais lui faire face aujourd'hui. Dans mon rêve, il me … il me touchait, il m'embrassait, il me faisait voir des étoiles. Et je crois même que nous avons testé des positions qui m'étaient inconnues. J'en rougis encore.

Il arrive, s'installe, comme à son habitude, dans le petit fauteuil en face de mon lit. Et constate déjà mon malaise :

- Vous n'êtes pas très bavard aujourd'hui.

- Je … Je suis désolé.

- Pourriez-vous me dire ce qu'il se passe ?

- Je … J'ai rêvé hier soir.

- De quoi ?

- … C'était un rêve … très … osé.

- … Et de qui avez-vous rêvé ?

- Je …

- Cela dépend de la personne. Vous avez rêvé de votre bébé ?

- Mais c'est horrible. Je n'ai pas ces penchants, sachez-le Monsieur.

- Excusez-moi, je n'avais pas fini ma phrase. Dans des cas similaires, bien qu'aucun cas ne soit tout à fait le même, le rêve du bébé est synonyme de demande de pardon, la mère ou le père en l'occurrence cherche à fusionner avec son bébé pour savoir comment il vit sa propre disparition.

- … Ah !

- Et si cela avez été mon mari ?

- Qui avait fait le rêve ?

- Non, que cela le concerne, LUI.

- Et bien, connaissant plus ou moins votre situation, je dirais qu'il vous manque cruellement. Mais, selon vos dires, ce rêve "osé" ne le concernait pas LUI, alors qui cela pouvait-il être ?

- Mmh … Vous.

- C'est normal.

- Pardon ? Je suis marié !

- L'acte amoureux dans les rêves concernant deux personnes n'ayant pas de parenté, ni de relations … sexuels, j'entends bien, traduit d'une envie du rêveur de s'identifier à l'autre personne.

- … Pardon ?

- Je suis, en quelque sorte, un modèle pour vous. Vous voulez, sans vouloir me vanter, me ressembler.

- Et pourquoi ? Enfin, je n'en ai pas trop l'impression.

- … Sûrement parce que je vous écoute et que vous voyez en moi la clé de votre reconstruction alors que cela est totalement erroné.

- Mais … Vous êtes quant même le psy.

- Oui, mais c'est pas vous-même que la guérison passe. Si je restais assis là, est-ce que vous pensez que cela vous guérirait ?

- … Euh.

- Exactement, je ne suis pas shaman. C'est VOUS qui faites tout le travail. Maintenant, expliquez-moi pourquoi vous me trouvez mieux que vous, et peut-être que vos rêves dérangeants s'en iront.

- Je … Je ne sais pas par où commencer.

- Par le début, peut-être.

- Mmh … Je vous trouve … calme : les sentiments semblent glisser sur vous sans vous toucher. Je ne pourrais jamais en faire autant.

- Et c'est tant mieux. Mon attitude froide, ainsi que celle de votre mari sont néfastes pour nous-même et pour autrui. Nous ne montrons pas nos sentiments parce nous n'y sommes pas habitués : les autres ne voit en nous que des murs et nous n'arrivons pas à bien nous exprimer. C'est un cercle vicieux : je ne m'exprime pas, on ne me parle pas, je n'ai pas d'expériences de relations avec autrui, j'hésite à aller vers l'autre, on ne me parlera pas …

- Mais, si j'avais été comme vous, la mort de mon bébé ne m'aurait pas tant affectée.

- Détrompez-vous, votre mari s'est plongé dans le travail pour oublier, faute de pouvoir laisser la peine s'exprimer. Résultat, VOUS en souffrez et il en souffre doublement. Heureusement qu'il a fait appel à moi, sinon …

- Oui, je n'avais pas vu cela comme tel. Mais, vous ne devriez pas me parler des séances de mon mari : secret professionnel, non ?

Un petit sourire apparaît sur son visage, et je me mets à douter de ses informations concernant mon rêve. Peut-être suis-je en train de me détourner de MON MARI. Je me rembrunis à cette idée.

- Oui, mais dans ce cas précis, il n'y a rien de mal puisque grâce à votre sens de l'analyse si pointu vous aviez déjà réussi à percer ce secret.

- … Moui, on va dire ça comme ça.

- Vous êtes encore en train de fixer mes lèvres.

- Ah, pardon.

Il se lève de son fauteuil et s'approche de mon lit. Mes yeux se font aussi gros que des dessous de verre. Il se pose sur mon lit, près de moi, remet une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Je crois que je rougis jusqu'aux doigts de pieds. Il se penche vers moi et m'embrasse. Se relève un peu puis va se rasseoir. Je touche mes lèvres un peu distraitement.

- Alors ?

- Alors, quoi ?

- Qu'avez-vous ressenti ?

- … Rien.

- Bien, c'est que vous n'éprouvez rien pour moi. Mon diagnostic de votre rêve n'était pas erroné.

- Oui.

Je lui souris de toutes mes dents et le remercie de m'aider à me reconstruire et à reconstruire notre couple.

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Quelques semaines plus tard, Monsieur le psychiatre nous convoque moi et MON MARI pour une séance. Je LUI avoue ce que j'ai sur le cœur : comment j'ai vécu SON acharnement au travail, l'Autre, la jalousie, mon manque de maturité vis-à-vis de la situation. Et LUI me dit à quel point IL a souffert de mon isolement, de SA trahison. IL est désolé. Je LUI souris et L'embrasse, je LUI fais passer tout mon Amour à travers ce baiser. Nous parlons de l'Autre, IL me dit qu'IL ne L'aime pas, je LUI dit que son enfant de m'intéresse pas et IL m'avoue que LUI non plus.

Longtemps après que Monsieur le psychiatre soit parti, nous discutons encore. IL comprends le fait que je LUI interdise mon lit, même s'IL a envie de moi. Je LUI avoue que je ne suis pas encore prêt.

IL m'ordonne alors d'enlever mes vêtements. Je rechigne mais IL hausse un peu la voix en me disant qu'IL est MON MARI et que je LUI dois obéissance. Alors je m'exécute, je retire mon tee-shirt et mon caleçon. IL m'avoue qu'IL déteste me voir aussi peu vêtu en présence de SON meilleur ami. IL m'allonge sur le lit et mon regard se fait vague. J'aimerais LUI résister un peu mais SES confessions m'ont fait réfléchir, et je ne peux pas LE rejeter encore une fois. Mais LUI ne semble pas préoccuper par mes sentiments. Je LE sens m'embrasser toute la peau du visage, n'omettant aucune parcelle. Je LE sens descendre dans mon cou, SA langue qui trace des arabesques et me fait tourner la tête bien malgré moi. Pour sûr, je suis amoureux de MON MARI et n'ai aucune attirance pour mon psychiatre.

IL se dirige doucement, mais sûrement vers mon Sud, mes tétons qu'IL suçote, mes côtes qu'IL effleure, mon nombril qu'IL taquine, ma peau sensible qu'IL titille. SES lèvres parcourent l'intérieur de mes cuisses comme j'aime tant, SA langue qui remonte sous mes bourses, SES mains qui caressent le creux de mes genoux, SES épaules fortes sous mes pieds. Ma tête ne peut s'empêcher de s'agiter dans tous les sens : à droite, à gauche, sans pouvoir retenir mes gémissements de bonheur. Mes mains agrippent les draps. Et ma bouche s'ouvre et se ferme en lâchant de très bruyant soupirs qui, au fil de SES escapades, se sont transformés en gémissements.

Je ne pourrais jamais résister à MON AMOUR. Même s'IL me force, je ne pourrais éprouver que du bonheur dans SES bras. Puis, me souvenant, tant bien que mal, que j'étais au premier abord réticent à cette étreinte, je tente de retenir mes cris de jouissance. Jusqu'à ce qu'IL prenne mon ardeur en bouche. SA langue se tortille autour de moi, SES mains se baladent sur mes tétons en se permettant mille et une folies, SES épaules sous mes genoux me font frémir selon la crispation de SES muscles.

Un cri qui reste bloqué dans ma gorge me fait arquer tout le corps, mon dos ne touche plus le matelas. Seul SES mains près de mes épaules et SA langue autour de ma virilité m'empêche de m'envoler pour de bon.

Quand, enfin, je retombe de mon extase, IL remonte vers mes lèvres, un sourire taquin accroché au visage.

Je ne pourrais jamais te forcer à quoi que ce soit, Mon Ange.

Mon regard encore un peu vitreux n'arrive pas bien à se fixer sur LUI.

Je t'attendrais autant que tu voudras.

Sur ces mots pleins d'espoir pour une nouvelle vie à deux ou trois, je m'endors tout contre SON torse, au chaud, protégé comme j'aime l'être par CELUI que j'aime le plus au monde.

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Une Année

Pour cette nouvelle année, nous avons décidé de repartir sur des bases plus saines. Le bébé est en cours. Et je LES aime plus que tout au monde.


Note de Lilalix : Alors trois heures du matin et bien des déboires plus tard ( Merci Liline et ses idées tordues……..) une correction achevée. Je tiens à m'excuser auprès des lecteurs de cette chère Liline pour le retard qui est ENTIEREMENT de ma faute. Je dois avoir le texte depuis une semaine mais j'ai quelques problèmes d'ordinateur et pas mal de boulot. Donc je suis vraiment vraiment désolée ! Pour me faire pardonner une petite info : Liline cache plein de textes dans ses placards (tous excellents ET betareader !) donc il ne tient qu'à vous de les en faire sortir……