Chapitre 5 : Médicalement malade
Après s'être fait littéralement expulsé par Cameron, ou du moins il le pensait ainsi, House s'était dirigé dans son bureau afin d'être tranquille. Cette fois-là uniquement, ni Cuddy, ni Wilson n'étaient venus lui faire des reproches sur des choses dont il était parfaitement au courrant. Ni Cuddy, ni Wilson, ni Cameron. De toute façon, son état ne le lui permettait pas. Peut-être qu'elle ne le fait pas quand la forme est là, mais quand elle se retrouve dans un lit d'hôpital elle ne se gêne pas.
De quoi se plaignait-elle encore ? Quand il ne s'inquiétait pas pour elle ça l'agaçait, et quand il s'inquiète pour elle, ça l'agace aussi. House pensait bon de ne pas retourner la voir. Mais ce n'était pas chose dite chose faite, étant donné que dès son admission à l'hôpital, House l'avait rapidement prise en charge.
Il était maintenant bien trop fatigué pour affronter Cuddy afin que ce soit le prince charmant qui s'occupe de la Belle aux Bois dormants. De toute façon, le diagnosticien avait envie de... ne rien faire, et c'est justement ce qu'il fit. Assit sur son fauteuil il ferma les yeux. Il ne dormait pas, ne pensait même pas. Il ne faisait rien.
Chase et Foreman rendaient visite à Cameron même pas dix minutes après la sortie de House. Cameron savait bien pourquoi elle l'avait vexé. Même si House possède un coeur de pierre, il reste tout de même susceptible. Foreman s'assit et demanda seulement comment elle allait, question à laquelle elle répondit avec une pointe d'ironie. Chase, lui, restait debout et lui posait des tonnes et des tonnes de questions. La plupart du temps elle répondait par « oui » ou par « non » sans même se soucier de ce qu'il disait. Elle ne pensait pas du tout à Chase, ce qui semblait logique étant donné qu'il était en pleine forme, il n'avait pas eu d'abcès. Elle s'inquiétait pour House et, pour l'une des premières fois, réciproquement.. Mais tous trois furent interrompu par le néphrologue qui était rentré silencieusement.
« On va devoir faire une IRM, pas la peine de vous expliquez le pourquoi du comment. C'est ça qui est pratique chez les médecins en mauvaise santé, fit House comme si de rien n'était.
- Vous ne pouvez pas attendre qu'on est fini ? critiqua Chase. »
- Pour quoi faire ? Vous préférez laisser Cendrillon sans sa pantoufle, ou plutôt Cameron sans son cœur ? Hein ? Il vaut mieux être fixé sur ce qui s'est passé. Foreman, vous venez avec moi, ordonna House.
- Vous ?! Vous allez faire l'IRM? s'étonna Chase avec des yeux ronds.
- Non, Foreman s'en occupe. Moi j'assiste et vous vous faites que dalle, si ce n'est vous retirer vous même les vers du nez comme vous savez très bien le faire, ironisa-t-il en guise de réponse.
- Et pourquoi ça serait Foreman? Se plaignit Chase.
- Pourquoi ça ne serait pas Foreman ? Vous avez passer votre temps a posé des questions à la patiente, ça a du vous fatiguer non ? Même si ce n'est pas le cas vous avez répétez au moins trois fois la même question, vous avez des troubles de mémoires? Arrêtez de discuter et laissez nous faire notre boulot. »
Incontestablement, House était furieux. Et sans aucune raison particulière, si ce n'est le besoin de se défouler dans l'immédiat. Mais il se retint un minimum, tenant certainement trop à la propreté de sa canne.
Chase s'éloigna du lit de Cameron. Il était pire que déçu par l'attitude de son patron. D'habitude il trouvait ses plaisanteries drôles mais cette fois-ci, il dépassait les bornes.
House ne se sentait pas de parler à « Cendrillon ». Il aurait pu lui sortir tous les noms de princesse de conte de fées qui lui allaient bien mais quelle utilité ? Et puis ce serait la pire des choses à faire.
Une fois arrivés à la salle d'IRM maintenant toute neuve, Foreman s'installa, tandis qu'une infirmière finissait les préparatifs. Avant de commencer, House passa de l'autre coté de la vitre afin de s'approcher de Cameron.
« La moindre des choses à faire quand un patient passe dans une machine à IRM pour voir son coeur, c'est au moins de prendre son pouls. Quelle infirmière celle là, je la ferais bien virer ! »
Une fois près d'elle, le néphrologue lui mit sa main sur le cou, afin de prendre son pouls comme il l'avait dit. Ce geste avait le don de rendre Cameron assez confuse.
« Euh... Pour tout à l'heure, dans la chambre... commença-t-elle, ne sachant pas comment s'expliquer.
- Oui je sais, vous êtes désolée. Pas la peine de le dire je le sais parfaitement bien, vous êtes le genre de personne capable de traiter un mec de salopard tout en lui offrant des fleurs, ironisa-t-il, fier de sa remarque.
- Vous êtes bien long à prendre le pouls de quelqu'un. Vous êtes sûr d'avoir fait médecine ?
- Vous ne faites pas d'arythmie. Rien à signaler. Vous êtes prête pour l'IRM. »
House s'éloigna et fit débuter l'examen. Il regardait attentivement chaque millimètre du coeur de Cameron, aidé par Foreman. Ils sursautèrent tous les deux en entendant les toux de leur patiente.
« Désolée je... Je ne me sens pas bien, dit-elle entre deux quintes de toux.
- Vous seriez capable de rester encore trois petites minutes dans cette boîte de conserve ? Demanda House par le micro.
- Je ne suis pas sûr que ces paroles vont la réconforter... commenta Foreman, assez doucement pour ne pas que Cameron l'entende.
- Je ne sais pas, peut être bien... répondit Allison à la question de House. »
Trois minutes s'écoulèrent plutôt rapidement. House alla à coté de la machine afin d'être au près d'elle. Une fois sortie, il reprit son pouls.
« Une légère arythmie cette fois ci, dit-il.
- En seulement dix minutes?
- Votre coeur est légèrement abîmé sur l'artère inter-ventriculaire antérieure. Ça peut être la cause de l'arythmie. D'ici quelques minutes vous vous sentirez mieux. »
Plus ou moins rassurée par les propos de House, sa présence qui d'ailleurs n'était pas rassurante, elle fut transportée dans sa chambre. House restait plus souvent au près de sa prétendue patiente, sous les regards méfiants de Chase et l'étonnement de Cuddy. A vrai dire, lui aussi ne savait plus trop ce qu'il faisait, lui s'inquiéter pour quelqu'un ? Impossible.
Mais il fit bien attention que personne ne le regardait, pour, pendant le sommeil de la princesse, lui prendre doucement la main.
