Chapitre 11 : Elle n'aurait pas dû faire ça !

Chase et Foreman étaient arrivés plus tôt que prévu, histoire de rendre visite à Cameron. Enfin, c'était plutôt l'histoire de Foreman. L'australien n'avait pas spécialement envie de les voir s'envoyer en l'air comme l'avait prévenu House. D'un certain point de vue il avait raison : il risquerait de les voir en train de s'embrasser ou quelque chose du genre, ce qui aurait le don de l'énerver. Il préférait feuilleté tranquillement les dossiers qui leurs avaient été proposés. Mais il fut rapidement interrompu par le rire de Foreman, qui avait préféré rester avec son ami.

« Qu'est-ce que tu trouves drôle ?

- Les symptômes sont vraiment intéressants tu ne trouves pas ?

- Mais de quoi tu parles ? »

Foreman fit un signe de la tête pour désigner le tableau blanc. On pouvait y lire noir sur blanc « House, Je vous aime, I love you, ti amo, te quiero, ich liebe dich, aishiteru ». Les yeux de Chase étaient devenus plus gros la plus grosse des patates. Inutile de traduire tous les autres mots, mais les premiers lui suffisait. Il n'y avait vraiment aucun endroit où il pouvait être tranquille, pas même dans son lieu de travail ?! Ce message le rendait fou, la seule envie qui lui venait à la tête c'était effacer ce tableau au plus vite au cas où House n'aurait pas encore découvert le pot aux roses. Mais la colère le tétanisait presque... Foreman trouva ça moins drôle maintenant, de toute façon, il se fichait bien des états d'âmes de ses collègues.

House se réveilla rapidement, le coeur de Cameron battait comme un tambour mais ça n'avait pas l'air vraiment signifiant, ni grave.

Il admirait la jolie femme pendant de bonnes minutes. C'était Blanche Neige, avec les yeux de la Fée Clochette, la voix de Cendrillon, l'attention de la Belle et le sommeil de la Belle aux Bois Dormant. House avait songé plusieurs fois à transformer sa profession en écrivain, il pourrait faire rire ses lecteurs, mais la seule personne qu'il avait envie de voir rire là, maintenant, c'est sa petite immunologiste sortie du plus beau des contes de fées.

Ils étaient tout deux allongés l'un à coté de l'autre à s'enlacer ou presque. Ils n'avaient pas de couverture, ce qui avait dû permettre aux infirmières de voir exactement leur position et donc de faire leur blabla quotidien.

Il faisait froid et House ne put se retenir d'éternuer. Cameron sursauta, mais n'eut pas le temps de s'affoler, elle était rassurée par la présence de son prince charmant. Un vrai conte ces deux là !

« Je n'ai pas su être discret, je m'en excuse princesse, dit House.

- Que... Vous venez de... »

House avait fait ce que n'importe qui aurait appelé une « bévue ». Mais heureusement qu'il avait plus d'un tour dans son sac pour changer de sujet.

« D'éternuer, oui, je suis extrêmement désolé mais voyez vous, vous avez tellement était pressée de vous endormir qu'on a oubliés de se couvrir et du coup j'ai terriblement froid, l'accusa-t-il faussement.

- Vous m'en voyez désolée, mais je doute quand même que vous auriez préféré les nuits précédentes, répondit-elle en riant.

- Non merci, plus jamais ! »

Pendant un bon moment ils se taquinaient mutuellement, ce qui leur procurait un immense plaisir mais aussi une tristesse d'envie vis-à-vis de l'autre. Puis House constata qu'ils étaient en retard, enfin lui n'était pas en retard sur son retard habituel. Ils eurent vite fait de se préparer pour travailler.

Pendant ce temps, Chase était fou de rage, la colère n'était pas facile à dissimuler. Il eut enfin le courage de s'approcher du tableau afin d'effacer ce qu'il pensait être "l'œuvre du diable" il saisit l'éponge mais ne put allez plus loin : La porte de la salle s'était ouverte et Cameron eut vite fait de réagir en poussant violemment un "Arrête" . House faillit se déchirer le tympan et Foreman ne manqua pas de tomber au sol.

« Dé... Désolée... J... »

On entendait le ricanement de Foreman, qui imaginait déjà la scène. House s'approcha de Chase, le fit se pousser à l'aide sa canne et regarda ce qui était écrit au tableau. Le ricanement de Foreman se faisait plus grand et plus agaçant pour Chase.

« C'est bon, vous êtes content ?! s'exclama Chase.

- Mais qui est l'idiot qui a osé écrire ça ? demanda House.

- C'est pas gentil de me traiter d'idiote... répondit Cameron. »

Foreman se faisait plus silencieux, la situation avait l'air moins drôle. Chase avait bien envie de coller son poing sur la figure de son supérieur, House voulait se pincer et Cameron regrettait avoir écrit ses aveux sur le tableau.

- C'est moi qui a écrit ça, hier soir, quand vous êtes allé voir les infirmières. J'en ai profité pour écrire ça au tableau, expliqua-t-elle.

- C'est une blague j'espère? demanda House.

- N'espérez pas trop, dit Cameron d'un faux air ironique.

- Pourquoi vous avez fait ça ?

- Il me semble que vous n'avez pas de problèmes de lecture car c'est écrit noir sur blanc et pas en petit. »

En effet le texte était parfaitement lisible, en particulier "House" qui s'étalait parfaitement sur toute la partie supérieur du tableau. Chase n'en pouvait plus. Il craquait totalement.

« Maintenant vous pouvez lui sauté dessus librement ! Allez compter fleurettes pendant qu'on s'occupe de vos heures de consultations !! hurla Chase.

- Foreman n'a rien dit, si ? A part "hin hin hin"... ironisa Houe.

- Vous vous fichez de moi ?! Je suis assez sur les nerfs, trop pour supportez votre mauvaise humeur.

- Vous êtes psychologue ?

- Pas le vôtre en tout cas !

- Mais arrêtez de vous disputez, enfin ! intervient Cameron.

- Toi ça suffit! Tu ne penses pas une seconde que c'est ta faute ?! Gronda Chase.

- Si mais...

- Maintenant vous allez pouvoir pleinement profiter de votre lit !

- Ce n'est pas parce que j'ai écris ça que sa veut forcément dire que j'ai envie de m'envoyer en l'air avec mon patron ! Alors arrête de prendre tout de travers!

- Évidemment vous préféreriez partager votre lit avec Chase ! Pour la énième fois, s'incrusta House.

- Je veux rien partager avec des gens qui piquent une crise pour un truc écrit au tableau ! S'emporta Cameron.

- Et bien alors c'est réglé! Recouchez avec Chase, emménagez chez lui, mariez-vous et faites lui vingt gosses ! cria House. »

La réaction de Cameron fut directe : elle gifla son supérieur. La plus belle claque qu'elle ait mise. Il l'avait bien sentie passer, après tout il avait pousser le bouchon un peu trop loin. Elle eut le droit à un « Allez vous faire foutre » avant qu'elle ne déguerpisse à toute allure, les larmes aux yeux. Elle cachait forcément quelque chose, mais quoi ?