Titre : Séverus Snape, idole de Poudlard
Disclaimer : tout ce qui suit est la propriété exclusive de Mme Rowling, qui a bien de la veine
Rating : T
Genre : Aventure et humour
Base : Harry Potter, du moins l'ensemble des tomes parus à ce jour(1à6)
Chapitre 1 : De la différence de conception du terme « bagages » chez Séverus Snape, Harry Potter et Hermione Granger.
Séverus s'assit sur le couvercle de sa huitième malle pour tenter de faire joindre les deux bords. Il n'effectuait plus une seule excursion sans trois jeux complets de robes, un en laine pour temps glacial, un en lin pour temps caniculaire et un en coton pour la demi-saison, chaque version se déclinant en sept robes, une par jour de la semaine.
Il avait été définitivement traumatisé au cours de la première guerre lorsque parti en mission pour l'Ordre avec le frère de Dumbledore, il avait été obligé de lui emprunter des tenues, leur quête se prolongeant.
Le goût de l'ancien directeur en matière de vêtements était souvent discutable mais ce n'était rien en comparaison d'Albeforth. Quand l'espion avait contemplé son reflet dans le miroir, il avait failli se trouver mal.
Il s'était toujours douté que les ananas vert amande sur fond orange ne lui iraient pas au teint, maintenant il en avait la preuve. Attendez, non, si une seule preuve a existé ou existe qu'il s'était un jour promené en chemise hawaïenne et en bermuda, il n'avait plus qu'à se faire ermite, donc cette journée n'avait jamais, au grand jamais, eu lieu. Il avait d'ailleurs mis au rebut à son retour les deux ou trois robes qui n'étaient pas de couleur noire, à savoir grises et vert foncées.
Ayant enfin réussi à réduire à néant les velléités de résistance de la valise, il posa un sort de fermeture tellement alambiqué qu'il était assuré de voir un éventuel voleur jeter l'éponge et tenter plutôt de s'en prendre à Gringotts.
Les détrousseurs en liberté sont la plupart du temps des gars prudents et quand ils tombent sur un particulier si paranoïaque savent qu'il s'agit soit d'un mage noir, soit d'un Aurore et aucune des deux catégories n'est vraiment sympa avec ceux qu'elle prend la main dans sa poche.
Il fit un dernier tour dans ses appartements et son regard se posa finalement sur les seuls objets qu'il n'avait encore empaquetés. Il s'agissait des premières choses qu'il avait installées lors de son arrivée, ce seraient aussi celles qu'il retirerait en dernier.
Ses articles et ses diplômes, soigneusement encadrés.
Pour devenir Maître des Potions, de nombreuses étapes, de nombreuses épreuves attendent le jeune sorcier. Séverus avait été successivement Premier Onguent puis Poudre de Symphytum, Macération de Cucurbita, Huile d'Agrimonia et enfin Maître des Potions es Potions végétales.
Chacun de ces titres était séparés par des recherches et par la publication dans des journaux spécialisés. Séverus avait toujours eu un faible pour « Elixirs de demain » car « Deuxième Bouillon » avait à son avis tendance à se monter le bourrichon régulièrement sur la grande découverte du siècle pour ensuite publier de piteux démentis la semaine suivante quand les lecteurs, furieux d'avoir fait fondre leur chaudron favori en testant la manipulation, avaient enseveli la rédaction sous leurs diatribes épistolaires enflammées.
Toutes ses études, tous ses efforts pour faire avancer le noble Art des Potions pour finalement gâcher son talent à enseigner à de jeunes crétins, plus préoccupés de leurs hormones et du prochain match de Quidditch que des douces effluves des élixirs. Il en avait même surpris un, deux semaines auparavant, en train de lire sous la paillasse au lieu d'émincer les tubercules destinés à la potion de Grand Royaux. Le jeune homme avait récuré une telle surface de cachots qu'il en était encore courbé et sursautait à la vue de la moindre brosse, fût elle à dents.
Maintenant il reprenait ses travaux et s'il fallait surveiller le morveux de James Potter pour cela, il y était prêt. Ça ne pouvait pas réellement être pire que supporter à la fois de rendre des comptes au Seigneur des Ténèbres et à Dumbledore.
Et puis, au cas où, il était sûr que le môme serait bien incapable de repérer l'arôme dans son thé de quelques gouttes de venin.
Le soir tombait quand il arriva chez les Granger. Il aurait été persuadé que Potter traînerait sa carcasse à l'ancien domicile de son parrain où il commencerait comme celui-ci de sombrer dans l'auto apitoiement, et accessoirement le gin de mauvaise qualité, ou à la rigueur chez les Weasley où il serait mort d'apoplexie, les artères encrassées par la cuisine de la matriarche de la famille.
Il semblait cependant qu'Hermione Weasley avait jugé ces deux endroits nocifs pour son ami car rappelant trop de souvenirs de ceux qui avaient péri dans la lutte contre les mages noirs. La jeune femme développait des tendances dictatoriales qui faisaient froid dans le dos au terrible maître des Potions. Il était heureux qu'elle ne se soit pas destinée à l'enseignement, une Minerva McGonagall suffisant à Poudlard.
Potter avait donc échoués chez les parents de son ami en compagnie de ses inséparables amis. Snape se demandait vaguement ce que Ronald Weasley pensait de vivre chez ses beaux-parents mais ses réflexions furent interrompues par l'entrée dans le salon de l'Elu du monde magique.
Les journaux ne semblaient pas trouver de qualificatifs assez élogieux pour le jeune homme. Ses yeux étaient toujours d'un vert « émeraude », « jade », « couleur espoir », voire « emplis de sagesse ». Il avait beau regarder Potter ses yeux étaient vert, point, il avait les cheveux noirs, pas «de la profondeur de l'onyx », ce qui de toute façon ne voulait rien dire, quant à son « corps de jeune éphèbe », Séverus trouvait surtout que quelques mois de plats bien consistants et bourratifs ne pourrait lui faire que du bien : il pouvait compter ses côtes, même à travers sa chemise.
Quant « à la hardiesse et la sagesse si étonnantes à son âge que tous ses interlocuteurs remarquent », en des années de confrontations acerbes, il n'en avait pas vu trace, le gosse étant plus imprudent que brave et certainement plus conseillé que malin (merci Miss Granger).
A sa grande déception, il n'était pas non plus la loque qu'il pensait trouver. Il était habillé de vêtements à sa taille, pour une fois, rasé de près et ses cheveux avaient connus un coup de peigne, visiblement sans que le résultat soit très probant. En plus de se prendre pour la Directrice de Poudlard, il semblerait que l'élément féminin du trio jouait les Mme Weasley mère à ses heures perdues.
Celle-ci était par ailleurs occupée à reprendre depuis le début les valises de Potter. Elle devait le prendre pour un mille-pattes vu la quantité astronomique de chaussettes qu'elle y incluait. Ou alors, elle était hantée par l'âme de Dumbledore qui, à chacun de ses anniversaires, demandait à Séverus de lui offrir des chaussettes car « vous êtes bien le seul que cela ne choquera pas ».
Potter semblait néanmoins conserver un peu d'estime de lui car il protesta vigoureusement quand son amie s'attaqua à sa pile de sous-vêtements mais elle n'en tint aucun compte et, bouclant la valise, les poussa tous les deux dehors avec un geste autoritaire et un tel naturel qu'ils étaient sur le perron avant d'avoir eu le temps de réagir.
Séverus réalisa alors que Potter n'avait sûrement jamais quitté la Grande-Bretagne et allait donc devoir s'accrocher à son bras pour aller jusqu'au Centre de Transplanage International dont il devait ignorer la localisation. Potter fils, pendu à son bras, vraiment fantastique.
Il aurait dû rester fidèle au Seigneur des Ténèbres.
A suivre….
