Titre : Séverus Snape, idole de Poudlard
Disclaimer : tout ce qui suit est la propriété exclusive de Mme Rowling, qui après tout a travaillé dur et mérite bien de posséder cette galerie de personnages et l'univers qui s'y rapporte
Rating : T
Genre : Aventure et humour (et aucun commentaire désobligeant à ce sujet….)
Base : Harry Potter, du moins l'ensemble des tomes parus à ce jour
Chapitre 3 : De la meilleure façon de dresser magiquement une bestiole plus forte que vous et qui veut cotre peau
Ils s'arrêtèrent tout d'abord en Bavière chez Elred Baldruck avec qui Séverus avait correspondu des années après avoir lu ces essais sur l'influence du métal de la spatule sur les potions Moulinées. Tandis que lui était présentée toute la famille, il n'avait d'yeux que pour Potter. Celui-ci n'avait pas ouvert la bouche depuis qu'ils avaient quitté le domicile des Granger et Snape se sentait étrangement …vexé.
Pas qu'il ait eu particulièrement envie de l'entendre vaticiner sur combien il était malheureux et combien l'avenir était désormais sombre pour lui mais non, pas un mot. Après tout le gosse avait été confié à l'ex-ennemi de son père, cela aurait dû susciter au moins une amorce de réaction voire une pléthore de commentaires désobligeants. Le regard vert continuait cependant de le traverser comme s'il n'avait pas eu le moindre intérêt.
Baldruck les emmena visiter son laboratoire et l'ancien Mangemort oublia instantanément l'existence même du jeune Potter. Il aurait tué pour avoir de telles installations, et avec bien plus d'enthousiasme qu'il n'en avait mis à exterminer les ennemis du Seigneur des ténèbres.
Le gouvernement magique allemand avait fourni à son ami épistolaire et à son équipe les équipements les plus à la pointe. Il est vrai que ceux-ci s'attaquaient à un problème que depuis des siècles les plus grands mages avaient échoué à résoudre. Baldruck avait comparé leurs essais à la quadrature du cercle moldu mais Snape n'avait pas la moindre idée de ce que c'était et se refusait toujours à faire état de son ignorance, surtout, surtout quand Potter semblait en savoir plus que lui.
Il eut le souffle coupé en pénétrant dans le laboratoire. Il avait vu des illustrations, bien sûr, mais rien ne pouvait préparer à cela. L'odeur tout d'abord, incommodante, âcre, animale, bestiale…Le bruit aussi, cette respiration lourde, rapide, qui vous faisait retenir la vôtre pour qu'ils ne vous repèrent pas.
Les Minotaures.
Ils étaient plus grands que le Maître des Potions ne l'aurait crû. L'unique mâle accusait bien trois mètres cinquante au garrot et les cinq femelles qui se groupaient autour de lui avoisinaient les trois mètres.
Baldruck les éloigna de l'enclos et offrit une collation. Ils sirotèrent poliment la limonade au genièvre. Potter picorait vaguement un cookie au poivre, ce qui exaspéra Séverus.
Si le môme voulait se tuer, il y avait des moyens plus rapides que l'inanition, par Merlin. Il emplit une assiette d'une part de tarte au chocolat suffisante pour nourrir une équipe de Quidditch pendant trois repas, la noya sous la crème Chantilly et la déposa avec violence devant son ancien élève :
-Mangez et proprement !
Le jeune homme leva les yeux vers lui et il fut soulagé d'y voir enfin une émotion. Les yeux ronds, les sourcils qui se perdaient dans la broussaille noire qui lui tenait lieu de chevelure…On aurait pu coller la photo de Potter dans un cadre avec pour légende : « La Surprise » au-dessous.
Le jeune homme sembla hésiter quelques instants à monter sur ses grands chevaux et Séverus se surprit à l'espérer. Un Potter lui débitant un chapelet d'injures, il gérait, c'était même le deuxième exemplaire qu'il se coltinait. En plus, après des années de joutes verbales acides entre Mangemorts pour rabattre les erreurs sur d'autres devant le Maître, il n'avait pas peur d'un gosse, même si celui-ci avait expédier le dit Maître cirer les pompes de Satan.
L'étincelle qui avait traversé l'œil de son ancien élève était cependant mort-née. Il reçut un
-Oui, Monsieur
Puis le Sauveur du monde magique commença à chipoter le contenu de l'assiette en avalant à chaque fois des bouchées qu'un moineau anorexique lui-même aurait trouvées chiche.
Séverus soupira.
Ils restèrent là quinze jours, Séverus débattant avec Elred avec un enthousiasme qu'il pensait perdu des travaux de celui-ci. Le gouvernement allemand lui proposa même un poste au sein de l'équipe, et il se sentit très tenté. Une association aussi hétéroclite, qui couvrait quasiment tous les domaines de la magie, quelle fantastique terrain de jeux pour ses expérimentations.
Il avait toujours aimé les challenges et faire basculer les Minotaures d'un côté ou de l'autre de leur double nature était un problème aussi vieux que la magie. Guérir enfin ceux qui payaient de leur apparence monstrueuse et de leur féroce appétit pour la chair humaine le comportement de leur mère…
C'est à l'aube de la troisième semaine que la catastrophe se produisit. Il avait quelques peu mis en veilleuse ses inquiétudes envers Potter. Celui-ci paraissait toujours aussi amorphe, un vrai Véracrasse mais ne semblait pas près à attenter à sa vie.
C'était encore heureux car Minerva aurait été capable de se mettre en colère. Malgré les années, elle continuait de le traiter comme le petit garçon à qui elle avait enseigné et le sombre et ténébreux Mangemort s'était parfois surpris à se dandiner, mal à l'aise comme un premier année, quand elle le tançait comme un marmot qui a besoin d'être remis à sa place !
Il se contentait de surveiller que le garçon faisait trois repas par jour, et basta. Il lui semblait le voir parfois échanger avec les autres spécialistes dans le laboratoire, mais il n'était pas là pour lui servir de nourrice non plus.
Occupé à tester l'effet de différentes solutions plus ou moins diluées sur le plasma de Minotaures, Séverus et Elred ne virent pas le jeune apprenti sur la passerelle vaciller et perdre l'équilibre avec la lourde dame-jeanne pleine d'acide. Ils ne virent pas non plus celui-ci tomber sur la femelle Minotaure en contrebas.
Par contre, dans un rayon de trois bon km, il était difficile de laisser passer le meuglement de douleur et le fracas de la clôture, écrasée par le monstre dans sa douleur. L'hybride, rendu fou de rage, se précipita sur le premier humain à portée. La jeune femme, tétanisée, n'esquissa même pas un mouvement de fuite ou de défense. De toute façon, battre un tel animal à la course ou l'abattre d'un sort semblait illusoire.
C'est à cet instant qu'il repéra Potter. Celui-ci s'était retrouvé si vite devant la jeune sorcière que nul ne fut capable de dire plus tard d'où il avait surgi. Potter était un jeune imbécile, pas plus capable de s'occuper de lui-même que de préparer la plus basique des potions, du moins selon l'avis de son ancien Professeur. Par contre, ses réflexes, c'était autre chose.
La baguette qui avait terrassé le meurtrier de ses parents fut si vite dans sa main qu'on aurait pu croire qu'elle y avait sauté toute seule. Trois sorts en fusèrent, à une telle vitesse que leurs trois couleurs furent impossibles à différencier.
Ils n'étaient pas assez puissants pour terrasser le monstre, bien sûr mais l'animal se cabra, glapissant et reculant sous la puissance des impacts magiques puis tenta d'encorner le jeune homme. Celui-ci lança un sort de lien vers la passerelle qui le surplombait, saisit dans son autre main la lumière qui ricocha comme il l'aurait fait d'une corde, puis enroulant l'entrave lumineuse autour son poignet, s'éleva d'un coup de rein autour du Minotaure qui chargeait, comme un gymnaste aux anneaux.
Séverus en lâcha sa baguette, qu'il avait fini par penser à sortir. Les autres sorciers présents avaient fini par réagir et jetaient force maléfices à la créature. Celle-ci tituba et passa à proximité de Potter qui, toujours accroché à son sort, saisit violemment son encolure entre ses cuisses. L'animal griffa rageusement les jambes du jeune homme mais les sorts, qui maintenant qu'il était immobile, atteignaient tous leur cible, finirent par le faire plier.
Le Maître des Potions ne retrouva ses esprits que pour empêcher le morveux d'achever l'animal en lui tranchant la gorge avec une dague tirée de sa botte.
Plus tard, tandis que les apprentis se disputaient l'honneur de soigner celui qu'ils ne nommaient plus que le Chevaucheur de Monstres (non mais franchement, comme si Potter n'avait pas suffisamment de titres ronflants à sa disposition en Grande-Bretagne !), Elred fit à Séverus un compte rendu détaillée de la trachée du Minotaure, seule véritable faiblesse de son anatomie et de comment Potter avait eu raison de tenter de l'asphyxier…
Séverus avait envie d'aller se faire vomir. Quelque soit le pays, il n'y en avait donc que pour cet insupportable morveux suffisant ?
Toujours plus tard, quand toute l'équipe fut occupé à faire un résumé des événements aux officiels accourus, il interrogea son ancien élève et s'aperçut que celui-ci avait agi en toute connaissance de cause, ayant passé tout son temps à accumuler des données sur les Minotaures depuis leur arrivée.
-Il faut toujours se tenir au courant des points faibles de l'ennemi.
-Vous n'avez plus d'ennemis, Potter, la guerre est finie.
-Vigilance constante, m'a-t-on appris…
Il s'apprêtait à courir le monde avec un ersatz du vieux Maugrey Fol œil, paranoïaque et dangereux, le compagnon de voyage idéal.
Il aurait dû rester fidèle au Seigneur des Ténèbres.
A suivre
