Titre : Séverus Snape, idole de Poudlard

Disclaimer : tout ce qui suit est la propriété exclusive de Mme Rowling

Rating : T

Genre : Aventure et quelques tentatives d'humour

Base : Harry Potter, du moins l'ensemble des tomes parus à ce jour(1à6)

Note : Ce chapitre est écrit en l'honneur de Vendetta, Snapiste convaincue, qui comprendra pourquoi dès la lecture du premier mot.

Chapitre 4 : Des relations de Séverus Snape et Harry Potter vis-à-vis de la boisson et du meilleur moyen de remonter le moral à une fouine loin de son terrier.

Prague !

Citée mythique.

Prague.

Citée mystique.

Prague, citée de Rodolphe II de Habsourg, seul sorcier à être jamais monté sur un trône européen.

Prague citée de Meyrink, écrivain moldu le jour et dernier grand concurrent en alchimie de Nicolas Flamel la nuit.

Certaines sources moldues affirmaient que le nom était issu d'une vieille racine slave signifiant gué. S'ils savaient. Il s'agissait bien d'un gué mais entre le monde moldu et celui des forces magiques.

La magie imprégnait les murs de la ville, ses ruelles, flottait dans l'air et faisait de cet endroit un être à la frontière de la vie, un lieu à part. Un peu comme Poudlard en fait, en plus grand et sans la traditionnelle attaque de mages noirs au mois de juin.

Séverus s'adossa au parapet du pont Charles et regarda le soleil se coucher sur la ville. Même pour un ancien Mangemort, à l'âme souillée de si nombreux crimes que la nuit elle-même était plus claire, la vie pouvait réserver des instants de grâce.

Dommage pour Harry Potter, il ne semblait pas capable de le percevoir. Il donnait l'impression de se forcer à vivre, presque par habitude, bardait sa chambre de sorts de protection et avait manqué de trucider la veille un innocent elfe qui lui apportait son petit déjeuner.

Le Maître des cachots de Poudlard avait bien fait de partir discrètement de l'hôtel, ce merveilleux moment aurait été gâché par la présence du môme, et par le regard bovin qu'il aurait posé sur cette lumière merveilleuse dans laquelle la ville semblait une citée légendaire, bâtie par les mages et destinée à ceux que le destin marquait de son sceau.

Il rentra en flânant par le chemin des écoliers, faisant de son mieux pour éviter les foules de touristes moldus, ce qui restait assez facile puisque aucun de ces aventuriers des temps modernes ne s'éloignait des rues conseillées par leur guide.

Dans ce genre de circonstances, Snape se sentait presque en paix avec le reste de l'humanité. Notez bien que j'ai écris presque, le fait qu'il accomplisse ce voyage d'étude en maternant un ancien élève qu'il n'avait jamais pu encadrer, rejeton d'un homme dont il avait dû se coltiner les brimades pendant toute sa scolarité et filleul d'un homme dont le monde magique britannique dans son ensemble savait qu'il le haïssait avec la dernière vigueur était peut-être pour quelque chose.

Et avait-il précisé, qu'en plus de toutes ces tares, déjà lourdes pour un seul être, c'était un Gryffondor ?

Une fois arrivé à destination, il eut un temps d'arrêt. Devait-il aller au bar de l'hôtel se délecter d'une de ces succulentes bières de Bohème ou bien tout simplement s'installer dans son lit avec le dernier traité de Pavlina Irkaw, la sorcière chargée de coordonner la protection de la colonie de sirènes fluviales de la Vltava qu'il devait rencontrer le lendemain ?

Ou bien il pouvait passer la soirée à remonter le moral de Potter qui avait réussi à faire, Merlin sait comment, sauter les protections magiques de sa chambre et qui l'attendait en se rongeant les ongles avec enthousiasme et en trépignant comme une puce hystérique en manque de sa drogue habituelle.

-Je ne veux pas avoir à payer pour votre greffe de phalanges, alors arrêtez ça.

-Vous étiez parti ! affirma celui-qui-avait-fini-par-terrasser-son-ennemi-après-quand-même-un-certain-nombre-d'essais-infructueux.

-Si vous me disiez pourquoi vous vous êtes permis d'entrer dans ma chambre, plutôt que d'énoncer de telles platitudes.

Potter, tout en prenant la couleur d'un crabe à feu bien cuit, émis une sorte de gargouillis qui ressemblait vaguement à « minquiétaitpourvous »

Le complexe du héros avait encore frappé.

Snape soupira.

Deux heures plus tard, il avait entraîné le jeune homme dans une gargote crasseuse, car dans le bar de l'hôtel quelqu'un risquait de faire un rapport à Minerva, voire pire à Granger. Il espérait le voir échanger ses lamentations contre quelques chansons paillardes. S'il se souvenait bien, Sirius Black, même à onze ans, avait possédé un répertoire très étendu et utilisant un vocabulaire si grivois que Dumbledore lui-même avait un jour rougi comme une rosière, Dumbledore par Merlin, Mordred et tous les tordus des légendes arthuriennes.

A son grand désappointement, le cabot n'avait apparemment pas survécu assez longtemps à son évasion d'Azkaban pour enseigner « C'était un fringant centaure qui cherchaaaaaaaaiiiiiit une fille » à son filleul. Ou alors Lupin lui avait collé la langue au palais d'un bon maléfice à la première tentative.

Séverus avait fait cependant une autre découverte, et elle valait son pesant de Dragées Surprises.

Le jeune Potter, ce parangon de vertu, ce héraut du camp des gentils mages blancs et des sentiments niais, ce jeune garçon que toutes les ménagères de plus de cinquante ans de la communauté magique britannique rêvaient comme gendre tenait l'alcool comme un vieux brigadier moustachu des hussards confit dans la gnôle. On en apprenait vraiment tous les jours.

Ils avaient descendu exactement la même quantité de cette fichue liqueur mauve à la carotte sauvage et si Snape avait cru un instant voir Trelawney danser en bikini sur une table, avant de se rendre compte (ouf !) que ce n'était que le motif de Vahiné sur la chemise du barman, Potter semblait toujours frais comme un gardon. Il était temps qu'il ralentisse sur le cocktail spécial, il doutait qu'être rond devant lui renforce l'autorité, déjà quasiment inexistante, voire inexistante tout court qu'il possédait sur ce damné Gryffondor.

En plus, il avait tendance à avoir des hallucinations quand l'alcool courait dans ses veines. Il se souvenait avoir en septième année changé Rodolphus Lestrange en fourmilier pour l'aider à se défendre contre les hordes sanguinaires de fourmis rouges qu'il était sûr de voir tenter de nettoyer ses os de toute chair. Lestrange ne lui avait plus jamais tourné le dos après ça.

Dans le fond de la salle, quelques brutes avinées semblaient trouver désopilant de pincer les fesses d'un jeune homme crasseux vêtu de loques qu'il se renvoyaient les uns les autres de brusques bourrades. Potter sauta sur ses pieds et Snape n'eut que le temps de l'attraper par l'épaule pour l'empêcher d'aller jouer au preux chevalier.

-Tenez vous tranquille, pour une fois dans votre vie, c'est sûrement un de leurs amis et je me vois mal expliquer une bagarre de bar en tchèque aux Aurors accourus. Vous imaginez le scandale si vous êtes reconnu ?

Potter sembla hésiter, puis se posa à nouveau sur son tabouret, sans cesser de fixer le fond de la salle. Séverus bénit les dieux qui avaient été, pour une fois, cléments. Dans l'état proche de l'ébriété où il se trouvait, il se voyait mal défendre son ancien élève si ça tournait mal.

D'ailleurs, il commençait à divaguer, il avait bien l'impression que la jeune victime était le fils Malefoy.

Et en fait, c'était normal vu le cri de guerre que l'élève fétiche de Dumbledore venait de hurler avant de se jeter dans la mêlée :

-Malefoy, tiens bon, j'arrive !!

Snape embrassa la situation du regard : Malefoy poussait des petits cris effarouchés tout en bombardant ses assaillants des verres qui lui tombait sous la main tandis que son éternel adversaire, après être vicieusement tombé par derrière sur le râble d'un de ces piliers de bars tchèques avait saisi un tabouret et se servait de cette arme improvisée comme d'une masse d'armes, visant systématiquement ce qui reste la partie la plus fragile d'un individu masculin. L'ancien espion avait envie d'écraser une larme, finalement, le fils Potter aurait peut-être fait un serpentard convenable.

Cinq heures plus tard, les deux jeunes hommes, après avoir ravagé le bar à la manière moldu et à la manière sorcière, avoir tenté de s'étriper cinq fois sur le retour de l'hôtel et refusé de s'avouer respectivement ce qu'ils faisaient là, dormaient comme seuls le font les enfants, les adolescents et ceux dont le foie tient la route, serrés l'un contre l'autre et puant l'alcool à des km et surtout, surtout, ils le faisaient dans son lit !!

Il fallait qu'il écrive à Minerva de toute urgence.


Franchement, à voir le ton de la lettre de Minerva, on aurait presque pu croire qu'elle le jugeait inapte à s'occuper des deux gosses. Il leva un instant les yeux du parchemin. Les anciens ennemis d'école en étaient venus joyeusement aux mains et le jeune Malefoy avait en ce moment même un délicat teint bleu porcelaine. Une telle débauche d'énergie alors qu'il existait tant de sorts charmants pour en arriver à de tels résultats prouvaient qu'ils avaient de la force à revendre et donc qu'ils étaient en forme, non ? D'ailleurs depuis qu'il avait retrouvé son camarade, Potter semblait en bien meilleur état.

D'une certaine façon, c'était profondément injuste, lui n'avait plus les Maraudeurs pour se défouler, même s'il ne se serait jamais abaissé à se servir de ses poings, on obtenait tellement de choses avec des potions. Il décida brusquement qu'il n'y avait pas de raisons que les gosses s'amusent et pas lui et, avec quelques difficultés, décrocha les doigts de Potter du cou du jeune aristocrate. Décidemment, les Gryffondors quand ils s'attachaient à quelque chose, un idéal, une quelconque cause perdue, ou à une personne, quoique pas de cette façon tactile d'habitude, étaient pire que des bernicles sur un rocher.

Il intima d'un ton sec au jeune blond de se tenir tranquille deux minutes s'il ne voulait avoir affaire à lui puis entraîna Potter dans le couloir.

-Vous jouez à quoi ? Interrogea t il d'un ton abrupt.

Potter le regarda d'un air suspicieux, comme s'il le jaugeait…ou comme s'il ne comprenait pas la question. Comme avec un Gryffondor la deuxième option était plus probable, Snape précisa sa pensée.

-Le jeune Lord Malefoy a vu son monde s'effondrer. Sa mère est morte, son père a été exécuté et il a été banni. Vous pensez vraiment qu'il a besoin que vous le traitiez de fouine alcoolique et peroxydée, Merlin sait ce que ça veut dire, à longueur de journée ?

Potter le regarda comme s'il ne l'avait jamais vu puis glissa d'un air canaille :

-Maintenant qu'il est le seul tenant de la fortune Malefoy, c'est Lord Malefoy ? Je ne vous savais pas vénal, Monsieur.

Séverus se sentit au bord de l'apoplexie, ou de l'Avada Kedavera et cela dû se voir sur son visage car Potter poursuivit :

-Malefoy est perturbé.

Il n'est pas le seul pensa Séverus.

-Nos rixes, c'est quelque chose de familier, quelque chose auquel il peut se raccrocher, notre présence ne peut que lui faire du bien. Reprit Harry.

Il retourna dans sa chambre, laissant Séverus, complètement interdit dans le couloir. Non seulement Potter semblait sortir de lui-même de sa déprime pour venir en aide à son ennemi d'enfance mais il venait de faire preuve de psychologie.

Surtout, il venait de sous-entendre que le fils de Lucius et Narcissa allait les accompagner pour une part de leur périple.

Qu'y a-t-il de pire que de voyager juste avec un Potter ?

Il aurait dû rester fidèle au Seigneur des Ténèbres.

A suivre…