Titre : Séverus Snape, idole de Poudlard

Disclaimer : tout ce qui suit est la propriété exclusive de Mme Rowling.

Rating : T

Genre : Aventure et humour

Base : Harry Potter, du moins l'ensemble des tomes parus à ce jour(1à6)

Chapitre 6 : Où le titre trouve enfin son explication

Quand Séverus sortit de sa chambre ce jour-là Potter et Malefoy étaient déjà levés. Il faut dire qu'il appréciait désormais assez l'idée, voire la mise en pratique des grasses matinées.

Pendant ce qui lui avait semblé des siècles, il avait régulièrement été réveillé à l'aube ou au plein milieu de la nuit, par la brulure de la marque sur son bras ou par Albus qui, insomniaque comme tous les vieillards, tenait à lui confier ses plans nouvellement conçus pour la mise à l'ombre des Mangemorts, le rapprochement inter maisons, l'aide psychologique à apporter à Rusard, la conquête de Mme Pomfresh ou encore pour empêcher le Ministre de la Magie d'entraîner leur monde dans le chaos (rayer les mentions inutiles).

Autant dire qu'être réveillé juste parce qu'il avait atteint son quota de sommeil et non pas parce que son patron tambourinait à sa porte à 3 h du matin ou que son ténébreux Maître n'avait pas eu son lot d'atrocités était une expérience nouvelle et agréable.

Il s'aventura vers la salle à manger de l'hôtel et s'assit entre ses deux anciens élèves. Ne lui prêtant pas la moindre attention, Malefoy était en train de se plaindre au serveur : il lui avait servi du thé vert au lieu du thé blanc commandé : Crime !! (enfin, selon lui…).

Tout en se faisant la réflexion qu'un séjour à Azkaban aurait finalement peut-être fait du bien au jeune homme, Séverus se tourna vers Harry pour découvrir qui celui-ci ne s'intéressait pas plus à lui. Il fixait en effet un couple, sans doute en voyage de noces, qui se bécotait d'une façon positivement indécente, surtout à la table du petit déjeuner !

Snape s'apprêtait à lui faire la réflexion que les observer de la sorte était de la dernière des incorrections quand Potter, semblant sortir enfin de sa transe, remarqua sa présence. L'amélioration de l'humeur de l'ancien Gryffondor, flagrante la semaine d'avant, semblait réduite à néant.

Snape soupira.

L'œil morne, Potter paraissait apathique et complètement perdu dans son chagrin.

Qu'est ce que c'était que ce comportement d'ailleurs ? Est-ce qu'il n'était pas un Gryffondor ? Est-ce qu'il n'était pas censé être un héros, fort, brave et tout le tintouin face à l'adversité ? Est-ce qu'il n'était pas censé s'endurcir au fil des épreuves, terrasser le vilain dragon et partir dans le soleil couchant, bras dessus, bras dessous avec la princesse et toute une harmonie de cuivres pour casser les oreilles du spectateur ?

Toutes ces considérations, outre qu'elles nous apprenaient que Snape était un spectateur assidu des films de Walt Disney, nous amenaient aussi à examiner la possibilité que le sombre Maître des Potions était aussi fleur bleue qu'une midinette de Poufsouffle malgré son âge canonique.

Ne lui dites pas que je vous l'aie dit, je tiens à ma peau.

Dans un grand élan de bonté, et aussi parce qu'il tenait à ses subventions, il proposa donc à Potter de l'accompagner, et à Malefoy aussi pendant qu'on y était parce qu'il préférait le surveiller lui-même, l'expérience yéménite précédente l'ayant quelque peu échaudé, et, comme tout le monde le sait, sorcier échaudé craint le chaudron vide.

L'ex-Serpentard se plaignit d'un ton froid qu'il avait prévu de faire aujourd'hui les magasins sorciers locaux pour tenter de se reconstituer une garde-robe digne d'un Malefoy. Snape tourna vers lui un visage étonné :

-Ne les avez-vous déjà pas fait hier et avant-hier ? Je croyais vos comptes encore bloqués pour un an ?

Potter eut la bonne grâce de rougir. Snape se mordit la langue pour ne pas soupirer car cela devenait une vraie manie. Est-ce que le gosse n'apprendrait jamais que les serpents mordaient la main qui les avait nourris ? Il ne put retenir aussi facilement son commentaire :

- J'ignorais que vous entreteniez des gigolos, Potter ?

L'air outré des deux autres lui aurait presque donné envie de rire.

Ils partirent donc rencontrer son contact et c'est à ce moment là que le destin frappa. En même temps, il fallait un petit peu s'y attendre.

Potter était une sorte de paratonnerre magique, quand un mage noir passait dans le coin, la cicatrice et l'andouille qui était livré avec l'attiraient irrésistiblement. Malefoy était issu d'une famille de féroces adeptes des arts sombres et des coups tordus qui s'en étaient toujours sortis, contrairement à lui, ce qui prouvait que le dernier tenant du nom avait la poisse.

Quant à Snape lui-même, entre les Maraudeurs, le seigneur des Ténèbres, Dumbledore et Londubat…

Il était tranquillement en train de débattre avec le doyen de l'université magique de Guayaquil quand l'un des murs de la bibliothèque explosa, ensevelissant au passage Malefoy sous les gravats. Snape grimaça en voyant Bellatrix émerger du trou en lançant des Doloris de tous les côtés. Le Seigneur des Ténèbres n'avait pas été un modèle d'équilibre psychologique et pourtant lui-même avait considéré la femme comme complètement cinglée.

Il jeta prudemment un coup d'œil alentour. Le doyen était caché sous une table, Potter tentait discrètement de faire léviter Draco à l'abri et n'avait pas repéré Rodolphus Lestrange qui, couvrant sa femme, s'apprêtait à mettre un terme à sa carrière.

Snape soupira.

Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour Minerva. Il se dressa, baguette en main, prêt à défendre ses anciens élèves. C'est à cet instant qu'il prit conscience du mouvement derrière lui…


Le monde était en noir et blanc.

Ça voulait dire qu'il y avait encore un monde au moins.

Face à lui Potter sanglotait, recroquevillé dans un fauteuil.

Il voulut manifester son indignation, Potter ne pouvait pas penser à le soigner avant de craquer, non ?

Malefoy passa devant son champ de vision, tendant un mouchoir à celui qui l'avait ridiculisé pendant des années sur le terrain de Quidditch.

Snape voulut grogner.

Impossible.

D'ailleurs, en y réfléchissant, il ne sentait plus aucun de ses muscles. Le sort avait dû le paralyser. Il aurait mieux fait de rester dans son lit.

La legilimencie allait lui servir. S'il se souvenait bien, l'esprit de Potter était une vraie passoire.

-Potter !!!

- Argghh.

L'Elu du monde magique venait d'effectuer un saut de carpe qui aurait rendu un gymnaste jaloux. Il agita la tête de droite à gauche, complètement affolé, et apparemment se croyant possédé.

-C'est le Professeur Snape, bougre de petit imbécile !! projeta t il dans l'esprit du jeune homme.

Potter gagna le centre de la pièce, qui se révélait être sa chambre d'hôtel, les yeux fermés dans un louable effort de concentration.

Snape sentit une question se former dans l'esprit du gamin.

-Où êtes vous ?

-Juste à votre droite, ouvrez les yeux, idiot.

Potter le regarda, s'approcha puis :

-Malefoyyyyyyyyyyyy !

Comprenant qu'il n'obtiendrait rien de lui, Snape se tourna vers l'autre ancien Attrapeur et projeta aussi loin qu'il le put sa présence dans son esprit. Celui-ci se percha dans le fauteuil, semblant la proie d'une intense réflexion puis commença à son tour à projeter son esprit vers celui de Séverus.

L'ancien Mangemort put voir Bellatrix, criant de joie penchée sur son corps meurtri, il put voir Potter se dresser, forcément héroïque, et se ruer sur la femme de toute la force de sa magie et de sa haine. Il put voir le doyen penché à son tour sur son corps pâle, chantant dans une langue inconnue d'une voix lente. Il put voir les sorciers équatoriens brûler son corps et répandre ses cendres dans un marais comme le voulait leur coutume.

Une minute….

Il était mort !!

-En effet. Vous êtes mort. La voix de Draco était froide, contrôlée. Malefoy

-Mais alors…Qu'est ce qu'on va faire ?

-Ce que fait tout sorcier anglais doté d'un peu de jugeote quand il est dans la mouise, nous allons partir pour Poudlard. Intervint Potter qui semblait avoir repris son sang-froid.

- Ils vous ont remis à nous, disant que cela apaiserait notre peine. Nous n'avions pas saisi ce qu'ils avaient fait à votre esprit. RepritDraco

-Mais fait quoi, enfin !

La question sonnait complètement hystérique mais dans certaine circonstance, même les Britanniques perdent leur sang-froid.

Draco invoqua un miroir d'un coup de baguette et lui présenta. Il vit alors sa récompense pour des années de bons et loyaux services au camp de la lumière.

Il faisait environ trente centimètres de haut. Il était en terre cuite avec une panse distendue et des orbites incrustées de jade.

Il était une idole.

Il aurait dû rester fidèle au Seigneur des Ténèbres.

A suivre…