Titre : Séverus Snape, idole de Poudlard
Disclaimer : tout ce qui suit est la propriété exclusive de Mme Rowling
Rating : T
Genre : Aventure et humour
Base : Harry Potter, du moins l'ensemble des tomes parus à ce jour(1à6)
Chapitre 7 : Des ennuis qui se produisent toujours dans la périphérie de Harry Potter
-Il faut prendre la rue à droite !
-Tu dis n'importe quoi, Potter, il faut aller tout droit.
-Depuis quand les fouines savent lire une carte ?
-Depuis qu'un binoclard écervelé de ma connaissance s'est révélé incapable de le faire !
Snape aurait bien soupiré pour leur démontrer que les querelles infantiles lui tapaient sur le système, seulement être en terre cuite gênait quelque peu le processus.
Quand il s'était retrouvé coincé dans cette forme, il avait pensé que son quota de soucis était atteint pour un moment. Maintenant, il voulait juste qu'on lui fasse retrouver son corps, et peu importe le moyen, puis s'enfermer dans ses appartements à Poudlard avec de quoi prendre une bonne cuite et ne plus jamais en sortir. Le monde est trop cruel avec les ex-Mangemorts sans défense.
Et si Minerva tentait de venir lui parler d'un ancien élève déprimé, il invoquait les chiens de l'Enfer pour lui jeter aux trousses, et il se fichait que ce soit elle qui remplisse sa fiche de salaire.
Dans l'état où il était, Potter et Malefoy n'avaient pas osé prendre un Portoloin. Imaginez que les ondes magiques le séparent de son réceptacle. Il est difficile de rattraper un esprit avec un filet à papillons, fût-il ensorcelé, comme on le ferait avec un vulgaire chiroptère !
Ils avaient donc choisi l'avion.
Il y a des gens qui passent la douane, achètent un immonde parfum pour Tante Cunégonde dans les boutiques duty free, roupillent tranquillement dans l'appareil (ou arrachent l'accoudoir avec les dents, suivant leur degré de confiance dans ces boîtes en fer blanc volantes) et arrivent enfin sans encombre à leur destination.
Mais pas Potter.
Potter était là, et cela suffit pour qu'un bandit moldu tente de les détourner pour La Havane. Séverus n'avait que de vagues notions de politique moldu, et aucune idée de ce qu'était le régime castriste mais il était contre!
Pour distraire le pirate de l'air un instant, Potter n'avait rien trouvé de mieux que de lui envoyer la figure le sac contenant Séverus avant de se jeter sur lui pour le désarmer.
Dans tout ce bazar, l'idole avait perdu une oreille, enfin, plutôt un boudin vernissé qui lui servait d'oreille.
Finalement déroutés par les autorités vers la Nouvelle-Orléans, ils avaient dû subir le cirque des officiels qui tenaient tous à congratuler Potter. Celui-ci avait bien du mal à garder son sérieux quand dans le dos de ceux à qui il serrait la main, il pouvait immanquablement voir le jeune Malefoy faire semblant de vomir face à tant de basses flatteries.
Ils avaient profité de cet arrêt imprévu pour découvrir la ville, voulant sans doute détourner Séverus de ses pensées encore plus sombres que d'habitude. Seulement, s'il fallait en croire celui-ci, visiter une ville dans le sac à dos du Survivant tout en écoutant celui-ci se chamailler avec Malefoy comme s'ils étaient encore au jardin d'enfants aurait suffi à rendre Albus Dumbledore lui-même profondément dépressif, voire complètement psychotique.
Attendez un peu qu'il récupère son corps et il démontrerait à coup de sorts à ces deux idiots à quel point ils lui avaient tapé sur les nerfs.
Même si techniquement il n'avait pas de nerfs pour l'instant.
Il constatait en plus que son état affectait son esprit. Il restait pendant des heures déconnecté du monde réel, perdu dans une sorte de magma coloré, bruyant et psychédélique.
D'ailleurs, ça avait encore recommencé. Ou alors, l'aéroport de la Nouvelle-Orléans ressemblait de façon étonnante à Pré-au-lard.
Ils remontèrent lentement le chemin vers le château.
Snape se sentait étrangement guilleret à l'idée d'être débarrassé de ces deux trublions. Même les lazzis des clones Weasley n'étaient pas aussi éprouvants pour les nerfs que les platitudes et les fadaises débitées par ces deux enquiquineurs à longueur de journée. A se demander comment ils avaient eu leurs Aspics. Maintenant qu'il y pensait, il se rappelait qu'avec la guerre, ils n'avaient pas pu les passer.
Au moins, ça leur avait épargné la honte de se rétamer dans les grandes largeurs.
Un charivari incroyable coupa net ses réflexions. Des bruits d'explosions, des cris, des lueurs d'incendie dans le ciel. Malefoy se tourna d'un seul bloc vers l'ancien Gryffondor. Séverus pouvait voir l'air suspicieux qui s'était répandu sur le visage du jeune homme blond. S'il avait été fait de chair, il aurait affiché exactement le même.
-J'ai rien fait. Se défendit pourtant Potter, levant ses mains dans un geste de dénégation.
Ils prirent le pas de course pour tomber sur une armée de trolls ayant apparemment choisi l'école comme nouveau terrain de jeux. Séverus sentit une rage incroyable monter en lui. Il en avait marre.
Ils n'auraient pas pu choisir un autre moment, les trolls ? Dans les prochaines années, il mettrait aux programmes de ses classes tellement de potions utilisant le sang de trolls comme ingrédient principal que l'espèce toute entière aurait trop à faire pour soigner son anémie pour penser à assiéger autre chose qu'un bac à sable !
-Vous attendez quoi ? Une annonce dans la gazette ? Allez leur botter les fesses, qu'on puisse entrer !!
Malefoy grimaça face à l'arrivée fracassante de l'esprit de Séverus dans les leurs, quant à Potter…
Nom d'un alambic, Potter souriait !
-Le monde change, mais Poudlard reste Poudlard décréta t il tout en dissimulant la statuette dans l'entrelacs des racines affleurant la souche d'un grand chêne.
La suite est classique. De l'héroïsme à tour des bras, des morceaux de Trolls dans tous les coins du Parc, un brin de magie noire, beaucoup de blanche et encore plus de jurons.
Séverus prit mentalement note de garder un œil sur Potter. Le jeune idiot ne ferait jamais un Seigneur des Ténèbres correct, beaucoup trop Gryffondor pour ça, mais s'il se mettait à vouloir changer le monde, il achèverait sans doute leur communauté déjà bien fragilisée par la guerre.
Cinq heures plus tard, il était posé sur le bureau de Minerva qui le regardait comme un cruciverbiste en manque contemplerait une grille de mots-croisés vierge ou comme Miss Teigne contemplerait un rollmops égaré loin de son bocal.
-Il va falloir des tests. Décréta Flitwick qui avait été convié à la réunion.
-Malefoy et moi nous pourrions nous en charger. Proposa Potter. D'une certaine façon, nous sommes responsables.
Séverus hurla dans les esprits des anciens attrapeurs. Seulement, McGonagalle et le minuscule professeur, n'ayant jamais pratiqué l'Occlumencie et la Legilimencie, étaient totalement hors d'atteinte. Résultat des courses, ils acceptèrent et Potter le prit familièrement sous son bras pour accompagner Malefoy vers les appartements qui leur avaient été attribués.
Il avait été confié à Potter et Malefoy, comme un caniche qu'on confierait à l'oncle Eustache pendant les vacances.
Dès qu'il aurait retrouvé son corps, il sortirait le plus foudroyant poison de sa réserve et il débarrassait le monde de Potter, Malefoy, Minerva et de Granger pour faire bonne mesure.
Peut-être même qu'il en boirait aussi.
Il aurait dû rester fidèle au Seigneur des Ténèbres.
A suivre…
Note: je sais, j'ai battu des records de longueur. Je me suis dit que Vendetta ne supporterait pas qu'il finisse sa vie en vide-poche, ce qui était l'idée d'origine. Avec le nom qu'elle porte, je pouvais m'attendre à un contrat sur mon nom.Donc, je me suis creusée la cervelle pour trouver autre chose. La suite dès que je serais revenu du trou paumé où m'envoie mon patron. Sinon, vous pouvez toujours aller voir le début de ma série de drabbles pour passer le temps, voire le riquiqui one-shot sur bubus.
A plus
