Titre : Séverus Snape, idole de Poudlard

Disclaimer : tout ce qui suit est la propriété exclusive de Mme Rowling

Rating : T

Genre : Aventure et humour

Base : Harry Potter, du moins l'ensemble des tomes parus à ce jour(1à6)

Chapitre 8 : L'espion de la lumière, bis repetita

Potter rentra dans le salon en grommelant. Depuis le manteau de la cheminée où il était posé Séverus s'esclaffa, intérieurement bien sûr. Dans toute classe quelque soit la génération, il y avait forcément un des semblables de Longdubat et le professeur avait plutôt intérêt à ne pas lui tourner le dos, principe que le jeune enseignant avait apparemment oublié. La robe de Potter avait rétréci de telle façon qu'elle remontait à peu près à mi-cuisses, révélant au monde sorcier que son enfant chéri avait les genoux cagneux et était aussi, voire plus, poilu qu'un ours.

Après tout, nous sommes tous des mammifères, exception faite de feu le Seigneur des Ténèbres qui tenait plus du reptile.

Le jeune Lord Malefoy semblait lui-même trouver la vue fort réjouissante puisqu'il appela pendant tout l'après-midi l'Elu ma gente damoiselle.

Séverus savait ce qui allait se passer.

Malefoy passerait à un moment la limite de ce que Harry Potter jugeait une inoffensive plaisanterie bon enfant de son vis-à-vis concernant le manque de testostérone coulant dans ses veines .Il répondrait qu'il n'était pas celui qui engloutissait la moitié de son salaire dans des produits capillaires, Draco répliquerait alors qu'être soigneux de son apparence n'était pas être efféminé et que jouer les machos n'était pour Potter qu'une vaine tentative de compensation de sa carrure de gringalet, l'ancien Gryffondor rétorquerait d'autres termes blessants, Malefoy lui balancerait l'encrier à la figure, son éternel adversaire se jetant alors sur lui par-dessus la grande table et, se rouant de coups, se roulant sur les copies qu'ils étaient censés corriger, ils en oublieraient d'aller prendre le thé dans le Grande Salle.

A force de ne retrouver leurs copies que chiffonnées comme si elles savaient servies à faire briller les chaussures, les élèves allaient finir par se poser des questions. Déjà qu'une série de jeunes dévoyées de septième année ne nommaient plus ces séances de corrections que les cinq à sept de nos profs préférés après que l'une d'entre elles les aient surpris, complètement débraillés en train de s'arracher des poignées de cheveux. Même sous sa forme humaine, Séverus ne l'aurait pas détrompé, si ces deux idiots voulaient passer leur temps à se taper dessus plutôt qu'à courir le jupon, ça restait leur problème, qu'ils se débrouillent avec les conséquences sur leur réputation.

Finalement, la vie de statuette avait quand même de bons côtés.

Pas besoin de monter aux créneaux pour défendre le jeune Malefoy du Ministère furieux de revoir le jeune Lord dans le pays. Potter s'en chargeait.

Pas besoin de défendre le nombre d'heures accordées aux potions auprès de la direction, Pansy Parkinson s'en chargeait.

Pas besoin de terroriser les élèves à coup de menaces de sorts plus vicieux les uns que les autres, Pansy Parkinson, de nouveau elle, s'en occupait. Snape s'en était étranglé au début mais la jeune femme dispensait ses cours dans la droite ligne de ce qu'il estimait juste pour un Maître des Potions : Oderint, dum metuant comme le disait un tyran de l'Antiquité. Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent.

Parfois, l'idole avait des difficultés à mesurer l'écoulement du temps. Est-ce que Potter n'était pas entré à Poudlard en tant qu'assistant de Flitwick pour permettre à celui-ci de consacrer du temps au petit problème de Séverus ? Alors, pourquoi diable avait il maitenant en charge tous les niveaux de sortilège ?

Est-ce que le jeune Malefoy était anormalement musclé pour un post-adolescent de dix-huit ans ou était il plus âgé? Pourquoi donc la tribu Weasley en visite semblait elle toujours plus nombreuse ?

Ces périodes de veille étaient à chaque fois plus courtes et plus espacées au point que la dernière fois, Potter lui avait révélé que six mois s'étaient écoulés et que, Merlin, nul n'avait encore le moindre quart de commencement d'indices d'idée de comment le faire revenir à la normale.

C'est pour ça que lorsque que Snape se réveilla ce matin-là, doté à nouveau de son corps d'origine, il lui fallut un moment pour s'en rendre compte et un moment encore plus long pour s'en persuader. Quand il eut fini de se pincer le bras jusqu'au sang, il s'intéressa à son environnement : les murs à la peinture défraîchie, la fenêtre condamnée, la dentelle délicate des toiles d'araignées dans les recoins, et, oh joie, n'était-ce pas un rongeur qu'il venait de voir passer au triple galop ?

Sur une chaise près du lit, il découvrit des vêtements élimés et un peu trop grands mais propres, et surtout noirs. Tandis qu'il sortait de la pièce avec prudence, il tomba sur un colosse noir armé d'une hache, alors qu'il n'avait pas sa baguette, il sut alors que ce serait une de ces fichues journées.

Vous savez, une de ces journées où vous donneriez tout ce que vous avez pour posséder le plus lourdement armé de tous les croiseurs interstellaires jamais sortis de l'imagination d'un réalisateur hollywoodien. Si vous êtes le protagoniste principal d'un film de SF, vous avez vos chances, mais ce n'était pas le cas de Séverus qui fit donc comme le commun des mortels, c'est-à-dire avec les moyens du bord, en l'occurrence son poing droit dont il cueillit l'autre d'un grand coup.

De toute façon, les maigres connaissances du monde moldu que possédait Séverus ne comportait rien sur les réalisateurs hollywoodiens et donc rien sur les croiseurs interstellaires, lourdement armés ou pas.

Il partit en courant le long du couloir, au diable la discrétion car son précédent adversaire avait fait en tombant un bruit qui rappelait un chêne séculaire perdant sa bataille contre les bûcherons. Et c'est lourd, un chêne séculaire.

Il sortit de la maison en trombe. Morgane, la baraque, c'était la cabane hurlante. Voyant trois sorciers à la mine pas franchement aimables se diriger vers lui, Séverus remit à un autre jour les vieux souvenirs et se prépara à transplaner. Il n'en eut pas le temps, avant d'avoir pu l'approcher, les trois autres avaient été attaqué et réduit à merci par deux silhouettes encapuchonnées qui les avaient attaqués par derrière. Rester ou pas ?

-Séverus, venez. Vite !

La voix dans sa tête étant sans conteste celle de Potter, il les suivit, ne serait-ce que pour avoir l'occasion de rappeler à ce jeune impertinent qu'il n'était pas autorisé à l'appeler par son prénom

Calfeutrés quelques heures plus tard dans une maison à l'autre bout du village, Séverus n'eut pas le temps d'en placer une. Potter l'apostrophait déjà en ces termes :

-Théodore Nott a rassemblé une armée de partisans, dont beaucoup de nécromants. Ils veulent tenter de faire revenir Salazar Serpentard d'entre les morts.

-Vous êtes vraiment une bande d'incapables, siffla aimablement Séverus. Pas même capables de maintenir la paix pendant quelques temps !

-Nous l'avons maintenue pendant des années, affirma Potter et il retira sa capuche.

Une exclamation de stupeur passa les lèvres de l'ancien Mangemort. Potter avait quarante ans bien sonnés. Celui-ci ne lui laissa pas le temps de se remettre de sa stupéfaction.

-Nott vous fera confiance. Il tient Poudlard et vous êtes sans doute le seul à pouvoir entrer et nous dire ce qui s'y trame.

-Vous voulez que j'espionne pour vous. Comme je le faisais pour Albus. Finit par comprendre Séverus.

Au service de sa Majesté Potter.

Il aurait dû rester fidèle au Seigneur des Ténèbres.

A suivre…