Titre : Séverus Snape, idole de Poudlard
Disclaimer : tout ce qui suit est la propriété exclusive de Mme Rowling
Rating : T
Genre : Aventure et humour
Base : Harry Potter (1à6)
Chapitre 13 : On a volé Potter !
Quant on est un sorcier en fuite obligé de se coltiner deux boulets, dont un dans le coma, il faut bien réfléchir à l'endroit où l'on va se terrer.
Les autorités londoniennes devenant suspicieuses, il avait fallu prendre la fuite. Cependant, c'est bien joli de jouer les filles de l'air, mais sans destination, c'était plus problématique. La seule chose certaine était qu'il fallait quitter le pays. Dans un peu plus de soixante ans les Normands viendraient le conquérir , et Séverus et Draco pensaient avoir vu suffisamment de champs de batailles dans leur vie, On peut aimer l'histoire et refuser le risque de prendre un coup de rondache en pleine bataille d'Hastings. En plus, il était peu probable que Guillaume le Conquérant sache écrire, alors lui demander un autographe…
Les Caraïbes ? Il n'y avait pas encore de complexes hôteliers, et il n'y en aurait pas avant des siècles et Séverus ne concevait les séjours dans les îles qu'avec cocktail et chaise longue au bord de la piscine.
L'Amérique ? Elle n'avait pas été découverte et il se voyait mal demander un Portoloin pour un pays encore inconnu à ce jour.
Il n'y avait aucune région qui était resté neutre et n'avait connu aucun bouleversement tel que les invasions ou les guerres civiles en dix siècles. Le genre humain en général est plutôt belliqueux.
Alors Séverus avait choisi ce qui deviendrait la France, Arles plus précisément. Le climat y était plus sain qu'à Paris, même si tout était relatif ; vivement qu'on invente le tout à l'égout ; et la communauté magique y était importante à cette époque : le comte d'Arles étant connu dans les livres d'histoire comme un protecteur de sorciers. Il se murmurait même que l'épouse actuelle du roi de France Robert II issue de la lignée des Comtes D'Arles était une sorcière.
Séverus commençait à trouver un certain charme à cette époque. Selon les canons de la mode du XXIème siècle, il n'avait rien d'un sex-symbol mais en 1027, ce n'était pas la même chanson. Il avait peut-être les dents jaunes, mais pas cariées, gâtées ou manquantes comme la plupart de ces rivaux au sein de la bonne ville d'Arles. Adélaïde, Berthe, Bertrarde et bien d'autres, Séverus Snape était la terreur des maris et des pères de la région…Sauf qu'il était connu sous le nom de Jean de Morteterre (c'était Draco qui avait choisi.)
En parlant de Draco, il le trouvait un peu fatiguant.
Il l'avait toujours trouvé fatiguant en fait, du bébé blond et baveur que Lucius s'obstinait à lui coller dans les bras, sans doute dans l'espoir qu'il le garde, à chaque fois qu'il venait au Manoir Malefoy, à l'adolescent qui les avait mis tous deux dans les ennuis en refusant de lui confier ses plans pour tuer Dumbledore.
Cependant l'état actuel du jeune Lord méritait une sorte de palme dans la catégorie. Depuis quelques mois, il oscillait entre la déprime et la paranoïa. Les voisins avaient été obliviate tellement de fois pour retirer de leur tête les agressions dont Malefoy s'était rendu coupable à leur encontre que le fait qu'ils se souviennent encore de leur nom et ne développent pas de syndromes bizarres tenait du miracle, ou alors d'une intervention de quelquedieu farceur qui aurait trouvé dommage que Séverus finisse dans un cachot pour suspection de sorcellerie alors qu'il était si drôle de le voir se débattre avec les problèmes.
Dans la théologie selon Séverus, les divinités ressemblaient toutes sans exception à des sortes de Super Dirlo de Poudlard : Les yeux pétillants et une capacité surnaturelle à vous faire pleuvoir les catastrophes sur le coin de la tête tout en vous assurant que c'est pour votre bien, mon garçon.
Séverus ne comptait plus les jours où il avait dû consoler le Serpentard au beau milieu de la nuit, lui tapotant l'épaule maladroitement tout en essayant de l'empêcher de se moucher dans sa robe. Il semblait que le dernier des Malefoy se considère comme responsable de l'état actuel du troisième larron de cette folle équipée.
L'ex-professeur se rappelait pourtant bien que c'était lui qui avait défoncé le crâne de Potter.
Avec une certaine délectation d'ailleurs, mais chut, il ne faut pas le dire, officiellement ils étaient réconciliés.
Le soutien psychologique et le réconfort ne sont pas des disciplines étudiées dans le cursus des Mangemorts. Pour être tout à fait honnête, même si Voldemort avait professé un amour inconditionnel de tous ses semblables et avait enseigné à ceux qui le suivait à être la consolation des veuves et le soutien des opprimés, il est fort à parier que Séverus n'y aurait démontré que peu d'aptitudes, il s'y prit donc comme il pouvait pour éviter de sombrer encore plus dans le mélodrame.
Malefoy sortait très peu, ils n'osaient laisser Potter seul et Séverus fréquentant les maisons des plus jolies femmes de la ville avec assiduité ne le relayait que fort peu. Donc, suivant ce brillant raisonnement, il fallait faire sortir Malefoy pour lui changer les idées !
Dans une gargote crasseuse, il paya consciencieusement suffisamment de chopes d'alcool de grain à son ancien élève pour que celui-ci soit ivre mort : il n'avait pas vraiment d'expérience dans l'adoucissement de la vie de ces prochains dans cette vallée de larmes: ses habitudes le portaient plus tôt à maintenir la tête sous l'eau à ceux qui étaient en difficulté, mais il avait besoin de Malefoy…
Notons que soûl, la facilité d'élocution de Malefoy s'évaporait et on aurait pu jurer qu'il était enchifrené.
-« G'est ba faute, ch'vous dit !! »
-« Mais non, mais non. Reprenez donc une chope. »
-« Che suis coupabe. »
-« Mais non, voyons, par contre, si vous pouviez vous tourner de l'autre côté si vous…Trop tard »
Plus tard, alors qu'il venait de l'abandonner sur le tapis devant l'âtre de leur pièce commune, Séverus se dévêtit pour la nuit en pestant. C'était une tentative de réconfort noble et altruiste de sa part, non ? Est-ce que ce petit crétin avait vraiment besoin de l'en récompenser en vomissant partout sur ses chausses ? En plus, il avait un peu abusé lui aussi, il sentait une forte migraine commencer à se dessiner sous son crâne.
Et le lendemain matin, cela ne s'arrangea pas, surtout quand le plus si jeune crétin blond se précipita dans sa chambre en hurlant des borborygmes indistincts d'un air affolé.
-« Cessez de baragouiner comme un Gryffondor sous évolué et faites une phrase correcte : sujet, verbe et complément. » Grommela t il en saisissant une fiole de Potion anti Gueule de bois dans la malle au pied de son lit et en buvant une gorgée.
-« Quelqu'un s'est introduit ici pendant notre absence et a volé Potter. »
La gorgée fut violement projeté sur le lit tandis que Séverus s'étouffait à demi.
Après trois mois d'enquête et alors qu'ils allaient presque renoncer, les renseignements tombèrent tous seuls dans l'oreille de Séverus.
Charles de Boimerri était connu dans tout le pays pour un être un jeune fol impotent que seul le souvenir de son père, un homme d'une bonté extraordinaire, protégeait de la vindicte du peuple, de l'Eglise, de ses nobles voisins et de tous ceux enfin qu'il avait mortellement froissé. Il avait à ses ordres tout une bande de détrousseurs de bourses qui était chargée de lui ramener de quoi le divertir. Il était aussi connu de tous qu'il entretenait dans sa demeure tout un harem de femmes et de jeunes garçons de mauvaise vie dont la seule évocation faisait frémir d'horreur toutes les jouvencelles à des lieux à la ronde..
Séverus soupçonnait ces chercheurs de curiosité de surtout de piller les riches maisons de la région pour soutenir le train de vie de leur maître. Malgré cela le train dispendieux que menait le jeune homme aurait sans doute valu la saisie de ces terres par les créanciers mais la rente paraphernale de sa femme permettait de combler les trous les plus évidents de la trésorerie.
Sa femme se sentait bien seule dans ces circonstances, il était normal qu'un gentleman comme Séverus la réconforte, non ? Un soir où le vin l'avait rendu plus loquace, elle se plaignit amèrement que son époux avait chassé toutes les créatures de mauvaise vie de leur domaine mais n'était pas revenu à elle pour autant. Le bruit s'était cependant répandu que le châtelain tenait enfermé dans le castel de bois un prince endormi, victime de terribles maléfices et qu'il passait ses journées au pied du lit, attendant son réveil.
Allons bon, après le roman d'horreur avec la nécromancie de Nott, on passait aux contes de Grimm. Il pouvait difficilement aller frapper à la porte de Boismerri en se présentant comme l'amant de sa femme. Enfin, il aurait pu mais les résultats lui semblaient peu prometteurs et il espérait avoir plus de subtilité que le premier Gryffondor venu…
Deux semaines plus tard, un homme aux traits durs et au nez busqué portant une livrée noire et verte aidait sa maîtresse, une femme entre deux âges aux traits fins et l'abondante chevelure blonde à descendre de cheval dans la cour du castel de Boimerri. La frêle et délicate créature lui broya la main qu'il lui avait tendue.
-« Rappelez moi pourquoi c'est à moi de jouer la fille ? »
-« Cessez, jeune sot, et allez roucouler avec le maître des lieux. »
Celui-ci hâtait déjà sa masse gélatineuse pour accueillir sa visiteuse, en jacassant que c'était un honneur pour lui d'offrir à l'héritière du duché de Kiev l'hospitalité pour la nuit, qu'il espérait que si elle s'était senti incommodé au point de demander à entrer chez lui par hasard, il ne pouvait qu'espérer qu'elle se remette assez pour visiter le domaine avec lui…
Séverus laissa Draco faire son numéro et entreprit de faire le tour de la demeure. Tout du moins, il l'aurait fait si l'un des serviteurs de Boismerri ne l'avait interpellé pour un coup de main avec leur équipage.
Ce soir-là quand après avoir sorti le fumier des écuries et plumé et vidé sept dindes de leurs entrailles chaudes, il servit Draco à table, il se dit qu'il aurait dû porter la robe finalement, voir refuser de secourir Potter.
En fait, non, il savait très bien ce qu'il aurait dû faire pour éviter cet imbroglio.
Il aurait dû rester fidèle au Seigneur des Ténèbres.
A suivre…
