Titre : Huit rendez-vous sabotés et une cuite dans un grenier.

Auteur : archea2 et taraxacumoff

Rating : PG-13 pour la partie 2

Disclaimer : ils appartiennent tous à J. K. Rowling.


Huit rendez-vous sabotés et une cuite dans un grenier

Partie 2 : Une cuite dans un grenier

Le sombre grenier de la maison Black aurait fait certainement les délices de deux archéologues père et fils amateurs de vieilleries dangereuses et poussiéreuse, que je ne citerais pas parce qu'ils n'ont rien à faire ici.

On y trouvait une malle de cuir repoussé, au lourd fermoir de bronze, et au couvercle renforcé du même métal qui tremblait à chaque fois que revenait le 21 Janvier. La légende prétendait que c'était le fait de l'âme d'Hippocrépis Black, enfermé le 21 Janvier 1768 par son frère aîné dans ce cercueil de cuir pour y mourir de faim pour avoir voulu épouser une Sang-de-Bourbe. (1)

Un chineur de curiosité y aurait admiré la collection d'animaux empaillés de Dorcus II Black, remisée ici environ douze minutes trente après sa mort par son épouse qui n'en pouvait plus de cette ménagerie. (2) Il aurait pu aussi s'extasier devant des monceaux et des monceaux de tapisseries effectuées au fil des siècles par les demoiselles Black attendant qu'un prétendant ait l'honneur de retenir l'attention de leur père et qui démontraient plus de persévérance que de talent. (3) Citons aussi treize services à porcelaines à motifs de dragons (le grande tante Serapiava avait beaucoup de neveux et nièces, mais pas beaucoup d'imagination) (4), troistapis avec des taches suspectes (5), un bidule dont Albus Dumbledore lui-même avait avoué ne pas avoir la moindre idée de ce que c'était et une potiche chinoise ornée de dessins plus que suggestifs.

Dans le fond à droite, il y avait tout un établi couvert encore des derniers essais en alchimie du grand-oncle Psylure dont la narration ne s'approchera pas, vu que le grand-oncle Psylure a fini mis sur orbite par son dernier échec.

Le tout était noyé de suffisamment de toiles d'araignées pour qu'on suspectât un élevage.

C'est dans ce nid à poussières que Remus et Severus avaient trouvé refuge pour échapper aux plans matrimoniaux de Molly, accompagnés de deux ou trois bouteilles poussiéreuses chipées dans la cave de Sirius pour leur tenir compagnie. (6)

«—J'avoue quand même être assez étonné Lupin. Je pensais que le gentil toutou apprivoisé que tu fais semblant d'être aurait gentiment acquiescé aux visées de Molly et aurait épousé la première des gourgandines en question.

—Contrairement à toi, je suis très touché par les efforts de Molly. Pour un loup-garou comme moi, ne pas finir sa vie seul est un rêve presque trop beau pour être vrai.

—Sortez les violons ! Et on peut savoir pourquoi aucune de ces charmantes créatures n'a eut l'honneur de devenir Mme Lupin.

—Il y a eu Gregoria Wood, elle jouait batteur quand Charlie était Attrapeur dans l'équipe de Gryffondor, c'est comme cela que Molly la connaît.

— N'en jette pas plus. J'étais déjà professeur à l'époque. Deux mètres dix sous la toise, des muscles à flanquer les jetons à Crabe et Goyle père, plus de pilosité qu'Hagrid et la même délicatesse qu'un Basilic qui a senti un rongeur.

— Elle failli m'arracher le bras en me serrant la main et elle n'ouvre que la Gazette du Quidditch ! Je sais que dans un couple il est bon que chacun ait ses centres d'intérêts mais il faut bien avoir quelque chose en commun, non ?

— C'est vrai qu'il te faudrait plutôt une intellectuelle. C'est la première fois que je bois dans du cristal gobelin. Black sait qu'il a ce genre de merveilles dans son grenier ? Quoiqu'il préfère certainement sans tenir à l'écuelle.

— Toujours aussi venimeux. Je crois que ce service lui rappelle trop les repas de famille.

— Alors, c'est un ignare. Mauvais souvenirs ou pas, ce sont de petites merveilles. Et après la joueuse de Quidditch ?

—Tu promets de ne pas utiliser ce que je te raconte pour te moquer de ces pauvres créatures ?

— Lupin, le Seigneur des Ténèbres lui-même ne réussira pas à me faire avouer que j'ai passé un après-midi caché dans un grenier avec toi pour échapper à Molly Weasley, je tiens à ma réputation. Alors tout ce que tu racontes aujourd'hui est sauf. Et avant que tu poses la question, je sais que dis tout à Black, alors non, je ne te raconterais pas les rendez-vous que Molly m'avait arrangés. Tu me passes une autre bouteille ? Celle-là est déjà vide.

—Après il y a eu une cousine du côté de la mère de Molly. Elle avait une conversation passionnante, c'est vrai…

— Mais….

— Je n'ai rien contre l'égalité des sexes, vraiment, mais quand elle m'a dit que, en revanche de générations de sorcières obligées de jouer les aguicheuses pour empêcher leur époux de déserter leur lit, elle s'attendait à ce que je porte une guêpière et des bas, ça m'a un peu refroidi.

—Un peu de vin ?

—Merci. Ensuite il y a eu une jeune femme qui a fini par m'avouer en sanglots qu'elle cherchait à se marier pour que ses parents ne découvrent pas son homosexualité,

—Et le Gryffondor bien-pensant que tu es ne s'est pas enfui en courant ? Tu crois qu'on peut faire tenir combien de bouteilles dans une carafe de cette taille ?

— Si tu avais été moins dans tes cornues à Poudlard, tu aurais su qu'avant Alice, j'avais été la première conquête de Frank Longdubat. Attention, tu renverses de l'alcool partout.

—Dois-je en conclure que toi et Black ?

— Oh, je t'en prie, ce serait comme un inceste ! Ensuite il y en a eu une, je refuse de savoir où Molly l'a dégotée, qui voulait que je parte élever des Botrucs avec elle en Australie pour échapper à la guerre qui se profile…

—Sûrement une Poufsouffle. Tu ne crois pas que des olives et du fromage iraient bien avec ce vin ?

—Tout à fait. Cela me fait penser à une autre femme que Molly m'avait présentée. Armeria Willson si je me souviens bien. Elle prônait le retour à la nature et voulait que j'aille m'installer dans la campagne française où nous aurions tenu une exploitation en autosuffisance, nous serions vêtus grâce à la production de nos moutons et verres à soie et nourris de fanes de radis en adorant Mère Nature !

—Je ne te savais pas aussi farouchement citadin.

—J'en ai été trop souvent privé pour refuser un bon repas accompagné d'un bon vin. Et quand je suis en fond, j'avoue un certain faible pour le théâtre.

— Savais-tu que la Compagnie des Lauriers Parlants représentera bientôt 'Merlin et le sorcier picte' ?

—Cette pièce est vraiment la meilleure de tout le répertoire sorcier. (7) malheureusement je ne peux à la fois effectuer mes missions pour l'Ordre et avoir un emploi, même miteux. Si Sirius ne m'hébergeait pas, je serais sans doute sous les ponts. Qu'est-ce qu'il y a, tu fais une drôle de tête ?

— Tu aimes le théâtre. Tu as une conversation relativement correcte. Tu aimes la bonne chère et le bon vin. Bien sûr, il y a le problème de Black dans tes bagages…

— De quoi tu parles ?

—Je t'emmènerais voir la pièce. Et c'est moins qui t'invite. Ce sera le premier rendez-vous officiel, pour faire plaisir à Molly. Mais j'aime bien savoir ce que j'achète…

—Je ne comprends rihmmppppff…MERLIN ! Severus, tu, ehh, attends….Severus…oh, Merlin…ehhhh, c'était ma seule chemise correcte, ça !

—Je t'en offrirais une autre pour notre premier rendez-vous. Il m'a semblé voir un vieux lit par là, des objections ?

— Prends la bouteille qui reste. Et je te préviens que je refuse d'être en dessous à tous les coups.. »

.

.

(1) Un jeune Sirius téméraire l'a ouvert autrefois. Il n'y a trouvé que de vieux draps à monogramme et quelques cadavres de mites. Il ne faut pas croire ce que racontent les vieux elfes pour empêcher les jeunes maîtres d'aller salir leurs plus beaux habits dans tous les recoins poussiéreux de la maison.

(2) On peut la comprendre. Les trois chouettes empaillées perchées sur le ciel de lit, les douze souris figées dans la pose de l'agonie sur la table de toilette, l'ours roulé en boule devant le cheminée que Dorcus utilisait comme fauteuil, et la harde de sangliers dans la salle de bal, ça commençait à faire beaucoup.

(3) Tapisseries représentant les exploits de leur digne paternel. Evidemment, cela fut plus facile pour Astragala Black dont le géniteur avait siégé au Mangamot et combattu le crime avec vigueur pendant des années que pour son arrière-grand-tante Valeria dont le paternel s'était surtout attaqué à la cave de la famille, avec vigueur aussi d'ailleurs.

(4) Il y en avait eu 14 pas si longtemps avant mais les Maraudeurs avaient eu un jour besoin de plein de récipients pour décanter une potion urticante destinée à une blague. Les proportions étaient mauvaises et les tasses avaient fondues.

(5) Pas ce genre de taches, bandes perverses, plutôt le genre, « j'en ai marre d'attendre que le cousin Panicaut y passe pour pouvoir me payer mon écurie d'hippogriffes de course et j'ai un tisonnier à portée de main »

(6) Ils pensaient que c'était un vin normal. S'ils avaient sût déchiffrer l'écriture gothique, ils auraient appris qu'ils s'agissaient bien de vin, mais d'une recette spéciale où le jus de la treille était mélangé à un alcool d'origine gobeline incolore, inodore, mais méchamment corsés. Ceci explique sans doute la suite de l'histoire.

(7)Sirius vous dirait plutôt que c'est « L'amant sur le balai » mais ils n'ont pas le même genre de goût.

.

.

Fin.