Disclaimer: tout est à Pratchett, je me contente d'embêter ses personnages (mwahahahahahahahaha!)
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Le Parrain
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2- Vérifiez les petits caractères.
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Tambourinoeud, la porte à peine refermée, s'adossa au mur et se laissa glisser à terre, épuisé. Le Patricien, lui-même affalé derrière son bureau dans une pose... fort peu patricienne, n'eut pas la force de rappeler à son secrétaire que le Bureau Oblong exigeait une posture plus digne.
« J'aurais dû prévoir les petits caractères... »
Tambourinoeud releva la tête, intrigué : le Seigneur Veterini était homme à lire les petits caractères et entre les lignes à travers la feuille. De dos. Les yeux fermés. Et tout de même, il n'avait jamais entendu parler de ce genre de chose pour...
« ... Ils vous ont fait signer un contrat, Monseigneur ? »
Au regard que lui lança le Patricien, le Premier Secrétaire se tut et parvint à s'enfoncer un peu dans le mur (au détriment de ses omoplates) : il garderait les questions stupides et dangereuses pour une autre vie, il ne tenait pas à gaspiller celle-ci.
Un puissant vagissement leur parvint ; Tambourinoeud en venait à souhaiter que le mur l'avale en entier, et le Patricien semblait attendre le même service de son fauteuil.
La porte s'ouvrit avec fracas. Le Seigneur Veterini se recomposa instantanément une attitude adéquate (dos droit, nuque raide et regard perçant) ; Tambourinoeud ne parvint pas à retrouver plus de consistance qu'un tas de gélatine humide.
La cuisinière entra. Trombographe (1) soit loué ! Elle avait trouvé l'instrument adéquat. Elle jeta un regard curieux dans le Bureau Oblong.
« Ben, où est-il ? »
Le Seigneur Veterini oublia de se formaliser pour l'omission du « Monseigneur » traditionnel sensé émailler toute phrase s'adressant à lui et désigna d'un geste las l'air environnant : le bruit qu'il produisait constituait en soi une présence suffisante, non !
« Quoi ?? Vous l'avez laissé seul ? Mais vous êtes fou ! »
Et elle sortit en trombe, le biberon à la main.
Par Dame Fortune (2), il était vraiment temps que les Vimaire viennent récupérer leur progéniture.
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Notes :
(1) Un petit dieu souvent invoqué par les secrétaires du Palais, les membres de la Guilde des Comptables et les employés de Moite Von Lipwig. Traité avec dédain par ses confrères plus universels de Dun Manifestine, jusqu'au jour où Io l'Aveugle, Offler et le Destin ont mystérieusement vu trombones et agrafes disparaître, cessant de retenir les milliers de feuillets constituant la liste de leurs fidèles et des offrandes effectuées au cours des 15 derniers millénaires. Un beau bordel. Le Destin en particulier était furieux : lui qui aimait tant faire étalage de cette liste devant les dieux mineurs, comme la veille avec ce petit gars insignifiant à tête de secrétaire. Ou de comptable. Ou de postier. Io l'Aveugle et Offler se contentèrent de reconnaître l'utilité fondamentale pour la bonne marche de l'univers du trombone et de l'agrafe, ce dont ils avaient douté devant un petit gars insignifiant à tête de ... (ah, vous voyez lequel ?) et rangèrent tout leur bazar dans un classeur.
(2) Déesse qui avait un petit faible pour le Patricien, mais qu'il se gardait bien d'invoquer. Sauf quand la situation était réellement désespérée.
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