Misconceptions

Texte original Alphie

Traduction : Fénice et Falyla

Note de la traductrice : plus je le relis ce chapitre, plus j'aime ce Remus aussi jaloux que joueur... Fénice


Chapitre 3

14 Février, 07H48

« J'aime quand ça fait mal, chérie ! »

La voix paraissait lointaine à son cerveau.

Des mains courraient dans ses cheveux.

« C'est l'heure de la fête ! »

Quelqu'un écartait ses jambes.

« Oh non, pas de ça ! »

La voix était intimidante et bourrue.

Une bouche se pressait dans son cou.

« J'ai hâte d'être en toi ! »

Tonks ouvrit les yeux,le souffle court. Elle leva les yeux sur le visage au-dessus d'elle, s'attendant à y voir des intentions malfaisantes. Mais elle n'y trouva que l'inquiétude et la peur. Ce n'était pas le visage de Darrius LaMont mais celui de Remus Lupin. Elle eut un soupir de soulagement.

« Ma chérie, ça va ? »

« Oui », souffla-t-elle dans un nouveau soupir.

« C'est la deuxième fois que tu sursautes quand je t'embrasse, Nym, tu es sûre que... »

« Je vais bien. J'ai juste eu une semaine difficile. »

Il fronça les sourcils.

« Vraiment Remus », elle promit, reconnaissant trop bien ce regard. « Ça va aller. » Pour le rassurer, elle l'embrassa avec décision. En aucun cas, elle allait laisser l'incident avec Darrius gâcher les courts instants où elle pouvait profiter de Remus ce matin. « T'as combien de temps ? » elle demanda, certaine qu'il devrait bientôt retourner à l'hôpital.

« Pas longtemps », il répondit, roulant sur le dos et la tirant pas dessus lui. « Une heure tout au plus. »

Elle posa sa main à plat sur son torse, massant les muscles qu'elle sentait. « On peut en faire des choses en une heure. »

« N'est-ce pas. Prendre une douche. S'habiller. Prendre un petit-déjeuner. » Il n'essaya même pas de cacher le sarcasme.

Joueuse, elle commenta : « J'aime assez l'idée de la douche. Je peux venir ? »

Ses sourcils s'arquèrent d'un air faussement innocent. « Et pourquoi je refuserais ? »

Elle se hissa légèrement pour planter un baiser chaste sur ses lèvres. Quand elle essaya de se retirer, Remus lui prit la main et la retint. Le baiser s'approfondit et prit en intensité. Remus était capable de mettre dans un baiser une émotion qui, à chaque fois, coupait le souffle de Tonks.

« J'adore quand la lune est nouvelle », elle soupira d'aise quand le baiser prit fin.

Remus rit. « Et pourquoi ça ? »

« Parce que tu es...tellement... tendre. Je peux dire dans quelle phase de la lune on est simplement à la façon dont tu me touches. » Son corps se raidit légèrement, mais Tonks n'y fit pas attention. Elle embrassait sa poitrine et se glissait encore plus près de lui.

« Tu le penses vraiment ? » demanda-t-il doucement quelques secondes plus tard.

« Hum hum », elle chantonna contre sa peau, toujours inconsciente du froncement des sourcils de Remus.

« Alors, tu veux dire que quand on s'approche de la pleine lune, je ne suis plus aussi tendre ? » demanda Remus, en lui caressant doucement le dos de la main.

« T'es un peu plus...sauvage, on peut dire ça », elle confirma avec un haussement suggestif de ses sourcils.

« Je t'ai déjà fait mal ? » demanda Remus avec une voix qui ne lui ressemblait pas.

Tonks se redressa pour lui sourire et vit qu'il avait l'air soucieux et inquiet.

« Pourquoi tu fais cette tête-là ? »

« Je veux juste savoir si je t'ai déjà fait mal. Tu as dit que j'étais un peu plus brutal à l'approche de la pleine lune. Honnêtement je ne me rendais pas compte que je te traitais différemment selon les phases de la lune. »

« Oh, Remus », elle sourit. « Ce n'est pas du tout ça. Alors arrête de froncer les sourcils. Si jamais tu avais fait quelque chose que je n'avais pas appréciée, sois sûr que tu serais déjà au courant. »

« Mais tu as dit que tu n'aimais pas la façon dont je te touchais à l'approche d'une pleine lune. »

« Je n'ai jamais dit ça. J'ai juste dit que c'était différent. » Remus détourna les yeux, son inquiétude toujours visible. Elle leva les yeux au ciel et s'assit carrément. « Remus Lupin, je veux que tu me regardes ». Il lui obéit à contrecoeur. « Je t'aime de toutes les façons dont je peux t'avoir, et tu le sais. Je disais seulement que quand la lune est nouvelle, tu prends un peu plus ton temps. Tu es presque méticuleux. Et aujourd'hui après la semaine que j'ai eue, c'est exactement ce dont j'ai envie et besoin. »

Remus soutint son regard. Elle pouvait voir qu'il n'était pas totalement convaincu. « D'autres fois, j'aime autant que les choses soient un peu plus brusques », elle ajouta. « Jamais tu ne m'as fait peur, jamais tu ne m'as fait mal, ou quoique que tu puisses imaginer. Alors arrête de t'inquiéter. »

Elle l'embrassa rapidement et attendit qu'il se détende. Ses bras s'étaient tendus pendant ses explications. Ses yeux allaient de sa main, qu'il tenait toujours, à son visage. Le trouble dans son regard prouvait que quelque chose continuait de le gêner.

« Remus, arrête. Ne gâche pas le peu de temps que nous avons ensemble ce matin à analyser une toute petite phrase stupide que j'ai pu dire. »

« Ce n'est pas ça », il dit.

« Alors quoi, parce que j'aimerais vraiment que tu oublies ce que j'ai dit. »

« Où est ton anneau ? » il demanda, prenant Tonks par totale surprise.

« Mon anneau ? » elle baissa les yeux vers sa main gauche, celle qu'il tenait. « Putain ! » elle jura en la retirant brusquement de son emprise.

Il avait raison. Elle ne portait pas son anneau. Comme ils n'étaient pas officiellement mariés, on ne pouvait pas vraiment parler d'alliance, mais en essence c'était ça. Remus lui avait offert à leur dernier Noël après qu'ils se soient disputés au sujet du statut de leur relation. Peu de temps après avoir décidé de vivre ensemble, Tonks avait dit « mon mari » en désignant Remus dans un magasin. La sorcière avait dit qu'elle n'y croyait pas étant donné que Tonks ne portait pas d'alliance, concluant méchamment que ça ne devait pas être une relation très sérieuse. Ça avait dégénéré en dispute entre eux – une dispute qu'ils avaient jusqu'alors évitée.

Tonks pensait tout à fait acceptable qu'ils aient une sorte de cérémonie pour officialiser les choses entre eux. Elle avait même proposé un mariage moldu. Après tout, le père de Tonks comme la mère de Remus étaient nés Moldu. Mais Remus avait fait remarqué que les Moldus demandaient des tests sanguins, et même un médecin moldu risquait de trouver curieux le sang d'un loup-garou et d'une métamorphomage. Quant à l'idée d'une cérémonie privée, Remus la trouvait insultante. C'était comme admettre que leur relation ne méritait pas un vrai mariage. Enfin, tous leurs proches les considéraient comme un couple. Est-ce qu'ils avaient vraiment besoin d'un morceau de parchemin pour se prouver qu'ils s'aimaient ?

La situation avait remonté Tonks à la fois contre le ministère de la Magie et contre Remus. À chaque occasion, elle avait fait un commentaire sarcastique, espérant faire changer Remus d'avis. Parfois il en riait, parfois il faisait comme s'il ne l'avait pas entendue, d'autres ils se disputaient un peu. Finalement, Tonks avait laissé tomber, sans que l'espoir d'un mariage ait réellement disparu dans son coeur.

Et ça avait été Noël. Ils avaient passé la journée au Terrier avec l'intégralité du clan Weasley. Au moment d'ouvrir les cadeaux, Remus avait doucement glissé un petit écrin à bijou dans sa main en disant : « Je crois qu'il est temps que tu aies un truc comme ça ». Elle avait pris la boîte presque avec révérence. Le temps avait semblé suspendu ; elle n'arrivait pas à faire autre chose que de le regarder avec surprise. Tout le monde dans la salle s'était tu et la regardait avec un air entendu.

« Ouvre-le », avait proposé Remus.

A l'intérieur elle avait trouvé un anneau d'or blanc orné de trois petits diamants roses. Elle était restée sans voix, les yeux pleins de larmes.

« Un pour le passé, un pour le présent, et un pour le futur », avait expliqué Remus d'une voix très émue. Il avait ajouté « Je t'aime », et il avait pris l'anneau dans son écrin et lui avait passé au doigt. « Maintenant tu pourras montrer ça à n'importe quel vendeuse assez stupide pour croire que tu n'as pas de relation sérieuse. »

Elle s'était jetée à son cou pour l'embrasser, là devant tout le monde, jurant de ne jamais la retirer. Et ce matin... Remus la voyait sans bague. Pas étonnant qu'il ait l'air mal à l'aise.

« Je l'ai enlevé », elle essaya d'expliquer, « quand je suis tombée dans le buisson de Bois-puant. »

« Tu l'as enlevé avant ? » il demanda.

Elle réfléchit avant de répondre. Ça n'avait pas beaucoup de sens d'enlever un anneau avant de tomber dans un buisson, surtout sans savoir qu'on allait y tomber. « Après. Quand je me lavais ».

Remus arqua un sourcil, moqueur. « Tu ne voulais pas le nettoyer ? »

« Eh bien, j'avais peur qu'il... tombe dans la douche ». Ce n'était pas une bonne excuse et elle le savait.

« Nym, comment un anneau ajusté à ton doigt tomberait-il dans la douche ? »

Au lieu d'essayer de lui répondre, elle se contenta de sourire et dit : « Pourquoi ne pas simplement aller le chercher ? » Elle sauta du lit, prit l'anneau sur la commode et se dépêcha de revenir sous les couvertures à côté de Remus. « Regarde, je ne l'ai pas perdu. Il a toujours été là. »

« Je n'ai jamais pensé que tu l'avais perdu. Je voulais juste savoir pourquoi tu ne le portais pas. » Il se tut, dans l'attente d'une meilleure explication. « Ma chérie, je sais que tu n'es pas tombée dans un buisson de Bois-puant. Tu ne vas pas tromper mon odorat aussi facilement. Ça doit être quelque chose de gênant pour toi, puisque tu ne veux pas que je sache, et je suppose que je peux le comprendre... »

« Remus... »

« Mais s'il te plaît, n'invente pas des raisons idiotes pour expliquer que tu aies enlevé ton anneau. A moins que... tu me croies vraiment complètement stupide. »

« Je ne te crois pas stupide. »

« Alors pourquoi ne pas essayer la vérité ? »

Avec un profond soupir, Tonks se laissa retomber sur le lit. Elle gémit comme un enfant qu'on force à faire quelque chose. « Je vais te le dire, mais promets-moi que tu ne vas pas exploser. »

« Voilà qui me rassure », commenta Remus en roulant sur le côté pour la regarder.

« C'était pour une mission. Je devais faire semblant de flirter avec un mec pour obtenir des informations. Je ne pouvais pas réellement faire ça avec une alliance au doigt, n'est-ce pas ? »

« Et toute cette histoire de savon ? »

« Eh bien, c'était une mission puante, vois-tu. Fumée, alcool, sans parler du type... » elle s'arrêta, réfléchissant aux mots qu'elle allait choisir. « Il s'est collé à moi. Tu vois ce que je veux dire. »

« Et t'as eu les informations dont tu avais besoin ? »

« Non », reconnut Tonks, avec un certain agacement. « Fiasco total ».

« Et pourquoi tu ne voulais pas que je sois au courant ? »

« Parce que je ne voulais pas que tu sois en colère. Tu as tendance à.. être très possessif envers moi », répondit-elle, avec un peu d'hésitation. « Regarde comme tu es avec Zach, et c'est juste un ami ! Je peux à peine imaginer combien tu aurais péter les plombs si je t'avais dit que j'avais accepter de flirter avec un autre homme. »

« Oh, je ne crois pas. Si c'est ton boulot... »

« C'était un mec jeune, Remus, plus jeune que toi. Et on était dans un de ces pubs qui passent cette musique forte qui vise à exciter les gens. »

Remus eut une petite moue.

« Je te connais mieux que tu ne crois. Bien que je t'aime, tu penses toujours être trop vieux pour moi. »

Remus sourit. « Et tu as raison. »

Tonks parut un peu surprise. « J'ai raison ? »

« Oui. J'aimerais être capable de passer outre. Mais je crois que je garderai toujours cette peur en moi, qu'un de ces jours tu réalises à qui tu as attaché ta vie et que... tu décides de t'en aller. »

Tonks se tourna vers lui, glissant une de ses jambes entre les siennes, imbriquant encore plus intimement leurs deux corps. « Et je suppose que ça n'aide pas réellement quand j'oublie de remettre mon anneau après une mission, hein ? »

Ses doigts lui caressèrent les cheveux. « Promets-moi simplement que la prochaine fois tu transformeras ta bague pour qu'elle soit méconnaissable plutôt que de l'enlever. »

Elle l'embrassa avec passion. « Promis ». Le baiser s'approfondit quand leurs bras et leurs jambes s'emmêlèrent.

« Je croyais que tu devais prendre une douche ? » elle souffla quand les baisers de Remus commencèrent à tracer une route descendante depuis son cou.

« Je préfère faire ça ».

9:04 le même matin

Debout dans la cuisine, juste vêtue d'un peignoir, Tonks beurrait un toast. « Quand crois-tu que tu pourras revenir ? » elle demanda à Remus qui se dépêchait de s'habiller dans la chambre.

« Pas avant une semaine au moins. La pleine lune tombe le premier du mois. Je dois toujours trouver un endroit sûr pour la transformation d'Andrew, sans parler d'un fournisseur pour sa potion », expliqua Remus, s'approchant du plan de travail et leur préparant une tasse de café chacun.

« Pas de pleine lune en février ? »

« Non, mais une Lune bleue en mars. Encore une merveilleuse surprise pour Andrew », il dit sarcastique, mordant dans son toast. « Qui remercier ? »

À vivre avec un loup-garou, Tonks avait vite appris à reconnaître les différentes phases de la lune et toute la terminologie qui leur était propre. Une Lune bleue voulait dire qu'il y avait deux pleines lunes en un mois. Pour une raison inconnue, la deuxième transformation était plus pénible et difficile à supporter que la première. Généralement, il n'y en avait qu'une par an et, cette année, elle était en mars.

« Tu lui as parlé de la Lune bleue ? »

« Tu parles de qui ? » demanda Remus quand il eut avalé ce qu'il avait dans la bouche.

« De ton nouveau type. Celui avec qui tu travailles. »

« Andrew ? »

« Ouais. Tu lui as parlé de la Lune bleue ? »

« Oui, dès ma première visite. Sa femme a demandé combien de temps ils avaient avant la prochaine lune, et j'ai expliqué qu'il n'y en aurait pas jusqu'en mars. Pourquoi ? » Il mordit de nouveau dans son toast, laissant tomber une pluie de miettes sur lui. Tonks les enleva d'un revers de main.

« Je ne sais pas. Si c'était moi... et qu'on venait de me dire que j'ai été mordue par un loup-garou... »

« Eh bien quoi ? »

« En bien, la lycanthropie est assez dure comme cela, non ? Mais apprendre tout de suite que tes deux premières transformations vont être horribles... eh bien... »

« Toute transformation est horrible », la corrigea Remus.

« Ouais, mais les lunes bleues sont les pires, non ? T'aurais peut-être dû attendre pour lui dire ça. »

Remus réfléchit un moment. « J'ai eu autant de tact que possible, Tonks. Je trouvais que c'était une information importante, vu les circonstances. Je n'ai pas été dur. »

« Je n'ai jamais dit ça, mais je suis surprise que tu l'ais mentionné si vite. Surtout devant sa femme, peut-être que c'est ce qui l'a braquée dès le début. »

Remus fronça un peu plus les sourcils. « Je n'avais pas du tout pensé à ça. »

Inquiète d'en avoir trop dit, Tonks lui prit la main et lui offrit une dernière suggestion : « Mais tu sais, quand on voit combien elle a été détestable avec lui, je doute que quoi que ce soit que tu aies fait ait suffi à arranger les choses. »

Remus n'eut pas l'air tout à fait convaincu mais il sourit quand même. « Ça me fait penser, je dois rassembler certains documents pour Andrew ». Il l'embrassa sur le bout du nez et la laissa.

Tonks but un peu de café en regardant Remus réunir quelques unes de ses possessions. Les livres étaient très importants pour Remus ; il avait plus de livres sur la lycanthropie que quelqu'un devrait avoir le droit d'en posséder – garou ou sorcier. Il tournait les pages de certains, faisant des grimaces et marmonnant des commentaires sur leur contenu. Tonks saisit certaines phrases : « Oh, pas maintenant, peut-être le mois prochain » ou « Mais où est celui avec les schémas ? » Elle sourit de son intransigeance, se retenant de rire.

Quelqu'un toqua à la porte les sortant chacun de leur occupation. « J'y vais », elle dit, posant son café, « continue ton colloque avec toi même ». Remus n'eut même pas l'air d'entendre son dernier commentaire.

À sa surprise, Anaxagoras Garcia se tenait dans le hall, un adorable bouquet de fleurs à la main.

« Bonjour », il lança assez fort.

Elle lui offrit un sourire. « Qu'est-ce que tu fais là ? »

« J'ai pensé que tu allais être seule pour la Saint-Valentin et j'ai espéré que celles-ci allaient t'aider à te sentir moins seule. »

« Oh, Zach », elle soupira, touchée par sa prévenance. « Tu n'avais pas besoin de faire ça. »

« De nada. Toute jolie femme devrait recevoir des fleurs en une journée comme celle-ci. En plus je cherchais un prétexte pour venir te voir. Tu m'as manqué. »

« Merci », elle dit, prenant les fleurs de sa main tendue. « Mais tu vois, je ne suis pas vraiment... seule. » Elle ouvrit la porte suffisamment pour que Zach puisse voir Remus au fond de la pièce. En jetant un coup d'oeil par dessus de son épaule, elle se rendit compte que Remus n'était pas vraiment ravi de voir Zach à la porte avec des fleurs.

« M. Lupin », balbutia Zach. « Je ne savais pas que vous seriez là. » Il ajouta très doucement, juste pour Tonks, « Je suis désolé. Je voulais juste être sûr que tu allais bien. »

« C'est pas grave. »

« Tu te sens comment ? »

« Très bien »

« Tout va bien alors ? »

« Oui. »

« Tu as vu un guérisseur ? »

Elle acquiesça. « Plus de bleus ni de bosses. »

Encore plus doucement, Zach demanda : « Et, tu lui as dit ? » Ses yeux désignèrent Remus.

« Je lui en ai dit assez. »

« Je m'inquiétais », il murmura. « Ça fait presque deux semaines que je ne t'ai pas vue... »

Tonks sentit une main sur son épaule. « Pourquoi vous murmurez comme ça ? » demanda Remus derrière elle.

« Oh... juste du travail. Zach et moi, on a été sur des missions différentes, et on s'est pas beaucoup vus. »

« Je vois », commenta Remus, l'air un peu sceptique. « Ces fleurs sont magnifiques. »

Zach eut un sourire sincère. « Je ne pensais pas que vous seriez à la maison aujourd'hui. Je ne voulais pas déranger. »

« C'est pas grave. Tu ne savais pas », dit Tonks espérant gommer la tension qui émanait de Remus. « Mais Remus doit partir bientôt, alors si ça ne te dérange pas... ? »

Elle ne termina pas sa phrase, espérant simplement que Zach comprendrait le sous-entendu.

« Non, pas du tout. Je vais vous laisser tranquilles. Adios Dora...Remus. »

Une fois que Tonks eut fermé la porte, Remus lui lança un regard plutôt incisif. « Des fleurs ? » il demanda. « Pourquoi il t'offre des fleurs ? »

« Il cherche seulement à être gentil. »

« Ou il s'intéresse à toi. »

« Oh Remus, stop », elle passa à côté de lui et se dirigea vers la cuisine pour mettre le bouquet dans un vase.

« C'était à propos de quoi, pour de vrai, ces messes basses ? »

« Du travail, comme on te l'a déjà dit. »

Remus lui jeta un regard qui disait qu'il ne la croyait pas. « Vous avez parlé d'un guérisseur. »

« Ouais.. heu », bégaya Tonks. « La dernière mission, celle qui n'a pas bien fini... je... j'ai été un peu blessée. Des bleus essentiellement. »

« Ça va ? » demanda Remus en se rapprochant d'elle et en la regardant comme s'il cherchait des cicatrices ou des blessures.

« Je vais bien. Vraiment. Pas de quoi s'inquiéter ». Elle supprima toute distance entre eux et enserra son torse de ses bras. « Si on pense à nos activités d'hier soir et de ce matin, je crois que tu aurais remarqué si j'avais été sérieusement blessée ».

Elle l'embrassa lentement et sentit le sourire se former sur sa bouche en le faisant. Elle se colla contre lui, s'émerveillant que leurs corps s'ajustent si parfaitement l'un à l'autre. Tonks n'était pas réellement sûre qu'ils soient littéralement faits l'un pour l'autre ; peut-être qu'inconsciemment elle transformait son corps pour qu'il s'ajuste à celui de Remus. Dans tous les cas, elle adorait qu'il la tienne comme cela.

Quand le baiser prit fin, Remus se pencha légèrement et soupira dans son cou : « Je t'aime. »

« T'as intérêt », elle se moqua.

« Je voudrais passer toute la journée avec toi. »

« Je sais. »

Elle sentit ses mains descendre dans son dos, vers ses hanches, en même tant qu'il se reculait pour la regarder dans les yeux. « Je ne sais pas quand je serai capable de le laisser de nouveau. La lune avance et Andrew a encore tant à apprendre. J'ai parfois l'impression d'être dans une course contre la montre. »

« Je comprends et je ne veux pas contribuer à ton stress. Vas-y et fais ce que tu as à faire. »

« Mais, c'est la Saint-Valentin. »

« Oui et j'ai déjà eu une super Saint-Valentin ce matin, à moins que tu ais déjà oublié ? »

Elle lui pinça amoureusement les fesses.

« Comment pourrais-je oublier ? » il l'embrassa de nouveau, lentement, comme pour inscrire la sensation de ses lèvres dans sa mémoire.

« Je t'aime », il répéta quand ils finirent par se séparer.

« Moi aussi », sourit-elle.

« Je reviens après la prochaine pleine lune », il ajouta, regroupant les choses qu'il avait sélectionnées pour Andrew.

Elle l'embrassa de nouveau, chastement cette fois, essayant de ne pas repousser encore l'inévitable.

« À bientôt », elle soupira avant qu'il ne transplane.

Alphie remercie Lady Tavington de l'avoir autorisée à reprendre l'idée d'un diamant rose pour Tonks. Falyla et moi faisons de même...

Le chapitre 4 devrait être posté par Falyla le 1er mars.