Auteure : Alphie

Traductrices : Fenice et Falyla

Paring : Remus Lupin/Nymphadora Tonks

Rating : T

Disclaimer : Les personnages de cette histoire appartiennent à JK Rowling. L'intrigue de cette fic, ainsi que les personnages OC sont à Alphie. Nous revendiquons la traduction et nous assumons pleinement son adaptation francisée si le besoin s'en fait sentir.

Où trouver cette fic : ici même, sur Ffnet, voir le lien dans le profil.

Etat d'avancement de la fic : Terminée, elle comporte 12 chapitres.

Note de Falyla : Salut à toutes et à tous, nous sommes le 1er du mois, c'est donc à mon tour de mettre en ligne un chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Sauf contretemps de dernière minute, le chapitre 5 sera posté par Fenice 15 mars. Quant à moi, je vous retrouve le 1er avril.

Chapitre 4

28 février, 17h47

Ils faisaient tous la même chose. Quand le soleil se couchait et que la lune se levait, ils se comportaient toujours de la même façon. Un de ces jours, Remus était certain qu'il rencontrerait quelqu'un qui sortirait de la norme. Quelqu'un qui attendrait l'inévitable, assis sagement. Mais pas ce soir. L'attitude d'Andrew était identique à tous les autres avant lui. Il faisait les cents pas.

De long en large. D'une extrémité de la chambre à l'autre. Encore et encore. Retraçant les mêmes pas. Usant le parquet. Remus observa Andrew qui tournait comme un animal en cage. Il se frottait les mains, faisait craquer ses jointures, les serrait en poings mais continuait, malgré ça, son va-et-vient. C'était dû à un trop-plein d'énergie nerveuse et à un désir de chasse inhabituel. Remus était habitué à vivre avec cette sensation depuis plus de trente ans. Pour Andrew, c'était totalement nouveau.

- Encore combien de temps ? demanda Andrew pour la troisième fois en quelques minutes.

- Il nous reste encore une demi-heure, répondit Remus, depuis sa chaise de fortune installée dans un coin de la petite cabane.

C'était un endroit dans lequel Andrew avait séjourné avec son père lorsqu'il était enfant. Isolé dans la forêt, c'était un excellent endroit, parfait pour s'abriter durant la transformation. Un périmètre de sécurité avait été mis en place avec des sortilèges de silence, comme c'était l'usage mais, globalement, ça se présentait bien.

- Encore une demi-heure ? Mon Dieu, c'est…

Il soupira lourdement et se passa une main dans les cheveux.

- Comment tu vas ? s'enquit Remus.

- Comment diable tu veux que j'aille ? Je veux… SEIGNEUR ! Je veux sortir d'ici ! Sortir de cette pièce. Sortir… juste… sortir.

Ses mains tremblaient maintenant.

- Je ne peux pas décrire ça. Je ressens… Je ressens…

- L'attraction de la lune, termina Remus pour lui. C'est ce que tu ressens.

- Je me fous de ce que c'est ! C'est foutrement terrible !

- Je sais, confirma Remus avec un hochement de tête.

- Et toi ! s'écria Andrew en pointant son doigt sur Remus. Comment tu peux rester assis là, calme et rationnel, à me faire la conversation ? J'ai l'impression de je vais bondir hors de ma peau et toi, tu es là et tu regardes !

- Je ressens exactement la même chose que toi, expliqua-t-il.

Il prit note mentalement de la manière dont ses mains étreignaient les côtés de la chaise, la tension de son corps augmentait. Il inspira régulièrement et s'obligea à se calmer.

- J'y suis habitué, c'est tout.

Andrew émit un rire froid.

- Je doute qu'on puisse jamais s'habituer à ça. Je veux juste…

Il crispa ses mains en poing et frappa le mur de la cabane.

- Si je ne sors pas d'ici, je vais devenir dingue !

Remus fut sur pied en un instant.

- Andrew, dit-il calmement, ce que tu ressens est parfaitement normal.

- Normal ? Ceci n'a qu'un très lointain rapport avec la normalité que je connais !

Remus lui tint les épaules et essaya de le regarder droit dans les yeux.

- Andrew, écoute-moi. C'est ce que tu voulais. Nous sommes là où nous étions d'accord de venir, là où tu voulais te rendre pour te transformer. Tu es en sécurité, ici. Je sais que ce qui t'arrive te fait incroyablement peur, mais ça ira.

Andrew lutta pour se dégager mais Remus le tenait fermement.

- Tu dois avoir confiance en moi. Je ne te laisserais pas te transformer n'importe où, sans sécurité.

- Tu as dis… que la potion… rendrait ça… plus facile, bégaya le jeune homme.

Il trembla de tout son corps sous les mains de Remus.

- La potion t'aide à garder tes esprits. Elle t'aide à comprendre que l'impulsion que tu ressens n'est pas rationnelle.

- Mais je veux toujours sortir !

- Pourtant, tu restes ici. Tu le sais bien. Tu sais que tu es en sécurité ici.

Les deux hommes verrouillèrent leurs regards pendant ce qui sembla une éternité. Prenant de longues et profondes inspirations, Andrew commença à cesser de trembler. La tension de son visage diminua. Lentement, Remus relâcha son emprise sur les épaules de Andrew.

- C'est toujours comme ça ? demanda Andrew, à voix basse.

- La sensation est toujours la même. L'impulsion sera toujours là. Comme n'importe quelle maladie, ton corps va s'y accoutumer et ton esprit s'y adapter alors ça n'aurait plus l'air aussi moche.

La voix de Remus baissa d'intensité.

- La première transformation est toujours la pire.

- Et c'est censé me réconforter ?

- C'est censé t'aider à penser logiquement. Notre esprit est la chose que nous gardons avec nous quand nous nous transformons. Quelle que soit la douleur que ton corps ressent ou la forme que ton corps prend, tu resteras encore Andrew McCollum. Et, lorsque la nuit sera finie, tu seras toujours Andrew McCollum.

- Ouais, mais le Andrew McCollum que je connais n'a jamais eu l'urgent besoin de manger de la viande crue.

Remus rit tout bas.

- Tu crois que c'est drôle ? demanda Andrew, manifestement contrarié. J'aime mon steak à point, merci.

Croisant les bras devant lui, Remus sourit au jeune homme.

- Je suis désolé, Andrew. Tu as raison. J'aurais dû t'en informer clairement.

- Bon sang, oui, tu aurais dû. Je n'ai jamais aimé la viande saignante. Tout ce sang qui dégouline sur le reste de la nourriture contenue dans ton assiette. C'est dégueulasse.

Remus réprima un autre rire. Andrew en resta bouche bée.

- Bon, ça va, maintenant. Pour la première fois de ma vie, j'aurais vraiment aimé manger un steak cru. Tu es certain que la potion fonctionne ?

- Andrew, c'est un commentaire comme ça qui prouve que la potion fonctionne.

- Ah, ouais ?

- Absolument. Tu parles de steak au lieu de l'appeler simplement nourriture… ou plutôt de besoin de te nourrir. Tu mentionnes le fait de manger dans une assiette, là où un loup-garou mangerait directement par terre. Tu penses à consommer de la nourriture comme un humain le ferait, pas comme un animal le ferait.

- Et le fait que je la veuille crue ? Je ne veux même pas dire saignante. Je veux dire crue.

Remus acquiesça.

- Ça fait partie du truc.

- Sans parler du fait que, maintenant, je peux entendre l'herbe pousser.

Andrew fit une pause en lui adressant un sourire en coin.

- Tu savais qu'une chose aussi banale qu'un morceau de parchemin avait une odeur ? C'est comme si tout mon corps était une surcharge de sensations !

Remus s'humecta les lèvres, réfléchissant à ce qu'il allait dire ensuite mais il ne saisit pas l'opportunité. Andrew se remit à marcher de long en large.

- Bon sang, pourquoi on n'a pas mangé de steak à midi, aujourd'hui ? Tu m'as fait manger de la salade. Peut-être que si j'avais mangé de la viande, je ne me sentirais pas si…

- Fais-moi confiance sur ce point. Quelles que soient la nourriture et la quantité que tu avaleras avant la pleine lune, tu auras toujours l'envie irrépressible de chasser. En outre, tu ne voudras pas avoir l'estomac plein lorsque tu te transformeras.

Andrew ne parut pas entendre Remus. Il commença à frotter ses mains sur ses bras, en s'égratignant la chair.

- Ma peau me démange.

- Ça commence, répliqua calmement Remus.

- Ça brûle ! s'écria Andrew, en se griffant la poitrine.

- Je sais.

18h42, le même soir

- Tu te sens mieux ? demanda Zach, à travers la table.

Il dévisagea Tonks avec une expression inquiète tandis qu'elle mordait dans sa nourriture.

- Bien mieux, merci, répondit-elle, la bouche pleine.

Elle mâcha rapidement et lui retourna son regard.

- Pourquoi tu me fixes comme ça ?

Zach haussa ses sourcils et secoua la tête.

- Es nada. Du moment que tu te sens mieux.

- C'est le cas. Alors, arrête de me regarder comme ça.

Elle poussa un autre morceau dans sa bouche et détourna les yeux du visage inquiet de Zach. Non, ce n'était pas de l'inquiétude qu'elle voyait. Ça ressemblait plus à de la… confusion. Il y avait même une légère touche de répugnance, une fois que Tonks se permit d'y repenser.

Sur sa vie, elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi il la fixait comme si elle avait des serpents qui lui sortaient des oreilles ! Elle avait faim, c'était tout. Quelques heures plus tôt, elle n'était pas bien et avait commencé à ressentir de légers étourdissements. Une fois qu'elle eût déterminé que la cause de ces vertiges était due au fait qu'elle n'avait rien mangé de toute la journée, Zach avait insisté pour l'emmener dîner. Elle ne s'était sentie réellement affamée que lorsqu'elle était entrée dans le restaurant et qu'elle avait surpris les arômes qui flottaient dans l'air.

Du steak. De la viande. Du bœuf.

Elle en avait eu l'eau à la bouche.

Elle était très impatiente de manger mais Zach avait tenu à lui expliquer la tradition qui entourait le restaurant. C'était certainement différent de tous les endroits où elle avait pu manger puisque tous les plats étaient servis dans des soucoupes individuelles regroupées, cependant elle était si affamée qu'elle se fichait un peu de l'histoire ou quoi que se fut que lui racontait Zach. Quelque chose à propos de tapas et de nourriture authentiquement espagnole. La seule chose qu'elle avait retenue était que la plupart de la nourriture était servie crue et qu'on pouvait en commander des quantités.

Son espagnol était limité alors Zach avait commandé pour elle, après qu'elle lui eût précisé qu'elle voulait quelque chose avec du bœuf. Elle ne voulait pas ni poulet, ni poisson, ni jambon. Du bœuf. Du steak. Quoi que ce fût, cette odeur était si délicieuse. Une fois la nourriture apportée sur leur table, Tonks avait très peu attendu avant d'attaquer de bon appétit. Elle était littéralement affamée. Comment elle avait pu ignorer le fait qu'elle avait faim la dépassait.

Elle mangeait plus vite qu'à l'ordinaire, espérant satisfaire le puissant besoin qu'elle ressentait. Elle avait juste besoin de manger… et ce devait être de la viande.

Quand la quatrième assiettée de Tonks arriva, Zach saisit l'opportunité de dire :

- Tu sais, ça aiderait un peu si tu mâchais la nourriture.

- Quoi ? demanda Tonks en déglutissant avec difficulté.

- Ta nourriture. Tu la mâches à peine.

Tonks sourit.

- Désolée. J'ai tellement faim ! Et c'est si délicieux.

Zach lui adressa à nouveau ce regard particulier. Ses yeux allèrent de son assiette à son visage.

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien. C'est juste que…

- Hum ? marmonna Tonks, incapable d'ouvrir la bouche de crainte de cracher sa nourriture partout.

- Et bien, tu sais que ta viande est saignante ?

Tonks haussa les épaules.

- Je croyais que l'aimait à point ?

- Je sais pas. Si tu voulais pas que j'en mange, pourquoi tu m'as amené ici, alors ?

Tonks ne comprenait pas pourquoi il lui posait toutes ces questions. Était-ce vraiment important comment elle appréciait la cuisson de son steak ?

- Ça t'ennuie ?

Zack secoua la tête.

- Non, non. Je suis juste… surpris. Je pensais que tu commanderais quelque chose de plus léger. Je ne t'ai jamais vue comme ça.

Tonks pouvait dire qu'il se retenait de rire.

- Quoi ? Affamée ?

Un petit rire lui échappa.

- Si c'est comme ça que tu souhaites appeler ça.

Elle baissa les yeux sur son assiette avant de lui offrir un sourire.

- Tu sais ce que ça pourrait être ?

Elle se pencha vers lui.

- Remus me manque. Voilà ce que c'est.

Zach sembla plus perplexe que jamais.

- Dora ? Une grosse pièce de viande saignante te fait penser à ton mari ?

Tonks fut vraiment très près de cracher le morceau qu'elle avait dans la bouche.

- C'est pas ce que je voulais dire.

Elle avala un peu d'eau avant de s'expliquer.

- Je veux dire que c'est la pleine lune. Quoique… hummm.

Elle s'interrompit, perdue dans ses pensées.

- Quoi ?

- Remus, généralement, mange de la salade avant la pleine lune. Ça ou de la soupe. Quelque chose de léger en tout cas.

- Intéressant, fit Zach.

- Ouais, j'ai appris sa routine parce qu'une fois, avant la pleine lune, je lui ai servi ce qu'il ne fallait pas. C'était avant que nous soyons ensemble. Je veux dire, il m'intéressait alors j'essayais d'attirer son attention en lui faisant la cuisine.

- Tu cuisines ? J'en suis presque effrayé.

- Non, je ne sais pas cuisiner, mais j'ai tenté le coup. Je voulais faire quelque chose de bon pour lui. Ma grand-mère disait toujours que le chemin pour atteindre le cœur d'un homme passe par son estomac.

- Et tu as fait quoi ?

- Je suis allée chez le boucher et j'ai commandé un énorme steak pour lui. Il était absent pour une affaire que Dumbledore lui avait confiée, alors, ça m'a laissé du temps pour tout préparer. Je me rappelle mon cousin Sirius qui riait tandis que je courais partout dans la cuisine comme une idiote.

Elle rit doucement, perdue dans son souvenir.

- Et il s'est passé quoi ?

- Bon, alors, quand Remus est arrivé à la maison et qu'il a vu tout ce que j'avais accompli, il a été flatté et tout. Tu sais comment est Remus, il est toujours si poli et ne veut jamais contrarier personne. Il en a même mangé. Ce n'est qu'après la pleine lune que j'ai appris ce que j'avais fait.

- Et qu'est-ce que tu avais fait ? demanda Zach avec un sourire.

- Je l'ai rendu malade.

Zach éclata de rire.

- Ce n'est pas drôle ! s'exclama-t-elle, essayant de ne pas sourire. Trop de nourriture lourde, c'est vraiment mauvais avant la transformation. Et je ne lui avais pas donné que du steak. Je lui avais fait la totale. Des pommes de terre, des petits pains, tous les accompagnements possibles et imaginables. Je lui ai vraiment fait tout manger. Et ben… il a eu une nuit vraiment rude à cause de ça.

- Un homme amoureux ne rejetterait jamais un tel geste.

Tonks soupira et sourit d'un air rêveur.

- Ouais, je sais.

- Tu as raison, cependant. J'aurais fait la même erreur. Un loup-garou veut manger de la viande avant la pleine lune, non ?

- C'est juste. Et même si je le sais, je suppose que ce soir, j'ai tout simplement…

Elle haussa les épaules et laissa sa phrase inachevée.

- Mon dieu, je suis pleine comme un œuf, dit-elle en regardant les plats vides autour d'elle. J'ai vraiment mangé tout ça ?

- Si, confirma Zach avec un rire. Je pensais que comme tu te sentais malade, tu ne mangerais qu'un, voire deux plats. Je ne sous-estimerai plus jamais.

Se sentant soudainement fatiguée, Tonks étira ses bras au-dessus de sa tête et bailla en grand. Un rot très inattendu en sortit, attirant ainsi l'attention de plusieurs clients des autres tables. Sa main vola jusqu'à sa bouche, horrifiée.

- Oh, pardon !

Une nouvelle fois, Zach ne put réprimer son rire.

21h14, cette même nuit

Remus lui manquait vraiment. Le savoir loin d'elle pendant si longtemps commençait à l'user. Ça n'aida pas que la lune soit pleine et qu'elle s'inquiète pour lui. Elle détestait qu'il subisse une transformation loin d'elle, où elle ne pouvait pas l'atteindre s'il avait besoin d'aide. Tonks se rappela qu'il n'aurait besoin d'aucune aide jusqu'au matin, et pourtant, elle aimait être proche de lui, au cas où.

Comme elle avait besoin d'étouffer la solitude qu'elle ressentait, Tonks sortit le vieux phonographe et mit la musique de jazz que Remus aimait tant, elle revêtit une de ses robes de sorcier et se roula devant le feu avec un livre appartenant à sa collection. C'était quelque chose à propos de talismans et d'objets de magie noire mais Tonks ne lisait pas vraiment attentivement. Elle se contentait de tourner les pages et de jeter un œil aux illustrations, son esprit flottait en pensant à Remus, espérant qu'il ne se blesserait pas. Bon, tout bien considéré, elle espéra qu'il ne se ferait pas plus de mal qu'à l'ordinaire.

Un point de côté la fit soudainement se plier sur son siège. Le livre qu'elle lisait tomba sur le sol. Une crampe d'estomac ! Elle grogna et changea de position pour tenter de soulager sa douleur. La sensation commença à diminuer et Tonks reprit le livre. Dès qu'elle trouva une position confortable, la douleur revint.

Doux Jésus ! J'ai trop mangé !

Elle se redressa et essaya de se tenir droite, en étirant les muscles de son abdomen. Elle se pencha en arrière et ne tenta jamais de s'étirer plus loin, une vague d'étourdissements la frappa durement. Les vertiges furent suivis par une alarmante envie de vomir. Elle s'élança vers les toilettes. Elle se jeta sur la porte ouverte et vida le contenu de son estomac dans la cuvette des W.C.

Merde !

Elle s'assit sur le sol des toilettes, hors d'haleine et très perplexe par ce brusque malaise. Ça la prit encore une fois, et elle vomit à nouveau. Elle resta par terre quelques instants de plus, attendant de voir si les nausées étaient parties. Satisfaite de se sentir mieux, elle se leva et se rinça la bouche dans l'évier. Lorsqu'elle se regarda dans le miroir, elle fut étonnée de ce qu'elle vit.

Elle n'était pas métamorphosée.

Du tout.

Et elle ne l'avait pas remarqué.

Comment diable cela s'était-il produit ?

Changer d'aspect demandait de la concentration mais une fois qu'elle avait transformé son visage et ses cheveux comme elle le voulait, elle pouvait généralement les maintenir ainsi pendant longtemps. Elle pouvait même les garder pendant son sommeil si elle le voulait vraiment. Revenir à sa forme initiale demandait toujours un moment de totale relaxation et, quand ça arrivait, elle pouvait le sentir. Ça ne faisait jamais mal de changer d'aspect mais elle pouvait toujours s'en rendre compte.

Mais elle ne l'avait pas senti. Elle ne l'avait pas fait.

Elle examina son reflet pendant un moment avant de fermer les yeux et faire les ajustements nécessaires à son apparence. Ses cheveux noirs changés en rose pétant, son nez et son menton à leur taille et angle corrects, elle retourna au salon.

Comment j'ai pu me métamorphoser sans le savoir ? Je le sais toujours.

Pour une raison quelconque, la pièce lui apparut plus petite que d'habitude, la musique lui semblait plus forte et le feu était trop chaud. C'était comme si ses sens s'étaient rehaussés juste assez pour lui donner à nouveau des vertiges.

Il y avait sûrement quelque chose dans la nourriture qui s'est décomposé dans mon estomac… et dans ma tête.

Avec deux légères tapes de sa baguette, elle éteignit le feu et le phonographe.

Dormir. J'ai besoin de dormir.

La chambre à coucher n'était qu'à quelques pas de là, mais son corps ne suivait pas. Elle traîna les pieds jusqu'à la chambre à coucher et s'écroula sur le lit en émettant un : « oomph ». Regardant brièvement la pendule, elle remarqua qu'une fois de plus, elle était plus que fatiguée alors qu'il était encore tôt. Neuf heures et demie pour aller au lit ? Elle était trop jeune pour être fatiguée à neuf heures et demie.

Sa dernière pensée, avant que l'inconscience ne la consume, fut qu'elle ne laisserait plus jamais Zach lui suggérer un restaurant.

A suivre…

Merci d'avoir lu jusque là. Si vous avez aimé ou même détesté, laissez-nous un petit message. N'oubliez pas de préciser votre adresse mail privée si vous n'avez pas de compte FFnet et que vous souhaitez une réponse.

Bisous

Falyla