Misconceptions
Texte original Alphie
Traduction : Fénice et Falyla en tandem et en alternance...
Relecture d'Alixe...
Reviewers : Vous tous !!!
Chapitre 5
14 mars 18:02
Ça faisait longtemps que Tonks n'avait pas tenu dans ses bras un nouveau né. Le dernier bébé né dans la famille avait près de deux ans maintenant, et elle n'avait pas passé beaucoup de temps à le câliner. C'était la guerre, et Tonks, Auror et membre de l'Ordre du Phénix, ne pouvait pas être ailleurs que sur le terrain. Elle adorait les bébés pourtant et, dès qu'elle le pouvait, elle passait chez sa cousine pour lui faire des gouzis-gouzis.
Les nouveaux nés avaient quelque chose de proprement magique. Toute l'innocence du monde – l'espoir en l'avenir – pouvait se lire sur leurs petits visages. En grandissant, ils pouvaient devenir n'importe qui, faire tout ce qu'on pouvait imaginer. Encore totalement préservés de toute tragédie de la vie. Faits pour être câlinés et adorés.
Le bébé s'étira paresseusement dans les bras de Tonks, vagit légèrement. « Je crois qu'elle est fatiguée », annonça Tonks en souriant à sa petite charge.
« Elle est toujours fatiguée », lui opposa Fleur, traversant la pièce pour reprendre sa fille. « Sauf à deux 'eures du matin. C'est le moment où elle ne dort pas. »
« Ça me rappelle Nymphadora », intervint Andromeda Tonks, derrière sa fille. « Elle ne dormait jamais. »
« Manger, dormir, chier. C'est tout ce que les bébés savent faire », dit Bill se plaçant à côté de sa femme.
« Bill ! Ne dis pas ça devant Noella », le gronda Fleur.
« Eh bien, à part chier, c'est vraiment un bébé magnifique », dit Tonks avec un sourire de félicitation.
« Oui, c'est le portrait de sa mère », commenta Bill en posant un baiser rapide sur la joue de Fleur.
A mi-voix, Ted Tonks murmura, « Espérons que non ». Sa femme lui mit un coup de coude affectueux. « Je parlais du fait d'être une vélane ».
« C'est ça », commenta Androméda sarcastique.
« Bill... Fleur », appela Molly de la cuisine. « Vous ne partez pas tout de suite, n'est-ce pas ? »
« Si, j'en ai bien peur, Maman. »
« Le bébé a besoin de calme. ».
« Et je crois que Fleur est fatiguée, elle aussi » ajouta Bill, ajoutant un clin d'oeil en direction de Fleur qui ne montra aucune velléité de le contredire. Au contraire, elle se dirigea vers la porte.
« Mais vous n'avez même pas pris le dessert », protesta Molly.
« Merci maman, mais je crois que nous avons assez mangé ». Quand Bill se pencha vers sa mère, Tonks entendit qu'il ajoutait. « Elle essaye de perdre le poids qu'elle a pris avec le bébé, tu sais. Elle évite le sucre. »
Molly leva les yeux au ciel comme pour dire « Qu'est-ce que c'est que cette histoire. »
Avant que Molly ne puisse les convaincre du contraire, Bill et Fleur firent leurs adieux et se dirigèrent vers la porte avec leur nouveau-né. Tonks ne réussit pas à s'empêcher de sourire en les voyant partir. Après que Greyback ait attaqué Bill, personne ne savait à quel point le maléfice qui l'avait atteint était grave. Son visage porterait toujours des cicatrices et ses besoins nutritionnels avaient un peu changé, mais il avait réussi à échapper aux transformations. Et, il n'y avait même pas une année, Fleur avait annoncé qu'elle était enceinte, prouvant une fois pour toute que le sang de Bill n'avait pas été entaché par la lycanthropie.
Je suis si contente pour eux. Ils ont tellement de chance.
« Qu'est-ce qui te fais sourire comme ça ? » chuchota Remus à son oreille.
« Oh, tu sais bien », dit Tonks, essayant de repousser ses sentiments.
« Oui, je sais », soupira Remus en embrassant son front et en enlaçant son épaule. « Au fait, bravo, tu n'as pas fait tomber le bébé », il constata calmement, se moquant de ce qu'elle lui avait dit une fois auparavant.
Tonks rit et lui donna une tape sur le genou. « Tu es méchant »
Ils s'installèrent sur le canapé alors que les Weasley continuaient de parler du bébé. Ses propres parents avaient amené un cadeau pour le bébé et avaient insisté à ce que Fleur l'ouvre avant qu'elle et Bill ne partent. C'était une couverture, blanche, douce, faite à la main, achetée dans une des meilleures boutiques du Chemin de Traverse. Tonks les avait regardés faire en sachant que Remus pensait comme elle. Cette couverture aurait dû être pour notre bébé. Si seulement...
Tonks et Remus n'avaient abordé qu'une seule fois la question d'avoir des enfants. Un moment légèrement embarrassant pour Tonks et un crève-coeur pour Remus. Ça avait eu lieu juste après que Remus ait terminé sa mission auprès des loups-garous enragés. Lui et Tonks ne formaient un couple officiel que depuis peu et, comme la guerre battait son plein, ils avaient que très peu de temps ensemble. De frustration et de désespoir d'avoir un peu de temps tranquilles et seuls, Remus avait réussi à convaincre Maugrey Fol-Oeil de l'autoriser à « kidnapper » Tonks pour deux jours. Une fois qu'il avait eu l'accord de Fol-Oeil, Remus s'était glissé dans la chambre de Tonks aux Trois-Balais et l'avait arrachée à sa mission pour l'entraîner dans un cottage isolé que ses parents lui avaient légué au sud de l'Angleterre.
Quand ils étaient revenus, tout le monde savait ce qu'ils avaient fait mais aucun d'eux n'en avait cure. En fait, au grand désespoir de sa mère, Tonks avait après plaisanté sur le bonheur de pouvoir passer deux journées entières au lit. Remus avait rougi, et Fred Weasley l'avait félicité. Tout le monde avait pensé que leur petite escapade n'avait été que repos et félicité. Ce que ni les amis ni la famille ne pouvaient imaginer, c'étaient les longues, profondes et pénibles discussions qu'ils avaient eues à plusieurs reprises à propos leur situation. L'impossibilité d'avoir des enfants avait sans doute été la conversation la plus émouvante.
Ils n'avaient pas décidé consciemment d'en parler d'ailleurs. Le sujet était arrivé presque par accident. Après une soirée plutôt passionnée, Tonks s'était réveillée pour trouver un Remus tout aussi désireux qu'elle à continuer leurs activités nocturnes précédentes. Il embrassait son cou et ses épaules, essayant de l'attirer encore plus près de lui. Bien que ne désirant rien d'autre que lui céder, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter des conséquences.
« Où est-ce que tu vas? » avait-il demandé alors qu'elle se glissait loin de lui.
« Faut que j'aille chercher quelque chose. »
« Ça peut attendre », il avait dit plein de désir, la tirant vers lui et couvrant son corps de baisers.
Tonks avait soupiré, à peine capable de résister. Elle avait même momentanément succombé à la passion mais sans pouvoir échapper à la conviction que le sortilège devait être fait. A contre coeur, Tonks l'avait repoussé une nouvelle fois en disant « Remus, s'il te plaît, juste... juste... »
« Non » Il l'avait embrassée longuement. « Quoi que ce soit », sa bouche avait trouvé le lobe de son oreille, « ça peut attendre ». Son corps avait répondu alors qu'il se pressait contre elle et révélait clairement toutes ses intentions.
Elle avait repris ses esprits avec une profonde inspiration. « Non, ça ne peut pas ». Elle l'avait repoussé et s'était assise, emmenant le drap avec elle pour couvrir sa nudité. « Laisse-moi juste une seconde. »
Remus avait grogné de frustration. « Qu'est-ce que tu fais ? »
« J'ai besoin de ma baguette. » Elle avait jeté des regards autour d'elle. Quand ils étaient entrés dans la chambre la nuit dernière, il faisait noir et tout était dans l'ombre. A la lumière de l'aube, la chambre avait l'air très différente. « Tu sais où je l'ai mise ? »
« Pourquoi tu as besoin de ta baguette ? » demanda Remus, totalement perplexe.
« Parce que je ne pensais pas te voir cette semaine. »
« Et alors ? »
« Eh bien, tu m'as enlevée tellement rapidement que je n'ai pas eu le temps de prendre ma potion. »
« Ta potion ? »
« Oui, donc il va falloir le faire à la dure. » Passant par dessus son corps, elle s'empara de sa baguette à lui sur la table de nuit. « Tiens, ta baguette est plus près. Fais-le, toi.'
« Faire quoi ? »
« Le charme. »
Et un Remus visiblement profondément étonné lui avait pris sa baguette des mains. « Tonks, je n'ai pas la moindre idée de ce dont tu parles. Quel charme ? Quelle potion ? »
« Mais de contraception, bien sûr », elle avait expliqué.
Remus avait cillé.
« Je t'aime profondément », elle avait ajouté « mais je ne crois pas que ce soit le moment d'avoir un bébé. »
Remus paraissait sidéré.
« Je sais, je casse l'ambiance. Le sortilège ne dure pas, et nous devrons le refaire à chaque que... eh bien » elle sourit plus largement. « La nuit dernière, je l'ai fait quand tu est allé chercher des boissons dans la cuisine. »
« Tonks... »
Elle avait continué très vite, ignorant son interruption. « Je sais qu'une potion est beaucoup plus pratique et je promets que dorénavant j'en prendrais une. Je ne sais même pas pourquoi j'ai attendu, je veux dire que nous... enfin... nous n'avions pas réellement le temps de... Seulement une fois, mais maintenant... »
« Tonks, attends. S'il te plaît, arrête ». Sa voix était douce et gentille quand il lui avait pris la main pour la forcer à faire attention.
Elle s'était mordue la lèvre et avec légèrement rougi. « Désolée. »
« Non. Tu n'as aucune raison d'être désolée. Je suis simplement... surpris que tu aies oublié ».
« Tu rigoles ? Ma mère a toujours dit que j'aurais oublié ma tête si elle n'était pas attachée. J'ai été tellement prise par ma mission que je n'ai pas réellement réfléchi à cette histoire de potion ».
« Je ne parle pas de potion ».
Tonks l'avait regardé avec surprise.
La voix de Remus s'était faite encore plus douce.
« Tonks, mon amour, je suis un loup-garou. Tu n'as pas besoin de ...potion. »
Dès qu'il eut prononcé ces mots, Tonks avait réalisé son erreur. Elle s'était soudain sentie tout à fait ridicule. « Oh mon dieu ». Remus la regardait avec un air triste. « Oh Remus, je ne sais pas comment j'ai pu... Je veux dire...Je n'ai pas réfléchi... Je suis tellement désolée. »
« Non, je t'en prie. Ne t'excuse pas. »
« Mais je n'aurais même jamais dû... »
« Non vraiment. Tu ne dois pas t'excuser. Tu n'as pas à dire quoi que ce soit. Ce n'est pas ta faute. » Il avait replacé sa baguette sur la table de nuit.
Elle n'aimait pas la façon dont il avait dit la dernière phrase. Elle avait froncé les sourcils et raffermit sa voix pour dire : « Ce n'est pas plus la tienne. J'ai lu à peu près tout ce qu'il y à lire sur la lycanthropie. Je ne sais pas pourquoi j'ai même pu pensé que je pourrais... »
« Parce que tu es une femme, et je crois que la plupart des femmes pensent qu'à un moment dans leur vie, elles auront des enfants. »
« La plupart des hommes aussi », avait remarqué Tonks.
« Bien sûr mais les hommes... physiquement... ne... enfin... »
« Je crois que je sais ce que tu veux dire. C'est différent pour les femmes parce que ce sont elles qui ont les bébés ».
« Oui », avait dit Remus en se tournant vers elle et en soutenant son regard. « C'est complètement naturel que tu veuilles avoir des enfants », il avait ajouté très doucement.
Tonks s'était mordue la lèvre. « Il me semble que tout ça montrait au contraire que je ne voulais pas d'enfants. La fonction d'un charme de contraception après tout est d'empêcher ça d'arriver. »
« Mais tu en veux », avait constaté Remus, ses épaules affaissées par la déception.
Elle voulait avoir des enfants mais comment dire ça à la personne qu'on aime lorsqu'on sait que c'est impossible ? Elle avait essayé autre chose. « Oh, arrête. Si j'avais un enfant, il hurlerait sans doute tout le temps. Et quand je le prendrais pour le consoler, je serais capable de trébucher sur un jouet et de le lancer dans les airs, juste pour le voir tomber sur sa petite tête. Je veux dire, tu me vois avec un bébé ? »
« Oui, tout à fait », avait dit Remus, sa voix était juste un murmure. « Si tu as envie de fonder une famille, Tonks, alors je suggère que tu... »
« Ne dis pas ça ! » elle avait ordonné d'une voix sévère. « Ne t'avise même pas de le penser. Oui j'aimerais avoir un bébé, mais le fait est que la seule personne au monde avec qui j'aimerais fonder une famille, c'est toi. Alors, si tu ne peux pas... eh bien, nous devrons faire avec. Je ne sais pas, peut-être que nous adopterons. Qui sait ? »
« Ma chérie, personne sain d'esprit ne donnerait un bébé à un loup-garou. »
« OK, eh bien, nous resterons seuls. On pourra faire la grasse matinée le dimanche. On pourra transplaner autant qu'on veut et ne jamais utiliser la poudre de cheminette. On pourra baiser partout dans la maison sans avoir peur d'être dérangés. Je veux dire, arrête un peu ». Remus fronçait les sourcils. « Ne sois pas si sombre. S'il te plaît, Remus. Oublie ce que j'ai dit. C'était stupide de ma part. »
Remus avait eu un regard très lointain. Il s'était humecté les lèvres pour dire : « Quand James et Lily se sont mariés, j'étais tellement content pour eux. Je me suis efforcé de ne pas être jaloux de ce qu'ils avaient. Je n'avais jamais cru que je trouverais des gens avec qui je pourrais partager mes secrets sans qu'ils me rejettent. J'étais content d'avoir trouvé des amis qui m'acceptaient tel que j'étais, je ne pouvais demander plus. Ce n'est qu'à la naissance de Harry que j'ai réellement été jaloux de James. »
Tonks avait tendu le bras et lui avait pris la main. « Tu sais, n'est-ce pas, que tu serais le meilleur des pères ? »
Remus avait ri légèrement et secoué la tête.
« Je suis sérieuse. Tu sais t'y prendre avec les gosses. Il suffit d'entendre Neville Londubat parler de toi, sans compter Harry et les autres. »
« J'adore les enfants », il avait admis. « Ironique, tu ne trouves pas. »
« Non. Je trouve ça merveilleux. »
« Merveilleux ? Même si nous n'en aurons jamais ? »
« Je pense que nous avons de la chance d'avoir ce que nous avons. Tout le reste est superflu. »
Remus l'avait regardé avec beaucoup d'amour. « Je pense ce que je dis, Tonks. Si tu veux partir, je te promets que... »
« Arrête ça. Je ne veux pas te quitter » elle s'était rapprochée de lui. « Je me suis battue trop longtemps et trop fort pour être ici aujourd'hui pour abandonner maintenant. » Elle avait doucement effleuré ses lèvres avec les siennes. « Je t'aime. »
Il n'en avait jamais plus reparlé. Il n'y avait rien de plus à dire. Depuis, c'était sans mot ?? qu'ils avaient traité le sujet, avec des sourires tristes et des regards longs. Comme maintenant. C'était à la fois doux et amer de voir Bill, Fleur et Noella. Ils savaient que la soirée allait être un peu difficile pour eux. Mais ils avaient accepté l'invitation à dîner de Molly en sachant parfaitement que Bill et Fleur seraient là avec le bébé.
La porte du Terrier se referma et la maison parut soudain très calme. Remus et Tonks se retrouvèrent seuls avec les parents de celle-ci pendant que Molly et Arthur rangeaient la cuisine et préparaient le thé. Un peu gênée par le brusque silence de la pièce, Tonks se leva et s'excusa. Elle alla aux toilettes et ferma la porte, désireuse d'avoir un moment toute seule. Fais donc une meilleure tête. Ne laisse pas Remus deviner que ça te rend malade. Quand elle eut fini, elle prit le temps de passer un peu d'eau froide sur son visage, espérant qu'elle aurait ainsi l'air plus détendue.
En revenant vers le salon, Tonks entendit deux voix très basses mais excitées qui venaient de la cuisine. « Si tu penses ça, tu devrais lui poser la question » disait sa mère.
« Moi ? Oh, je n'en serais pas capable. Tout ça me semble si peu naturel », répondait Molly.
« Bonté divine, Molly. Les Moldus le font depuis des années ».
« Ça ne veut pas dire pour autant que ce soit une bonne chose. Il y a quelques années, un médecin moldu a recousu Arthur. Recousu ! Comme un morceau de tissu. »
« Mais Nymphadora connaît les façons moldues. Ted nous a amusé avec des habitudes moldues pendant des années. La médecine moldue ne l'affolerait pas. »
« Eh bien, parles–en avec elle, toi ! »
« Me parler de quoi ? » demanda Tonks en entrant dans la pièce, jugeant qu'elle avait assez entendu de cette étrange conversation.
Molly sourit largement, comme si tout allait bien. « Rien, ma chérie, rien du tout. Viens donc nous aider à préparer le thé », elle demanda.
« Molly, tu es sûre de vouloir mon aide ? Tu hurlais dès que je faisais mine de mettre un pied dans la cuisine place Grimmaurt. »
« C'est vrai », reconnut Molly avec un grand sourire. « Eh bien, reconnaissons-le. Tu nous as eues. On n'a pas besoin de toi ».
« On pensait simplement qu'on pourrait avoir... heu... une petite conversation de filles avant de rejoindre les hommes. »
« Une conversation de filles ? » répéta Molly l'air surpris. Elle dévisagea Andromeda et ses yeux s'élargirent. « Oh oui, une conversation de filles. »
« Oui, tu sais, parler des hommes de nos vies – leurs petites bêtises, etc », expliqua Andromeda alors que Molly se mettait à arpenter la cuisine pour rassembler les tasses et les soucoupes pour tout le monde.
Tonks se pencha, appuyant ses deux coudes sur le plan de travail, résistant à se moquer ouvertement d'elles. « Qu'est-ce qu'a fait Papa cette fois ? »
« Non, non. Commençons par toi. Toi et Remus ». Les sourcils de sa mère se dressèrent comme pour suggérer quelque chose. « Comment ça va, vous deux ? »
Sidérée, Tonks demanda, « Maman, est-ce que tu es vraiment en train de me demander ce que je crois... »
« Oh, arrête. Je veux juste savoir si tout va bien. »
Tonks secoua la tête, rougissant sous le regard inquiet de Molly. « Je n'y crois pas, Maman. Devant Molly, en plus ! »
« Oh, peuh » intervint Molly. « On dirait un de mes garçons qui croient que je n'ai aucune idée de ce qu'ils ont en tête. Je veux dire, vraiment, ils sont six ; un Magyar à pointes ne les a pas déposés sur le paillasson. Je suis peut-être plus âgée mais je ne suis pas morte. J'aurais pensé qu'avoir sept enfants constituait une preuve suffisante que je n'ai plus aucune naïveté sur la question. »
« C'est sûr », rit Tonks, essayant de ne pas trop s'arrêter sur l'image que Molly suggérait. « Tu as tout à fait raison. »
Molly se mit à couper le gâteau qu'elle avait préparé, glissant les tranches sur les assiettes. « On pourrait même dire que Arthur et moi nous sommes des experts dans cette activité. Mais mes enfants préfèrent penser que nous ne savons même pas ce que c'est. »
Tonks se cacha le visage dans ses mains d'embarras.
« Alors, dis nous. Comme ça va ? » la relança sa mère.
« Tu ne vas pas me laisser tranquille tant que je n'aurais pas dit quelque chose, hein ? » Tonks ajouta en se penchant un peu plus. « OK. Tout va bien. Mieux que bien. Tout est merveilleux. »
Molly fit un hum-hum affirmatif, mais ce fut Andromeda qui posa la question suivante. « Et qu'est-ce qu'il pense de ton... hum » elle se pencha vers Tonks en baissant la voix, « ...état. »
« Quel état ? »
« Nymphadora, tu peux nous parler. Nous savons que c'est sans doute encore très récent et que tu ne veux pas en parler à tout le monde. »
« Oh oui, je sais ce que c'est », ajouta Molly.
« Nous savons toutes ce que c'est, et c'est même pour cela que nous nous en sommes aperçues ».
Tonks était totalement perdue. « Vous vous êtes rendues compte de quoi ? »
La bouche de Molly formait un « o » parfait quand elle se tourna vers la jeune femme. « Vraiment Tonks, nous t'avons observée toute la soirée. Tu t'es enfuie aux toilettes quatre fois déjà ».
« Ça, c'est une des pires choses pendant les premiers mois », commenta Andromeda. « Enfin, ça et les brûlures d'estomac ».
Tonks ne comprenait toujours pas.
« Oui, c'est vrai. Tu as à peine touché à ton repas et pourtant je sais que la Shepherd's Pie est un de tes plats favoris», dit Molly.
Tonks ne voyait toujours pas où elles voulaient en venir. « Je ne me sens pas très bien, c'est tout ».
« Précisément. Des brûlures d'estomac. C'est déjà ce que je disais à Arthur pour éviter ses questions », rit Molly.
« Quoi ? » demanda Tonks, toujours totalement perdue quant au sens de la conversation.
« Sans parler de combien tu es pâle », ajouta Molly en examinant les traits de Tonks avec un air inquiet. « Plus que pâle. Fatiguée. Oui, tu as l'air fatiguée ».
« Tu m'as dit une fois qu'un Métamorphomage n'avait jamais l'air fatigué », souligna sa mère.
Tonks fronça les sourcils. « J'ai juste trop de travail. »
Molly ignora sa réponde et sourit largement. « Sauf quand tu tenais le bébé. Oh Tonks, tu rayonnais vraiment. »
Sa mère sourit tout aussi largement. « Alors arrête de prétendre qu'il ne se passe rien et parle nous de... » Andromeda agita sa main vers le ventre de Tonks, « ...ton état. Je reconnais que je suis un peu excitée à l'idée de devenir grand-mère, mais je suis surtout intéressée par la manière dont vous vous y êtes pris. Je connais mes classiques moi aussi, mais sachant que Remus est, enfin, sachant qu'il ne peut pas... »
« Attends un peu. Une seconde » explosa Tonks, les arrêtant net. « Est-ce que vous êtes en train de dire que... » L'idée était totalement absurde. Tonks baissa la voix pour demander. « Vous pensez que je suis enceinte ? »
« Oui, bien sûr ». La déception traversa le visage de Molly. « Tu veux dire que non ? »
« Non ! » affirma Tonks immédiatement. Elle réfléchit un moment et ajouta : « Non, comment pourrais-je l'être ? »
Sa mère avait l'air abattue. « Nous ne savions pas et c'était ce qui nous rendait curieuses. »
L'esprit de Tonks commença à analyser l'intégralité de la conversation. Ces impressions d'être malade à certains moments, ces envies de nourritures inhabituelles, ce sentiment inexplicable de fatigue perpétuelle. Tout cela devait avoir une explication logique.
Je ne peux pas être... Je ne peux pas être... Est-ce que je pourrais ?
La voix de sa mère la sortit de ses pensées. « Les Moldus ont trouvé des moyens pour contourner des problèmes comme le vôtre. Sachant que ta cousine Julia l'a fait et que ça a bien marché, j'ai pensé que Remus et toi aviez peut-être essayé. »
Sa mère avait raison. Les Moldus avaient réussi à surmonter certains problèmes biologiques. Une cousine éloignée de Tonks, du côté paternel, avait fait un truc dans le genre de ce que suggérait sa mère. « Tu crois que Remus et moi on irait voir un médecin moldu pour un traitement de fertilité ? »
« N'aies pas l'air si choquée. A voir ton comportement ce soir, nous avions de bonnes raisons de penser qu'il y avait quelque chose en train », admit sa mère.
Molly eut un sourire triste. « Tu vas nous trouver bêtes mais tu avais l'air si heureuse en tenant Noella. »
« Nous avons pensé que tu avais trouvé un donneur. »
« Un donneur ? » demanda Tonks, attendant que sa mère s'explique. Mais soudain Tonks comprit et leva les yeux au ciel. « Je ne pourrais jamais faire ça. »
« Même pas pour avoir ta propre famille ? » demanda Molly.
« Non, ça paraîtrait trop bizarre – avoir un enfant avec un homme qui n'est pas ton mari. » Dès qu'elle eut prononcé les mots, la réalité de sa situation la frappa comme un Impardonnable. Elle se souvint des évènements qui avaient accompagné sa dernière mission d'infiltration et se sentit blêmir.
Oh non...
NON.
Il ne pouvait pas. Elle l'aurait su s'il avait fait ? .
C'est impossible
Je ne peux pas être enceinte.
« Est-ce que ça va ? » demanda Molly.
Tonks se força à sourire. « Je réfléchissais juste ». Comme ni sa mère, ni Moly ne répondaient rien, Tonks rit et essaya de les rassurer. « Ecoutez. Je ne suis pas enceinte. Je suis juste fatiguée. J'ai eu beaucoup de boulot et Remus a été absent pendant de longues périodes. Je suis juste stressée, c'est tout. ». Les deux femmes n'eurent pas l'air satisfaites de sa réponse. « Je vous le promets. Si Remus et moi décidons de faire quoi que ce soit pour fonder une famille, vous serez les premières à l'apprendre. »
Molly et Andromeda échangèrent un regard sceptique mais semblèrent décidées de laisser tomber le sujet. Elles ne posèrent plus de question à Tonks et, pendant le thé, la conversation tourna autour de Ginny qui allait bientôt se marier avec Harry Potter. Tonks fit de son mieux pour participer, même si son esprit ne faisait que s'échapper pour réfléchir à la possibilité qu'elle soit enceinte – d'un bébé qui ne soit pas de Remus. Elle lui jeta un regard inquiet mais il était trop occupé à expliquer avec son père comment marchait un téléphone à Arthur pour remarquer quoi que ce soit.
Ce n'est que plusieurs heures plus tard, quand ils étaient de retour chez eux et que Remus se glissait dans le lit à côté d'elle qu'il remarqua que quelque chose n'allait pas. « Tu as été bien calme toute la soirée. Tu es sûre que tu vas bien ? »
Mais oui, je vais parfaitement bien pour quelqu'un qui pourrait être enceinte... avec aucune chance que ce bébé soit de son mari. Ça ne peut pas être vrai !
« Oui, ça va. Je suis juste fatiguée. »
« Alors dors vite », il l'embrassa légèrement et se retourna pour trouver une position confortable.
L'esprit de Tonks lui n'envisageait pas le repos. Est-ce que je devrais lui dire quelque chose ? Est-ce que je ferais mieux d'attendre ?
Oui, attendre.
Mais...s'il s'en rend compte, il ne va pas être content que je lui aie rien dit.
Je devrais lui en parler.
Je vais attendre d'avoir vu un guérisseur. Quand je serais sûre?
Mais je suis sûre. Il n'y avait aucun besoin d'un sortilège ou d'une visite chez un guérisseur pour dire à Tonks que les soupçons de sa mère et de Molly étaient justes. Non vraiment, aucun besoin d'un sortilège pour dire la vérité. Les mathématiques suffisaient pour prouver à Tonks que son dernier cycle remontait à plus de sept semaines.
Sept semaines.
Juste avant la mission.
Comment j'ai fait pour ne pas m'en rendre compte ?
« Au fait », grommela Remus au travers de son oreiller. Tonks fut sûre qu'il s'était rendu compte de quelque chose et son coeur se mit à battre furieusement. « Tu étais magnifique ce soir. »
Elle déglutit, ne faisant aucune confiance à sa voix. « Merci. »
« Surtout quand tu tenais Noella. Tu avais l'air... toute à ton affaire avec elle. »
Tonks réussit à rire, difficilement et se raidit pour cacher son visage à Remus. Elle était incapable de lui dire. Pas maintenant. Ça devrait attendre. Oui, attendre et voir ce qui allait se passer. Avec un peu de chance, il y avait une autre explication que celle qu'elle redoutait. Elle savait que ses chances étaient minces, mais là, ce soir, c'était tout ce qu'elle avait.
Note de la traductrice : Vous l'aviez un peu tous un peu sentis venir, n'est-ce pas... Pourtant, croyez-nous, pas grand-chose n'est encore joué... Falyla aura pitié de vous et postera la suite le 1er avril !!! sans blague.
