Auteure: Alphie
Traductrices: Fenice et Falyla
Paring: Remus Lupin/Nymphadora Tonks
Rating: T
Disclaimer: Les personnages de cette histoire appartiennent à JK Rowling. L'intrigue de cette fic, ainsi que les personnages OC sont à Alphie. Nous revendiquons la traduction et nous assumons pleinement son adaptation francisée si le besoin s'en fait sentir.
Où trouver cette fic: ici même, sur Ffnet, voir le lien dans le profil.
Etat d'avancement de la fic: Terminée, elle comporte 12 chapitres.
Note de Falyla: Je sais, je sais, nous sommes en retard de 15 jours. Je suis désolée de ce contretemps mais mon pc a été la proie d'un méchant virus et n'était pas en état de fonctionner le 1er avril comme promis. Ce n'était, hélas, pas un poisson. Heureusement, j'ai des amis pro du pc qui ont pu récupérer et sauver tous mes documents. Alléluia!
Alors voilà pour mes petites misères. En attendant, la date de ma mise en ligne et celle de Fenice sont inversées.
Son chapitre 7 sera pour le 1er mai.
Bonne lecture
Chapitre 6
22 mars – 12h37.
Le Chaudron Baveur était bondé en cette fin de matinée. L'habituel bourdonnement modéré des conversations qui remplissait généralement l'air s'était mué en ronflement plus soutenu aujourd'hui. Tonks reconsidéra sa décision de rencontrer Zach ici. Le fait que l'endroit était fréquenté signifiait que ses collègues n'y venaient pas souvent. Cependant, compte tenu du niveau sonore, elle se demandait si elle pourrait lui parler discrètement. Et elle avait besoin de lui parler. C'était le seul qui connaissait la situation dans son entier. Elle voulait son opinion… et peut–être son aide sur ce qu'elle devait faire.
Ça avait été un long week-end, épuisant émotionnellement. Incapable de croire qu'elle s'était trompée sur tant de choses, Tonks avait essayé de toutes ses forces d'ignorer l'idée qu'elle était peut–être enceinte. Son corps n'était pas réglé comme une horloge. Après tout, être une métamorphmagus modifiait plus que son apparence extérieure. En espérant que sa capacité à se transformer avait rendu son cycle tardif, Tonks avait attendu une semaine supplémentaire avant de demander l'avis d'un professionnel.
Ça avait été la plus longue semaine de sa vie. Se tenir à côté de Remus à un moment comme ça s'était révélé plus que difficile; ça avait été douloureux. Elle se sentait coupable chaque fois qu'elle le regardait – chaque fois qu'il lui souriait. Elle avait envisagé de lui dire qu'elle ne se sentait pas bien mais ça n'aurait fait qu'augmenter ses soupçons. Elle ne pouvait pas vraiment l'éviter mais elle faisait de son mieux pour rester tard au travail. Ça lui était pénible car la seule personne dont elle avait besoin en cet instant, était la seule personne sur laquelle elle ne pouvait pas s'appuyer. Si ce n'était vraiment rien, elle ne pouvait assurément pas commencer une dispute en mentionnant cette possibilité.
Pourtant, elle savait que c'était vrai. Son corps l'avait trahie de la pire des façons. Chaque fois qu'elle se sentait affamée, elle réfléchissait consciemment à la cause de cette envie irrépressible. Était–elle réellement affamée ou c'était juste le bébé? Elle ne pouvait ignorer le fait que même si elle ne buvait rien du tout, ou très peu, elle devait courir aux toilettes. En fait, elle passait bien plus de temps aux toilettes qu'elle ne voulait bien l'admettre.
Cependant, la plus grande trahison était venue la nuit. La culpabilité qui la rongeait durant la journée n'était rien, comparée à ce qu'elle ressentait lorsqu'elle était roulée en boule dans son lit, à côté de Remus. Et quand il la touchait, elle ne pouvait pas le repousser. Elle voulait qu'il sache qu'elle l'aimait. Ella avait besoin de sentir son corps aux côtés du sien. Elle voulait ce réconfort que lui seul pouvait lui donner. Mais quand il lui caressait les seins, leur sensibilité lui disait que ce temps s'amenuisait. Et quand ils faisaient l'amour, le sentiment était plus intense que jamais. C'était une preuve et elle savait en son for intérieur ce que son cœur ne voulait pas admettre.
Ce fut à ce moment qu'elle décida de consulter un médicomage et elle vit ses pires craintes confirmées. C'était une chose que d'accepter le fait qu'elle était enceinte mais c'en était une autre que d'admettre qu'elle avait été violée. Dans son esprit, elle n'y croyait toujours pas. Manifestement, elle l'avait été mais c'était trop écoeurant pour le reconnaître.
Elle devait trouver de l'aide. Elle devait parler à quelqu'un. Son instinct allait vers sa mère mais elle ne voulait pas prendre le risque qu'elle le dise à Remus. Elle avait besoin de parler à quelqu'un qui connaissait la situation et qui n'était pas proche de Remus.
Alors elle avait envoyé un hibou à Zach et avait demandé à le rencontrer pour le déjeuner.
Lorsque Zach passa la porte du pub avec un large sourire, Tonks lui fit signe de la main et expliqua qu'ils étaient en train de débarrasser une table pour eux. Zach se contenta de froncer les sourcils et demanda:
– Il y a un problème?
Tonks sourit, essayant de faire partir le nœud dans son estomac.
– Qu'est–ce qui te fait penser qu'il y a un problème?
– Ta lettre ne donnait aucun détail spécifique mais je connais cette expression, Dora.
Il soutint son regard pendant un moment. Jetant un coup d'œil aux alentours pour s'assurer que personne n'écoutait, Tonks se pencha vers lui et dit:
– J'ai de mauvaises nouvelles.
– Quelle sorte de mauvaises nouvelles?
Elle lança un autre regard inquiet autour de la pièce avant d'admettre très doucement l'horrible vérité.
– Je suis enceinte.
Au premier abord, Zach sembla confus par cette déclaration. Puis il se perdit dans ses pensées.
– Mais… je ne… Tu avais dit que c'était impossible, que Remus ne pouvait pas…
– Il ne peut pas.
Leurs yeux se rencontrèrent une fois de plus.
– Mais… comment? demanda–t–il simplement.
Elle se mordit la lèvre, refoulant les larmes qui menaçaient de couler toute la journée.
– LaMont, lâcha–t–elle.
Les yeux de Zach s'écarquillèrent.
– QUOI? DORA! Tu m'avais dit que tu avais vu un guérisseur!
Le serveur choisi cet instant pour s'approcher et les guider vers leur table. Ils furent placés dans un box situé dans un recoin éloigné de la pièce, ce qui semblait offrir un certain isolement. Tonks commanda du thé pour tous les deux, tandis que Zach continuait à la fixer furieusement.
Une fois le serveur partit, Tonks dit:
– Ne sois pas fâché contre moi.
– Pas fâché? Dora, tu me l'avais promis! Tu m'avais dit que tu étais allé voir un guérisseur.
– Oui, je l'ai fait, mais…
– Mais?
– Je me suis juste fait rafistoler. C'est tout.
– Tu ne leur as même pas demandé de vérifier?
– Non. Je te l'ai dit. Rien ne s'était passé.
Elle roula des yeux à son erreur.
– Du moins, je croyais qu'il ne s'était rien passé.
– Manifestement, tu t'es trompée.
– Oui, je sais que je me suis trompée! Je sais!
Elle cacha son visage dans ses mains en reposant ses coudes sur la table. Elle ne voulait pas que Zach la voie pleurer, peu importe combien il était furieux contre elle d'avoir été si imprudente ou à quel point elle était fâchée contre lui de ne pas montrer plus de sympathie.
– Tu es sûre? questionna Zach, la voix inquiète.
Elle regarda à travers ses doigts.
– J'ai demandé au médicomage que j'ai vu de vérifier trois fois.
– Tu sais depuis combien de temps?
Elle croisa les bras sur sa poitrine.
– Depuis hier. Je veux dire, Molly Weasley et ma mère m'ont harcelée à propos de ça la semaine dernière. Elles ont vu quelque chose que je n'ai pas vu. Vraiment, je n'ai rien vu. Et je leur ai dis que ce n'était pas ce qu'elles pensaient parce que, franchement, je ne croyais pas ça possible. Puis, toute cette semaine, je me suis inquiétée.
Son visage rosit comme pour s'harmoniser à ses cheveux.
– Je pensais que peut–être j'obtiendrais une preuve cette semaine encore… tu sais, que ce n'était pas vrai.
Zach eut l'air de vouloir ramper sous la table quand il réalisa ce qu'elle voulait dire. Humectant ses lèvres, Tonks termina sa phrase.
– Mais comme rien n'est arrivé… Et bien… Je suis allée chez le médicomage…
Zach s'effondra d'un coup, en frottant ses yeux avec ses doigts.
– Oh, Dora. Je suis tellement désolé.
– Ne le sois pas. Vraiment. Ne le sois pas. Ce n'est pas ta faute.
– Ce n'est pas non plus entièrement la tienne. J'étais là cette nuit. J'aurais dû insister…
– J'ai fait mon choix pourtant, l'interrompit Tonks. C'est moi qui n'ai pas pris mes précautions.
– Précautions? Dora, tu ne pouvais pas savoir.
Incapable de réprimer plus son émotion, la tête de Tonks tomba en avant et elle permit à ses larmes de couler.
– Je me sens si honteuse, admit–elle à mi–voix. J'ai été si stupide de me mettre dans cette situation. C'était même mon idée! Je veux dire, mon Dieu, comme c'est cruel, n'est–ce pas? Maintenant, je dois faire avec, tout en sachant jusqu'où c'est vraiment allé. Parce je ne pensais pas… Je ne croyais pas que ça arriverait… mais c'est le cas.
Ils restèrent silencieux pendant quelques instants, Tonks reniflant à travers ses larmes, avant que Zach ne pose une question évidente:
– Est–ce que Remus sait?
Tonks grogna.
– Tu rigoles? Bon sang, comment je suis censée lui dire un truc comme ça?
– Il faut que tu le lui dises.
– Ouais, bien sûr. Ça va être bien reçu.
– Il comprendra.
– Oh, allez.
Elle prit un ton faussement joyeux et dit:
– Remus, mon chéri, tu sais que je t'aime mais j'ai fait quelque chose de plutôt stupide et maintenant, je suis enceinte et je porte l'enfant d'un autre homme.
Elle secoua la tête, un sanglot lui échappa.
– Ouais, c'est certain qu'il comprendra.
– Tu ne le diras pas comme ça. Mon Dieu, Dora.
– Et bien vraiment, Zach. Je ne peux pas lui dire ça. Ça le tuera! Je sais que ça le tuera!
– Il t'aime et il ne s'est pas fâché quand tu lui as raconté, à propos de cette nuit.
Elle évita son regard.
– Non… pas vraiment. Je lui ai raconté la plus grande partie mais je ne lui ai pas tout dit.
Zach se contenta de lui retourner son regard, incrédule.
– Je sais. J'aurais dû lui dire. Je n'aurais pas dû garder ça secret mais, franchement, je ne voyais aucune raison de l'inquiéter.
Tonks sanglota lourdement.
– Je voudrais lui avoir dit la vérité. Je n'ai jamais voulu lui mentir comme ça.
Zach soupira et se recula sur son siège.
– Tu réalises que ce n'est pas quelque chose que tu peux lui cacher. A un certain moment, ça deviendra évident.
– Je sais, dit–elle tristement. Qu'est–ce que je fais? Le médicomage a dit que j'en étais au moins à ma cinquième semaine. Ça me laisse quelques semaines pour réfléchir, je suppose.
Zach se redressa brusquement.
– Cinq semaines, tu as dit?
Les rouages de son cerveau tournaient de façon notoire.
– Ouais, au moins cinq. Mais je suppose que c'est plutôt sept.
– Parce que l'incident est arrivé début février.
– C'est pourquoi je crois que c'est plutôt sept.
Zach sourit, son expression avait entièrement changé.
– Non. Non. Et si le médicomage a raison et que c'est seulement cinq?
Avant que Tonks ne puisse argumenter sur le bien–fondé de cette suggestion, le serveur était revenu avec le thé.
– Désolé d'avoir mis si longtemps. On est submergé, aujourd'hui, expliqua–t–il.
– Aucun problème, fit Zach. Il faut que nous partions.
Tonks se mit à protester mais Zach prit sa main et ajouta:
– Oui, Dora. Il faut y aller. Fais–moi confiance.
Il prit un peu d'argent et le tendit au serveur.
– Pour le dérangement.
Il se tourna vers elle avec exaltation.
– Où est Remus aujourd'hui?
– Il est en réunion avec sa nouvelle affectation. Pourquoi?
– Ça pourrait prendre un peu de temps mais je pense que je peux t'aider.
Zach la força à se lever avant qu'elle ne puisse l'arrêter.
– On n'a pas mangé.
– Je viens de penser à quelque chose et ça ne peut pas attendre.
– Mais, Zach…
– Fais–moi confiance.
Il sourit largement et la tira par la main pour qu'elle le suive. Tonks haussa les épaules et décida qu'elle n'avait pas beaucoup d'autres options que celle de lui faire confiance. S'il avait un plan pour l'aider, s'il avait quelques idées pour expliquer les choses à Remus alors il fallait qu'elle le suive.
Zach et Tonks se frayèrent un chemin à travers les gens qui attendaient qu'on les place et passèrent la porte sans un regard en arrière. Ils n'avaient même pas remarqué l'homme assis dans le box derrière eux, qui les regardait s'en aller. Il les regardait, totalement incrédule. L'horreur pointait juste en dessous. Son visage était blême. Son cœur battait la chamade.
Un homme plus jeune le rejoignit à la table.
– Ça va? demanda–t–il, inquiet.
L'homme humecta ses lèvres.
– Non, je ne vais pas bien du tout.
– Il y a un problème?
– Je viens d'entendre… des nouvelles… très contrariantes, admit–il, en luttant contre son envie de s'effondrer, juste là, maintenant.
– Qu'est–ce que c'était? s'enquit l'homme plus jeune.
Déglutissant avec difficulté, l'homme se pencha en avant et dit:
– Ecoute, Andrew. Il faut que je m'occupe de quelque chose. Il faut que… Je ne suis pas sûr de savoir où commencer mais… Je suis désolé mais je dois écourter notre rendez–vous.
– Bien sûr. Ne t'inquiète pas pour ça, Remus. Quoi que se soit, je vois bien que tu es tout retourné.
Remus hocha la tête.
– Tu ne peux pas imaginer.
– Va. Fais ce que tu as à faire.
– Merci, Andrew. Je vais… Je te contacterai plus tard.
13h18, le même jour
Pour une raison qu'elle n'avait pas encore très bien comprise, Tonks transplana juste à côté de la cabine téléphonique qui gardait l'entrée secrète du Ministère de la Magie. Zach avait déjà décroché le combiné et commencer le procédé habituel pour en obtenir l'accès. Tonks se devait de poser la question.
– Pourquoi on est là?
– Parce que ce dont tu as besoin est au laboratoire.
– Au laboratoire? répéta–t–elle tandis que le sol de la cabine téléphonique s'abaissait et qu'ils commençaient à descendre dans le Ministère.
– Si. Ce dont tu as besoin est là–bas.
Tonks réfléchit un instant. Après l'échec de leur mission, Maugrey était sur le point d'obtenir des informations de Darius, ainsi que des autres Mangemorts, en utilisant du Polynectar. Plusieurs chaudrons de potions réservés aux Aurors avaient été concoctés au laboratoire. Donc, la seule chose qui était au laboratoire en ce moment était des restes de potion et Tonks ne voyait pas vraiment comment ça allait aider sa situation.
Ils sortirent de la cabine et se dirigèrent vers le hall, passèrent la fontaine pour aller jusqu'aux ascenseurs.
– Pourquoi j'aurais besoin de Polynectar? demanda Tonks, malade rien qu'à l'idée.
– Non, on n'a pas encore la potion. Nous sommes en train de la faire.
– D'accord. Et alors…?
Il baissa les yeux vers elle.
– Nous sommes en train de fabriquer celle de LaMont.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit et Tonks suivit Zach à l'intérieur.
– Je sais et je ne pige toujours pas. Quel bien va faire le Polynectar à ce stade du jeu? Je ne vois pas comment ça nous aiderait.
– Ce n'est pas la potion qui m'intéresse mais plutôt un de ses ingrédients.
– Zach, de quoi tu parles?
– Ses cheveux. Nous avons un échantillon de ses cheveux.
Tonks frotta ses yeux.
– Je ne comprends vraiment rien.
– Je t'expliquerai une fois qu'on sera arrivé. Fais–moi confiance.
L'ascenseur s'arrêta au niveau 2 et ils marchèrent jusqu'au Quartier Général des Aurors. L'habituel groupe de sorcières et de sorciers étaient là, occupés chacun à leurs tâches. Zach prit la main de Tonks et la guida dans une large pièce, au bout du hall, qui servait de laboratoire pour concocter toutes sortes de potions et pour essayer des sortilèges éventuellement dangereux. Sans hésitation, Zach s'approcha d'un plateau où étaient posés plusieurs flacons d'ingrédients qui attendaient d'être employés pour diverses potions. Il examina plusieurs étiquettes avant d'en prendre un et de le tendre à Tonks.
– Celui–là. C'est le sien.
Elle le prit avec hésitation.
– Pourquoi je voudrais ses cheveux?
– Pour prouver que ce n'est pas lui qui a engendré ton enfant.
Hautement perplexe, Tonks fit une grimace et dit:
– Quoi? De quoi tu parles?
– Tu crois que c'est LaMont qui t'a violée?
Tonks inspira.
– Et bien, manifestement, c'est le cas.
– Non, ce n'est pas ce que je te demande. J'ai dit: est–ce que tu y crois?
Elle y réfléchit un moment. Chaque fibre de son être lui disait que ça ne s'était pas passé comme ça. Elle aurait dû le savoir… elle aurait dû sentir quelque chose.
– Non, je n'y crois pas, mais vu que je suis enceinte – je veux dire, qu'est–ce que ça pourrait être d'autre…
– Remus, répondit Zach d'une manière significative.
Tonks leva les yeux vers lui, confuse.
– Remus? Non, c'est impossible.
– Pourquoi est–ce impossible? demanda–t–il avec un scandaleux sourire. Je sais que vous, les Britanniques, n'êtes pas aussi torrides que les Espagnols mais vous avez certainement partagé un lit, non?
Les yeux écarquillés, Tonks déglutit et rougit légèrement.
– Oui… mais…
– Mais quoi?
– Zach, ça ne peut pas être arrivé comme ça. La lycanthropie rend impossible le fait de concevoir un enfant.
Zach fronça les sourcils.
– Non, ce n'est pas exactement ce que je sais de cette malédiction. C'est impossible pour lui d'avoir un enfant avec, pardonne–moi, Dora, un humain normal. Mais tu es différente.
– D'accord. Ok. Je pourrais être enceinte mais ça ne durerait pas. A la pleine lune, mon corps le rejetterait et je perdrais le bébé. Si j'étais un loup–garou, alors là, oui, Remus pourrait être le père. Mais je ne suis pas un loup–garou.
– Non, mais tu es une métamorphmagus.
Tonks cligna des paupières. Un frisson glacé courut le long de sa colonne, provoquant une vague de chair de poule à travers son corps.
– Qu'est–ce que tu veux dire?
Zach s'approcha d'un pas, en fixant son regard sur elle.
– Il y a quelque chose dans le sang de Remus qui le force à changer de forme à la lumière de la pleine lune. Et il y a quelque chose dans ton sang qui te permet de changer ton apparence à volonté. N'est–ce pas possible, même vaguement, que, quoi qu'il y ait dans ton sang qui te permette de te métamorphoser, ce soit similaire à ce qui le fait se transformer, lui?
Tonks ne pouvait plus parler. Ce que suggérait Zach était impossible. Zach se pencha plus près.
– Si j'ai raison, ton sang pourrait être compatible avec le sien. Peut–être que quand la lune était pleine, à la place de perdre le bébé, ton corps a changé pour… comment dire… s'accommoder au bébé?
La tête de Tonks tournoyait avec toutes ses possibilités. Elle examinait chaque détail de la dernière pleine lune dans son esprit, se souvenant de chaque élément du mieux qu'elle pouvait.
– J'ai été malade… durant la dernière pleine lune.
– Je ne t'avais jamais vu manger comme ça avant.
– De la viande crue.
– Exactemente.
– Et puis, à la maison…
Elle en eut le souffle coupé, sa main couvrit sa bouche.
– Quoi?
– J'ai été malade à la maison. Vraiment malade. J'ai vomi. Et après, quand je me suis regardé dans le miroir, je n'étais pas métamorphosée. Et la pièce semblait si petite. Et le feu si chaud.
Elle leva les yeux vers lui quand elle réalisa ce que ça impliquait.
– Oh, mon Dieu, Zach. Tu penses… Tu penses vraiment que…?
– Si. Vraiment. Je ne l'aurais pas mentionné si je ne croyais pas que c'était la vérité. Tu as dis cinq semaines, non? Cinq semaines, c'est proche de la St–Valentin.
Le cœur de Tonks manqua un battement.
– La nouvelle lune.
Elle déglutit avec difficulté.
– C'était la nouvelle lune… quand Remus est techniquement plus humain.
Tonks passa nerveusement ses mains dans ses cheveux.
– Oh, mon Dieu.
Elle ne pouvait pas rester en place, ses bras enveloppèrent son corps dans une tentative de rester calme.
– Oh, mon Dieu! Je fais quoi?
– Tu découvres que j'ai raison.
– Comment? Je ne peux pas le dire à Remus. Je n'oserais pas même lui suggérer une chose comme ça, à moins que je sache que c'est vrai.
– C'est pourquoi tu as besoin des cheveux de LaMont.
Elle baissa les yeux vers le flacon qu'elle tenait d'une main tremblante.
– Et je suis censée faire quoi de ses cheveux?
– Tu fais des analyses comparatives avec le bébé. Tu verras si c'est le père. Si ce n'est pas lui, alors tu sauras que c'est Remus.
C'était logique mais il y avait encore un problème.
– Et comment je suis supposé faire ces tests?
Zach s'humecta les lèvres en haussant les sourcils.
– C'est difficile mais il y a un moyen. Il y a une Sorcière Praticienne… dans l'Allée des Embrumes. Je lui ai demandé son aide quelques fois sur des cas délicats.
Tonks était stupéfaite.
– Une Sorcière Praticienne? Zach!
– Je sais que c'est illégal mais elle ne te fera aucun mal. Elle n'est pas mauvaise. Elle fait juste… les choses à sa manière.
Il mit une main sur son épaule.
– Ça coûtera pas mal d'argent mais elle peut faire les analyses pour toi.
– Tu parles de la magie du sang, hein?
– Tu connais un autre moyen?
Tonks exhala le souffle qu'elle avait retenu, incertaine de savoir si elle était prête pour cette extrémité. Toute la magie qui impliquait le sang était illégale selon la Loi des Sorciers. Les Moldus étaient connus pour coller des aiguilles dans leurs corps et utilisaient leur sang pour toutes sortes d'expériences. C'était dégoûtant et contre nature pour la communauté sorcière. Seuls les sorciers pratiquant la magie noire employaient du sang dans les potions ou pour les sortilèges. Tonks aurait de sérieux ennuis si elle était surprise à toucher à une telle magie. Elle pouvait perdre son boulot. Pire, elle pouvait être envoyée à Azkaban.
Elle n'avait aucun autre choix.
– Je vais le faire mais j'irai seule.
– C'est hors de question. Je ne peux pas te permettre de faire ça toute seule.
– Zach, j'apprécie ton inquiétude mais je ne veux pas que tu risques ton boulot pour moi. Ce n'est pas ton problème.
– J'ai été imprudent et je t'ai laissée seule avec lui. Si je me trompe alors je suis à blâmer.
– Zach, ce n'est pas ta faute, arrête de dire ça. De plus, tu as été d'une grande aide.
– Pas d'une aussi grande aide qu'il aurait fallu, sinon nous n'aurions pas cette conversation. Je vais aller dehors. Quelqu'un doit s'assurer que tu n'es pas suivie.
– Je ne veux pas que tu risques ta place pour ça. Tu vas avoir assez d'ennui quand ils réaliseront que les cheveux de LaMont ont disparu.
Zach eut un sourire narquois.
– C'est vrai.
– Alors, je vais où? Qui est cette Sorcière Praticienne?
– Son nom est Venoma. Petra Venoma.
A suivre…
Merci d'avoir lu jusque là. Si vous avez aimé ou même détesté, laissez-moi un petit message. N'oubliez pas de laissez votre adresse mail privée si vous n'avez pas de compte FFnet et que vous souhaitez une réponse.
Bisous
Falyla
