Misconceptions
Texte original : de la géniale Alphie...
Traduction : Fénice, en alternance avec Falyla.
Relecture de celui-là : Alixe et Falyla.
Allez, on vous laisse pour le chapitre des réponses aux questions – toutes les réponses, ou presque.
Chapitre 9
22 Mars 16h12
« J'en ai fini avec vous », annonça la voix féminine. « Vous pouvez vous rhabiller. »
Tonks se rassit doucement, sa robe serrée contre elle comme une protection. « Quand aurez-vous les résultats ? »
« Il y a beaucoup à étudier, mais le plus dur est fait. » Venoma jeta un regard à Tonks par dessus son épaule. « Ça va prendre du temps. Vous ne m'avez pas demandé un travail facile ». Sa voix était marquée par un accent étranger, et sa grammaire prouvait que l'anglais n'était pas sa langue maternelle, mais Tonks n'avait pas réussi à lui demander d'où elle était.
« Je peux attendre ici ? »
« Oui », sa voix sifflait, « si vous le souhaitez ». Elle pointa un doigt long et élégant vers l'entrée de l'établissement. « Mais s'il vous plaît, dans l'autre pièce. J'ai besoin de calme. »
Tonks acquiesça, passant la robe autour de ses épaules et la refermant autour d'elle. Elle se dirigea vers le rideau de perles qui constituait la seule barrière entre le laboratoire de Venoma et la salle d'attente – si on pouvait appeler ça comme ça. Au premier regard, Tonks avait pris l'endroit pour une boutique plutôt qu'un établissement médical. Dans un coin, il y avait un grand canapé rebondi, recouvert de velours rouge et de coussins décorés. Des livres, des bougies et un assortiment d'objets inhabituels remplissaient tous les recoins de la pièce. La plupart des choses étaient à vendre, et certaines annonçaient même des vertus médicales. La pièce était remplie de parfums puissants, des senteurs de fleurs sauvages à celles de l'ail. À la grande surprise de Tonks, des savons, des eaux de Cologne, des lotions étaient proposées, promettant une peau sans bouton ou un éclat de jeunesse éternelle.
Il ne fallait plus s'étonner de l'apparence de Petra Venoma.
En arrivant, Tonks s'attendait à rencontrer une vieille sorcière fripée, avec des cheveux gris emmêlés, des mains osseuses et des verrues. Elle avait eu face d'elle l'inverse. Petra Venoma avait une peau aussi laiteuse, blanche et douce qu'un bébé nouveau né. Sans défaut, sa peau n'était rosée, et de manière parfaite, qu'au niveau des joues. Ses cheveux brun chocolat, qui selon Tonks devaient lui arriver à la taille, était nettement tirés en une élégante couronne autour de sa tête. Elle portait une robe de tissu précieux et des bijoux et amulettes de toutes sortes couvraient son cou et ses poignets. Deux longs pendants d'oreille donnaient l'illusion que son cou était plus long et plus mince qu'en réalité. Elle ne ressemblait en rien à ce que Tonks avait imaginé d'une Sorcière Praticienne.
Son comportement aussi était différent. Elle avait été très douce et son apparente aisance avait calmé une partie des peurs initiales de Tonks. Par peur du résultat final, Tonks avait été prête à dire qu'elle n'avait besoin que d'un soin pour la peau et à essayer de repartir avant que la sorcière ne se pose des questions. Mais, Venoma n'avait pas été dupe et avait conduit Tonks dans l'arrière boutique pour un examen. Venoma lui avait assurée que ce serait facile, mais Tonks souffrait d'une réelle phobie des médecins, avant tout en raison du nombre de fois où, enfant, sa maladresse lui avait imposé de se faire soigner.
« La paternité n'est pas difficile à définir », assura Venoma. « Si vous avez du sang du père, ça sera rapide »
« Je n'ai pas de sang », expliqua Tonks. « Je n'ai que cela », dit elle en tendant la bouteille contenant des cheveux de LaMont.
« Hum, c'est plus difficile ».
« Pourquoi ? »
« Les cheveux ne sont pas une bonne source de ligne de vie »
« De quoi ? »
La magnifique sorcière regarda longuement Tonks dans les yeux. « Dans notre sang, on trouve notre ligne de vie, celle qui définit qui nous sommes. Elle combine deux lignes – un père et une mère. La ligne se retrouve dans toutes les parties de notre corps ; notre peau, nos os, et, oui, même nos cheveux. Mais c'est plus facile d'étudier la ligne dans le sang. » Elle souleva le flacon. « C'est très difficile de travailler avec des cheveux. Très peu de lignes dans les cheveux. »
« Mais on peut le faire ? » demanda Tonks mal à l'aise.
« Certainement. Ce n'est pas difficile à prouver la paternité ».
Tonks rougit légèrement. « En fait...heu... et si ce que je voulais, c'est prouver que cet homme n'est pas le père ? »
« Pas le père ? » répéta Venoma, en faisant rouler le flacon que Tonks lui avait donné entre ses doigts.
« Eh bien, ça pourrait être le cas. En fait... j'espère qu'il ne l'est pas. J'ai besoin de le savoir, avant de dire à mon...mon... Ecoutez, j'espère que le père est quelqu'un d'autre et je ne veux rien lui dire avant de savoir la vérité. C'est pour cela que je suis venue ici demander de l'aide.
Venoma eut un regard torve pour Tonks. « Donc, vous aimeriez que je prouve que ces cheveux n'appartiennent pas au père ? »
« Oui. »
Venoma hocha la tête, regardant le flacon dans sa main d'un air sceptique. « Ça serait plus simple si j'avais une ligne de l'homme que vous espérez être le père. Vous n'avez rien lui appartenant ? »
Tonks se rembrunit, soudain furieuse contre elle même de ne pas être passée chez elle avant pour prendre des cheveux de Remus sur sa brosse. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé ? « Non, je suis désolée. Je n'ai rien d'autre. »
D'un coup de langue, Venoma s'humecta les lèvres, qu'elle avait pulpeuses. « Alors mon travail sera plus difficile. Sachez que je ne serais peut-être pas capable de vous apporter une réponse définitive. »
Tonks acquiesça, espérant que, quelque soit la réponse que Vénoma pourrait lui donner, elle serait suffisante.
« Maintenant, déshabillez-vous et allongez-vous sur la table », ordonna l'étrangère.
Le noeud nerveux qui enserrait l'estomac de Tonks se renforça pendant qu'elle suivait les instructions. Venoma expliqua qu'elle allait retirer une ligne du bébé qui se développait dans le ventre de Tonks et lui assura que ça ne serait pas douloureux. Mais Tonks ne pouvait pas s'empêcher d'avoir peur que quelque chose se passe mal.
Elle ferma les yeux et écouta les paroles mélodieuses psalmodiées par la sorcière praticienne. C'étaient des mots étrangers – une langue qui sonnait comme venue du Moyen-Orient. Tonks ressentit une chaleur et un picotement au milieu du corps, juste en dessous du nombril. Son instinct lui disait de couvrir son ventre de ses mains mais Venoma lui avait recommandé de ne pas le faire. Tonks maintint donc ses mains le long de son corps, serrés en poing. Ça ne prit que quelques instants mais Tonks eut l'impression que ça durait l'éternité.
Quand elle ouvrit les yeux, Venoma tenait un petit flacon de sang. Elle dit à Tonks que tout s'était bien passé et qu'elle pouvait se rhabiller. Il ne lui restait plus qu'à attendre.
Tonks se rassit sur le sofa spongieux ses genoux remontés sous son menton, comme une petite fille, les bras enroulés autour de ses jambes. Elle ferma les yeux et soupira profondément, espérant de tout son coeur que les choses finissent par s'arranger. Elle souhaitait que Remus comprenne d'une façon ou d'une autre. Elle aurait aimé qu'il soit là maintenant pour qu'elle ne se sente pas si petite et seule.
La clochette sur la porte signala que quelqu'un entrait dans la boutique. Tonks ferma les yeux très serrés, décidée à l'ignorer qui qu'il soit, et cacha son visage dans le creux de ses genoux. Elle entendit des pas s'approcher d'elle et un léger rire juste après.
« Tu as l'air d'une toute petite fille quand tu t'assois comme ça. »
La voix familière réveilla immédiatement l'attention de Tonks. Elle leva les yeux vers lui, totalement surprise, rendue muette par son apparition.
« Je me sens très vieux quand tu arrives à avoir l'air si jeune, tu sais. »
« Qu'est-ce que tu fais là ? » elle demanda avec un peu d'hésitation.
« Est-ce que ça ne devrait pas être moi qui te pose cette question ? »
Elle s'humecta les lèvres et détourna les yeux ; elle ne savait pas comment lui dire... ou même si elle était prête à lui dire maintenant. Mais, comme il était là... est-ce que ça voulait dire qu'il savait ? « Comme savais-tu que j'étais là ? » demanda-t- elle d'une petite voix.
Remus prit une grande inspiration et s'assit à côté d'elle sur le sofa. « On dirait que nous nous posons chacun des questions auxquelles l'autre n'a pas envie de répondre. » Il fit une pause assez longue pour que Tonks finisse par le regarder avec inquiétude. « Garcia m'a dit où tu étais. » Sa bouche s'ouvrit du choc. « Et avant que tu t'énerves contre lui pour m'avoir donné quelques informations, je pense que tu devrais savoir que je ne lui ai pas laissé beaucoup de choix. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Je... eh bien... » Remus passa une main nerveuse dans ses cheveux. « J'ai entendu par hasard votre conversation au Chaudron baveur. J'étais dans l'alcôve derrière la vôtre. »
Tonks se mit à ronger ses ongles. « Alors... tu sais..; je veux dire..;? »
« Oui, je sais. »
Son menton trembla alors qu'elle repoussait ses larmes. « Oh, Merlin. Ce n'était pas comme cela que tu devais l'apprendre. »
« Crois-moi, Tonks, j'aurais préféré que tu me le dises. J'ai entendu qu'une partie de votre conversation et je n'ai pas tout compris. Du coup, j'en ai tiré mes propres conclusions, plutôt énervantes. »
« Je ne comprends pas. Tu m'as entendu dire que j'étais – que je suis – enceinte. » Elle avait toujours du mal à dire le mot.
« Oui, j'ai entendu ça », confirma-t-il, ses yeux involontairement se fixant sur son ventre. « Je t'ai aussi entendu dire qu'il n'était pas de moi. À cause de la nature du reste de votre conversation, j'ai fait l'erreur terrible de croire que toi... et Garcia... »
Tonks fronça les sourcils. « Tu as cru que j'avais une liaison? »
Remus hocha la tête, très solennel.
Tonks se tourna vers lui, laissant tomber ses pieds sur le sol avec un fracas coléreux.
« Remus ! Comment as-tu pu penser ça ? Jamais, je n'aurais... »
Remus leva une main en guise de défense. « Je ne savais rien de LaMont. Tu ne m'as jamais dit ce qui c'était passé cette nuit-là. Et toi même, tu disais qu'il ne pouvait pas être de moi, il fallait bien que je suppose qui était le père. »
« Mais Zach ? » elle insista d'un air incrédule. « Comment as-tu pu penser que je ferais une chose pareille ? »
« Je l'ai entendu dire que vous aviez passé une nuit ensemble. Je l'ai même entendu admettre que c'était au moins autant de sa faute que de la tienne. Enfin Tonks, je refuse de croire que tu ne sais pas quels sentiments il a pour toi. »
« Quels sentiments ? »
« Oh, ça suffit, Nym, cet homme est amoureux de toi ! »
Tonks laissa échapper un cri de surprise. « C'est mon ami ! »
« Il est peut-être ton ami maintenant, mais si je n'existais pas je suis sûr qu'il serait bien plus. »
« Mais ce n'est pas le cas ! » insista-t- elle .
« Oui, j'ai compris ça maintenant. Je suis prêt à admettre que je me suis terriblement trompé. Mais jamais je ne serais arrivé à cette conclusion si tu m'avais parlé de LaMont dès le début. »
« Je ne pensais pas que c'était important ! Honnêtement! »
Remus ne dit rien pendant un moment. « Malgré tout, tu aurais dû m'en parler. »
« Et toi, tu aurais dû dire quelque chose tout à l'heure au Chaudron baveur. Tu aurais dû me dire que tu nous avais entendus. »
« Nous avons eu tous les deux tort », dit- il doucement, prenant sa main. « Pardonne-moi. Jamais plus je ne douterais de toi ».
En croisant son regard, les larmes commencèrent à couler le long de ses joues. « Je suis désolée de ne t'avoir rien dit. Je ne voulais pas que tu saches. J'étais tellement gênée. » Elle se recroquevilla à côté de lui, posant sa tête sur son épaule et glissant ses pieds sous ses propres cuisses.
Remus la prit sans ses bras, l'attirant contre lui et l'embrassant sur les cheveux. « Je t'aime Nymphadora Tonks. Je t'aime plus que je n'ai jamais aimé quiconque de toute ma vie. Rien n'y fera, aucune mission ne pourra terminer assez mal pour changer ça – aussi gravement puisses-tu être blessée. Je crois que ce qui m'a fait le plus de mal c'est de découvrir que tu aies pu vivre quelque chose d'aussi terrible et traumatisant – et que tu ne te sois pas sentie assez à l'aise pour m'en parler. »
« Je suis désolée », elle grogna contre son épaule. « J'avais peur que tu me juges ou que tu sois désolée pour moi ou... quelque chose comme ça. Je ne sais pas exactement ce que j'imaginais. Je voulais juste que tu ne saches pas que j'avais pu échouer à ce point. »
Remus lui caressa tendrement les cheveux. « Ma chérie, ce n'était pas de ta faute. »
« Mais si. J'aurais dû faire plus attention. J'aurais jamais dû le laisser me droguer. J'ai été tellement stupide ! » Elle pleurait maintenant sans aucune retenue, renforçant encore sa colère contre elle-même. Elle détestait pleurer et elle était là, à sangloter comme un bébé. « J'en fais un bel Auror ? La maladresse, c'est une chose, mais là, c'était de la négligence, pure et simple. J'aurais dû aller voir un médicomage. J'aurais dû prendre les choses en main. »
« Quelles choses ? » demanda Remus avec un peu d'inquiétude dans la voix.
« J'aurais dû me rendre compte tout de suite que j'étais enceinte. Je te le jure, Remus, » elle ajouta, leva des yeux résolus vers lui. « Je n'ai pas cru possible que ça soit arrivé. Je l'aurais su, non ? J'aurais ressenti quelque chose, remarqué quelque chose. »
« Garcia m'a dit la même chose. Il m'a dit que tu étais convaincue que LaMont n'avait pas pu te violer. »
Tonks inspira violemment en entendant le mot. « Il y a deux semaines, je t'aurais dit qu'il ne m'avait pas... mais maintenant... » Ses bras s'enroulèrent autour de sa taille. « C'est possible que ce soit lui. Mais Zach dit qu'il pense que le bébé peut être de toi... » Elle s'arrêta là, se demandant si Remus savait ça. « Il t'a parlé de ça, non ? »
« Oui, il l'a fait. Je dois dire que je suis totalement sidéré par l'idée elle-même. »
« Mais ça serait possible ? » demanda-t-elle avec optimisme.
« Je n'en sais rien », répondit-il avec honnêteté.
Remus l'observa alors qu'elle cherchait des mots capables de retranscrire ses sentiments. Elle était perdue. Dans la confusion et la panique qu'elle ressentait, il était difficile de s'accrocher à ce minuscule espoir que l'enfant puisse être de Remus. Lui expliquer ça d'une façon qu'il puisse entendre paraissait impossible.
« Je ne sais pas quoi faire », finit-elle par admettre. « Je suis tellement perdue. Ce que je voudrais... même ce que je ne veux pas... »
« Tu parles du bébé ? » demanda Remus.
De nouvelles larmes glissèrent sur ses joues lui interdisant de cacher plus longtemps ses propres désirs. Elle se sentait coupable d'avoir de telles pensées mais elles étaient là, bien réelles, et elle ne pouvait plus simplement les refuser. « Oui » elle murmura. « Je ne sais pas si je peux... je ne peux pas... »
« Tonks », dit la voix de Remus, essayant de la sortir de ses pensées. Elle ne leva pas la tête et il plaça un doigt sous son menton pour lui relever le visage. « Nymphadora. » Elle le regarda et fut surprise d'être accueillie par un léger sourire. « Avant que nous continuions, tu dois savoir quelque chose. »
Elle déglutit, craignant le pire. La raison pour laquelle elle avait attendu pour parler à Remus de tout cela était qu'elle ne se sentait pas prête à l'affronter. Si le bébé était le sien, alors il n'y aurait plus de problème. Mais la probabilité la plus forte était qu'il ne soit pas de lui. Comment prendrait-il une telle nouvelle ? Qu'elle pourrait être leur relation si Remus n'était pas le père du bébé qu'elle portait ? Tonks avait imaginé plusieurs scénarios, mais tous finissaient mal. Elle se mettait à sa place. S'il avait fait un enfant avec une autre femme, comment l'aurait-elle pris ?
Mais c'est différent. Je n'ai pas fait exprès.
Elle s'humecta les lèvres et courageusement, elle affronta son regard, attendant qu'il explique ce qu'il avait sur le coeur.
« Ça m'inquiète de t'entendre dire que tu aurais pris les choses en mains », dit Remus d'une voix très basse. « Les implications... m'effraient. C'est ton droit, bien sûr. Si c'est ce que tu veux, une fois que nous aurons toutes les informations, alors je me rangerais à ta décision. Néanmoins, je veux que tu saches que je t'aime… et que j'aimerais tout ce qui viendra de toi... de la même façon que toi, tu m'aimes, avec ma lycanthropie, etc... »
Tonks fit la moue, incapable de croire ce qu'il essayait de lui dire. « Je t'aime. Je t'aime vraiment. Mais ça n'a rien à voir. »
« Non, écoute-moi. Je dois dire ça et je crois que tu as besoin de l'entendre ». Il prit une grande inspiration alors qu'il rassemblait ses pensées. « Ça fait un moment que tu réfléchis à tout ça maintenant, j'en suis sûr. Moi, je viens juste de commencer à y penser, mais je pressens déjà que... je ne sais même pas comment appeler ça. Une connexion ? Je sais que je veux une famille avec toi, Nym. Quoi que dise ce test aujourd'hui, j'espère... de tout mon coeur... que tu me laisseras être le père de cet enfant. »
De nouvelles larmes accueillirent ses paroles. « C'est tout ce que je désire, moi aussi », elle sanglota. « Mais si ce n'est pas le tien ? »
« C'est le mien », dit-il en prenant sa main dans la sienne. « C'est le mien ».
Tonks se mordit la lèvre. « Mais LaMont... »
« Je m'en fiche. » Il se pencha en avant. « combien de fois m'as-tu dit que tu te fichais de ma lycanthropie ? Eh bien, moi, je me fiche du résultat de ce test. C'est la même chose, Nym. »
« Tu ne veux même pas savoir la vérité ? »
Remus sourit. « J'admets que j'ai un peu plus qu'une légère curiosité. Mais quelque soit le résultat, ça ne change rien à ce que je ressens maintenant. Je t'aime, » affirma-t-il, la serrant encore plus fort contre lui. « Je veux une famille. Je veux être père. Et j'aime déjà cet enfant. »
Elle s'effondra contre lui dans un sanglot. Il l'attira dans ses bras, la serrant très fort. Il l'embrassa ses cheveux sur sa tempe, sa joue, puis trouva ses lèvres. Elle lui rendit son baiser avec toute l'émotion qu'elle ressentait. Ce n'était pas une étreinte passionnée, mais c'était profond et plein de sens, quelque chose qu'eux seuls pouvaient comprendre. Ils restèrent là pour presque une éternité, serrés l'un conte l'autre dans leur étreinte.
« Ne vous dérangez pas pour moi », dit la voix épaisse de Petra Venoma.
Ils ne séparèrent lentement, reprenant leur respiration avant de se tourner vers la praticienne. « Vous avez fini ? » demanda Tonks, essuyant une larme sur sa joue.
Venoma acquiesça et traversa gracieusement la pièce. « Malheureusement, je n'ai pas la réponse que vous désirez. »
Tonks sentit son estomac s'alourdir, comme s'il allait tomber sur le sol.
« L'échantillon que vous m'avez donné n'est pas bon. Aucune racine dedans. »
« Qu'est-ce que ça veut dire ? »
Venoma prit un cheveu de sa propre tête et fit signe à Tonks de regarder. « Vous voyez la racine, c'est là que je trouve une ligne de vie. Le cheveu que vous m'avez donné n'avait pas de racine. Je n'ai pas pu trouver de lignes de vie pour vous. »
« Oh, je vois » dit Tonks, déçue. Elle regarda Remus qui lui sourit tristement.
« Par contre l'échantillon que j'ai pris de votre utérus », reprit Venoma, « je l'ai trouvé très intéressant. »
Remus comme Tonks retournèrent toute leur attention vers la sorcière praticienne. « Comment ça intéressant ? » demanda Remus.
« Dites-moi, cet homme que vous pensez le père de l'enfant, c'est un transformant ? Pas un animagus mais plutôt un...un... »
« Metamorphomage ? » termina Tonks.
« Oui », confirma Venoma avec un sourire élégant.
« Non, c'est moi. Je suis métamorphe ».
Venoma rit. « Vous auriez dire ça avant que je fasse mes recherches. Je ne comprenais pas ce que je voyais. Maintenant je comprends. »
« Est-ce que ça veut dire que le bébé sera métamorphe ? » articula Remus.
« D'après ce que j'ai pu voir, je crois. Oui. » Le sorcière praticienne se détourna légèrement avant d'ajouter. « Je ne comprends toujours pas cependant la sensibilité à la lumière de la lune, mais ça n'a rien d'inquiétant pour autant. »
Remus et Tonks échangèrent un regard sidéré. « Excusez-moi » dit Remus en se levant, « une sensibilité à la lumière de la lune.. qu'est-ce que vous voulez dire ? »
Venoma parut surprise de la question. « Je veux dire qu'il y a une sensibilité à la lumière de la lune. Qu'est-ce que vous allez imaginer ? »
« Est-ce que c'est de nature lycanthropique ? »
Venoma tourna son regard vers Tonks. « Vous êtes aussi un loup-garou? »
« Non », dit Remus en faisant un pas en avant. « Je le suis. »
Les yeux bleus de la sorcière praticienne allèrent de Tonks à Remus. « Une métamorphe et un loup-garou... ça, c'est intéressant. » Ses yeux se fixèrent sur Remus. « C'était un de vos cheveux ? »
« Non mais je serais heureux de vous en donner un ».
« Je préfère du sang », répondit-elle l'air de rien.
Sans marquer de pause, Remus releva sa manche et lui tendit le bras. Tonks se leva, sidérée. Remus montrait très rarement sa peau à qui que se soit, sans parler d'un inconnu. Son corps était marqué et couturé par des années de transformations sans l'aide de potion tue-loup. Bien que son bras ne porte aucune cicatrice majeure, les marques sur sa peau ne laissaient pas la place au doute.
Ce n'était pas la seule raison pour laquelle la réaction de Remus surprenait Tonks. Le sang de loup-garou, comme le sang de toute créature des ténèbres, était considéré comme un bien précieux par ceux qui frayaient avec la magie noire. Pour cette raison, comme pour d'autres plus personnelles, Remus était toujours prudent à qui il révélait son identité. Et pourtant, il venait de librement offrir son sang à une sorcière qui connaissait la vérité sur la malédiction qui pesait sur lui.
« Votre main suffira », dit Venoma avec un petit rire. Prenant la main de Remus, Venoma entailla sa paume et laissa le sang former une petite mare.
« Seulement ce qu'il faut pour le test », intervint Remus.
Venoma eut un sourire tordu quand elle retourna la main et vida le contenu avec précaution dans un flacon. D'un coup de baguette magique, elle scella le flacon avant de revenir à l'entaille de Remus qu'elle guérit rapidement et sans effort. Avec un signe de tête de remerciement, Venoma tourna talons et retourna derrière le rideau de perles qui cachait son laboratoire.
« Tu n'avais pas à faire ça », dit Tonks en lui prenant la main et en traçant une ligne dans sa paume.
Remus la fixa pour dire : « Si, je devais le faire. »
Tonks eut un sourire entendu et l'enlaça. « Je croyais que tu avais dit que tu te fichais du résultat. »
Elle sentit Remus hausser les épaules.
« J'ai menti ».
Ndt (Fénice) : Je suis bien contente d'avoir eu ce chapitre à traduire, ne serait-ce que pour cette dernière phrase où Remus laisse un peu tomber son air de donneur de leçons...lol... Bon, il reste quand même assez de questions pour tenir trois autres chapitres, ne vous inquiétez pas !
