Auteure : Alphie

Traductrices : Fenice et Falyla

Paring : Remus Lupin/Nymphadora Tonks

Rating : T

Disclaimer : Les personnages de cette histoire appartiennent à JK Rowling. L'intrigue de cette fic, ainsi que les personnages OC sont à Alphie. Nous revendiquons la traduction et nous assumons pleinement son adaptation francisée si le besoin s'en fait sentir.

Où trouver cette fic : ici même, sur Ffnet, voir le lien dans le profil.

Etat d'avancement de la fic : Terminée, elle comporte 12 chapitres.

Merci à Fenice et à Vif d'Or pour leur relecture attentive et leurs sages remarques.

Note de la traductrice : Je sais, je suis en retard mais ce sont les vacances alors forcément… Le 12ème et dernier chapitre vous sera livré par Fenice… euh… quand elle aura un peu de temps. Eh oui ! Ce sont les vacances pour elle aussi.

Quant à moi, je vous remercie tous et toutes d'avoir suivi cette jolie histoire avec nous et de nous avoir encouragées pendant cette traduction commune.

Chapitre 11

15 avril, 17h08

Debout en face du miroir en pied, Tonks ajusta ses habits pour ce qui lui semblait être la centième fois. Elle pivota sur le côté, vérifiant et revérifiant la façon dont son pull tombait sur son ventre. Elle souleva légèrement les épaules, dans l'espoir de détourner l'attention du volume qu'avaient pris ses seins récemment. Satisfaite, elle tira un peu sur son jean, les remontant plus haut sur ses hanches, ce qui était difficile puisqu'elle n'avait presque plus de hanches. Malheureusement, le remonter plus haut qu'il ne devait l'être n'avait fait qu'augmenter la taille de sa poitrine. Elle lâcha un lourd soupir, baissant les épaules en signe de défaite.

- Es-tu enfin prête ? Nous allons être en retard, fit Remus en entrant dans la salle de bain.

Tonks fronça les sourcils en voyant son reflet, tirant encore sur l'ourlet de son T-shirt.

- Ça ne va pas.

- Nym, tu es très bien.

- C'est mon bide, dit-elle en tirant une nouvelle fois sur son jean.

- Je te l'ai dit, tu n'as pas encore de ventre, rétorqua Remus en s'approchant d'elle pour l'examiner plus attentivement.

- Si, j'en ai un ! s'exclama-elle avec un regard ébahi, en soulevant son pull pour lui montrer son ventre légèrement arrondi.

Remus sourit.

- Ce n'est pas du ventre ça, mon amour. On dirait plus que tu as… trop mangé.

Tonks lui jeta un regard exaspéré.

- Merci.

Remus gloussa et glissa ses bras autour d'elle par derrière en posant ses mains sur son abdomen.

- Pourquoi tu t'en inquiètes, de toute façon ? Je pensais que tu avais dit que tu te fichais de prendre du poids.

- En principe, c'est vrai, confirma-t-elle, en mettant ses mains sur les siennes. Mais mes habits ne tombent pas bien et c'est tellement… évident. Si ce n'était que le ventre, ça irait mais non. Je veux dire, regarde mes seins.

Remus eut un sourire affecté.

- A ce qu'il me semble, c'est une paire de seins parfaite. Je ne vois pas ce qui ne va pas avec eux.

- Non, bien sûr que tu ne vois pas.

Elle examina à nouveau son reflet.

- On dirait qu'ils ont subi un sortilège d'engorgement qui a mal tourné.

Remus rit.

- Et alors ?

Tonks se tourna dans ses bras.

- Alors, ils vont tous le remarquer.

- Tu es une métamorphe. Personne n'y pensera deux fois si tu as l'air différente.

- Mais si, ils y penseront et ils sauront, Remus. Je n'ai pas pour habitude d' « augmenter » certaines parties de mon corps. Du moins, pas depuis que j'ai passé l'âge de quatorze ans.

- Considérant que nous allons leur dire de toute manière, je ne vois pas où est le problème.

- Au premier coup d'oeil, ils sauront et je ne veux pas qu'ils sachent comme ça. Je veux le leur dire moi-même.

Elle se dégagea et reprit ses simagrées avec ses vêtements.

- Eh bien, mets un plus grand pull, offrit Remus.

Tonks grimaça.

- Très bien, alors enfile une robe de sorcier.

- Ah, ouais, parce que me montrer à un dîner décontracté habillée en robe traditionnelle ne serait pas une magnifique preuve qu'il y a anguille sous roche ?

Remus soupira de frustration en s'effondrant contre le lit.

- Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse, Nym ? C'était ton idée d'attendre quelques semaines pour leur parler du bébé. Alors nous avons attendu quelques semaines et maintenant tu as…

- Du bide, répliqua Tonks en y passant sa main.

- Juste un petit bidon, corrigea Remus.

- Et des gros nichons, ajouta-t-elle.

Remus secoua la tête.

- Un peu mais, même si c'est le cas, je te jure que tu n'as pas l'air enceinte, tu peux me croire.

- Tu me vois tous les jours. Le changement est progressif pour toi. Mais pour ma mère… ou Molly… Elles ne vont voir que ça.

Remus se couvrit les yeux avec ses mains.

- Franchement, tu n'as pas l'air enceinte !

Il se leva et se dirigea vers elle.

- Ecoute, si tu avais un ventre aussi énorme que tu croies que tout le monde va remarquer, comment pourrais-tu encore boutonner ton jean ?

Tonks déplaça son poids sur son autre jambe.

- Eh bien, il ne me va pas. Du moins, pas comme d'habitude.

Remus se contenta de hausser ses sourcils en réponse.

- Tu jures que ça ne se voit pas ?

Mettant une main sur son cœur et levant l'autre comme s'il prêtait serment, Remus déclara :

- Je jure solennellement que tu es aussi belle que d'habitude.

Tonks hocha la tête.

- D'accord, mais si ça rate, je t'en tiendrai pour responsable.

- J'assume l'entière responsabilité de ta grossesse, même s'il faut être deux pour danser le tango.

Ses sourcils remuèrent à cette allusion.

- Ah, les hommes, marmonna Tonks, en lui donnant un coup sur le bras. Maintenant, allons prendre nos capes.

17 h 19, le même jour.

Remus frappa à la porte du Terrier, offrant ainsi à Tonks une autre occasion de faire un dernier ajustement à ses vêtements.

- Arrête ça, fit Remus sans même la regarder. Si tu continues à gigoter dans tes habits, c'est certain qu'ils se méfieront.

La porte s'ouvrit avant que Tonks ne puisse répliquer. Molly les salua avec un large sourire. Elle les pressa d'entrer, demandant à son mari de prendre leurs capes. Remus les tendit à Arthur, profitant d'un instant pour le prendre à part et lui poser l'indispensable question. Tonks s'efforça d'afficher un sourire désinvolte tandis qu'elle essayait d'écouter la conversation chuchotée derrière elle.

- Est-ce qu'Andromeda et Ted sont là ?

- Oh, oui. Ils sont là depuis environ dix minutes. Vous êtes en retard au fait, le réprimanda Arthur.

- Oui, bon…

Remus marmonna quelque chose que Tonks ne comprit pas mais elle était certaine que c'était à propos du cirque qu'elle avait fait avec ses vêtements.

- Alors tu ne l'as dit à personne, hein ?

- Non, non. Je te l'avais promis.

- Bien. Elle veut s'assurer que tout est fait correctement.

- Et tu n'as vraiment rien dit à ses parents ? Tu n'as jamais parlé à Ted… à propos…

Tonks entendit Remus grogner.

- Non et merci, j'ai le trac maintenant.

Arthur rit et lui tapota le dos avant de s'éloigner pour suspendre les capes. Remus avança vers elle avec raideur.

- Tu sais, j'aurais vraiment dû parler à ton père avant que nous fassions ce genre d'annonce.

- Pourquoi ? Ce n'est pas comme s'il pouvait réellement dire non.

Le regard de Remus s'abaissa vers elle.

- Oh, bien sûr qu'il peut !

Tonks secoua la tête et roula des yeux à cette idée.

- Nous vivons ensemble, Remus. Tout le monde, mes parents compris, sait que nous entretenons une relation. Etre mariés, dit-elle d'une voix plutôt basse, ne sera pas si différent.

- C'est sa réaction en voyant ton bidon qui m'inquiète le plus.

Elle écarquilla les yeux.

- Tu as dit que je n'en avais pas !

- Chuuuuuut, la pressa-t-il tandis qu'Andromeda s'approchait d'eux.

- Nymphadora ! Vous êtes là ! s'exclama sa mère en l'enlaçant. Je me demandais si tu serais là ce soir. Tu te caches depuis des semaines.

Tonks sourit, essayant de donner le change.

- Je ne me cachais pas, c'est juste que j'étais… occupée.

Andromeda renifla d'un air sceptique et écarta sa longue chevelure de son visage pour regarder plus attentivement sa fille.

- J'aime bien ce pull, dit-elle en posant une main sur l'épaule de Tonks. Mais, ma chérie, tu ne penses pas que c'est un peu trop large ? Ou tu essaies intentionnellement d'augmenter tes courbes ?

Elle gloussa lorsque les joues de Tonks rougirent pour s'accorder à la couleur de ses cheveux.

- Tu sais, poursuivit Andromeda, tu as déjà attrapé Remus. Tu n'as pas besoin de continuer à sauvegarder les apparences, à moins que…

Son regard se déplaça vers Remus.

- … à moins qu'il n'insiste.

Elle tapota son bras familièrement.

- Alors, comment ça va, Remus ?

La face de Remus rougit autant que celle de Tonks.

- Je vais très bien, merci. Et Ted ?

Andromeda fronça les sourcils.

- Très bien, merci. Pourquoi tu es si formel tout à coup ?

- Oh, je… je… et bien…

- Et si bégayant aussi ? rit Andromeda. Vous vous comportez de façon si étrange tous les deux. Ça me fait penser que vous manigancez quelque chose et, vous connaissant, ce n'est pas bon signe.

- On ne manigance rien, assura Tonks. On est là… pour dîner tout simplement. Je suis affamée.

Sa mère haussa un sourcil.

- J'ai sauté le repas de midi.

- Vraiment ? demanda Remus, en la regardant avec surprise.

Tonks afficha un sourire sur son visage, en espérant que Remus laisserait passer ça pour une fois. Elle n'avait manqué aucun repas mais elle pouvait difficilement expliquer à sa mère qu'elle mangeait comme une ogresse depuis des jours sans renoncer à la surprise.

Souhaitant éviter autant que possible que cette inconfortable conversation se poursuive, Tonks tira sur le bras de Remus en prétendant qu'elle voulait vraiment trouver un truc à boire. Remus suivit de bon gré, en s'excusant poliment auprès d'Andromeda lorsqu'ils s'éloignèrent.

- C'était chaud, murmura-t-elle.

- Ne m'en parle pas. J'ai vraiment besoin d'un verre.

- Moi aussi, le taquina-t-elle, sachant parfaitement qu'elle ne pouvait consommer d'alcool dans sa condition actuelle.

Elle ne voulait prendre aucun risque avec cette grossesse, alors une bièreaubeurre n'était même pas envisageable.

Comme pour la contrarier, ils rencontrèrent le clan entier des plus jeunes Weasley en train de se servir dans l'assortiment sans limite de bouteilles à la table des boissons.

- Remus… Tonk ! Si ma mémoire est bonne, c'est vin rouge et whisky Pur Feu ? s'enquit Fred en leur tendant des verres. Ron a apporté un excellent Old Ogden.

Tonks s'éclaircit la gorge.

- Je pense que je vais m'en tenir à l'eau ce soir.

- De l'eau ? grimaça George. C'est une fête, Tonks. Tu ne peux pas porter de toast avec de l'eau.

Immédiatement, ses yeux s'écarquillèrent.

- Un toast ? Qui a dit qu'il y avait quelque chose à célébrer ?

Ginny lui donna un coup de coude.

- Une bonne nouvelle arrive, chuchota-t-elle.

- T'inquiète, Gin, fit George.

Fred sourit largement et il se plaça entre Ginny et son fiancé Harry, les bras posés sur leurs épaules.

- Tu vois, Harry et Ginny, ici présents, ont une petite annonce à faire.

- Vraiment ? fit Tonks.

- Ah bon ? demanda Harry en regardant Ginny. Oh oui, en effet, corrigea-t-il lorsqu'elle fronça les sourcils vers lui.

Il jeta un œil autour de lui.

- Maintenant ? Je devrais le faire maintenant ?

- Ouais, comme ça, ça sera fait, répliqua George avant d'attirer l'attention de tous. Oyez, oyez. Mon adorable sœur et son fringant fiancé aimeraient dire quelques mots.

Tous se turent et tous les yeux se fixèrent sur Harry et Ginny. Harry prit la main de Ginny avec un sourire.

- Gin et moi souhaiterions que tout le monde sache…

Harry fit une pause et Tonks sentit son estomac se soulever devant toutes les options possibles.

- … que nous avons trouvé une maison ! termina Harry alors que la pièce entière se confondait en félicitations et en bons vœux.

- C'est à Pré-au-Lard et c'est absolument charmant, ajouta Ginny.

- Oh, bien sûr, vous n'y emménagerez pas avant d'être mariés, fit remarquer Molly d'une voix pleine de sous-entendus.

Ginny leva les yeux au ciel en signe de protestation.

- Harry va aller vivre là-bas et je m'y installerai juste après le mariage.

Tonks devint cramoisi à ce commentaire. Remus prit sa main pour la réconforter et lui murmura à l'oreille :

- N'y pense même pas.

- Penser à quoi ?

- Notre situation est totalement différente de la leur, alors quoique tu penses, j'insiste pour que tu cesses.

- J'étais en train de penser… que nous devrions faire la nôtre, d'annonce.

Remus lui sourit, fou de joie.

- Absolument.

Il se retourna et regarda anxieusement les visages de toutes les personnes présentes dans la pièce, ses yeux s'attardant sur Ted et Andromeda.

- Puisque nous sommes tous d'humeur à faire des annonces, Tonks et moi avons la nôtre.

- Ouais, Fred et moi, aussi, l'interrompit George, en lui volant l'attention.

- C'est vrai, fit Fred. Nos affaires crèvent le plafond.

- Et nous avons encore plus de commandes maintenant que jamais.

- Et on ne parle pas de succursales supplémentaires. On veut dire qu'on va s'étendre au commerce international.

De nombreux encouragements et félicitations fusèrent pour les jumeaux.

- C'est… incroyable, bredouilla Remus en tentant d'offrir ses propres louanges. Fred, George, vous devez être…

Mais avant qu'il ne puisse ajouter un mot de plus, Ron s'avança.

- On dirait que toute la famille a de bonnes nouvelles ce soir. Loin de moi l'idée d'être laissé de côté.

Il sourit d'une oreille à l'autre.

- Je vais intégrer l'équipe. Vous avez devant vous le tout nouveau Poursuiveur et assistant capitaine des Canons de Chudley.

A cette annonce, tout le monde dans la pièce, exceptés Tonks et Remus, rugirent de contentement. Hermione planta un baiser sur la bouche de Ron, ce qui le fit fortement rougir. Tonks avait l'impression qu'elle était en train de s'enfoncer dans le sol, et ça ne la réconfortait pas beaucoup de voir que Remus se forçait à sourire. Ils se dévisagèrent avec incrédulité.

- Oh, c'est tout simplement magnifique, dit Molly, en regardant sa famille d'un air radieux. Tout va si bien pour tout le monde. Et avec Arthur… oh, mon chéri… tu veux leur dire ou je le fais ?

Tonks n'arrivait pas à imaginer ce qui pouvait encore arriver. Elle se pencha vers Remus.

- S'il devient Ministre de la Magie, je suis sûre que je vais vomir.

Arthur regarda autour de lui, l'air heureux.

- Je n'ai jamais pu surenchérir sur mes propres enfants, maintenant, je peux. Moi aussi, j'ai eu un peu de chance au travail et j'ai obtenu une promotion en tant qu'officier de liaison auprès du Premier Ministre moldu.

Des cris de joie emplirent la pièce tandis qu'une fois de plus Tonks et Remus essayaient de paraître aussi enjoués que les autres. Ce n'était pas comme s'ils n'étaient pas heureux pour les Weasley. Si quelqu'un méritait bien un peu de chance, c'était bien eux. Mais ce soir-là était censé être une grande soirée pour Tonks et Remus. Et comme c'était parti, ça devenait une grande soirée pour tout le monde, ce qui rendrait presque leur propre annonce moins importante.

Tonks sentit ses jambes s'affaiblirent un peu et elle s'affala dans le sofa. Remus fit de même.

- Tu veux toujours leur dire ? demanda-t-il.

Avant qu'elle ne puisse répondre, la voix de son père retentit.

- Tu voulais dire quelque chose, Remus ? Tu as dit que Nymphadora et toi aviez une annonce à faire.

Remus leva les yeux.

- En effet, c'était le cas. Enfin, c'est toujours le cas. C'est…

Il dévisagea Tonks avec hésitation. Tonks balaya l'air avec sa main.

- Oh, et puis merde ! Qu'est-ce que ça peut bien faire ? Je suis enceinte et on va se marier.

La nouvelle ne rencontra que le silence.

- C'est tout ? demanda Andromeda à Tonks. Mais c'est du réchauffé. On le sait depuis presque deux semaines, n'est-ce pas, Ted ?

- Effectivement, approuva-t-il. D'autres nouvelles ?

Tonks écarquilla les yeux.

- Vous saviez ? Mais comment ?

- Et bien, Molly nous l'a dit, répondit sa mère.

- Molly ? répéta Tonks.

- Arthur, tu avais promis que tu ne lui dirais rien ! s'insurgea Remus.

- Je ne lui ai pas dit un mot, je le jure.

- Alors, comment… ?

- C'est ce séduisant jeune gars avec qui tu travailles au Ministère, expliqua Molly. Il me l'a dit.

- Zach ? Mais je lui ai dit de ne pas en souffler un mot en dehors du travail.

- Et il ne l'a pas fait. Je l'ai entendu en parler à Arthur quand je suis venue lui rendre visite pour le déjeuner un jour. J'étais dans le bâtiment, alors techniquement, c'était en dehors du travail.

- Mais ce n'est pas ce que je voulais dire, fit Tonks, exaspérée.

Elle cherchait les visages de tous dans la pièce.

- Alors, tout ce temps… vous saviez. Nous avons essayé de garder ça secret et vous… vous saviez tous ?

A côté d'elle, Remus émit un gloussement.

- Je crois qu'ils nous ont eus.

Il sourit largement.

- Et je vais émettre une hypothèse au hasard, mais je parie qu'Arthur n'a pas obtenu de promotion.

- Pas du tout, rétorqua le plus vieux des sorciers présents. On me l'a proposé mais je n'ai pas accepté le poste. J'adore les articles moldus, pas les politiciens moldus.

- Et les Canons de Chudley ne font pas encore passer les essais, donc il n'y a aucune chance pour je fasse déjà partie de l'équipe, expliqua Ron.

Puis il ajouta rapidement :

- Mais je vais essayer.

George intervint à son tour.

- Fred et moi pensons à nous étendre…

- Mais pas sur le marché international, termina son jumeau.

- Ce qui nous amène à Harry et Ginny, dit Remus.

- Oh, et bien… nous avons vraiment trouvé une maison, répondit le jeune homme à lunettes.

- C'est comme ça que tout a commencé, ajouta Ginny. On savait tous que vous alliez faire une annonce et on ne voulait pas vous voler l'effet de surprise.

- Mais Ron a pensé que ce serait drôle si tout le monde avait quelque chose à dire, déclara Hermione.

- Et tu nous connais, Fred et moi…

- … On ne résiste pas à une plaisanterie.

Tonks dévisagea sa mère.

- Et la conversation près de la porte ?

Andromeda sourit.

- Toi et moi devrions vraiment prendre le temps d'aller faire du shopping.

- Mais, insista Tonks, les yeux un peu humides, vous n'êtes pas au moins heureux pour nous ?

- Heureux ? Je suis extatique ! s'exclama Andromeda avec excitation, en tirant Tonks sur ses pieds pour l'enlacer chaleureusement.

L'instant suivant, Tonks était entourée de ses amis et de sa famille, lui offrant des accolades et riant de ravissement. Le soulagement finit par détendre son estomac tandis que chacun les félicitait, Remus et elle. Des larmes de joie glissèrent sur ses joues lorsqu'elle rencontra le regard de Remus. Ce n'était pas la manière dont elle avait envisagé de partager la nouvelle mais maintenant que tout était dit, elle n'arrivait pas à trouver de meilleure façon pour que tout soit révélé.

18h47, le même soir.

Remus sourit tandis qu'il observait Tonks discuter de ses projets pour la future cérémonie avec les aînées au dîner. Ça faisait un moment qu'il ne l'avait vue aussi animée et excitée qu'à cet instant, et il ne put s'empêcher de la trouver magnifique quand elle parlait. Sa bouche bougeait rapidement et ses mains s'agitaient dans l'air. Un rire lui échappa après un commentaire de Ginny. C'était comme une musique pour ses oreilles.

- Alors, mon cher, fit la voix de Ted Tonks résonnant à ses côtés, le sortant de sa contemplation. On dirait bien qu'elle va te faire enfiler une robe de cérémonie dans peu de temps.

Remus regarda l'homme debout à côté de lui, celui dont il avait le plus redouté la réaction ce soir

- Si c'est ce qu'elle veut.

- Andromeda et moi, nous nous sommes enfuis. C'était bien plus facile comme ça.

Il croisa les bras et s'appuya contre le mur.

- Du moment qu'elle ne me veut pas en jean troué aux genoux ou en blouson de cuir. Ce n'est vraiment pas mon style.

Ted secoua la tête.

- J'en doute. Si Nymphadora avait voulu quelqu'un vêtu de la sorte, je ne crois pas qu'elle se serait battue si durement pour obtenir ton attention pendant toutes ces années.

Remus lui jeta un coup d'œil surpris.

- C'est juste.

Il fit une pause en attendant le commentaire de l'autre homme. Comme rien ne vint, Remus poursuivit :

- Pourtant, je ne sais jamais à quoi m'attendre avec elle. Il y a quelques temps, elle s'est à nouveau fait percer l'oreille, et je m'attendais à moitié à ce qu'elle essaie avec la mienne.

- Non, elle avait tenté le coup avec Sirius une fois, et il y a eu quelques ratés.

- C'était Tonks ? demanda Remus, étonné.

Ted sourit.

- Tu es au courant de cette histoire ?

- Je savais qu'il s'était fait percer l'oreille parce qu'il n'arrêtait pas de se plaindre parce que c'était douloureux. Cependant, il nous avait raconté qu'il avait été ensorcelé par une magnifique sorcière avec qui il avait passé le week-end.

- Et bien, c'est presque vrai. Il a passé le week-end avec nous peu de temps après avoir quitté Poudlard et Nymphadora a insisté pour qu'il se fasse percer l'oreille en même temps qu'elle. Maintenant, je ne suis sans doute pas impartial, mais je la trouve plutôt belle.

Remus dévisagea Tonks et sourit.

- Oui, en effet mais bon, je ne suis pas impartial non plus.

- Effectivement. Bien sûr, lorsqu'elle a roulé Sirius pour qu'il se perce l'oreille, elle n'avait que cinq ou… six ans peut-être.

Remus grogna.

- Ne m'en parle pas. C'est déjà assez moche…

- Qu'est-ce que est moche ? insista Ted.

Remus prit une profonde inspiration. Il n'avait jamais vraiment eu de conversation sérieuse avec Andromeda ou Ted à propos de sa relation avec leur fille. Il y avait eu des opportunités pendant toutes ces années, mais Remus, d'une manière ou d'une autre, s'était toujours arrangé pour éviter d'aborder les problèmes. Maintenant, il voulait que Ted sache qu'il était conscient de leur différence d'âge et du fait qu'il y avait des risques complexes avec sa lycanthropie. C'était très important pour Remus que Ted comprenne qu'il ne prenait pas les choses à la légère.

- Lorsque j'ai vu Tonks Place Grimmaurt pour la première fois, il y a bien des années, j'étais totalement stupéfait, admit-il à mi-voix. Sirius m'avait dit que sa cousine faisait partie de l'Ordre mais je n'y avais pas prêté attention. Je n'arrivais pas à le concevoir. Après tout, je pouvais me rappeler sa naissance.

- Vraiment ? s'enquit Ted.

- Oh, oui. Andromeda avait envoyé à Sirius un colis avec un faire-part et toutes sortes de photos d'elle. Les photos ont trôné sur une pile de papiers à côté de son lit pendant quelques temps. Je n'ai jamais su si c'était à cause de son incapacité à faire le ménage ou s'il les aimait vraiment mais elles étaient là. Alors je me suis dit que c'était tellement bizarre que cette petite fille puisse être un membre de l'Ordre. Et puis, quand je l'ai vue…

Il fit une pause, tout à ses souvenirs.

- Elle m'a coupé le souffle.

- Le printemps avant que Sirius ne meure, fit Ted, brisant le silence qui s'était installé entre eux, Nymphadora a dîné avec nous et elle a passé la soirée entière à parler de toi. Et Andie a lancé, comme une plaisanterie sur toi : « On dirait que tu es amoureuse de lui ». Nym n'a rien dit. Elle a juste haussé les épaules et j'ai pensé : « Oh… Mon dieu. »

Remus pâlit et déglutit avec difficulté.

- Je n'arrivais pas à croire à ce que j'entendais. Tout ce à quoi je pouvais penser était que je me rappelais quand tu avais été réparti par le Choixpeau.

- Vraiment ?

- Oui. Bon, pas toi, spécialement mais je pouvais me rappeler cette répartition parce que c'est quand Sirius a été placé à Gryffondor. Tu parles d'un choc. J'étais avec Andie depuis environ une année à ce moment-là et j'avais entendu toutes sortes de choses à propos de Sirius. Les Black n'étaient pas les seuls surpris par ce choix, tu sais.

- C'est vrai.

- Alors lorsque ma fille est venue me dire qu'elle était en train de tomber amoureuse d'un homme qui avait le même âge que Sirius, j'ai été abasourdi. Je veux dire, toi et moi, fit-il en pointant Remus, techniquement, nous étions à Poudlard ensemble [1. C'est juste que… juste que c'est…

- Incompréhensible, offrit Remus.

Ted secoua la tête.

- Inconcevable ?

- Non, en fait, le mot que je cherchais était : carrément étrange, Remus.

Remus gloussa.

- Pas exactement ce que tu voulais pour ta fille, surtout si on pense à la lycanthropie

- Je mentirais si je disais que je m'en fiche.

N'ayant jamais parlé de ces choses-là avec Ted, Remus se sentit rapidement désemparé et mal à l'aise à propos de la situation toute entière. Il espérait qu'il serait capable de mettre les choses au clair et de se racheter.

- Ecoute… Ted… J'ai besoin que tu saches que j'ai toujours eu les meilleures intentions lorsqu'il s'agissait de Tonks. J'ai lutté contre mes propres sentiments pendant longtemps et j'ai essayé de lui résister en ne lui cédant pas. Elle s'est battue si fort pour moi, je ne crois pas que quiconque aurait pu…

- Remus, l'interrompit Ted en levant la main, avant qu'il n'aille plus loin. Je sais tout ça. Je sais que tu l'as tenue à l'écart et que tu l'as même repoussée. Après tout, elle a passé des nuits entières à pleurer sur mon épaule à cause de toi,.

Remus soupira et posa ses yeux sur une tache sur le sol.

- J'en suis désolé.

- Ne le sois pas. C'est à cause de cette situation totalement hors norme que j'ai été capable de vous accepter en tant que couple.

- Vraiment ?

- Absolument, affirma Ted en regardant Remus droit dans les yeux. Je suis le père d'un métamorphmagus – une femme qui peut changer d'apparence et se transformer en ce qu'elle ou son partenaire voudrait. En plus d'une occasion, j'ai été inquiet à la pensée qu'un homme pourrait tirer avantages de ses talents. C'était ma plus grande crainte, qu'elle finisse avec un homme qui ne voudrait être avec elle que pour ce que ses dons pouvaient lui offrir et non pour ce qu'elle était en réalité. Après la troisième conversation que j'ai eue avec elle à propos de ton énième refus d'avoir une relation avec elle – en pensant que c'était pour son bien – j'ai cessé de lui conseiller d'avancer dans la vie et de regarder ailleurs et j'ai commencé à l'encourager.

Remus en resta presque sans voix en écoutant ces détails/précisions. Ce n'était pas quelque chose qu'il s'attendait à entendre de quiconque, encore moins de la part du père de Tonks. Il humecta ses lèvres et mit un bon moment à recouvrer sa voix.

- Merci de me dire ça. Je sais que je ne t'ai jamais demandé… la permission…

Ted réprima un rugissement de rire.

- La permission ? Oh, Remus, c'est bon.

Remus sourit.

- Bon, tout bien considéré, j'aurais dû au moins avoir la politesse de te le demander.

- Alors, demande-moi, si c'est tellement important pour toi.

Remus retint son souffle un instant, incapable de croire aux mots qu'il s'apprêtait à dire.

- M'accordes-tu la main de ta fille ?

Ted haussa un sourcil et lâcha un « Non », avant de donner un coup sur le bras de Remus la seconde suivante.

- Bien sûr que tu peux l'épouser. Mon Dieu. Ce n'est même pas de ma permission dont tu as besoin. C'est de la sienne, dit-il, en désignant Tonks de l'autre côté de la pièce.

Remus pouvait à peine bouger, il avait eu tellement peur pendant un bref mais angoissant moment.

- Tu croyais vraiment que j'allais dire non, hein ? rit Ted. Franchement, Remus, si Andie et moi nous étions opposés à ta relation avec Nymphadora, nous aurions dit quelque chose lorsque vous vous êtes mis en ménage. Je veux dire, est-ce tu as déjà vu Andromeda cacher ou taire son opinion ?

Se sentant légèrement plus à l'aise, Remus répondit :

- Non, en effet.

- Alors, voilà. Mais tu dois me promettre quelque chose.

- Tout ce que tu veux.

- Ne m'appelle jamais « Papa ».

A suivre... pour le dernier chapitre...

NDT :

[1 La référence de Ted Tonks à Poudlard nous a laissées, Fenice, Vif d'Or et moi, un peu perplexes puisque nous savons tous que le père de Nymphadora est un Moldu. Mais, après quelques recherches dans la bible qu'est le HP-Lexicon, on y apprend qu'Andromeda Black est née en 1953, Sirius et Remus en 1959. Il est donc finalement possible qu'Andromeda ait été en 7ème année lors de la cérémonie de la répartition de Sirius et Remus en 1971 si elle a commencé sa scolarité en 65 parce qu'elle est née après le 1er septembre – sa date naissance exacte n'est pas connue.

Quant à Ted, on peut envisager qu'il parle de Poudlard en général pour dire que, techniquement, il était à l'école en même temps que son futur gendre…


Merci d'avoir lu jusque là. Si vous avez aimé ou même détesté, laissez-moi un petit message. N'oubliez pas de laissez votre adresse mail privée si vous n'avez pas de compte FFnet et que vous souhaitez une réponse.

Bisous

Falyla