Misconceptions
Auteure : Alphie
Traductrices : Fenice et Falyla
Paring : Remus Lupin/Nymphadora Tonks
Rating : T
Disclaimer : Les personnages de cette histoire appartiennent à JK Rowling. L'intrigue de cette fic, ainsi que les personnages OC sont à Alphie. Nous revendiquons la traduction et nous assumons pleinement son adaptation francisée si le besoin s'en fait sentir.
Où trouver cette fic : ici même, sur Ffnet, voir le lien dans le profil.
Etat d'avancement de la fic : Terminée, elle comporte 12 chapitres.
Merci à Falyla et à Alixe d'avoir relu ce dernier (snif) chapitre avec attention !
Note de la traductrice : Vous avoir fait attendre aussi longtemps pour le dernier chapitre est d'une honte sans nom.
Je n'essaierais même pas de me justifier. Peut-être que je n'avais pas envie de cette histoire finisse...
Merci à tous ceux qui ont partagé leurs émotions et nous ont encouragé au fil de cette traduction...
Chapitre 12
10 Mai, 17 heures 33
Pour ce qui lui semblait la centième fois en une heure, Remus regarda si la pendule sur le mur indiquait enfin six heures. Pour l'instant, il lui restait encore presque une demi-heure insupportable à attendre avant qu'il ne soit autorisé à voir la personne qu'il mourrait de contempler. L'idée d'interdire au futur mari de voir la mariée avant la cérémonie était la superstition la plus ridicule qu'il ait jamais entendue. Selon Remus, ça n'avait pour autre résultat que de créer une tension superflue dans l'esprit du futur marié, comme s'il n'était pas déjà assez inquiet comme cela, à se demander s'il se souvenait des paroles de la cérémonie et à faire attention à ce que sa robe toute neuve ne s'abîme ou ne se tache.
N'avoir ni vu ni eu de nouvelles de Tonks depuis plus de vingt-quatre heures ne faisait qu'augmenter son appréhension. Elle avait quitté leur appartement hier matin pour aller chez ses parents. Correction : Molly et Andromeda étaient venues et avaient littéralement arraché Tonks de leur appartement contre sa volonté. Il avait reçu un hibou d'Andromeda plus tard dans l'après-midi affirmant qu'on s'occupait bien de sa promise malgré tout le raffut qu'elle faisait à être séparée de lui. Il avait même essayé de transplaner dans sa chambre la nuit dernière pour lui souhaiter de beaux rêves mais des sortilèges anti-transplange avait été placés autour de la maison dans cette éventualité. Il n'y avait pas besoin de préciser que Remus avait été renvoyé à son appartement, rouge de confusion et sans même un mot de sa fiancée.
Et maintenant il en était réduit à marcher nerveusement de long en large dans la chambre d'ami de la maison des Tonks, à vérifier encore et encore son apparence dans le miroir et de contrôler les battements de son cœur. La robe d'un bleu profond et bien coupée, qui lui avait paru si confortable dans la boutique, devenait étouffante et Remus mit un doigt dans le col pour essayer de le desserrer.
« Vous êtes magnifique ! » commenta son reflet d'un air enthousiaste.
« Merci », soupira Remus, « mais ce n'est pas la peine d'essayer de me réconforter. »
« Quelle idée ! » le gronda le miroir. « Je ne vous mentirais pas à un moment pareil. Si vous n'aviez pas l'air au moins présentable, je n'aurais aucun scrupule à vous le faire savoir. »
Remus secoua la tête et s'éloigna du miroir. Le grincement de la porte qui s'ouvrit vint comme une distraction bienvenue.
« Il semble que tout le monde soit bientôt prêt », annonça Arthur en fermant la porte derrière lui. « On a cru que Harry serait en retard, mais il vient d'arriver, donc l'assemblée est au complet. Ginny était furieuse contre lui, bien sûr, mais Tonks l'a calmée en lui disant qu'un homme pouvait toujours être en retard à un mariage, tant que ce n'était pas le sien. »
En entendant son nom, Remus leva la tête : « Tu as vu Tonks ? »
« Oui, et elle m'a demandé de te donner ça. » L'autre sorcier lui tendit un petit verre de whiskey Pur Feu.
Remus s'en empara. « Est-ce qu'on n'est pas censé attendre après le mariage ? »
« Si, mais Tonks a pensé que ça t'aiderait à te calmer. Elle a dit que te connaissant, tu devais être en train de faire un trou dans le tapis à force de tourner en rond. »
Remus secoua la tête et prit une gorgée du liquide amer. « Est-ce que Tonks t'as parue nerveuse quand tu l'as vue ? »
« Non, pas vraiment. Elle était tout sourire, à ce que j'ai vu ».
« Elle ne se prenait même pas les pieds dans sa robe ? » demanda Remus l'air sceptique.
Arthur rit. « Figure-toi qu'Andromeda a mis un charme de protection sur sa robe de mariée pour éviter les accidents ! Peu importe ce qui peut arriver à Tonks, tant qu'on sauve la robe de mariée. »
Remus sourit et avala une nouvelle gorgée. « Et... elle avait l'air de quoi ? »
« Elle avait l'air magnifique – et tu pourras t'en assurer par toi même dans quelques minutes. »
Remus regarda la pendule. « Moins le quart. Est-ce que c'est moi ou le temps semble passer lentement aujourd'hui ? »
Arthur rit. « C'est toi. »
Remus posa le verre sur la commode. « Je me demande pourquoi je me sens aussi mal. C'est totalement illogique, non ? »
« Tu veux dire d'être nerveux le jour de son mariage ? »
« Oui. Je l'aime et elle m'aime, ça fait plusieurs années maintenant que nous sommes ensemble, nous habitons même ensemble... pourquoi... pourquoi suis-je si nerveux ? C'est ce que je veux. Je le veux plus que tout au monde et pourtant j'ai l'impression que je vais devenir fou. »
« C'est tout à fait normal, Remus », lui assura Arthur. « Ça m'inquiéterait si tu ne l'étais pas . »
« Vraiment ? »
« Oui. Ça veut dire que tu te sens responsable de ce qui va arriver – que c'est important pour toi et que tu veux que tout se passe bien.
« Est-ce que tu te sentais nerveux quand tu as épousé Molly ? »
Arthur éternua avec dérision : « Est-ce que Tonks a tendance à avoir des accidents ? »
Les sourcils arqués, Remus commenta : « A ce point, vraiment ? »
« J'étais terrifié. Vraiment. J'étais surtout inquiet de la réaction des Prewett quand ils allaient découvrir que nous nous étions enfuis ensemble. »
« Attends un peu, toi et Molly, vous vous étiez enfuis ? »
« Oui. Tu ne savais pas ? »
« Non, je n'en savais rien mais je commence à penser que s'enfuir ensemble est sans doute la meilleure façon de se marier. Est-ce que tu crois qu'il est vraiment trop tard pour convaincre Tonks qu'elle ne souhaite pas vraiment cette grande cérémonie ? Nous pourrions nous éclipser et nous marier dans notre coin. »
« Sachant que tout le monde est déjà arrivé, oui, je crois qu'il est trop tard. »
Remus haussa les épaules et reprit une autre gorgée de sa boisson. « Ça valait le coup d'essayer. Je suis là depuis des heures à me demander si je me rappellerais de la formule du sortilège et si je ne vais pas finir par passer pour un parfait idiot. »
« Ne t'inquiète pas pour ça. Si ton esprit refuse de coopérer, et c'est sans doute ce qui va se passer, regarde-moi et je te soufflerai. Je suis là pour ça, n'est-ce pas ? »
On frappa à la porte et une voix demanda : « Remus ? »
« On dirait que Ginny vient te chercher », dit Arthur.
Remus acquiesça et ouvrit la porte sur la plus jeune des Weasley qui lui sourit. « On m'a envoyé te dire que tout le monde est installé. Nous commencerons dès que tu seras à ta place. »
« J'ai encore dix minutes », corrigea Remus après un dernier regard à la pendule.
Arthur rit et lui tapota gentiment dans le dos. « Tout à l'heure, tu regrettais que le temps ne passe pas plus vite. »
« Passer plus vite est une chose », répondit Remus avec une profonde inspiration. « Sauter des étapes en est une autre ».
Son aîné lui plaça une main sur l'épaule. « Allez, viens. Allons te marier. »
17 heures 53 le même jour
Tonks caressa de la main le devant de sa robe, lissant le tissu en attendant le retour de Ginny. Son père, debout à ses côtés, la regarda faire avec un sourire.
« Cette robe est superbe, ma chérie ».
Elle baissa les yeux sur elle-même. « Je ne crois pas que Remus m'ait jamais vue dans une robe. Une jupe à la rigueur. Tu sais, un truc rigolo, pas trop habillé, mais jamais dans quelque chose comme ça. »
« Je peux sans risque te promettre qu'il ne sera pas capable de regarder autre chose que toi ».
« Merci ». Tonks rougit légèrement et elle espéra que Remus aimerait ce qu'elle avait choisi. Si Tonks aimait les vêtements et les bijoux, elle n'avait jamais été le genre de fille à s'habiller. Elle aimait bien souligner sa féminité, par exemple en choisissant des jeans qui faisaient ressortir ses rondeurs, en accumulant toute sorte de belles boucles d'oreilles et de bracelets et, bien sûr, en adaptant en toute circonstance sa couleur de cheveux. Les robes longues et flottantes n'étaient pas normalement son style, mais pour son mariage, elle avait pensé qu'elle pouvait faire une exception.
Elle avait choisi une robe couleur crème, décidant qu'une robe blanche non seulement la ferait paraître pâle mais était aussi trop virginale à son goût, surtout dans les circonstances. Elle était taillée dans une soie douce, recouverte d'organza, avec de longues manches flottantes et un corsage orné de minuscules fleurs roses. Elle avait eu l'impression qu'une touche de rose irait bien avec sa couleur de cheveux préférée ; elle les portait plus long que d'habitude aujourd'hui, et ils attiraient le regard sur son visage plutôt que sur son corps. Ce n'était pas qu'elle souhaitait cacher sa grossesse, mais elle ne voulait pas que ce soit le centre de l'attention aujourd'hui. Ce qui comptait en ce jour c'étaient elle et Remus, le bébé aurait son heure de gloire dans quelques mois.
Ginny glissa sa tête dans la pièce après un léger coup sur la porte. « Remus et Papa sont dehors. Alors, dès que tu te sens prête, on commence. »
« Merci Ginny » répondit Tonks en ramassant le petit bouquet de fleurs sauvages que sa mère avait cueillies pour elle ce matin.
« Au fait, tu es magnifique ». Elle sourit et ferma la porte.
« Elle a raison », ajouta Ted en prenant la main de Tonks. « Tu es réellement éblouissante. »
Tonks regarda son père ; ses yeux brillaient de larmes retenues. « Oh, Papa. Non. » Elle le serra fort dans ses bras. « Si tu te mets à pleurer, je ne pourrais pas me retenir. »
« Je suis si content pour toi, ma petite nymphe ». Il la repoussa, laissant glisser ses bras le long de ses manches. « Maintenant, ça suffit, si je continue, je vais gâcher ta robe et ta mère va me jeter un sort. »
« Elle a jeté un sort sur ma robe pour que je ne puisse pas l'abîmer », sourit largement Tonks. « Je t'aime Papa ».
« Je t'aime aussi ma chérie. »
« Empêche-moi de trébucher, surtout », elle ajouta.
« Compte sur moi ».
Avec plus d'aplomb que Tonks l'aurait pensé capable, son père lui offrit son bras et elle l'accepta avec empressement. Ils sortirent de la pièce et se dirigèrent vers l'arrière de la maison pour sortir dans le jardin que sa mère avant mis des heures à décorer pour la cérémonie, malgré l'aide la magie. C'était un monde merveilleux, rempli de fleurs des champs, sous le soleil descendant de la fin de l'après-midi.
Toute l'assistance se leva quand Tonks et son père sortirent de la maison. Elle savait que tous les yeux étaient sur elle à ce moment-là et, pourtant, elle ne sentait que ceux de Remus. Il suivait chacun de ses mouvements alors qu'elle avançait jusqu'au centre. Ses yeux ne la quittèrent pas une seconde. Elle pouvait sentir son amour, il irradiait son visage et elle ne pouvait que se sentir un peu dépassée par l'intensité de ses émotions.
Leur petit périple dans le fond du jardin prit fin et Ted l'embrassa sur la joue avant de se tourner vers Remus et de lui serrer la main. Son père rejoignit ensuite sa mère au premier rang et Arthur fit signe à tout le monde de s'asseoir.
« Bienvenus à tous pour cette occasion très spéciale. Je suis sûr que je peux parler en votre nom à tous et dire combien nous sommes heureux d'avoir été invités à prendre part à une telle cérémonie. J'ai d'abord été un peu surpris quand Remus et Tonks m'ont demandé d'être le maître de cérémonie ». Il s'interrompit et les regarda tous les deux avec beaucoup d'intensité. « Je ne fais pas partie du clergé et même si je travaille au ministère de la Magie, je ne compte pas parmi ceux à qui on demande généralement de présider à de telles occasions. Mais, je suis un époux », ajouta-t-il avec fierté. « Sans vouloir avoir l'air de me vanter, je crois qu'après 30 années de mariage, j'ai fini par comprendre ce qu'il fallait pour réussir son union et la faire durer. J'ai confiance en vous deux, vous avez en vous les qualités nécessaires : je l'ai vu dans la façon dont vous vous aimiez et preniez soin l'un de l'autre. »
Arthur sourit et joignit ses deux mains. « Mais tous ces gens ne se sont pas réunis ici aujourd'hui pour m'entendre monologuer. Ils ne sont pas venus pour mes paroles mais pour ce que vous avez à dire. Alors, Remus », dit-il en lui faisant signe, « si tu veux bien. »
Tonks tendit ses fleurs à sa mère ; elle vit Remus prendre une grande inspiration au moment de lui saisir les mains. Ses yeux scrutèrent son visage, comme s'il voulait graver ses traits dans son esprit.
« Je me sens totalement... intimidé par ce que je dois faire », il balbutia. « Je voudrais commencer par dire combien tu es magnifique aujourd'hui ». Tonks rougit légèrement sous son regard admiratif.
« Tu me coupes le souffle », constata Remus. « Et cela dure depuis le moment où je t'ai vue près de la cheminée de Place Grimmaurt, il y a près de six ans maintenant. Je m'en souviens comme si c'était hier. Nous en avons fait du chemin ensemble ; plus que je ne m'étais jamais autorisé à croire possible. Aujourd'hui, je me trouve sous le charme d'une femme non seulement intelligente et débrouillarde, mais aussi très belle. Tu amènes tellement de rire et de joie dans ma vie, plus que j'aurais cru qu'il fut possible. Tu es la lumière au milieu de mes ténèbres. »
Il fit un pas en avant, la voix pleine d'émotion et d'affection. « Je frissonne en pensant à ce que serait ma vie sans toi, Nymphadora Tonks. Je t'aime plus qu'aucun mot ne pourra l'exprimer ». Il embrassa doucement sa main et lui fit signe que c'était son tour de parler.
Tonks était profondément touchée par les paroles de Remus et elle dut se battre contre les larmes qui lui montaient aux yeux. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine et elle eut l'impression qu'elle pourrait s'évanouir tellement l'émotion la submergeait.
Elle vacilla légèrement et sentit les mains de Remus prendre sa taille pour la retenir. « Est-ce que ça va ? » demanda-t-il l'air inquiet.
Elle acquiesça et sourit. « Ça va aller. Ne me lâche pas. »
« Jamais ».
Elle prit une profonde inspiration et souffla doucement. « Remus », commença-t-elle et elle le regarda avec tendresse. « Je voudrais te dire tellement de choses. Mes pensées se mélangent dans ma tête. Je crois que je suis un peu jalouse de toi, tu as réussi à faire ton discours s'en t'emmêler les pinceaux. Et moi, je sais que je vais massacrer le mien. Je suis tellement soulagée d'avoir réussi à sortir sans trébucher sur ma robe ». Remus et beaucoup d'autres invités rirent.
« Mais sérieusement », elle reprit changeant de ton. « Je sais que je n'ai pas ton éloquence. Je suppose qu'elle vient de tous les livres que tu as lus. Tu es si cultivé que je me demande souvent : 'qu'est-ce qu'un type aussi intelligent fait avec une gaffeuse comme moi ?' Je suppose que c'est ce qui m'a attiré en toi au début. Tu m'as toujours traité avec respect quelque soit ma jeunesse ou mon inexpérience dans certains domaines. Tu m'as écoutée, je veux dire, réellement écoutée, et tu as tenu compte de mon opinion. »
Elle lui fit un sourire perfide. « Imaginez donc ma surprise quand j'ai découvert que, sous ses airs calmes et sérieux, se cachait le cœur d'un véritable fauteur de troubles. Oh, quel mal tu peux te donner à faire des bêtises quand tu t'y mets. » Remus devint écarlate à ces mots. « Quand les choses deviennent difficiles, et nous avons déjà partagés plusieurs moments de ce type, tu trouves toujours un moyen de me faire rire... ou au moins sourire. Comment aurais-je pu éviter de tomber amoureuse de toi ? »
Elle déglutit avant d'ajouter : « Mais je crois que ce qui fera que je reviendrai toujours vers toi est le fait que tu ne m'aies jamais demandé d'être quelque chose que je ne suis pas. Tu m'aimes telle que je suis, et pourtant, je pourrais être qui tu voudrais. »
« Je n'ai jamais désiré que toi », répondit Remus, la main sur sa joue.
« Moi aussi. Je t'aime de toute mon âme. »
Aucun d'eux n'ajouta un mot. Ils restèrent simplement là à se regarder dans les yeux et à savourer le moment. Après un long moment, Arthur Weasley rompit le silence. »
« Et maintenant, Remus et Tonks », dit-il, en les regardant tour à tour, « ont demandé qu'il soit procédé à une cérémonie d'engagement. Comme vous le savez tous, un sorcier peut choisir de lier sa vie à celle d'une autre personne pour différentes raisons. L'engagement peut traduire un sentiment de devoir, de loyauté ou même d'amitié. Dans ces cas, l'engagement est simple, du sorcier envers la personne qu'il a choisit d'honorer. Dans des cas plus rares où deux sorciers choisissent de se lier l'un à l'autre et il est encore plus rare qu'ils décident de le faire par amour. L'engagement est irréversible ; seule la mort peut y mettre fin et il n'est pas de liens tenus pour plus sacrés dans notre communauté. »
« Prenez vous les mains, s'il vous plaît », ordonna Arthur.
Tonks leva ses mains vers Remus qui les prit comme si elles étaient faites d'un matériau précieux et délicat. De sa main droite, elle enserra sa main droite à lui, la gauche prit la gauche. Leurs poignets se croisèrent, liant leurs mains ensemble.
« Mea vita est tua vita », dit doucement Remus.
« Mea vita est tua vita », répéta Tonks.
« Corpore, spiritu, anima te honoro », récitèrent-ils à l'unisson.
« Ligere », ponctua la voix d'Arthur Weasley, solide et franche. Un bruissement et un coup de sa baguette et l'engagement était réalisé.
Un ruban argenté et translucide s'enroula lentement autour des poignets de Remus et Tonks. L'intensité de la lumière était presque aveuglante, mais Tonks plissa des yeux et réussit à garder son regard fixé sur Remus. La radiation lumineuse fut prise de pulsations, un, deux, trois fois, avant de disparaître dans une explosion d'étincelles illuminant momentanément le monde autour d'eux.
Quand la lumière disparut, Tonks vit les lèvres de Remus former un large sourire. « Je t'aime », articula-t-il silencieusement. Elle lui rendit son sourire tout aussi largement. « Je t'aime, moi aussi ».
N'attendant même pas l'invitation d'Arthur, Remus se pencha vers elle et captura sa bouche avec la sienne. Lâchant ses mains, ses bras lui enlacèrent la taille, l'attirant vers lui alors que le baiser s'approfondissait. Tonks ne protesta aucunement et s'abandonna avec délice.
Quand le baiser finit, une vague de bravo et d'applaudissements retentit autour d'eux. Tonks ne put retenir un rire heureux et enfouit son visage dans son épaule. Il embrassa ses cheveux, la tenant serrée contre lui et Tonks eut l'impression de sentir la joie qui émanait de lui. A moins que ce fut son propre bonheur qu'elle ressentait. Tout ce qui comptait était qu'il fut à elle, enfin, et que rien ne puisse (le) l'éloigner d'elle.
20 heures 24 ce soir-là
Les étoiles brillaient avec éclat dans le ciel sombre, accompagnée seulement par une tranche de lune cireuse. Tonks ne portait aucune attention aux corps célestes au dessus d'elle, elle avait plongé au plus profond des yeux de Remus alors qu'ils dansaient sur une musique romantique. Elle sentait ses mains sur sa taille ; leur chaleur traversait sa robe. Leurs corps ne s'accordaient pas de la même manière que d'habitude, notamment en raison du renflement léger mais remarquable de son abdomen. Mais même comme cela, Tonks pouvait sentir que leurs hanches bougeaient au même rythme. Ses doigts jouaient avec les poils doux qui dépassaient de son col, bien consciente qu'en le touchant comme ça, elle allait le rendre fou.
« Tu sais que tout le monde nous regarde, n'est-ce pas ? » demanda Remus d'un air moqueur.
« Oh, oui, je sais ». Ses doigts courraient légèrement le long de ses oreilles.
« Alors, voudrais-tu bien arrêter ? »
« Arrêter quoi ? » demanda-t-elle en pointant son menton en avant de sorte que sa bouche soit très près de la sienne.
Remus rit et elle sentit son haleine sur sa peau. « Tu sais très bien quoi. Alors, si tu veux profiter encore un peu de cette fête, je te suggère d'arrêter de me provoquer. »
« Qui te dit que je souhaite rester ? » Doucement, elle termina d'avancer son visage vers le sien pour un baiser qui garda en intensité quand sa bouche recouvrit la sienne. Remus inspira profondément quand ils se séparèrent. Les sifflements de Fred et George de l'autre côté du jardin firent rougir Remus. Tonks se contenta de rire.
« Qu'est-ce que tu m'as dit une fois à propos des manifestations publiques d'affection ? » s'enquit Tonks en continuant de jouer avec les poils de son cou. Elle savait que Remus préférait cacher sa face la plus passionnée et la réserver pour leur intimité. Il était toujours attentif à elle, lui tenant la main ou posant une main dans son dos. Il était même capable de l'embrasser de temps en temps. Mais en général, Remus n'aimait pas montrer sa vie privée. Tonks savait bien que tous ces baisers en public devaient le gêner.
Remus rit doucement. « Je n'arrive pas à concevoir une manifestation publique d'affection, plus visible et plus importante qu'un mariage. Et puis, si je ne t'avais pas embrassé correctement, j'imagine que j'aurais reçu des plaintes. »
Tonks laissa tomber sa tête en arrière de rire. « Bien, j'apprécie profondément qu'on m'embrasse correctement. Alors ne te prive ne m'embrasser aussi fréquemment que tu en as envie. »
« J'en ai bien l'intention », répondit-il en caressant ses lèvres avec les siennes. « Mais ça ne sera rien comparé à ce que j'ai pour projet pour plus tard. »
« Est-ce que j'ai ta parole ? » murmura-t-elle tout près de sa bouche.
« Je jure que mes intentions sont mauvaises », souffla-t-il, et son baiser fut aussi une promesse d'avenir.
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"Mea vita est tua vita. Corpore, spiritu, anima te honoro ." "Ma vie est ta vie. Je t'honore avec mon corps, mon souffle et mon âme."
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