Me revoilà!
J'ai eu quelques problèmes avec cette fic… j'ai, comment dire, plus d'idée, je suis bloquée! J'ai une idée globale de ce que je veux faire, mais je n'arrive pas à l'écrire. Je voulais finir d'écrire le chapitre 25 avant de poster le 24, mais étant donné mon état… J'ai décidé de le poster! Je ne sais pas quand le chapitre 25 sera mis sur le site ni quand il sera terminé, mais je vais essayer de mi remettre!
le chapitre 24! Il n'est pas mon préféré, finalement, mais il y a un revirement de situation dont je suis assez fière (j'ai eu l'idée entre deux études d'examens dans le mois de juin…)
Notre petit Remus se fâche et pète sa coche, si on peut dire:D L'écrire, cependant, a été un peu plus long que prévu. En principe, le bal de la St-Valentin devrait bien arriver (sûrement chapitre 25 si tout va bien )
réponses de reviews!
-Isoletta : ben finalement, je ne sais pas si le chapitre 24 est mieux que le 23… tu me le diras! je suis troptroptroptroptroptroptroptrop contente que tu aimes à ce point ma fic! Merci beaucoup!
-Julie231 : eh oui! enfin le JP/LE! après quoi… 23 chapitres:P pour le début de la fin… ben dans un sens, oui. Ils sont à la St-Valentin donc il reste encore quelques mois avant les examens et les vacances, en autres mots, la fin de ma fic. (j'ai aucune idée de comment je vais la terminer, mais bon.. toute bonne chose à une fin!)
-Sarah : je n'ai qu'une chose à dire : Merci!!
-Rebecca-Black : j'imagine mal Sirius avec un enfant… je sais pas pourquoi, vraiment! Mais peut-être que je me trompe… c'est selon moi!
-Iurne : est-ce que c'est moi ou tout le monde aime Sirius:P
Merci à tout ceux qui prennent le temps de lire ma fic!
Bonne lecture!
WandaBlack
Chapitre 24 : mauvais pressentiment…
Le lendemain matin, le déjeuner se déroula dans une triste atmosphère. C'était le dernier déjeuner de Vincent à Poudlard. Lorsqu'ils eurent tous terminé, ils montèrent dans le dortoir des garçons pour l'aider à faire ses valises. Toujours silencieux, ils se rendirent dans le hall d'entrée et, avant de s'en aller, Vincent se tourna vers ses amis.
-Je tiens à vous dire que j'ai passé la plus belle semaine de ma vie avec vous, leur déclara-t-il. Même si hier soir, ça n'a pas été de tout repos pour moi, j'ai apprécié les moments passés avec vous. Vous êtes de supers amis et j'espère que vous le resterez longtemps. On essayera de se revoir pendant les vacances et puis, on a toute la vie devant nous!
Il les salua à tour de rôle et, après un dernier sourire, il partit. Les Maraudeurs ainsi que Lily le regardèrent partir et soupirèrent tristement. Ils retournèrent dans la salle commune, soudainement silencieuse comparée à la veille, retrouvant lentement leur vie d'avant. Remus s'assit dans un sofa : son dos ne lui faisait plus mal grâce au traitement radical de l'infirmière qui avait fait ses effets le matin même. Sirius s'en voulait un peu de lui avoir infligé ce mal, mais il ne le laissait pas voir. James et Lily avaient surpris toute l'école en s'embrassant le matin même en plein milieu de la Grande Salle. Le professeur Dumbledore, suite à cet évènement, avait accordé 20 points à Miss Evans pour avoir enfin accepté. Maintenant, le petit couple était assis confortablement à côté de Remus, s'embrassant sans aucune gêne. Depuis la veille, ces deux-là étaient toujours ensemble et s'embrassaient dès que leurs bouches ne leur servaient à rien. Le loup-garou, tanné de cette séance de bécotage, tourna la tête vers Sirius et soupira tout en levant les yeux vers le plafond, signe d'impatience.
-Voyons, Mumus! s'exclama son ami. Sois heureux pour eux!
-Je le suis, mais pas quand ils s'embrassent pendant des heures à côté de moi. Ça me dégoûte.
-Oh, oh! Le petit Mumus est jaloux!
-Je ne suis pas jaloux, répondit Remus d'un ton agressif qui surprit ses amis à tel point que James et Lily arrêtèrent de s'embrasser pour le dévisager.
-Qu'est-ce qu'il y a? lui demanda la jeune fille.
-Qu'est-ce qu'il y a? Veux-tu vraiment que je te dise ce qu'il y a? Je suis tanné de me faire traiter de jaloux par Sirius et de vous voir, mais surtout de vous entendre vous embrasser à journée longue, même si vous sortez ensemble que depuis hier. À chaque fois que je soupire, Sirius hurle que je suis jaloux. Quand James parle, c'est toujours Lily par ci, Lily par là! JE SUIS TANNÉ! Je vais faire une indigestion de Lily s'il continue de même! Pour les rares fois qu'on peut parler d'un sujet intéressant, James reporte toujours ça sur Lily et ensuite Sirius me traite de jaloux! Vous m'enragez! Je me demande encore pourquoi je suis avec vous! Quand ce n'est pas Sirius qui m'écrase le dos, c'est vous deux qui me tomber sur les nerfs! Je vais virer fou à cause de vous! Et non, Sirius, je ne suis pas jaloux, mais tanné, découragé et surtout frustré.
Remus, dans son élan, s'était levé brusquement et foudroya du regard ses amis qui se faisaient tout petits devant lui. Jamais ils ne l'avaient vu dans une telle rage. Lorsqu'il eut enfin terminé de se vider de sa colère, il quitta la salle commune d'un pas lourd, laissant derrière lui trois personnes complètement bouche bée. Au bout d'un moment, Sirius se reprit et poussa un profond soupir.
-Je crois que notre Remus est en colère. Mettons sa réaction sur le dos de la pleine lune qui est lundi.
-J'espère que c'est à cause de ça, chuchota Lily encore sous le choc. Je n'ai pas hâte d'aller lui en parler.
-Pas obligé! déclara Sirius. Il va se calmer et il va venir lui-même nous voir pour s'excuser. Ou bien, souhaitons qu'il rencontre Amalia en chemin. Je pense que c'est la seule personne qui pourrait le calmer.
À ses mots, une Amalia en pleurs se faufila dans la salle commune avant que le tableau ne se referme. Elle se dirigea vers eux et se laissa tomber à côté de Sirius sur le sofa. Il lança un regard désespéré vers le couple et Lily s'empressa de venir la consoler. Au début, ils n'obtinrent d'elle que des mots incompréhensifs, mais plus elle se calmait, plus ils commençaient à comprendre. Ils comprirent les mots «bousculer», «colère» et «pleurer». Voyant que personne ne la comprenait, Amalia prit une profonde respiration et se lança.
-Je revenais vers la salle commune quand j'ai vu Remus au bout du couloir. Je ne pense pas qu'il m'ait aperçu parce qu'il m'a bousculé. Voyant qu'il était dans un état bizarre, je l'ai rattrapé et je lui ai demandé ce qu'il n'allait pas. Il est alors entré dans une colère noire et il m'a traité de... de… (Nouvelle respiration) de pot de colle, toujours là à le suivre comme un chien qui suit son maître. Il était tanné de me voir toujours à côté de lui et il est parti. Je me suis enfui en pleurant et… je suis ici.
James échangea un regard alarmé avec ses amis. Ils devaient à tout prix le retrouver. Les deux garçons se levèrent d'un bon, laissant Amalia aux soins de Lily, et grimpèrent dans leur dortoir pour chercher la Carte du Maraudeur. Ils trouvèrent le nom de Remus au sommet de la tour d'astronomie, seul. Horrifiés, ils partirent en courant et s'y rendirent le plus vite qu'ils pouvaient. Ils montèrent les escaliers (Pourquoi il doit y avoir autant de marches? demanda Sirius, essoufflé) et débouchèrent enfin en haut. James poussa lentement la porte, s'attendant au pire. Ce qu'ils virent ne pas aussi horrible que ce qu'ils pensaient. Remus était assis, emmitouflé dans sa cape, contre le rebord de la tour, grelottant de froid. Il ne bougea pas lorsque ses deux amis vinrent s'asseoir à côté de lui. Il garda les yeux fixés sur le plancher, toujours silencieux. James et Sirius attendirent, espérant qu'il parle le premier.
-Comment avez-vous fait pour me retrouver? leur demanda finalement le loup-garou.
-On n'a pas inventé une carte pour ne pas l'utiliser, répondit James. Qu'est-ce qu'il y a, Remus? On ne t'a jamais vu dans cet état-là.
-Je ne sais pas, soupira-t-il. Je suis sur les nerfs, c'est tout.
-C'est à cause de la pleine lune? tenta Sirius.
-Oui… J'ai un très mauvais pressentiment. Quelque chose de grave va se passer. J'ai peur, murmura-t-il.
-On va être avec toi, Remus, lui dit James en le serrant dans ses bras. Tu ne vas pas être seul. N'est-ce pas, Patmol?
-Cornedrue a raison. Jamais on ne te laissera tomber. C'est normal d'avoir peur; nous aussi, on a la trouille. Nous formons une équipe inséparable, donc rien ne peut nous séparable. (Quelle logique, ne peut s'empêcher de dire James) Pas même un problème de poils et d'agressivité.
James pouffa de rire, faisant sursauter ses amis. Remus se tourna vers lui et le regarda rire, un sourire amusé sur le visage.
-Est-ce qu'on peut savoir ce qu'il y a de drôle?
-Un soir, j'étais assis dans la salle commune avec Lily et Vincent et j'ai failli m'échapper en disant que tu étais un loup-garou. Heureusement, Lily m'a repris et lui a fait croire que tu avais de graves allergies que tu ne préférais pas en parler en public.
-Des allergies?
-C'était l'idée de Lily! Ça va aller maintenant? lui demanda James en se rappelant que Remus était tanné de l'entendre parler d'elle.
-Oui, merci. Je m'excuse pour tantôt. Je n'ai pas voulu m'emporter.
-Pas grave! s'exclama Sirius en se relevant. On a déjà tout oublié. Enfin, presque. Je ne savais pas à ce point-là que je t'énervais en te traitant de jaloux.
-Patmol, tout le monde s'enrage quand on les traite de jaloux, réplique James. C'est évident. Tu serais le premier à réagir de même.
-Pas vrai!
-Jaloux, murmura Remus en riant.
-Je ne suis pas… D'accord! J'ai compris!
Prenant un air faussement frustré, il se dirigea vers la porte et s'en alla, laissant derrière lui ses amis se tordre de rire. Lentement, ils reprirent leur calme et regardèrent un moment le ciel. Au bout d'un moment, James se racla la gorge et parla.
-Tu sais que tu peux nous parler s'il y a quoique ce soit qui t'énerve au lieu de venir le crier dans la salle commune.
-Je sais, répondit le loup-garou en riant. Je me suis sûrement levé du mauvais pied.
-Du mauvais pied? Je dirais que tu es plutôt tombé sur la tête. Parlons sérieusement maintenant que Sirius n'est plus là. Je te crois quand tu dis que tu as un mauvais pressentiment. Quelque chose de grave va se passer. Sais-tu quoi?
-J'ai… J'ai l'impression que quelqu'un va se faire blesser à cause de moi. Tu te rends compte, James? S'il arrive vraiment quelque chose du genre et que si je mordais…
-Il n'est pas question ici de quelqu'un qui va se faire mordre, Remus. Calme-toi. Mais si tu as si peur, on peut aller voir le directeur et lui en parler. Plutôt, tu devrais y aller. Sirius et moi ne sommes pas supposé être avec toi.
-Tu as raison, c'est la meilleure chose à faire. Avant, j'ai quelque chose à te demander.
-Vas-y, je t'écoute.
-Ne venez pas à la prochaine pleine lune.
-Il est hors de question qu'on te laisse tout seul alors que tu t'inquiets pour cette histoire de mauvais pressentiment. Nous avons toujours été là pour t'épauler, Remus, et ce n'est pas à cause que tu as peur pour nous que nous allons t'abandonner. Tu sais très bien que, sous notre forme animale, on ne risque rien.
Le loup-garou soupira tristement et se leva. James avait raison, mais il ne voulait pas les mettre dans une situation de danger. Laissant son ami retourner à la salle commune, Remus prit le chemin du bureau du directeur. Il donna le mot de passe, gravit les marches et cogna à la porte. Lorsque Dumbledore lui répondit, il entra dans la pièce et fut surpris d'y voir Lily, assise devant le bureau.
-Bonjour, M. Lupin. Que puis-je pour vous?
-Je ne voulais pas vous déranger. Je peux attendre dehors si vous voulez terminer votre conversation…
-Nous avons fini, répondit Lily en se levant. Nous parlions du bal de la St-Valentin et de quelques autres petites choses. Je te laisse le directeur, rajouta-t-elle en referma la porte derrière elle.
Remus prit place devant le directeur et prit une profonde respiration. Dumbledore le regarda en haussant les sourcils, sachant déjà que son élève devait lui dire quelque chose de très important. Il s'installa confortablement dans sa chaise, croisa les doigts devant lui et fixa le jeune homme.
-Monsieur, vous savez que la pleine lune arrive bientôt. Ces temps-ci, je suis sur les nerfs et je m'inquiète. J'ai un mauvais pressentiment. J'ai l'impression qu'à cette pleine lune, il va se passer quelque chose de grave. J'ai pensé que la meilleure chose à faire serait de venir vous en parler.
-Vous avez bien fait, M. Lupin. Je fais de mon mieux pour empêcher les élèves de sortir de l'école ce soir-là. Avez-vous demandé à M. Black et M. Potter de ne pas vous suivre?
-Oui, mais… Vous le savez? demanda Remus, soudainement inquiète.
-Je le sais depuis bien longtemps. Un chien se promenait dans la cours de l'école ne me surprend pas, mais un chien, un cerf et un rat, c'est plutôt bizarre, surtout lorsqu'ils sont, quelques fois, accompagnés d'un loup-garou.
-Vous n'avez rien fait? Après tout, ils sont des animagus non déclarés et ils risquent leurs vies…
-Mais ils sont aussi de très bons amis. J'ai été très touché par ce qu'ils ont fait pour vous, M. Lupin. Il est rare de trouver des amis près à devenir des animagus pour aider quelqu'un.
-Je leur en serais toujours reconnaissant.
-En bon directeur, je devrais avertir le Ministère de la Magie, mais admettons qu'il m'arrive d'avoir des pertes de mémoire, lui dit Dumbledore en lui envoyant un clin d'œil. Pour ce qu'il en ait de votre pressentiment, je le prends très au sérieux. Je demanderai aux tableaux et aux fantômes de surveiller les couloirs et de m'avertir si un élève tente de sortir de l'école. Je ne permettrais à personne de s'aventurer dans la cours, surtout pas près du Saule Cogneur.
-Merci beaucoup, Monsieur.
-Maintenant, allez profiter de la belle journée.
Remus salua son directeur et alla rejoindre ses amis dans la salle commune. À sa surprise, il n'y avait personne. Il grimpa les escaliers, sortit la carte du Maraudeur et chercha le nom de James, de Sirius ou de Lily. Il les trouva dans la cours de l'école, près du terrain de Quidditch. Sirius devait avoir eu une crise de nostalgie et tenait à voir le stade. Mais son attention s'arrêta sur les personnes qui étaient avec ses amis. Un groupe de Serpentards. S'attendant au pire, il dévala les marches et se rendit dehors en courant. Tandis qu'il se rapprochait d'eux, il entendit des cris et vit au loin de la lumière bleue et rouge. Voilà, j'arrive trop tard, se dit Remus. Il pressa le pas et, alors qu'il tournait au coin de l'immense haie de cèdres qui suivait le chemin pour se rendre au stade, il se retrouva face à face avec le groupe de Serpentards. Severus Rogue s'avança vers lui et, le prenant par le collet de son manteau, le rentra littéralement dans la haie. Remus, ne pouvant réagir, perdit l'équilibre et tomba dans la neige et les branches, s'égratignant le visage. Les Serpentards éclatèrent de rire.
-La prochaine fois, laisse-nous passer, Lupin le p'tit loup, lui dit Rogue pour que seulement lui l'entende, sinon j'espère qu'il y aura une haie pour amortir le coup! On se revoit à la St-Valentin!
Profitant du fait qu'il était pris dans les branches, ils lui lancèrent des boules de neige en plein visage et s'en allèrent en riant. Remus les regarda partir en grommelant des paroles incompréhensives. Il s'était fait avoir bien trop facilement! Minute! Il l'avait appelé p'tit loup. Soudain, la panique envahit Remus. Sa vie était fichue! Il devait sûrement savoir qu'il était un loup-garou.
-Qu'on me laisse mourir dans cette haie! s'exclama-t-il théâtralement, ne s'adressant à personne.
Et puis, qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire qu'il le sache? Dumbledore le forcerait à ne rien dire. Ou bien, c'était simplement un petit surnom choisi tout à fait au hasard. Retrouvant espoir, il tenta de se relever, mais les branches lui bloquaient le chemin et ses bras étaient pris. Il se tortilla dans tous les sens, essayant d'atteindre sa baguette dans la poche de son pantalon, mais sans succès. Il se résigna donc à attendre ici que quelqu'un passe. Il aurait pu se mettre à crier à l'aide, mais ce n'était pas son genre de s'époumoner. Il préféra attendre patiemment.
Au moins, se dit Remus, il ne neige pas.
Au même moment, de gros flocons commencèrent à tomber du ciel, se frayant un chemin parmi la haie et tombant sur son visage. Le loup-garou poussa un soupir exaspéré. Après quelques minutes qui semblèrent plutôt à des heures pour Remus, il entendit un groupe de personnes s'approcher. Lorsqu'ils passèrent devant lui, le loup-garou ne vit que les cheveux roux de Lily et entendit la voix de Sirius. C'était sa dernière chance…
-Sirius! Lily! Venez m'aider, je suis pris!
Les bruits de pas s'arrêtèrent et quelqu'un s'avança vers la haie. Sirius s'arrêta à quelques mètres de là, regardant autour de lui. James, Lily, Peter et Amalia le dévisagèrent, se demandant ce qu'il faisait.
-Viens, Sirius! s'exclama James en grelottant. On rentre. On est tout mouillé, on gèle et je n'ai qu'une idée en tête : me venger.
-J'ai entendu une voix.
-Sirius! cria désespérément Remus dans la haie.
-Tiens, écoute, James! Je ne suis pas fou.
-Je n'ai rien entendu. Allez, arrête de plaisanter. Rentrons avant qu'il ne se mette à neiger trop fort.
Ils se remirent en route, laissant derrière eux Sirius qui se croyait fou et Remus qui faisait tout pour se déprendre.
-Sirius, je suis pris dans la haie!
-J'entends des voix dans ma tête! hurla son ami en suivant les autres.
-Sirius Black! Tu n'entends pas des voix!
Le Gryffondor s'arrêta net et fit demi-tour. Il s'approcha lentement des cèdres, poussant quelques branches de la main.
-Qui est là? Je ne savais pas que les haies parlaient.
-Elles ne parlent pas, idiot! C'est moi, Remus.
-Lunard? Tu es où?
-DANS LA HAIE! cria le loup-garou, désespéré.
-Qu'est-ce que tu fous là?
-Je profite du beau temps et du soleil, ironisa-t-il.
-Il neige…
-Je sais bien qu'il neige! Je te le dirai lorsque je serai sorti de ce trou! Viens m'aider.
-Je ne te vois pas, Remus.
-Suis ma voix, soupira-t-il.
Sirius se rapprocha et marcha le long de la haie, poussant les branches pour tenter d'apercevoir son ami. Finalement, il le trouva, assis dans la neige, tout replié sur lui-même. Il lui prit le bras et tira. Ils tombèrent tous les deux dans la neige, Remus enfin libre. Il se releva d'un bond, s'étira et enleva toutes les petites feuilles qui étaient resté prises dans ses cheveux.
James, Lily, Peter et Amalia, voyant que Sirius ne les suivait pas, avaient fait demi-tour. Ils arrivèrent au même moment que Remus fut extirpé des cèdres. Ils observèrent, surpris, leurs amis se relever et éclatèrent de rire.
-Qu'est-ce que tu faisais là? réussit à demander Amalia entre deux rires.
-J'ai croisé les Serpentards, répondit le loup-garou en enlevant la neige qu'il avait dans ses souliers. Ils m'ont gentiment salué, comme à leur habitude. Et vous? Vous êtes tout mouillés.
-Nous leur avons parlé, nous aussi, lui dit Lily.
-Ce sont des vrais anges, ces Serpentards, maugréa Sirius en regardant son manteau trempé. Je serais bien d'accord pour rentrer, moi.
Les autres approuvèrent et ils se dépêchèrent de retourner au château avant que la neige ne leur empêche de voir. Durant le chemin de retour, Amalia lui expliqua que les Serpentards avaient réussi à les coincer dans un piège. Rogue et ses amis les attendaient près du stade. Lorsqu'il les avait vu arriver, il avait donné le signal. Quelques secondes plus tard, les Maraudeurs ainsi que Lily étaient tout mouillés. Il n'y avait qu'elle qui était restée au sec. Pour une raison inconnue, les Serpentards l'avaient épargnée. Probablement parce qu'elle n'était pas à Gryffondor.
-James et Sirius n'ont rien fait? s'étonna Remus.
-Non, ils n'ont pas pu. Ils étaient mouillés et on est en plein hiver. En plus, les Serpentards les ont poussés dans la neige et sont partis. Si tes amis n'attrapent pas un rhume, ils ne sont pas humains…
Une fois à l'intérieur, ils prirent la direction de la salle commune de Gryffondor, Amalia les accompagnant. Ils durent courir jusqu'au portait de la Grosse Dame pour éviter que le concierge ne leur donne une retenue parce qu'ils mouillaient le plancher de l'école. Les garçons montèrent dans leur dortoir et Lily dans le sien, laissant Amalia dans la salle commune.
Aussi la porte refermée derrière Peter, la guerre éclata entre Sirius et James au sujet de la douche.
-J'y vais en premier!
-Non, Sirius. C'est moi.
-Je te ferai remarquer, mon cher Cornedrue, que c'est moi qui ai sauvé Remus d'une mort certaine.
-Tu l'as peut-être sauvé, mais je te signale que c'était TON idée d'aller près du stade de Quidditch, là où les Serpentards nous attendaient patiemment. Pour ça, tu devrais y aller en dernier.
-Et moi dans tout ça? s'indigna Peter. Je suis aussi mouillé et gelé que vous.
-Oui, et puis? lui dit Sirius en haussant les épaules. Nous sommes plus vieux que toi, donc les aînés d'abord.
-D'habitude, c'est les femmes et les enfants d'abord. Comme je suis le plus jeune, on peut me prendre pour un enfant.
-Allez-y les trois en même temps si vous tenez tant à y aller en premier, grommela Remus. Je vais aller à la salle de bain des préfets; il n'y a jamais personne.
-On peut venir avec toi? demanda Sirius avec trop d'espoir.
-Laisse-moi y réfléchir : non. Pas question que je prenne un bain avec toi.
Remus fouilla dans sa valise, sortit des vêtements propres et descendit. Il devait à tout prix se laver : il sentait les cèdres à plein nez. Alors qu'il passait devant les sofas, une main agrippa son bras. Il se retourna brusquement et se retrouva face à face avec Amalia. Elle lui sourit et regarda curieusement ses vêtements.
-Où allais-tu?
-Me laver en paix, répondit-il sans hésiter. Les gars se disputent pour avoir la douche en premier. Personnellement, j'aurais mieux aimé y aller en dernier. L'eau va être bien chaude. On a quelques problèmes avec l'eau ces temps-ci; elle est souvent…
-C'EST FROID! hurla Sirius de la salle de bain de leur dortoir.
Peter avait ouvert la porte au même moment que Sirius faisait couler l'eau de sa douche. Tous ceux qui se trouvaient dans la salle commune levèrent les yeux vers l'escalier du dortoir des garçons. Peter s'excusa précipitamment du comportement de son ami et referma la porte aussi vite. Amalia pouffa de rire tandis que Remus se contentait d'un sourire.
-…froide, termina-t-il. Donc, je me rendais à la salle de bain des préfets.
-Je peux t'accompagner? Je veux dire, se reprit-elle en rougissant, jusque là-bas… Je n'ai pas besoin d'un bain…
-Si tu veux, répondit-il, amusé par la situation.
Ils quittèrent en silence la salle commune, Amalia marchant la tête basse. Pourquoi devait-elle dire des stupidités quand il était avec elle? Et en plus, elle rougissait! Pour s'empêcher de rougir encore plus, elle entama la conversation.
-Est-ce que Lily t'a dit qu'elle voulait organiser un bal pour la St-Valentin?
-Elle m'en a glissé un mot, lui dit-il, le visage soudainement sombre.
Après avoir observé son calendrier avec attention, il s'était rendu compte que la pleine lune était le même jour que la St-Valentin. Adieu le beau petit bal! Il allait passer la soirée à se donner des coups de griffes! La voix d'Amalia le ramena à la réalité.
-…et il a accepté! Lily a réussi à le convaincre de faire un bal. C'est fabuleux, n'est-ce pas?
-Oui, oui.
-Lily n'a pas voulu m'en dire plus. On devrait avoir plus d'informations demain.
-On est rendu, déclara soudainement Remus en la faisant sursauter.
Il s'arrêta devant le tableau, donna le mot de passe et entra. Amalia jeta un coup d'œil à l'intérieur et en resta bouche bée. La pièce était immense et magnifique! Elle aurait donné n'important quoi pour devenir préfète à cet instant même. Remus lui fit signe d'entrer tandis qu'il se prenait une serviette. La jeune fille observa chaque détail, impressionnée.
-Wouah! J'ignorais que les préfets avaient une aussi belle salle de bain.
-C'est dommage parce que nous n'avons pas vraiment le temps d'y venir, lui apprit-il en faisant couler l'eau dans l'immense baignoire qui, selon Amalia, ressemblait plutôt à une piscine.
Aussitôt, le bruit d'une dizaine de chutes d'eau retentit dans la pièce et elle regarda avec amusement les petites bulles qui flottaient autour d'elle. Elle entendit vaguement Remus soupirer «Je déteste les bulles», mais n'y prêta pas attention. Elle venait de voir le tableau de la sirène, accroché au mur. La femme lui fit un sourire et continua à peigner ses longs cheveux. Amalia se tourna ensuite vers Remus et vit que celui-ci attendait qu'elle sorte. Après un dernier petit sourire timide, elle quitta la salle de bain et retourna dans la salle commune pour raconter les événements de la journée à ses amies.
Pendant ce temps, l'eau chaude était enfin revenue et Sirius avait pu se laver sans problème. En sifflotant gaiement, il sortit de la salle de bain, vêtu de son pantalon. James passa à côté de lui, encore légèrement trempé, et s'enferma à son tour dans la petite pièce en prenant soin de claquer la porte derrière lui. Sirius et lui avaient du faire une partie de roche-papier-ciseau-allumette pour savoir qui allait prendre sa douche en premier. Peter avait décidé d'y aller en dernier, laissant ses amis faire les gamins tous seuls. Finalement, James avait perdu et avait attendu impatiemment que son ami sorte. Peter poussa un soupir et replongea son attention dans son livre de métamorphose. Sirius enfila une chemise propre et sèche, se laissa tomber sur son lit et observa son ami, intrigué de le voir lire.
-Qu'est-ce que tu fais, Queudver?
-Je lis le truc que McGonagall nous avait demandé de lire. Les pages sur les transformations humaines, rajouta-t-il, voyant que son ami ne savait pas de quoi il parlait. Voyons, Patmol! Elle nous en a parlé pendant une demi-heure au dernier cours.
-Ah, ça! Je l'ai lu pendant qu'elle parlait.
Peter leva les yeux vers le plafond en prenant une grande respiration, signe d'un profond découragement, et continua sa lecture. James sortit quelques minutes plus tard, sa bonne humeur de retour. Il s'assit à côté de meilleur ami tandis que Peter allait prendre sa douche. Sirius leva les yeux et le regarda; il avait l'air trop pensif.
-Tu penses encore à ta douce et magnifique Lily?
-N'oublies pas qu'elle est à moi, vieux. Mais non, je ne pense pas à elle.
-Quoi? Il y en a une nouvelle? s'alarma son ami en se redressant d'un bond.
-Non, non! Lily est la seule, ne t'inquiète pas. Jamais je ne lui ferais une aussi grosse peine. Je me fais seulement du souci pour Remus.
-Lunard a des problèmes de nerfs. C'est comme les filles, sauf que là, c'est un gars. Une seconde, il est heureux; l'autre, il veut ta mort ou…
-Je suis sérieux, Sirius, le coupa James. Je m'inquiète.
-Tu le crois quand il parle de mauvais pressentiments?
-Il ne faut pas prendre ça à la légère. Il m'en a parlé lorsqu'on était au sommet de la tour d'astronomie. Sirius, il a vraiment peur pour cette fois-ci, contrairement aux autres pleines lunes. Il m'a même demandé de ne pas venir.
-Mais il est fou! Comme si on allait laisser un ami seul!
-C'est ce que je lui ai répondu. Je lui ai aussi conseillé d'aller voir le directeur pour lui en parler. Je pense qu'il y est allé. On lui demandera lorsqu'il reviendra.
-James, la pleine lune tombe la journée de la St-Valentin, remarqua soudainement Sirius.
-Quel esprit observateur!
-Qu'est-ce qu'on fait pour notre plan? Est-ce que Lily a réussi à organiser un bal?
-Oui, le directeur a accepté. Pour le plan, nous allons devoir faire preuve de créativité, mon ami. Nous allons déployer tous les moyens possibles et imaginables pour qu'il reste un peu, histoire de passer du temps avec Amalia.
-Pas trop, non plus. Je ne voudrais pas le voir se changer en loup-garou en plein milieu de la Grande Salle. J'ai surtout hâte de voir la réaction de Lily lorsque tu vas lui dire que tu pars avec Remus.
-C'est curieux, pas moi…
-La crise qu'elle va faire.
-Je sais, Sirius.
-Elle va être dans une colère noire. Elle va te tuer, c'est certain.
-Merci de me remonter le moral, Patmol.
-Tout le plaisir est pour moi, lui répondit son ami en souriant.
James soupira et fixa le mur, réfléchissant à toute vitesse. Il devait trouver un moyen de convaincre Remus de rester un peu et aussi Lily de le laisser rejoindre son ami pour la peine lune sans lui avouer qu'il est un animagus. Déjà, des idées lui venaient en tête, toutes aussi folles les unes que les autres. Il pourrait s'arranger pour être malade et devrait quitter la Grande Salle pour ne pas vomir sur quelqu'un. Sirius, Peter et Remus l'accompagneraient et ils pourraient ensuite filer tous les quatre vers la Cabane Hurlante. Seul problème : Lily voudrait sûrement s'occuper de lui. Mais Sirius pourrait être malade à sa place; Lily ne voudrait rien savoir de lui. Sirius, Remus ou Peter, peu importe.
Le claquement d'une porte le sortit brusquement de ses pensées. Remus était de retour. Il se planta devant ses deux amis et les regarda froidement, bouillonnant de rage. Sirius se redressa lentement en jetant un regard inquiet vers James. Peter choisit ce moment pour sortir. Il s'arrêta net en voyant le loup-garou furieux. Remus se retourna et lui fit signa d'aller s'asseoir sur le lit avec les autres; chose qu'il fit aussitôt. Les trois Maraudeurs observèrent leur ami, inquiets et apeurés, attendant qu'il parle ou qu'il crie, tout dépendant. Finalement, il opta pour le second choix.
-EST-CE QUE QUELQU'UN A LA MOINDRE PARCELLE D'INTELLIGENCE? VOUS FAITES VRAIMENT TOUT POUR QUE JE POGNE LES NERFS! Pendant que je stresse à mort, vous, vous parlez dans mon dos. Vous savez pourtant que je déteste ça!
-De quoi tu parles? chuchota Sirius, terrifié devant la réaction du loup-garou.
-DE VOTRE PLAN IDIOT POUR ME TROUVER UNE COPINE! Vous auriez pu me le demander gentiment, mais non! Vous devez organiser tout ça secrètement sans m'en parler! Vous êtes mieux de dire à Amalia de ne pas m'approcher, sinon il va y avoir un meurtre. Et ne m'adressez pas la parole si vous tenez à la vie.
-Laisse-nous t'expliquer, tenta désespérément James, mais il regretta aussitôt son acte.
-JE ME FOUS DE VOS EXPLICATIONS! s'exclama furieusement Remus en lui foudroyant du regard. Vous savez très bien que je déteste quand quelqu'un intervient dans ma vie privée! Mais vous êtes trop bêtes et stupides pour respecter mes choix! J'ai mes raisons de vouloir rester seul! Je suis heureux de même! Je ne vous demande qu'une seule chose : respecter mes choix, mais ça, vous en êtes incapables!
-Mais, Remus, réessaya James. Tu m'avais dit que tu étais amoureux de…
-C'était avant que je sache que vous vous payiez ma tête, répliqua-t-il sèchement.
-On ne se payait pas ta tête! lui dit Sirius. Je ne voulais plu te voir seul…
-Est-ce que tu m'écoutes quand je te parle? JE NE VEUX PAS DE COPINE! Maintenant, vous me foutez la paix avec vos histoires d'amour et si vous me croissez dans le couloirs, ignorez-moi.
Il se dirigea vers la porte, mit sa main sur la poignée, l'ouvrit et se retourna vers ses amis toujours immobiles sur le lit.
-Aussi, ne venez pas à la prochaine pleine lune. Petit conseil.
Sur ce, il s'en alla sans un regard derrière lui, prenant bien soin de claquer la porte. Les trois Maraudeurs ne bougèrent pas d'un poil, encore sous le choc. Ils entendirent, dans la salle commune, un cri de rage et ensuite, le silence. Des bruits de pas dans l'escalier les firent sursautés. La porte s'ouvrit, laissant entrer Lily et Nandy, toutes aussi terrifiées qu'eux. Elles s'assirent à côté des garçons et attendirent des explications sur le comportement de Remus. Finalement, Sirius se racla la gorge et déclara simplement :
-Il sait tout.
Les filles étouffèrent un cri de surprise. Nandy les avait encouragé dans leur plan et suivait attentivement son évolution, même si elle n'en faisait pas partie. Lily observa les garçons et put deviner très facilement qu'ils avaient passé un mauvais quart d'heure.
-Il a mal réagi?
-Mal réagi? répéta James. Il était en furie, tu veux dire. Il nous a crié dessus comme une mère crie sur ses enfants.
-Même, c'était dix fois pire, rajouta Peter.
-Vous vous rendez compte que ça fait deux fois en même pas douze heures qu'il nous crié dessus? leur fit remarquer Sirius.
-Il ne va vraiment pas bien, soupira Lily. Et là, je pense qu'on peut oublier pour lui remonter le moral.
-Il a poussé un de ces cris de rage lorsqu'on lui a demandé si tout allait bien, continua Nandy. Je n'ai jamais vu les premières années avoir aussi peur. Eh ben, je n'ai jamais vu Remus dans un état pareil.
-Je me demande comment il a su pour notre plan, se questionna James à voix haute. Nous étions les seuls à connaître l'existence du plan et nous ne lui avons rien dit. À moins que Vincent…
-Ne mêle pas Vincent à cette histoire, le menaça sa copine. Il n'a rien fait.
-Je ne faisais qu'émettre une hypothèse. Une chose est certaine : celui ou celle qui lui a tout raconté n'est pas notre ami. Et je ne vois qu'un groupe de personnes capable de faire ça.
-Les Serpentards, dirent-ils d'une même voix.
Le silence s'installa dans le dortoir tandis que chacun pensait à un moyen par lequel les Serpentards auraient su leur plan.
-Ils ont peut-être forcé Amalia à parler, s'essaya Peter en haussant les épaules. Ils ont peut-être remarqué qu'elle se tenait trop souvent avec nous. Mais j'imagine qu'elle nous l'aurait dit s'ils avaient fait ça.
-Ou bien, commença Lily, mais elle fut presque sauvagement interrompu par Sirius.
-JE SAIS! On sortait d'un cours de potions et on avait croisé Amalia. Profitant de l'absence de Remus, je lui avais dit de continuer, le plan fonctionnait bien et que bientôt, Remus serait à elle…
-Tu lui as dit ça? s'horrifia Lily.
-Ce n'était pas tout à fait ça, mais le principe est là. Eh bien, je pensais avoir entendu quelqu'un derrière moi, mais quand je m'étais retourné, il n'y avait personne. Je suis prêt à gager mon balai qu'un Serpentard se trouvait caché à ce moment précis.
-Il doit dire vrai pour gager son balai, plaisanta Lily. L'idée aussi d'aller crier ça dans les couloirs. C'est de ta faute si Remus est furieux.
-Pas vrai! J'ignorais qu'il y avait quelqu'un de cacher!
-Soit plus prudent.
-Parlant d'Amalia, les arrêta James, nous ne devrions pas lui en parler au plus vite?
-Ce n'est pas pressant…
-Non, Lily, répliqua sérieusement son copain. Remus nous a… gentiment conseillé de la prévenir avant qu'il ne la croise et, venant de lui, je prendrais ce conseil très au sérieux.
Après un bref regard, ils se levèrent d'un bond et les filles se dirigèrent vers la porte. Elle s'arrêtèrent à mi-chemin et se tournèrent vers les garçons qui fouillaient dans la valise de Remus.
-Je ne pense pas qu'Amalia soit là dedans, leur dit Nandy en riant, mais Lily, elle, ne riait pas du tout.
-Vous me dites que la situation est urgente, mais vous fouillez dans la valise de Remus! Arrêtez avant d'aggraver son état!
-La voilà, la coquine! s'exclama Sirius en sortant un vieux parchemin tout plié sur lui-même, n'ayant même pas écouté un seul mot de ce qu'elle disait.
Sous le regard curieux de Nandy, James sortit sa baguette et la pointa sur le parchemin. Lily s'impatientait devant la porte.
-Arrêtez de plaisanter!
-Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, récita James.
Aussitôt, des écritures apparurent sur la surface de la feuille, s'étendant et la recouvrant au complet. Les filles se rapprochèrent, curieuses et fascinées, et elles purent lire :
Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue
spécialistes en assistance
aux Manigances de Mauvais Coups
sont fiers de vous présenter
LA CARTE DU MARAUDEUR
-La carte du Maraudeurs? s'étonna Lily. Une autre de vos stupidités?
Sans l'écouter, James déplia le parchemin et les garçons se mirent à chercher le nom d'Amalia. Lily examina de plus près la carte et poussa un cri de surprise. Devant elle s'étendait tout le château de Poudlard : tous les couloirs et les classes en passant par les salles de bains. Tout y était.
-C'est une carte de Poudlard!
-Oui, Poudlard et les alentours, lui dit distraitement Sirius.
-Et ça, c'est…
-Le nom de toutes les personnes dans l'école : leurs emplacements et leurs déplacements, termina Peter.
-Où avez-vous trouvé ça? demanda Nandy, intéressée.
-Nous l'avons fait nous-même.
-Quoi?! s'exclamèrent les deux filles.
-Ne ne sommes pas aussi nuls que vous le pensiez, railla Sirius.
-Lunard, Patmol, Cornedrue et Queudver, c'est qui?
-Je te pensais plus intelligente, plaisanta James en continuant de scruter la carte. C'est nous.
-Pourquoi avoir choisi des surnoms aussi bizarres?
-Hey! Patmol, ce n'est pas bizarre! répliqua Sirius. C'est même joli.
-Pourquoi? insista Lily.
Les garçons se jetèrent un coup d'œil et rebaissèrent les yeux sur la carte.
-On ne peut pas vous le dire, répondit Peter.
-Je sais pourquoi Remus s'appelle Lunard, mais vous? Pourquoi Sirius s'appelle Patmol?
-Minute! Je n'ai jamais dit ça! se défendit celui-ci. Crois-moi, Lily, tu ne veux pas le savoir.
-Non, je…
-Tu ne veux pas.
Lily poussa un grognement mauvais et abandonna, se jurant toutefois de questionner James plus tard. Finalement, Peter trouva Amalia à la bibliothèque tandis que Remus était introuvable. Les Maraudeurs en vinrent à la conclusion qu'il avait dû s'enfermer dans la Salle sur Demande. Avant que les filles aient pu examiner plus attentivement la carte, Sirius marmonna «Méfait accompli!» et elle reprit l'apparence d'un vieux parchemin. Ils se dirigèrent ensuite vers la porte, descendirent et prirent la direction de la bibliothèque. Lily marchait entre James et Sirius et leur posait des questions.
-Comment avez-vous fait pour refaire sur une carte tout Poudlard? Ça a du prendre des années! Je ne parle pas d'une petite maison; c'est un château, c'est immense! Il doit bien y avoir des salles que vous n'avez pas vues, des passages secrets…
-Crois-nous, Lily, tout y est, lui affirma Sirius avec conviction.
-C'est impossible. Seul le directeur connaît toutes les salles. Comment avez-vous fait pour faire le tour du château sans être pris?
-Nous avons nos sources et nos secrets.
-Allez, Sirius! Réponds-moi clairement.
-On a eu de l'aide, naturellement.
-De qui?
-Ah! Bouche cousue!
-Sirius! ragea-t-elle.
-Pas la peine, Lily, nous n'allons rien te dire, lui dit James avec un sourire.
-Même si je te menaçais?
-Arrête, j'ai peur.
-D'accord! À partir de maintenant, tu n'as plus le droit de me toucher ni de m'embrasser!
James s'arrêta net et la regarda piteusement. Sirius, voyant son ami en détresse, se lança dans ses bras et le consola. Il se tourna vers Lily et lui dit d'une voix d'enfant :
-Tu as fait de la peine à mon ami! Méchante! Je vais le dire à ta mère!
- Sirius, ne fais pas l'idiot.
-Lily, quand même! s'exclama Nandy. Ne lui demande pas l'impossible.
-Toi aussi, tu es méchante! Viens, James, on va aller loin de toutes ses méchantes personnes…
Toujours en gardant son ami dans ses bras, Sirius continua d'avancer, suivi de Peter qui avait regardé la scène en riant. Il lança un regard faussement furieux vers les filles et ils continuèrent leur chemin vers la bibliothèque. Les deux amies les regardèrent tourner le coin du couloir et soupirèrent. Elles étaient bien obligées d'aller les rejoindre. À peine Lily eut-elle fait un pas après le tournant que des bras se refermèrent sur elle. James l'embrassa joyeusement sur la joue et lui sourit.
-Toujours fâchée?
-Oui, grommela-t-elle en se libérant de ses bras.
-Pas pour vrai! se plaignit Sirius en s'approchant d'eux. Le coup des deux petits enfants qui sont tristes fonctionne toujours auprès des filles! Je l'ai testé des millions de fois et elles ont toujours craqué!
-Pas nous, Sirius. Répondez à mes questions, exigea Lily.
Les garçons soupirèrent et, après un accord commun, se tournèrent vers elle, les bras croisés. Peter, pour sa part, profita du fait que Lily ne le regardait pas pour s'éloigner un peu.
-Vas-y. Nous sommes prêts pour le questionnaire, affirma James.
Nandy s'accota contre le mur et observa son amie questionner les deux Maraudeurs. N'étaient-ils pas censé rejoindre Amalia pour la mettre en garde? Aussi bien profiter du spectacle qui s'en vient, se dit-elle.
Lily les regarda à tour de rôle et remarqua que Peter n'était pas là. Elle lui fit signe de s'approcher et il alla aussitôt se mettre aux côtés de ses amis.
-Comment avez-vous fait la carte?
-On a fouillé tout le château et ses environs, on l'a dessiné, quelques sorts et Hop! répondit Sirius sans hésitation.
-De qui avez-vous eu de l'aide?
-De quelques fantômes et des tableaux, lui avoua Peter. C'est évident. Ils connaissent mieux le château que quiconque… Ben avant qu'on fasse la carte.
-Quel sort avez-vous utilisé?
-Tu devrais demander ça à Remus; c'est lui le spécialiste.
-Mais dans la situation où nous sommes, tu lui demanderas plus tard, lui conseilla James, complétant la réponse de Sirius.
-Pourquoi vous appelez-vous Queudver, Patmol et Cornedrue? Et je veux savoir qui est qui, rajouta-t-elle.
-Je suis Patmol, avoua Sirius en s'attirant les regards sévères de ses amis. J'avais un chien qui s'appelait de même. Il était très sympathique et les gars l'aimaient beaucoup. Mais maintenant, il est… mort, termina-t-il en s'essuyant les yeux, faisant semblant de pleurer. Je voulais me souvenir de lui à tout jamais.
-Et vous deux? continua-t-elle en ignorant les faux pleurs de Sirius.
-Queudver.
-Pourquoi?
-C'est une très longue histoire bien plaisante à écouter, répondit Sirius en sauvant son ami. Un jour, l'oncle de Peter avait fait un rêve plutôt étrange…
-D'accord, ça va! Donc, James, tu es Cornedrue.
-Ouaip.
-Raisons?
-Ça sonnait bizarre, expliqua-t-il.
-Continue, l'encouragea-t-elle.
-Lily, on ne devrait pas aller rejoindre Amalia? l'arrêta Nandy. Il me semble que c'est ce qu'on était venu faire.
-Tu as raison. Tout le monde à la bibliothèque!
Lily se mit en marche, heureuse d'avoir réussi à les faire parler, et, derrière elle, les Maraudeurs remercièrent chaleureusement Nandy de leur avoir sauvé la vie.
Ils retrouvèrent Amalia assise en train de faire un devoir de potions. Elle leva les yeux de sa copie en entendant des personnes approcher et leur fit un sourire qu'elle perdit bien vite en voyant leur air désespéré.
-Qu'est-ce qu'il y a?
-Remus est au courant pour notre plan, lui annonça James. Si tu le vois dans le couloir ou ailleurs, fais attention; il est vraiment furieux.
-Il m'en veut beaucoup?
-D'après le ton de sa voix et la couleur de son visage, beaucoup.
-Sirius, tu n'es pas très doué pour remonter le moral, dit Lily. Va te promener ailleurs pendant qu'on lui explique un peu mieux la situation.
Scandalisé, Sirius leur tourna le dos et se dirigea vers la sortie. Il fit quelques pas dans le couloir et s'accota contre le mur, les bras croisés devant lui. Le silence s'installa autour de lui, le calmant peu à peu. Il jeta un coup d'œil par la fenêtre la plus proche et observa la partie de la forêt qu'il voyait d'ici. Des bruits de pas le firent sursauter. Il regarda le bout du couloir et étouffa un cri d'horreur en voyant Remus s'approcher. Par chance, le loup-garou ne semblait pas l'avoir remarqué, mais il ne tenait pas à être là lorsqu'il le verrait. Sirius entra rapidement dans la bibliothèque et s'arrêta tout essoufflé aux côtés de ses amis, s'attirant le regard noir de Lily.
-Il... Il…
-Quoi, il? s'impatienta-t-elle.
-Il…
-Qui ça? Rusard? -Sirius hocha négativement la tête- Remus?
-Oui!
-Il s'en vient?
-Oui!
Ils se jetèrent un regard horrifié et, sans dire un mot, se précipitèrent à l'arrière de la bibliothèque, se cachant dans une rangée de vieux livres poussiéreux. Nandy les força à se taire à l'aide de coups de coude et ils purent entendre Remus parler à la bibliothécaire.
-… ne vous dérangerez pas. Je viens simplement faire mes devoirs.
-Allez-y. Je vous conseille d'aller vous asseoir à la table du fond. D'habitude, il y a un groupe de premier année qui s'installe ici, lui dit-elle en pointant la table la plus proche.
-Merci.
Il eut un moment de silence puis le raclement d'une chaise sur le plancher. James, entre les livres, aperçut Remus assis, tout près d'eux. Il ne les voyait pas, mais une chose était sûre : ils ne pouvaient sortir. Il se retourna vers ses amis, découragé.
-Il s'est installé pas très loin d'ici, leur chuchota-t-il. Il fait ses devoirs, donc on va devoir attendre qu'il s'en aille avant de sortir.
-Ça va prendre des heures! soupira Sirius. J'ai d'autres choses à faire.
-À moins que tu tiennes vraiment à passer près de lui…
-D'accord, j'ai compris!
Il se laissa glisser le long du mur et s'empara d'un livre pour feuilleter les pages. Il fut bientôt imité par les autres qui durent accepter le fait qu'ils allaient passer des heures ici. Seule Nandy resta debout, l'air pensive.
-Dites, est-ce qu'il m'en veut, à moi? leur demanda-t-elle à mi-voix. Il ne sait pas que je connais votre plan…
Une lueur d'espoir s'alluma et Nandy, prenant son courage à deux mains, sortit de la rangée de livres. Elle passa devant Remus et fit semblant d'être surprise de le voir.
-Tiens, Remus! Comment ça va?
Le loup-garou releva lentement les yeux de son livre et lui sourit. Il lui fit signe de s'asseoir. Un peu plus loin, derrière des montagnes de livres, les quatre jeunes soupirent de soulagement.
-Salut, Nandy. Je vais… bien. Qu'est-ce que tu fais ici?
-Je cherchais un livre, mais je ne l'ai pas trouvé.
-Tu es certaine que tu étais dans la bonne rangée?
-Oui, j'en suis sûre. Il est là, dit-elle en pointant dans la direction où se trouvait ses amis, mais je ne l'ai tout simplement pas trouvé.
-Tu veux que je t'aide? demanda-t-il en se levant.
-Non! Eh, je veux dire, se reprit-elle devant son air surpris, ça va aller. Je peux vivre sans.
-D'accord, murmura-t-il en s'assoyant.
Remus jeta un coup d'œil curieux vers la rangée de livres et, après quelques secondes, rabaissa les yeux dans son manuel. Il réécrivit quelques phrases, se sentant fixé par Nandy. N'en pouvant plus, il se redressa et la regarda à son tour.
-Qu'est-ce qu'il y a? Pourquoi tu me regardes comme ça?
-Tu n'es pas obligé de faire tes devoirs aujourd'hui, tu sais. On pourrait aller se promener dehors, profiter de la belle journée…
-Je n'ai pas envie d'aller dehors, merci bien, répondit-il sèchement. J'ai passé une très mauvaise journée.
-Comment ça?
-Je ne veux pas en parler, grommela-t-il tandis qu'il replongeait dans sa lecture.
Nandy se tourna vers ses amis et haussa les épaules, leur montrant qu'elle ne pouvait plus rien faire. Elle sursauta lorsque Remus se leva d'un bond.
-Qu'est-ce…
-À qui faisais-tu des signes?
-Des signes? À…À personne, répondit-elle nerveusement.
Le loup-garou la dévisagea et, décidé, contourna la table et s'approcha à grand pas de la rangée. Il s'arrêta net devant et croisa les bras, l'air plus menaçant que jamais. James et Sirius se relevèrent d'un bond tandis que Peter, Lily et Amalia restaient figés.
-Je n'ai pas été assez clair, peut-être? dit Remus d'une voix froide.
-Non, tu étais assez convaincant, même, lui répondit Sirius en essayant de sourire. C'est que, vois-tu, nous étions, tous les six déjà dans la bibliothèque lorsque tu es entré. Ne voulant pas te frustrer, nous sommes venus nous cacher, mais c'était une mauvaise idée : nous sommes pris ici.
-Bien fait pour vous. Vous avez toujours détesté la bibliothèque; c'est le temps de l'apprécier maintenant.
-Si tu nous laissais juste le temps de sortir…
-Pas la peine. Je préfère m'en aller.
Nandy arriva derrière Remus et avant qu'elle n'ait pu placer un mot, le loup-garou avait fait demi-tour, avait pris ses livres et était sorti.
-Ouf! s'exclama Sirius. Pendant un instant, j'ai cru que…
Il fut interrompu par l'arrivée de la bibliothécaire qui, trouvant étrange qu'un groupe de six personnes soient rassemblés dans une section de livres parlant du monde Moldu, les chassa sans aucune pitié.
