I can be your hero

AUTEUR : Petitchaton

GENRE : Romance

PAIRING : Draco/Harry

RATING : M

DISCLAIMER : Tous les personnages ainsi que les lieux et les décors sont la propriété de l'écrivain JKR. La chanson « Hero » est la propriété de Enrique Iglésias. Seule l'intrigue m'appartient.

RÉSUME : Deux ennemis peuvent-ils s'éprendre l'un de l'autre ? Ont-ils le droit de s'aimer malgré des destinées différentes ? Et peut-on devenir un Héros pour l'amour d'une seule personne ?

AVERTISSEMENT : Cette histoire est un slash (relation entre personne du même sexe, dans le cas présent se sont deux hommes.)

NOTE DE L'AUTEUR : Je prends seulement en compte les cinq premiers tomes d'HP et une partie du 6ème mais pas la fin.

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Chapitre 8 : Would you tremble if I touched your lips ?

La semaine est passée à toute vitesse et à mon plus grand étonnement, l'Ordre a cédé à ton caprice me concernant et cela a encore plus attisé ma curiosité. Seulement, tu restes hermétique à mes questions te contentant de me rassurer en me répétant inlassablement que je suis en sécurité à présent. D'un côté, je suis bien obligé de reconnaître que je suis en colère contre toi parce que tu me caches quelque chose mais d'un autre côté, je me sens réellement en sécurité pour la première fois depuis de longs mois.

Je jette négligemment quelques robes de sorcier dans ma valise et je me fige lorsque mes yeux parcourent cette chambre dans laquelle je ne reviendrai peut-être jamais plus. Je ne sais pas encore si je vais faire ma septième année puisque l'école risque de fermer ses portes définitivement d'ici quelques jours à cause de la guerre qui fait rage dehors et qui détruit tout sur son passage. Moi, je me sens étrangement détaché de toute cette violence comme si cela ne me concernait plus vraiment.

Ce qui est en quelque sorte la vérité car j'ai déjà tout perdu à cause de ce conflit qui dure depuis un an à peine. Oui, je n'ai plus rien à part une immense fortune que m'envient la plupart des élèves sans comprendre que les galions, les titres de propriétés et de noblesse ne remplaceront jamais l'amour de ma mère et l'absence de mon père. Non, personne ne peut comprendre que mon argent ne me rendra pas l'affection de mes parents et qu'il ne me permettra pas de rattraper le temps perdu avec eux.

À ce moment précis, je donnerais tout pour revoir une dernière fois mon père. Je donnerais tous mes millions pour pouvoir lui parler une fois de plus et pour entendre de nouveau sa voix grave et autoritaire. Je ferais n'importe quoi pour pouvoir le serrer dans mes bras en lui demandant pardon de ne pas avoir été à la hauteur de ses attentes et de ne pas avoir réussi à être l'héritier dont il rêvait.

Mais plus que tout, je voudrais lui dire que je l'aime et que je l'ai toujours aimé. Même s'il a tué, volé et violé, j'aurais voulu qu'il sache avant de mourir à quel point je l'aime malgré ses défauts. J'aurais voulu lui dire aussi que je lui pardonnais de n'avoir jamais été là pour moi, que je lui pardonnais d'avoir abandonné trop souvent ma mère, que je lui pardonnais d'avoir trompé cette femme trop digne pour le quitter malgré la honte qu'il jetait constamment sur elle. J'aurais aimé être là pour l'empêcher de se pendre dans sa cellule quand on lui a annoncé la mort de son épouse et de son fils.

J'aimerais aussi revenir en arrière pour sauver ma mère. C'est Lupin qui l'a retrouvée dans le jardin des roses du manoir. Elle adorait cet endroit et c'est parmi les fleurs qu'elle s'est éteinte dans la dignité la plus complète. Je le sais car Voldemort m'a obligé à vivre en rêves son agonie et sa mort lente et douloureuse. Mais jamais, elle ne s'est abaissée à le supplier et lorsque le sortilège de mort l'a frappée, ses lèvres ont formé mon prénom une dernière fois et j'ai su qu'elle me pardonnait de l'avoir abandonné.

J'ai su qu'elle ne m'en voulait pas d'avoir sauvé ma vie alors que cela la condamnait et j'ai été heureux de voir la colère marquer les traits hideux de mon Maître face à sa beauté angélique même dans la mort. Malgré les tortures qu'elle avait subies, elle était toujours aussi belle quand son corps s'est effondré gracieusement sur le sol pour se reposer au milieu des pétales de roses. C'est à ce moment que je me suis obligé à me réveiller et à fermer mon esprit parce que je savais pertinemment qu'ils allaient souiller cette beauté pour lui faire payer d'être si désirable même dans la souffrance.

Je me laisse tomber sur mon lit en attrapant le cadre qui décore ma table de nuit. La photo date de quelques années déjà lorsque nous avions été passer des vacances à Moscou et je souris tristement en admirant son visage doux penché sur mon homologue qui affiche un air boudeur d'enfant trop gâté ce que j'étais encore à cette époque. Oui, je dois avoir peut-être onze ou douze ans sur la photo et je regrette amèrement ce moment de mon existence où j'ignorais encore tout de la guerre, du froid, de la violence et de la haine.

Je suis orphelin.

Cette phrase tourne sans cesse dans ma tête et pourtant, je n'arrive pas à en saisir le sens. Je suis orphelin et je n'arrive pas à comprendre ce qui est en train de m'arriver. J'ai l'impression de regarder ma vie se jouer devant moi sans que je puisse intervenir. Je suis juste paralysé par les évènements qui s'enchaînent à une vitesse alarmante et j'attends de me réveiller de ce cauchemar. Parce que je ne veux pas que cela soit la vérité. Je ne veux pas que mère soit morte à cause de moi et de mes sentiments te concernant. Pourtant, quelque part au fond de moi, je sais que tout cela est la réalité.

Je ferme les yeux et je la revois. Je revois son corps disloqué baignant dans une marre de sang et de pétales blancs maculés d'écarlate. Je revois ses grands yeux bleus fixant tranquillement l'éternité. Je revois sa robe s'étaler gracieusement autour de son corps mince pendant que sa tête heurtait brutalement le sol avant qu'un nuage de boucles blondes ne recouvre son visage serein malgré les souffrances qu'elle avait endurées par ma faute.

Je ferme les yeux et je me souviens. Je me souviens de son parfum de lilas lorsqu'elle se penchait sur moi pour me border le soir. Je me souviens de la douceur de ses mains lorsqu'elle caressait tendrement mes joues baignées de larmes parce que Granger avait de meilleurs résultats que moi et qu'à cause d'elle, mon père m'avait battu jusqu'à ce que je ne sache plus mon nom. Je me souviens aussi de sa manière de me dire qu'elle m'aimait comme si elle me confiait le plus beau et le plus terrible des secrets…

Soudain, une main se pose sur mon épaule et je sursaute violement avant d'essuyer mes joues humides de larmes. Je me relève précipitamment de mon lit ne voulant pas paraître faible devant toi qui a tellement besoin d'une épaule sur laquelle t'appuyer. Pourtant, depuis sept jours, notre relation bat un peu de l'aile à cause de moi. Le fait d'avoir officialisé notre amour devant toute l'école, m'a fait perdre le garde fou qui m'empêchait de t'aimer physiquement sans retenue.

Je te désire tellement que j'ai peur de te toucher et de ne pas savoir m'arrêter lorsque tu me diras que tu n'es pas prêt. Nous n'avons jamais parlé de sexe et même si parfois tu me donnes l'impression de vouloir pousser plus loin nos étreintes, je suis intimement convaincu que tu ne sauras pas sauter le pas aussi vite. Je n'ose même pas te poser la question craignant que tu ne te sentes contraint de me satisfaire.

Alors, j'ai opté pour la fuite. J'évite le plus possible de t'embrasser ou de te toucher ce qui me permet de garder plus ou moins le contrôle de mes hormones en furie dès que tu es près de moi. Tu sembles être particulièrement triste lorsque je me recule pour remettre une distance de sécurité entre nous et mon cœur se serre en te voyant détourner la tête comme si tu avais fait quelque chose de mal.

« - Tu as fini tes bagages ? »

Je secoue négativement la tête avant de m'atteler à finir mes paquets. Tu quittes ma chambre sans rien ajouter et je tremble légèrement quand je te vois baisser la tête vers le sol pour me dissimuler les larmes qui glissent sur ton visage blafard et marqué par la fatigue. Je me sens dépassé une fois de plus par les évènements et je ne sais plus quoi faire pour te rendre heureux comme je l'ai promis à Ginny Weasley.

Mais c'est tellement dur de tout gérer en même temps ! D'un côté, il y a mon désir irrépressible te concernant que je ne comprends absolument pas et puis, il y a aussi tes amis qui me suivent partout et qui m'empêchent de pouvoir être intime avec toi. Je doute sincèrement que tu apprécierais de te donner en spectacle devant eux et je n'ose pas t'avouer qu'ils nous espionnent de peur que la situation ne se dégrade encore un peu plus à cause de ça.

Je prends ma tête entre mes mains tentant de trouver une solution à ce problème que je sais insoluble. Je finis par continuer mes bagages me promettant de te parler le plus tôt possible. Je ne veux pas te perdre après avoir autant combattu pour t'avoir alors je vais tout t'avouer. Je vais te parler de mon désir et de la surveillance dont je suis l'objet malgré le fait que j'ai rejoint docilement l'Ordre comme me l'a demandé McGonagall.

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Nous sommes enfin dans le Poudlard Express et je regarde le château s'éloigner jusqu'à ce qu'il ressemble à un point indistinct. La pluie tombe doucement contre la fenêtre de notre compartiment avec un léger bruit de clapotis et je sens mon cœur se serrer douloureusement à l'idée que je suis en train d'abandonner mon enfance. À présent, je vais devoir participer activement à la guerre et je vais essayer d'être à la hauteur de tes espérances. À cette pensée, mes yeux se posent sur toi qui es blotti contre mon torse.

Tes paupières sont closes et ton souffle lent et régulier me confirme que tu es bien en train de dormir. Ainsi, tu ressembles à un ange et j'ai plus que jamais conscience que tu es bien trop jeune pour affronter un Mage Noir qui ne désire que ta mort. Tu ressembles encore tellement à un enfant avec tes joues roses et rondes, avec ton air émerveillé de chaque chose. Je te serre plus fort contre moi afin de mieux ressentir le poids agréable de ta tête dans le creux de mon épaule droite.

Mon regard se perd dans le lointain et je ne peux pas m'empêcher de penser à la vie qui nous attend. Une vie remplie de dangers et d'insécurité. Une vie où je sais que tu vas devoir affronter Voldemort même si je n'arrive pas à comprendre pourquoi tu devras te charger de cette mission. Une vie où je vais risquer de te perdre à tous moments et cela par ma faute. Parce que j'ai permis à des mangemorts de pénétrer dans Poudlard et parce que Rogue a tué le professeur Dumbledore afin de me protéger.

Tu remues doucement contre moi et tes paupières papillonnent avant de s'ouvrir définitivement. Tu me souris doucement en te redressant pour m'embrasser tendrement et je me sens plus que jamais responsable de la vie qui t'attend parce que j'ai douté de toi et de tes sentiments. Si seulement, je t'avais fait assez confiance pour t'avouer la mission qui m'était confiée, toute cette histoire ne serait jamais arrivée.

Je me détache rapidement de toi ne voulant pas me laisser distraire du but que je me suis fixé en préparant mes bagages ce matin. Je dois absolument t'expliquer pourquoi j'ai changé d'attitude ces derniers jours. Je me sens quelque peu angoissé à l'idée de parler ouvertement de sexualité avec toi mais j'ai tellement peur de te perdre que je suis prêt à tout pour m'assurer que tes sentiments me concernant ne vont pas changer du jour ou lendemain à cause de mon comportement distant.

« - Harry, il faut que je te parle. »

Tu relèves la tête au son de ma voix et mon cœur se serre lorsque je remarque que des larmes sont en train de couler le long de tes joues. D'un geste tendre, j'essuie de mes mains ta peau humide et tu esquisses un sourire douloureux dans l'espoir vain de me faire croire que tout va bien. Je soupire profondément plusieurs fois, cherchant en moi un courage que je n'ai jamais eu. Pourtant, il me faut être fort pour deux parce que toi, tu es en train de sombrer lentement depuis la mort du professeur Dumbledore et je ne parviens pas à comprendre pourquoi tu sembles être tellement en colère contre tes amis.

Certes, ils ne m'acceptent pas sauf Ginny qui me parle toujours gentiment et qui tente de nouer des liens amicaux avec moi. J'admire de plus en plus cette fille qui semble prête à tout pour te rendre heureux. Contrairement à ce que tu penses, je crois qu'elle est réellement amoureuse de toi. Elle ne sait juste pas comment te prouver la profondeur de ses sentiments et je devine sans peine le mal que je lui ai fait en te prenant à elle. Je devine aussi sans mal les larmes qu'elle doit verser chaque nuit sur son oreiller en nous imaginant ensemble.

Pire, je sais ce qu'elle doit ressentir lorsqu'elle pense à toi et au fait que tu l'as trompée pendant des mois sans jamais rien lui dire. Je le sais parce que j'éprouvais les mêmes choses qu'elle, il y a encore quelques jours, lorsque je devais te partager avec cette fille qui était pourtant ta petite amie officielle alors que moi, je n'étais qu'un amour que tu vivais dans l'ombre. Aujourd'hui, notre relation est exposée en pleine lumière mais il m'arrive de regretter amèrement les quelques mois que nous avons passés ensemble dans notre bulle. C'était tellement plus simple quand tes amis ne connaissaient pas la vérité.

Ils me détestent tellement et tu ne veux pas accepter cette réalité qui ne changera sans doute jamais. Ils me haïssent et ils ont bien raison parce que je mérite leur mépris et leur cruauté. Je ferme un instant les yeux et je me revois à l'âge de douze ans lorsque j'avais insulté Granger pour la première fois de sale Sang de Bourbe. Je me rappelle de la colère de Weasley et de ton incompréhension face à tout cela puisque tu ne savais pas à quel point cette insulte était monstrueuse. Je n'ai pas encore trouvé la force de m'excuser face à eux pour les horreurs que j'ai osées leur lancer à la figure pendant cinq longues années.

Je ne pense pas de toute façon qu'ils accepteraient mes excuses mais je suis prêt à tenter le coup si cela peut améliorer nos relations. Bien sûr, je ferais cela dans l'unique but de te rendre ce sourire que tu n'as plus depuis que tu ne leur adresses plus la parole pour ainsi dire. Je me fiche d'eux et de leur amitié, tout ce que je veux, c'est te voir de nouveau heureux comme avant la mort du professeur Dumbledore. Je sors brutalement de mes pensées lorsque ta main se pose sur la mienne et je reporte mon attention sur toi qui attends visiblement avec curiosité que je prenne enfin la parole.

« - Tu sais si j'ai pris mes distances, c'est parce que…Je…C'est devenu difficile de…euh…conserver mon calme quand tu es là et je ne voudrais surtout pas que tu te sentes contrains de faire…quelque chose dont tu n'as pas envie seulement pour me satisfaire. J'ai onc pensé que m'éloigner de ma propre initiative était la meilleure solution. Tu comprends ? »

Tu me lances un regard complètement perdu et je réalise que tu n'as pas du tout saisi le sens de mon petit monologue. En fait, je crois que tu n'as même pas compris que je voulais te parler de sexualité. Je suis quelque peu contrarié par cela et je soupire une fois de plus cherchant les mots que je pourrais dire sans pour autant te vexer ou te choquer. Tu es quelqu'un d'assez prude et je ne voudrais surtout pas te mettre mal à l'aise.

« - Je ne vois pas trop où tu veux en venir…»

Tes sourcils sont froncés en signe de réflexion et je ne peux pas m'empêcher de te trouver adorable avec cette expression de petit chaton perdu sur le visage. Je pose ma bouche contre la tienne avant de m'éloigner pour t'enlacer fermement dans une étreinte possessive. Ton visage repose sur mon torse et mon bras droit s'enroule autour de ta taille pour te maintenir dans cette position. Ainsi, confortablement installé l'un contre l'autre, je me sens prêt à te parler ouvertement de mon problème.

« - Je voulais parler de sexe, Harry. »

Tes joues s'enflamment brusquement et tes yeux se perdent par la fenêtre dans une attitude qui me dit à quel point tu es gêné. Cependant, ta réaction est moins timide que celle que j'appréhendais et je me sens immédiatement plus confiant lorsque je remarque que tu n'as pas l'air de vouloir mettre un terme à cette discussion sous prétexte que cela ne se fait pas de parler de ce genre de choses.

« - Et tu voulais me dire quoi à propose de…de ça ? »

Tu rougis encore davantage face à ta propre audace et je te force à relever la tête pour pouvoir plonger mon regard dans tes yeux troublés. J'espère ainsi t'insuffler un peu de mon calme tout en profitant du magnifique spectacle de tes pommettes rouge de gêne. Je n'oublie pas évidemment que tu es vierge et que le sexe est pour toi quelque chose de totalement nouveau et d'inédit. Moi, j'ai déjà eu des relations sexuelles mais jamais avec un autre garçon.

« - Hé bien, j'étais en train de t'expliquer que si j'ai pris mes distances avec toi, c'est parce que…Enfin, je commence un peu à m'impatienter. »

Tu te dégages doucement de mon étreinte pour t'asseoir convenablement sur la banquette du wagon. Du coin de l'œil, il me semble percevoir des ombres mouvantes mais lorsque je me concentre sur l'endroit où il m'avait semblé voir bouger quelque chose, je ne vois rien de suspect. La méfiance m'envahit quand même mais je ne vois pas comment mettre un terme à cette conversation tout en évitant de te dire que nous sommes peut-être espionnés. J'aimerais t'avouer cela mais j'ai peur que tu ne t'éloignes encore plus de tes amis et si jamais, il devait m'arriver quelque chose, je ne voudrais pas que tu te retrouves seul parce que tu aurais rejeté tout le monde au nom de notre amour.

« - Tu t'impatientes ? Si…Si tu veux, on…On peut le faire. Je veux te faire plaisir moi aussi et je…Enfin, je suis prêt à sauter le pas avec toi. »

Je secoue la tête négativement. Je sais que tu dis cela dans le but de me satisfaire mais je ne veux pas que ta première fois se passe comme cela. Je souhaite que cette nuit-là soit unique pour toi et que tu puisses toujours t'en rappeler comme quelque chose que tu auras aimé au-delà des mots. Je ne veux surtout pas gâcher ce moment où nous serons enfin unis en le précipitant ou en t'obligeant indirectement à faire l'amour pour de mauvaises raisons.

« - Je ne veux pas que tu le fasses pour moi. Je veux que tu sois réellement prêt et je peux encore attendre, j'ai juste besoin que tu ne me colles pas trop pour ne pas perdre contenance. »

Tu me regardes un long moment avant de soupirer comme si je venais de dire quelque chose d'extrêmement bête. Tu me souris ensuite avec indulgence avant de frôler mes lèvres dans une caresse éphémère qui allume un brasier dans mon bas ventre. Tu finis par te décider à me réponde et je devine que tu as dû soigneusement réfléchir aux mots que tu allais prononcer parce que tu ne sembles pas hésiter lorsque tu reprends la parole.

« - Draco, arrête de m'idéaliser. Je…Je ne suis pas un ange et je ne suis pas un morceau de pierre. Même si cela te semble inconcevable, je…J'éprouve moi aussi du désir et j'ai vraiment envie de faire l'amour avec toi. Maintenant si toi, tu n'es pas prêt, ça ne me dérange pas du tout d'attendre. »

Je suis choqué en entendant ces mots sortir de ta bouche et puis, je réalise avec effarement que tu as sans doute raison. Je t'idéalise tellement en te comparant sans cesse à un ange que j'en ai presque oublié que tu es un garçon de 16 ans comme moi et que tu dois donc toi aussi être tenaillé par tes hormones d'adolescent. Pourtant, je n'arrive pas à concevoir que tu puisses ressentir un besoin aussi primaire que le désir sexuel. Je rougis à mon tour en réalisant que tu es un être humain comme les autres et que tu dois sans aucun doute faire exactement les mêmes choses que moi.

Tu fais sûrement des rêves érotiques comme n'importe quel garçon de notre âge et mon visage s'embrase brusquement lorsque je t'imagine en train de te caresser sur ton lit. Néanmoins, je veux être vraiment sûr que tu ne dis pas tout cela juste dans le but d'endormir mon côté protecteur. Je passe mes mains dans ta chevelure rebelle avant de plonger mes yeux dans les tiens alors que mes doigts se referment tendrement sur ta nuque pour te masser un peu.

« - Tu es vraiment prêt ? »

Tu acquiesces doucement me murmurant un petit oui timide et maladroit. Je suis un peu gêné lorsque je comprends la véritable portée de cette conversation. Maintenant, je n'ai plus aucune raison de faire taire mon désir et je me sens de plus en plus excité à l'idée que nous allons certainement faire l'amour dans peu de temps. Pourtant, je sens également une angoisse sourde grandir dans mon estomac lorsque je réalise que je ne sais pas trop comment cela se passe entre deux hommes.

Enfin, je ne suis quand même pas naïf au point de ne pas deviner comment deux hommes font ce genre de choses ensemble et j'ai déjà entendu parler de sodomie mais des questions reviennent sans cesse me hanter l'esprit concernant un point critique du rapport sexuel. Comment détermine-t-on celui qui est au-dessus ? Quelle position doit-on prendre ? Face à face ? Ou alors par derrière ? La seule chose dont je suis sûr, c'est que celui qui se fait pénétrer doit souffrir plus que l'autre. Tu me sors de mes pensées en reprenant la parole.

« - Je…Je me suis renseigné sur la manière dont cela se passe et je…Je sais qu'un de nous deux doit jouer le rôle de…de la fille et…Ça ne me dérange pas que ce soit toi qui…et moi qui…La douleur ne me fait pas peur. »

Je suis plus que surpris d'apprendre que tu as fait des recherches mais je suis passablement rassuré de savoir que tu es prêt à te laisse dominer. Personnellement, je ne peux tout simplement pas concevoir qu'un sexe masculin puisse me pénétrer et j'avais donc naturellement pensé que je serais le dominant pendant nos rapports. Heureusement pour moi, tu te ranges de mon côté et je te suis reconnaissant de ne pas me forcer à devoir endurer la souffrance d'une première fois. J'imagine sans problème que cela doit faire aussi mal qu'une première fois pour une fille et douillet comme je suis, je n'aurais jamais su gérer la douleur sans piquer une crise de larmes et de colère qui aurait tout gâché.

« - La question est donc réglée. »

Je te souris tendrement alors que tu reviens te blottir contre moi pour le reste du voyage. J'entends de nouveau un bruit suspect mais je ne prends pas la peine de me retourner sachant déjà que mes yeux se butteront à contempler du vide. Je préfère ignorer tes amis qui se sont sans doute cachés derrière la porte de notre compartiment afin d'espionner notre discussion et je me perds une fois de plus dans la contemplation du paysage verdoyant qui défile rapidement par la fenêtre…

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Euh…Je suis désolée ? Lol ! Sérieusement, j'ai eu une panne monstrueuse sur cette fiction que je pensais sincèrement abandonner mais un Mail de mastericeeyes m'a convaincu de prolonger l'histoire d'un chapitre supplémentaire. J'attends avec impatience vos reviews et vos impressions pour savoir si je continue ou si j'abandonne ! Je serais aussi ravie d'avoir des suggestions pour la suite parce que je ne sais pas du tout comment continuer à développer cette histoire…

Kiss

Petitchaton