Auteur : kitsu34

Origine : Saiyuki

Couple : ben… Hakkai x Gojyo et Sanzo x Gokû (vraiment, c'est bien parce que c'est toi qui me l'a demandé, Shunelodie !)

Disclaimers : pas à moi.

Note : Le Sanzo x Gokû et le Hakkai x Gojyo, ce n'est pas ma tasse de thé et ça se voit ! Pour tenir ma promesse, je vais finir cette fic puis revenir à un couple que je manie un peu moins mal… Désolé de vous avoir infligé ça !

Cœur de verre

Chapitre 2

Je ne comprends jamais rien.

C'est vrai, je ne suis qu'un singe, qu'un gamin, qu'un baka. Alors c'est normal que je ne comprenne jamais rien.

Mais ce qu'ils oublient, c'est que les animaux, les gosses et les idiots ont l'intelligence du cœur, à défaut de celle de la tête.

Et je sens, je ressens plein de choses que je ne peux pas expliquer car les mots me manquent souvent.

Alors ce n'est pas juste de dire que je ne comprends jamais rien. C'est faux. Il y a des choses que je comprends.

Par exemple, je vois bien que quelque chose est différent dans le groupe. Je vois bien que Sanzo n'est pas bien.

C'est facile pour moi ; je le connais si bien. J'ai passé des heures à l'observer en silence à Chang'An pendant qu'il écrivait.

Il ne fallait jamais faire de bruit, faire comme si on n'existait pas.

Moi, j'aimais bien ça. J'avais une raison de le regarder encore et encore. Je ne me suis jamais ennuyé pendant ces moments-là.

Donc je sais comment il est, Sanzo. Et je vois bien que quelque chose cloche en ce moment.

En fait, je crois que ça fait deux semaines, depuis que Hakkai est tombé malade et que Gojyo l'a soigné. Depuis ce jour, Sanzo est bizarre.

Je l'ai bien vu. Pas que son comportement a changé. Non, il est toujours pareil : il crie, tape, boit, fume, casse Gojyo et nous tire dessus.

Non, ce n'est pas ça.

C'est sa lumière. Elle a changée.

Sanzo, il a toujours été lumineux.

Comme s'il dégageait une sorte de lumière que lui seul a et qui ne se voit pas, pas comme les lumières du soleil ou des étoiles, mais une lumière qui se sent, qui réchauffe.

Par moment, cette lumière était tellement intense qu'elle l'illuminait, lui et tout ce qu'il touchait, tout ce qui était proche de lui.

J'ai bien remarqué que ces moments étaient causés par quelqu'un… Comme j'aurais voulu que ce soit moi !

Et soudain, cette lumière a changé, elle s'est refroidie. Elle s'est mise à vaciller, comme la flamme d'une bougie dans le vent.

Et ça me rend triste. Parce que je deviens quoi, moi, si mon soleil s'éteint ? tant pis si ce n'est pas pour moi qu'il brûle tant qu'il m'éclaire encore…

Alors, vous voyez, il y a des choses que je comprends.

Plus j'y pense et plus je me dis que quand il s'agit de Sanzo, je comprends beaucoup de choses.

Alors que Hakkai et Gojyo, qui me traitent toujours comme un gamin, ils n'ont pas vu tout ça, ils n'ont rien compris ! Rien du tout !

Sinon, ils seraient plus discrets.

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C'était idiot et dangereux de s'être autant éloigné du campement, il le savait. Mais il avait besoin d'espace et de solitude.

Besoin de ne plus les voir tous les deux, à côté l'un de l'autre, et de surprendre les regards qu'il lui lançait.

Ça faisait tellement mal. Mal de les voir, mais encore plus de se forcer à rester indifférent. Et puis ensuite de continuer, comme si rien ne se passait, comme si le monde ne sombrait pas.

C'était peut-être ça, le pire, continuer. Il n'en pouvait plus, de ce voyage torturant avec eux.

C'était devenu trop difficile ces derniers temps, depuis la maladie d'Hakkai.

Il y avait deux semaines que sa pire crainte s'était réalisée…

Ce matin-là, Hakkai ne s'était pas levé. Sanzo avait rangé ses affaires et s'était habillé et lavé sans le voir tourner le dos et le saluer de son sourire habituel.

Il s'était inquiété à la fin et s'était approché du lit de son compagnon, pour le trouver blême et frissonnant, les cheveux collés au front par la transpiration.

Il avait posé la main sur sa joue pour prendre sa température. Elle était élevée. Très élevée.

Un soupir lui avait échappé. Encore du retard et des ennuis en perspective.

De mauvaise humeur, il était allé prévenir les deux autres de la situation. La réaction de Gojyo l'avait désagréablement surpris et peiné.

Celui-ci s'était précipité dans la chambre d'Hakkai et s'était installé au chevet du malade. Il avait aussi exigé un médecin que Gokû était allé lui chercher.

Parce que cette réaction lui avait semblé excessive et lui avait, il devait bien se l'avouer, beaucoup déplu, Sanzo s'était montré froid et tranchant, il le savait.

Mais il n'avait pas supporté l'attention du kappa pour l'ancien humain.

Et lorsqu'il avait laissé éclater sa mauvaise humeur en vitupérant sur le retard, les ennuis que leur causait Hakkai, Gojyo s'était mis en colère.

En y repensant, Sanzo se rendait compte que la seule fois où il avait vu Gojyo en colère, c'était à cette occasion.

Et c'était pour Hakkai. Contre lui.

Une colère froide, coupante et méchante. Rien à voir avec ses coups de gueule, sans consistance. Cette fois-ci, il y avait de l'indifférence, de la froideur et de la dureté, une certaine forme de haine contre lui.

La seule chose qui comptait pour Gojyo était Hakkai et quiconque se mettait sur son chemin n'avait aucune importance et devait être éliminé.

Comme lui et les monstres sur son chemin vers l'ouest. Ils n'étaient rien. Juste des obstacles à éliminer.

Et d'un seul coup, Sanzo avait senti ce froid et ce vide qui ne le quittaient plus s'emparer de lui. Il avait l'impression que quelque chose s'était brisé, éteint, ce jour-là en lui.

Et Gojyo l'avait viré de la chambre sans cérémonie pour veiller Hakkai. Avant même d'avoir pu protester, Sanzo s'était retrouvé à la porte, obligé de dormir avec Gokû.

Et depuis ce jour-là, il guettait douloureusement les pas du kappa dans le couloir, la nuit. Et le froid s'emparait un peu plus de lui chaque fois.

Il savait pourtant que ce n'était qu'une question de temps. Qu'un jour arriverait où ses deux compagnons réaliseraient les sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre.

Eh bien c'était fait. La maladie d'Hakkai, sérieuse bien que sans gravité, avait ouvert les yeux de cet imbécile de kappa et lui avait fait réaliser que ce qu'il ressentait pour l'ancien humain était bien de l'amour.

Sanzo l'avait su immédiatement, bien avant eux. Il le savait depuis trois ans. Depuis ce soir où Gojyo lui avait menti pour permettre à Hakkai de s'enfuir, puis était venu avec lui pour le sauver.

Il s'était même coupé les cheveux en signe de deuil, lorsqu'il lui avait appris la « mort » de Cho Gono.

Souvent Sanzo repensait à cet instant où il avait sciemment présenté la vérité d'une façon ambiguë. Pourquoi avait-il agi ainsi ? C'était pathétique et dérisoire. Et ça n'avait rien empêché. Gojyo ne lui appartenait déjà plus.

Il eut un rire sans joie. En fait il n'avait jamais été à lui. Pathétique, vraiment.

Il s'alluma une cigarette avec des gestes tremblants. L'obscurité le gagnait de l'intérieur, le vide s'étendait. Combien de temps pourrait-il encore suivre sa route sans que rien ne paraisse ?

Il resta longtemps perdu dans ses pensées cette nuit-là. Et personne ne vint le chercher. En rentrant au campement, il ne croisa personne et les trouva profondément endormis tous les quatre.

Comme s'il n'était pas là. Comme s'il était aussi transparent que du verre.

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Deuxième chapitre terminé. Il devrait normalement y en avoir encore deux ou trois peut-être, mais si cette fic ne vous plaît vraiment pas, j'ai au moins une qualité, celle de ne pas persister dans ses erreurs !